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dimanche 1 novembre 2026

Le gouvernement allemand admet ne disposer d'aucun système de signalement dédié aux PAN et n'envisage pas d'en créer un.

Le gouvernement allemand admet ne disposer d'aucun système de signalement dédié aux PAN et n'envisage pas d'en créer un.

 En réponse à une question parlementaire concernant les OVNI et les PAN, le gouvernement allemand a confirmé l'absence de système de signalement dédié, de définitions standardisées et de groupe de travail interministériel chargé d'enquêter sur les phénomènes aériens non identifiés.

 La question, posée par des membres du groupe parlementaire AfD, portait sur la manière dont l'Allemagne surveille les objets non identifiés, enregistre les observations de PAN et coordonne ses actions avec ses partenaires internationaux.

 Selon la réponse du gouvernement, aucune information n'est disponible concernant les observations de PAN au cours des dix dernières années, et aucun système dédié à la collecte des signalements n'est en place.

  L'Allemagne exploite des systèmes de surveillance de son espace aérien, combinant les données de capteurs militaires et civils, et a accès aux informations de ses partenaires européens et internationaux. L'Allemagne possède donc la technologie nécessaire pour surveiller son espace aérien, mais aucun cadre dédié à la documentation et à l'étude des objets non identifiés.

 Le gouvernement a également confirmé échanger régulièrement des informations relatives à la sécurité avec ses partenaires internationaux, sans toutefois préciser les modalités de ces échanges. Malgré l'attention internationale croissante portée aux PAN, l'Allemagne affirme n'avoir aucun projet de révision de ses procédures actuelles.

 Je trouve cela étrange, surtout quand on sait que les États-Unis ont créé l'AARO, que la France gère le GEIPAN et que d'autres pays disposent de systèmes officiels d'enquête sur les PAN. Je ne suggère pas que l'Allemagne ait secrètement récupéré des engins extraterrestres ou dissimulé des preuves d'activité extraterrestre, mais il est évident que tout objet non identifié pénétrant dans l'espace aérien national devrait être documenté et faire l'objet d'une enquête, quelle que soit sa nature.

 Si l'Allemagne ne dispose pas d'un système de signalement dédié ni de statistiques nationales, comment peut-elle déterminer si des incidents inhabituels se répètent ou s'il s'agit d'un problème de sécurité aérienne ou de sécurité nationale ?

 Sources: German Bundestag — Official government response, document 21/8662: https://dserver.bundestag.de/btd/21/086/2108662.pdf Bundestag announcement, October 22, 2026: https://bundestag.de/presse/hib/kurzmeldungen-1229446

Information : Signal Skywatch - @UAPWatchers

 Traduit de l’Allemand



22 octobre 2026 Défense — Réponse — hib 853/2026

Aucune conclusion concernant les « phénomènes aériens non identifiés »

Berlin : (hib/SCR) Selon sa propre déclaration, le gouvernement fédéral ne dispose d’aucune information concernant les « phénomènes aériens non identifiés ». Ceci est indiqué dans sa réponse ( 21/8662).(Document, ouvre une nouvelle fenêtre)) en réponse à une interpellation mineure du groupe parlementaire AfD ( 21/8323 )(Document, ouvre une nouvelle fenêtre) Les personnes qui ont posé les questions ont abordé la question du traitement international des « phénomènes aériens non identifiés » (PAN) et ont souligné que le gouvernement fédéral avait déclaré dans des réponses précédentes « qu’il n’a aucune connaissance d’observations correspondantes au sens de « soi-disant OVNI ou extraterrestres » et qu’aucun dossier correspondant n’est conservé ».

 Dans sa réponse aux questions des parlementaires, le gouvernement fédéral explique notamment que la surveillance de l'espace aérien allemand relève de la compétence du ministère de l'Intérieur, du ministère des Transports et du ministère de la Défense. « La détection, l'évaluation et le catalogage des objets géocroiseurs sont du ressort du ministère fédéral de la Recherche, de la Technologie et de l'Espace et du ministère fédéral de la Défense », poursuit-il.

Des capteurs sont utilisés pour surveiller l'espace aérien ; leurs données sont collectées et analysées. Les objets détectés lors de la surveillance spatiale sont notamment comparés à un catalogue public. Par ailleurs, les données des capteurs de partenaires européens et internationaux sont accessibles. Le gouvernement allemand entretient des contacts réguliers avec ses partenaires internationaux sur toutes les questions de sécurité pertinentes, mais ne divulgue généralement pas de détails.

Le gouvernement allemand indique qu'il n'existe aucun canal de signalement spécifique pour les « phénomènes aériens non identifiés ». De plus, il n'existe aucune terminologie ni définition précise pour ce domaine, ni aucune directive fédérale uniforme. Les personnes ayant posé la question ont cité les termes « contacts non identifiés », « PAN » et « OVNI » à titre d'exemples. Il n'existe pas non plus de structures interministérielles ni de groupes de travail chargés d'évaluer ces événements. Le gouvernement ne dispose d'aucune information sur le nombre de signalements reçus au cours des dix dernières années.

Aucune révision des procédures existantes d'enregistrement et d'évaluation de tels phénomènes n'est prévue pour le moment. Le groupe parlementaire AfD s'était également interrogé sur les responsabilités et les règles de procédure applicables en cas de détection d'« objets ou de signaux provenant de l'extérieur de la Terre, d'origine potentiellement non anthropique, qui ne peuvent être clairement identifiés, notamment en matière de communication, de coordination et d'évaluation de la politique étrangère ». Le gouvernement fédéral affirme qu'aucune responsabilité ni règle de procédure de ce type n'existe en son sein.

éditeur

Bundestag allemand, Actualités parlementaires

Responsable : Frank Bergmann (ViSdP)
Rédaction : Lisa Brüßler, Claudia Heine, Alexander Heinrich (rédacteur en chef adjoint), Nina Jeglinski, Susanne Ködel (stagiaire), Claus Peter Kosfeld, Johanna Metz, Sören Christian Reimer (rédacteur en chef), Sandra Schmid, Michael Schmidt, Denise Schwarz, Helmut Stoltenberg, Alexander Weinlein

Actualités, débats et informations générales



vendredi 30 octobre 2026

LE PHENOMENE OVNI ET LES ARMEES AFRICAINES

 Extrait de : LES OVNIS SUR LE CONTINENT AFRICAIN un livre gratuit a télécharger sur internet

LES ARMÉES AFRICAINES FACE AU PHÉNOMÈNE OVNI

Entre sécurité aérienne, renseignement, archives militaires et phénomènes inexpliqués

 

Lorsqu'un phénomène aérien inhabituel est observé par un militaire, la question qui se pose en premier lieu n'est généralement pas : « Est-ce un engin extraterrestre ? » Elle est beaucoup plus pragmatique : qu'est-ce qui a pénétré ou traversé l'espace aérien, représente-t-il une menace et peut-on l'identifier ?

Cette distinction est essentielle pour comprendre l'histoire des observations d'OVNI en Afrique. Le continent possède une histoire militaire particulièrement complexe, marquée par la période coloniale, les guerres d'indépendance, la Guerre froide, les conflits régionaux et, plus récemment, la multiplication des drones et des systèmes de surveillance électro-optiques.

 Dans ce contexte, les observations de phénomènes aériens inhabituels ont pu être enregistrées sous des appellations très différentes : objet inconnu, appareil non identifié, lumière, ballon, aéronef étranger, phénomène météorologique, satellite, fusée, engin expérimental ou simple anomalie de détection.

 Il faut donc se garder d'une difficulté méthodologique majeure : l'absence d'un dossier intitulé « OVNI » dans les archives d'une armée africaine ne signifie pas nécessairement que celle-ci n'a jamais rencontré de phénomène aérien inexpliqué.

 L'étude des OVNI en Afrique a longtemps reposé principalement sur les témoignages de civils, les articles de presse et les enquêtes réalisées par des chercheurs indépendants.

 Les archives militaires ont, elles, été beaucoup moins exploitées. Cette situation s'explique facilement. Dans de nombreux pays africains, les archives militaires sont difficilement accessibles. Certaines ont été détruites, déplacées ou restent soumises à des restrictions. D'autres sont encore conservées dans les fonds des anciennes puissances coloniales.

 Pour les premières décennies du XXe siècle, une partie importante de la documentation concernant l'Afrique se trouve ainsi potentiellement dans les archives britanniques, françaises, portugaises, espagnoles ou sud-africaines.

 Il existe donc une géographie archivistique du phénomène OVNI africain.

Pour l'Afrique anglophone, les archives britanniques et celles des anciennes administrations coloniales constituent une source essentielle.

 Cette situation conduit à une conclusion importante : une étude sérieuse du phénomène OVNI en Afrique ne peut pas se limiter aux archives africaines contemporaines.

 L'armée face à un objet inconnu : une logique différente de celle des ufologues En effet un chercheur civil peut s'intéresser à la forme d'un objet, à sa luminosité, à sa trajectoire ou à son comportement apparent. Une force aérienne raisonne autrement. Elle cherche notamment à déterminer :

  • - L’identité de l'aéronef ;
  • - Son altitude ;
  • - Sa vitesse ;
  • - Sa direction ;
  • - Sa trajectoire ;
  • - Son origine ;
  • - La présence éventuelle d'un transpondeur ;
  • - Sa signature radar ;
  • - Sa signature infrarouge ;
  • - Sa capacité de manœuvre ;
  • - Son éventuelle intention hostile ;
  • - La possibilité d'une intrusion dans l'espace aérien.

 Ainsi, un OVNI militaire est avant tout un problème d'identification et de sécurité aérienne. Ce n'est qu'après élimination des explications conventionnelles que la catégorie « non identifié » prend véritablement son sens. Il faut donc distinguer deux notions souvent confondues :

 ü  Non identifié ne signifie pas inexplicable.

ü  Et encore moins extraterrestre.

 La Guerre froide constitue probablement l'une des périodes les plus importantes pour comprendre les rapports militaires aux phénomènes aériens inhabituels en Afrique. Le continent était alors un espace stratégique majeur. Les États-Unis, l'Union soviétique, le Royaume-Uni, la France et d'autres puissances surveillaient les mouvements militaires, les essais de missiles, les activités aériennes et les installations stratégiques. Les armées africaines nouvellement indépendantes se trouvaient souvent équipées de matériels provenant de puissances étrangères. Dans ces conditions, une observation inhabituelle pouvait être liée à  un avion militaire étranger ; un  avion de reconnaissance ; un missile ou tout autre appareil ou phénomène qui peut se trouver dans notre environnement..

L'histoire des OVNI africains doit donc être replacée dans cette histoire technologique et géopolitique de la Guerre froide.

 Un phénomène observé en Afrique peut parfois être mieux documenté dans les archives d'un autre pays que dans celles du pays où l'observation s'est produite. Un exemple particulièrement instructif est celui de Project Blue Book, le programme de l'US Air Force consacré aux observations d'OVNI entre 1947 et 1969. Les archives américaines sont aujourd'hui accessibles aux chercheurs par l'intermédiaire des National Archives. Elles comprennent les dossiers administratifs et les dossiers individuels d'observations. Ces fonds montrent également l'intérêt de rechercher les observations africaines dans les archives militaires étrangères. Certaines observations effectuées sur le continent ont ainsi pu être enregistrées par des organismes militaires ou diplomatiques étrangers alors qu'elles ne figurent pas nécessairement dans les archives nationales africaines. Le cas de Kenema, en Sierra Leone, en 1963, est particulièrement révélateur de cette problématique : l'observation figure dans les archives américaines et a finalement été associée au lancement d'Atlas-Centaur-2. Le cas constitue un excellent exemple de la nécessité de confronter une observation africaine avec les données aéronautiques et spatiales internationales.

 Cette méthode est essentielle : un phénomène peut paraître mystérieux dans un journal local et devenir parfaitement compréhensible lorsque l'on consulte les archives de lancement de fusées ou de satellites.

 Les archives du ministère sud-africain de la Défense constituent une source particulièrement intéressante pour l'étude des observations aériennes inhabituelles. Le Defence Archives, devenu Documentation Centre, possède des fonds issus des différentes structures du ministère de la Défense. L'institution constitue ainsi un point de départ important pour rechercher des rapports militaires, aéronautiques et administratifs susceptibles d'éclairer certaines observations.

 L'ancienne Rhodésie offre un exemple remarquable de la difficulté de séparer histoire militaire, témoignage civil et enquête ufologique. Pendant la période rhodésienne, le pays disposait d'une importante infrastructure aérienne et militaire. Des observations d'objets inhabituels ont été rapportées dans différents contextes. Après l'indépendance du Zimbabwe en 1980, cette histoire ne disparaît pas.et l'un des épisodes la plus célèbre demeure celui de l'école d'Ariel à Ruwa, le 16 septembre 1994 ou des dizaines d'enfants déclarèrent avoir vu un ou plusieurs objets ainsi que des personnages associés à ceux-ci. Mais son intérêt pour l'étude militaire doit être présenté avec prudence : il s'agit avant tout d'un dossier testimonial, et non d'un dossier militaire officiellement établi. Aucune documentation militaire publique ne permet actuellement d'établir qu'un appareil extraordinaire aurait été confirmé par les forces armées. Cette distinction permet d'éviter une erreur fréquente dans la littérature ufologique : transformer une observation civile très médiatisée en « affaire militaire » simplement parce que le pays possédait alors des installations aériennes ou militaires.

 Les forces aériennes et les radars

La présence d'un radar change considérablement la valeur d'une observation. Un témoignage visuel isolé peut être influencé par plusieurs facteurs :

  • - La distance ;
  • - La perspective ;
  • - Les conditions atmosphériques ;
  • - L’obscurité ;
  • - L’absence de référence ;
  • - L’identification erronée d'un avion ou d'un satellite.

 Un signal radar apporte une information supplémentaire, toutefois le radar n'est pas infaillible. Il peut enregistrer : des oiseaux, des phénomènes atmosphériques ou des objets conventionnels, ainsi que divers autres « parasites ».  L'idéal est donc la corrélation multi-capteurs : observation visuelle + radar + infrarouge + données météorologiques + trajectoire aérienne + données satellitaires. C'est cette combinaison qui permet de transformer progressivement une observation en véritable dossier scientifique.

 Une nouvelle difficulté est apparue au XXIe siècle : la prolifération des drones. Pour les forces armées africaines, comme pour toutes les forces aériennes du monde, un objet de petite taille volant lentement ou à basse altitude peut désormais être, entre autres : un drone civil, un drone militaire ou un appareil de surveillance. La frontière entre « OVNI » et « appareil technologique inconnu » devient donc de plus en plus complexe. Dans certains cas, le véritable problème militaire n'est pas de savoir si l'objet vient d'ailleurs dans l'espace, mais de savoir s'il vient d'un acteur étranger. Cette évolution transforme profondément la signification du terme UAP.

 Les archives américaines récentes permettent de mesurer concrètement cette évolution. Le programme AARO publie désormais certaines observations provenant de plateformes militaires opérant en Afrique. Trois dossiers africains récents sont particulièrement intéressants.

 -       Afrique, 2022 : un cas encore non résolu au large de ce continent.

-       En 2022, l'US Africa Command a transmis à AARO une vidéo de 31 secondes enregistrée par un capteur infrarouge installé sur une plateforme militaire américaine.

-       Afrique 2024

 AARO indique dans le 1er cas que les données disponibles ne permettent pas de déterminer avec certitude la nature de la signature observée ni d'en évaluer correctement les performances. Le dossier demeure donc non résolu dans les données publiques.

 Il s'agit d'un cas particulièrement intéressant pour l'histoire militaire des PAN en Afrique car, cette fois, nous ne sommes pas seulement devant un témoignage rapporté plusieurs années après les faits : il existe une captation réalisée par un système militaire, toutefois cela ne signifie pas que l'objet soit extraordinaire. Cela signifie simplement que les informations disponibles ne permettent pas encore de l'identifier avec suffisamment de certitude.

 Un second dossier, enregistré en 2023, comporte près de cinq minutes de vidéo infrarouge et AARO considère que les données sont également insuffisantes pour déterminer si la signature correspond à un objet physique, à une émission ou réflexion thermique, à une différence de température dans l'environnement ou éventuellement à une anomalie du système de détection. Ce dossier rappelle une règle fondamentale : un capteur peut produire une image réelle d'un phénomène dont la nature physique reste indéterminée. L'incertitude porte donc parfois autant sur le phénomène que sur la mesure elle-même.

 Le troisième cas est particulièrement instructif. En 2024, une plateforme militaire américaine a enregistré pendant 1 minute et 18 secondes une série de signatures infrarouges. Après analyse, AARO a estimé avec une probabilité supérieure ou égale à 95 % qu'il s'agissait d'oiseaux migrateurs. L'organisme s'est appuyé notamment sur leur morphologie et leur comportement de vol ainsi que sur leur correspondance avec des trajectoires migratoires connues. Une autre structure du renseignement américain a également accepté cette conclusion. Ce cas est presque plus important méthodologiquement que le cas non résolu.

Il montre que la technologie militaire peut produire des observations extraordinairement étranges qui trouvent finalement une explication parfaitement naturelle.

 Ces exemples permettent de dégager plusieurs enseignements.

 1. Les militaires observent réellement des phénomènes non immédiatement identifiés Ce point ne fait guère de doute. Des plateformes militaires peuvent enregistrer des signatures inhabituelles.

2. « Non identifié » est une catégorie provisoire L'exemple des oiseaux africains le démontre parfaitement. Une observation peut rester inconnue pendant un certain temps avant qu'une explication satisfaisante soit trouvée.

3. Les capteurs modernes ne suppriment pas l'incertitude Une caméra infrarouge ne donne pas automatiquement une identité, elle fournit une mesure qui doit être interprétée.

4. L'origine extraterrestre n'est pas une conclusion militaire - Les organismes militaires chargés de ces dossiers cherchent d'abord à caractériser la menace, l'objet et la qualité des données. Le rapport historique d'AARO publié en 2024 indiquait d'ailleurs qu'il n'avait trouvé aucune preuve vérifiable permettant d'attribuer les observations étudiées à une activité extraterrestre.

 Pourquoi les armées africaines parlent-elles si peu des OVNI ?

Cette question revient régulièrement dans la littérature ufologique, mais le silence institutionnel peut avoir de nombreuses explications. Un état-major peut ne pas publier :

Ses procédures de détection ;

  • - Les caractéristiques de ses radars ;
  • - Les capacités de ses avions ;
  • - Les zones surveillées ;
  • - Les itinéraires opérationnels ;
  • - Les systèmes infrarouges utilisés ;
  • - Les interceptions réalisées ;
  • - Les informations concernant des aéronefs étrangers.

 Dans ce contexte, le secret militaire n'est pas automatiquement un secret concernant les OVNI. Un dossier peut rester confidentiel simplement parce qu'il révèle les capacités de surveillance de l'armée. Il faut donc éviter l'équation :

 « Aucune information publique = dissimulation d'un OVNI ».

 Cette conclusion n'est pas démontrable sans document.

 Pour l'étude du phénomène OVNI en Afrique, les institutions militaires doivent donc être considérées comme des sources historiques potentielles, et non comme des autorités chargées de confirmer ou d'infirmer l'hypothèse extraterrestre. Le chercheur doit rechercher plusieurs types de documents :

 Rapports d'observation : Ils peuvent contenir la date, l'heure, la localisation, la description et les conditions météorologiques.

Rapports radar : Ils permettent de rechercher une éventuelle trace instrumentale.

Rapports de pilotes : Ils sont particulièrement importants lorsqu'un équipage professionnel observe un phénomène.

Rapports d'interception : Ils peuvent fournir des informations sur la trajectoire et les capacités apparentes de l'objet.

Rapports de renseignement : Ils peuvent être consacrés à des aéronefs étrangers, des essais militaires ou des incursions aériennes.

Rapports météorologiques Ils permettent d'éliminer certaines explications naturelles.

Archives photographiques et cinématographiques : Elles deviennent particulièrement importantes à partir de la seconde moitié du XXe siècle.

 L'étude des OVNI africains ne devrait donc plus commencer par la question : « Quels sont les cas extraterrestres ? » Elle devrait commencer par : « Quels phénomènes aériens ont été signalés, par qui, dans quelles circonstances et quelles données permettent aujourd'hui de les identifier ? »  Cette méthode permet de constituer une véritable histoire documentaire du phénomène.

 L'un des grands chantiers de la recherche ufologique africaine est donc encore largement ouvert. Il ne consiste pas uniquement à rechercher des « preuves d'extraterrestres » mais il consiste à reconstruire l'histoire des réactions militaires aux phénomènes aériens inhabituels. Cette histoire pourrait révéler plusieurs choses :

  • - Les changements de vocabulaire utilisés par les armées ;
  • - L’évolution des systèmes de surveillance ;
  • - Les conséquences de la Guerre froide ;
  • - Les interactions avec les forces étrangères ;
  • - L’apparition des satellites et des missiles ;
  • - Le développement des radars ;
  • - L’apparition des drones ;
  • - La transformation des procédures de renseignement ;
  • - Et, finalement, la manière dont les États africains ont géré l'incertitude aérienne.

 Conclusion

L'étude des armées africaines face au phénomène OVNI conduit à une conclusion beaucoup plus nuancée que celle souvent proposée par la littérature sensationnaliste. Oui, des militaires ont observé ou enregistré des phénomènes aériens inhabituels en Afrique. Oui, certaines observations restent aujourd'hui insuffisamment expliquées. Mais il existe une différence fondamentale entre ces deux propositions et l'affirmation selon laquelle les armées africaines auraient rencontré des engins extraterrestres. Les archives disponibles ne permettent pas, à ce jour, d'établir une telle conclusion. En revanche, elles permettent de poser une question beaucoup plus intéressante historiquement :

Comment les forces armées africaines ont-elles observé, enregistré, interprété et éventuellement traité les phénomènes aériens qu'elles ne parvenaient pas immédiatement à identifier ?

 C'est probablement dans cette direction que se trouve l'un des domaines les plus prometteurs de la recherche sur les PAN en Afrique.

 Les dossiers de l'US Africa Command récemment rendus publics par AARO montrent d'ailleurs que cette histoire n'est pas terminée. Les observations militaires africaines continuent d'être enregistrées par des capteurs modernes : certaines sont expliquées, d'autres restent provisoirement non résolues. Le véritable enjeu pour le chercheur africain n'est donc pas de transformer chaque « non identifié » en objet extraterrestre, mais de retrouver le document original, vérifier le contexte opérationnel, confronter les données et conserver l'incertitude lorsqu'aucune conclusion solide n'est possible. C'est cette discipline documentaire qui permettra peut-être, demain, d'écrire une véritable histoire militaire africaine des phénomènes aérospatiaux non identifiés.

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mardi 27 octobre 2026

LE VAISSEAU À RÉDUCTION D'INERTIE DE L'US NAVY

 

SALVATORE PAIS : LE VAISSEAU À RÉDUCTION D'INERTIE DE L'US NAVY

PARTIE 3 SUR 3 DE L’ETUDE « SALVATORE PAIS » – 

Un brevet américain décrit-il réellement une technologie capable de révolutionner la propulsion aérospatiale  

Enquête scientifique et critique — Rédaction GEOS France



Le brevet américain US 10,144,532 B2, délivré le 4 décembre 2018 à Salvatore Cezar Pais, est l'un des documents les plus intrigants du dossier des technologies aérospatiales expérimentales de la Marine américaine. Son titre est explicite : Craft Using an Inertial Mass Reduction Device, que l'on peut traduire par « Véhicule utilisant un dispositif de réduction de la masse inertielle ».

Le document décrit un engin théorique susceptible d'évoluer dans l'air, dans l'espace et sous l'eau, grâce à un système associant champs électromagnétiques, cavité résonante, vibrations mécaniques et modification supposée du vide quantique. Si ce dispositif fonctionnait conformément aux performances envisagées, ses conséquences seraient considérables. Il pourrait remettre en question certaines contraintes de la propulsion conventionnelle et ouvrir des perspectives inédites pour les véhicules aérospatiaux. Mais une question fondamentale demeure : le brevet décrit-il une technologie physiquement démontrée, ou une architecture théorique dont le fonctionnement reste à établir ?

 L'examen du document, confronté aux lois physiques connues et aux expériences disponibles, permet d'apporter une réponse nuancée, mais ferme sur l'essentiel.

 Le vaisseau de Salvatore Pais : anatomie scientifique d'un brevet controversé de l'US Navy

 1. Un brevet officiel, déposé au nom de la Marine américaine

Le brevet US 10,144,532 B2 a été délivré le 4 décembre 2018. La demande initiale avait été déposée le 28 avril 2016, au nom des États-Unis représentés par le secrétaire à la Marine.

 Le document complet est consultable dans la base des brevets américains :

Brevet US 10,144,532 B2 : https://patents.google.com/patent/US10144532B2/en

 Il comporte quatre revendications principales portant sur l'architecture du dispositif, la cavité résonante, les émetteurs micro-ondes et certaines caractéristiques électriques et mécaniques du système. Il ne s'agit donc pas simplement d'un dessin publié dans un magazine spécialisé ou d'une illustration circulant sur Internet. Le document appartient bien à l'histoire administrative et technique des brevets américains.

 Toutefois, cette distinction doit immédiatement être précisée.

 Un brevet protège juridiquement une invention selon les règles applicables. Il ne constitue pas un certificat de validation expérimentale de toutes les performances revendiquées.

 La délivrance du brevet ne signifie donc pas que la Marine américaine possède un engin opérationnel capable de réduire son inertie, de modifier la gravitation ou de traverser différents milieux à des vitesses extraordinaires. Pour déterminer ce que vaut réellement l'invention, il faut examiner son fonctionnement proposé.

 2. Le principe du vaisseau : une cavité résonante entourant l'appareil

Le dispositif imaginé par Pais repose sur une structure particulière. Le véhicule comporte une paroi extérieure et une paroi intérieure qui délimitent une cavité résonante. Des émetteurs micro-ondes produisent des champs électromagnétiques à l'intérieur de cette cavité. Selon le brevet, ces champs provoqueraient des vibrations accélérées de la paroi extérieure. Ces vibrations, combinées aux champs électromagnétiques et à certaines conditions de fonctionnement, produiraient une modification locale de l'état du vide quantique, qualifiée de « vide polarisé ». Cette modification est censée entraîner une diminution de la masse inertielle du véhicule. Le document envisage notamment les composants suivants :

  •  ·         une cavité résonante entourant tout ou partie du véhicule ;
  • ·         des émetteurs de micro-ondes ;
  • ·         des parois intérieure et extérieure ;
  • ·         une charge électrique appliquée à la structure ;
  • ·         des vibrations mécaniques à haute fréquence ;
  • ·         éventuellement, un gaz noble à l'intérieur de la cavité ;
  • ·         une rotation axiale accélérée de l'ensemble.

 La description évoque également une enveloppe de plasma susceptible de réduire les interactions avec l'air ou l'eau. L'ensemble est présenté comme une architecture de véhicule hybride aérospatial et sous-marin. Il faut cependant remarquer que le brevet décrit principalement une configuration envisagée et les mécanismes physiques supposés la rendre possible. Il ne présente pas un véhicule complet dont les performances auraient été mesurées en vol ou en immersion. Cette différence entre architecture proposée et prototype validé est essentielle.

 3. Première question : peut-on réduire la masse inertielle d'un objet ?

La masse inertielle mesure la résistance d'un objet à une accélération. Dans la mécanique classique, cette relation est exprimée par la deuxième loi de Newton :

 F = m × a

où F représente la force, m la masse et a l'accélération.

 À force identique, un objet de masse plus faible subit une accélération plus importante. Si un dispositif pouvait réduire de manière contrôlée la masse inertielle d'un véhicule, les conséquences seraient importantes. Une force donnée pourrait produire une accélération supérieure. Les contraintes mécaniques liées aux manœuvres pourraient être profondément modifiées. Mais il faut poser la question préalable : comment le dispositif pourrait-il modifier cette masse ? Dans la physique établie, la masse inertielle est une propriété fondamentale des systèmes physiques. Elle ne constitue pas un paramètre que l'on peut librement diminuer en appliquant un champ électromagnétique. L'énergie contribue à la masse d'un système, et les interactions électromagnétiques peuvent modifier l'énergie stockée dans un dispositif. Cela ne démontre pas qu'un champ électromagnétique puisse réduire à volonté la masse inertielle d'un véhicule entier. Le brevet de Pais propose un mécanisme fondé sur les propriétés supposées du vide quantique. Mais il faudrait établir quantitativement comment les champs produits par le dispositif modifieraient l'inertie, dans quelle proportion et selon quelles conditions.

 Le document ne fournit pas de démonstration expérimentale permettant d'établir une réduction mesurée de la masse inertielle. La réduction de l'inertie constitue donc ici une hypothèse centrale de l'invention, et non une performance démontrée par le brevet.

 4. Le vide quantique : un phénomène réel, mais pas une source de propulsion démontrée

Pour comprendre la proposition de Pais, il faut distinguer deux notions souvent confondues dans les discussions consacrées aux technologies avancées. La première est le vide quantique, qui appartient bien à la physique moderne. En théorie quantique des champs, le vide n'est pas simplement assimilable à un espace classique dépourvu de matière. Il correspond à l'état de plus basse énergie d'un système de champs, dont les propriétés peuvent donner lieu à des effets physiques mesurables.

 La seconde notion est celle d'un vide que l'on pourrait polariser ou modifier localement de manière à obtenir une réduction macroscopique de l'inertie ou une propulsion contrôlée. Cette deuxième proposition ne découle pas automatiquement de la première. Le fait que le vide quantique possède des propriétés physiques ne signifie pas que l'on puisse les manipuler librement pour produire une force propulsive importante. Il faut démontrer le mécanisme, quantifier l'effet attendu et mesurer les résultats.

Dans le brevet de Pais, la notion de « vide polarisé » joue un rôle déterminant. Le dispositif est censé modifier les fluctuations quantiques locales par l'intermédiaire des champs électromagnétiques et des vibrations de la cavité. Mais il manque une démonstration expérimentale établissant que le système produit effectivement cette modification dans les conditions annoncées et que celle-ci entraîne une réduction mesurable de l'inertie.

Il faut donc éviter un raccourci fréquent : la réalité du vide quantique ne valide pas automatiquement les applications technologiques qui lui sont attribuées.

 5. Le rôle des micro-ondes et des vibrations

Les micro-ondes sont des ondes électromagnétiques parfaitement connues. Elles sont utilisées dans les radars, les télécommunications, le chauffage industriel et de nombreuses applications scientifiques. Les cavités résonantes sont également des dispositifs établis. Elles permettent de confiner certains champs électromagnétiques et d'amplifier des réponses à des fréquences particulières. Enfin, les vibrations mécaniques peuvent être produites et contrôlées dans de nombreuses structures. Ces éléments ne présentent donc rien d'extraordinaire en eux-mêmes. La difficulté réside dans le mécanisme supplémentaire que Pais leur attribue.

 Selon le brevet, les émetteurs micro-ondes provoqueraient des vibrations accélérées de la paroi extérieure. La combinaison des champs et des mouvements mécaniques serait susceptible de modifier l'état local du vide et de produire les effets inertiels recherchés. Pour établir scientifiquement cette chaîne causale, il faudrait mesurer successivement :

  •  ·         Les champs électromagnétiques réellement présents dans la cavité.
  • ·         L'amplitude, la fréquence et la distribution spatiale des vibrations.
  • ·         La modification physique supposée du vide quantique.
  • ·         La variation éventuelle de la masse inertielle ou de la force exercée sur le dispositif.
  • ·         Le lien quantitatif entre les paramètres du système et l'effet mesuré.
  • ·         Le brevet ne fournit pas les résultats expérimentaux nécessaires pour valider l'ensemble de cette chaîne.
  • ·         Un dispositif peut parfaitement produire des micro-ondes et des vibrations sans générer le phénomène supplémentaire envisagé par son concepteur.

C'est précisément ce qu'une expérience doit permettre de vérifier.

 6. La propulsion sans réaction : une difficulté fondamentale

L'une des conséquences envisagées par Pais est la possibilité de déplacer un véhicule sans utiliser un système de propulsion conventionnel. Dans un moteur-fusée classique, la poussée provient de l'éjection de matière à grande vitesse. La quantité de mouvement emportée par les gaz d'échappement permet au véhicule d'accélérer dans la direction opposée. Les moteurs électriques utilisés dans l'espace obéissent au même principe général. Ils accélèrent des particules chargées et produisent une poussée par réaction. La NASA explique ce mécanisme dans sa documentation sur la propulsion électrique et les moteurs ioniques.

Référence : https://science.nasa.gov/mission/dawn/faq/

 Le système de Pais soulève une question différente : comment le véhicule pourrait-il acquérir une quantité de mouvement sans éjecter de matière et sans interaction extérieure clairement identifiée ? La conservation de la quantité de mouvement demeure une contrainte fondamentale. Un dispositif peut, en principe, échanger de la quantité de mouvement avec un rayonnement électromagnétique, un champ extérieur ou un autre système physique. Mais cet échange doit être identifiable et quantitativement cohérent. Un véhicule isolé ne peut pas acquérir une accélération nette simplement parce que ses composants exercent des forces internes les uns sur les autres. Si le vide quantique est présenté comme le milieu avec lequel le véhicule interagit, il faut alors expliquer précisément cette interaction et démontrer qu'elle produit la force annoncée.

 Le brevet ne fournit pas de mesure indépendante d'une poussée démontrant ce mécanisme. Il ne permet donc pas de conclure que la propulsion sans réaction proposée est une technologie opérationnelle.

 7. Un engin capable de se déplacer dans l'air, l'espace et l'eau ?

Le brevet décrit un véhicule hybride aérospatial et sous-marin, désigné par l'expression Hybrid Aerospace-Undersea Craft. L'idée est particulièrement ambitieuse. Dans l'atmosphère, le dispositif produirait un champ électromagnétique répulsif susceptible d'interagir avec les molécules d'air. Dans l'espace, la polarisation locale du vide produirait un effet gravitationnel répulsif qui permettrait au véhicule de se déplacer rapidement.

Sous l'eau, une enveloppe de plasma ou de vide permettrait de réduire les frottements avec le liquide et d'améliorer les performances. Ces trois applications présentent des difficultés physiques différentes.

Dans l'atmosphère

 Les champs électriques et magnétiques peuvent effectivement interagir avec les particules chargées et les plasmas. Mais l'air ordinaire est globalement neutre. Pour obtenir une force significative sur un véhicule, il faut démontrer comment le champ interagit avec les molécules, quelle quantité de mouvement est transférée et quelle puissance est nécessaire.

 Dans l'espace

Le problème est encore différent.

Il n'existe pas d'air ambiant sur lequel une enveloppe électromagnétique pourrait exercer une poussée de la même manière qu'une hélice. Le dispositif devrait donc produire une force par un mécanisme physique clairement identifié, en respectant la conservation de la quantité de mouvement.

 Sous l'eau Une enveloppe de gaz ou de plasma pourrait modifier localement l'écoulement d'un liquide dans certaines conditions. Des techniques de supercavitation permettent déjà de réduire la traînée hydrodynamique en entourant une partie d'un objet d'une cavité gazeuse.

 Mais la supercavitation conventionnelle ne signifie pas qu'un véhicule puisse supprimer tous les frottements ou se déplacer sans propulsion. Pour démontrer la proposition de Pais, il faudrait établir comment l'enveloppe est créée, maintenue et contrôlée, puis mesurer les forces et la puissance nécessaires.

 Le brevet ne présente pas de démonstration expérimentale d'un véhicule capable d'effectuer ces transitions entre les trois milieux. Il s'agit donc d'une application envisagée, et non d'une capacité démontrée.

 8. Le lien avec le générateur HEEMFG testé par la Marine américaine

Le brevet de réduction de masse inertielle ne doit pas être examiné isolément. Il est étroitement lié au concept de générateur de champs électromagnétiques de haute énergie, ou HEEMFG, également associé à Pais. En 2018 et 2019, la Marine américaine a conduit des essais sur des dispositifs tournants chargés électriquement, afin de rechercher l'effet électromagnétique particulier prédit par le chercheur.

 Le rapport expérimental NAVAIR, intitulé HEEMFG Spin Test Experiment — Test Plan with Test Results, constitue une pièce centrale du dossier.

 Rapport officiel : https://www.navair.navy.mil/foia/sites/g/files/jejdrs566/files/document/%5Bfilename%5D/2019-009734%20-%20FINAL%20VERSION%20HEEMFG%20Spin%20Test%20Experiment%20Test%20Plan%20w.%20Test%20Results_0.pdf

 Les essais n'ont pas permis de détecter l'effet HEEMFG recherché dans les configurations étudiées. Les expérimentateurs ont notamment relevé des limites relatives à la charge électrique obtenue et à la caractérisation du signal. Pais a contesté la pertinence des conditions expérimentales, estimant que certains paramètres indispensables à son modèle n'avaient pas été atteints. Cette objection ne doit pas être ignorée. Une expérience ne peut tester correctement une théorie que si les paramètres déterminants sont effectivement satisfaits et mesurés.

 Mais elle ne constitue pas davantage une preuve que l'effet existe.

 Surtout, il faut bien distinguer les deux objets de recherche.

 Le rapport NAVAIR ne constitue pas un essai complet du véhicule décrit dans le brevet US 10,144,532 B2. Il ne permet donc pas, à lui seul, de réfuter toutes les caractéristiques de ce véhicule.

 En revanche, il ne fournit aucun résultat positif susceptible de démontrer le mécanisme électromagnétique présenté comme l'un des fondements de cette architecture.

 La conclusion raisonnable est donc double : le brevet propose un dispositif dont le fonctionnement reste à démontrer, et les essais HEEMFG disponibles n'ont pas validé l'effet déterminant recherché.

 9. Pourquoi l'US Navy a-t-elle déposé ce brevet ?

C'est probablement l'une des questions les plus intéressantes du dossier.  Pourquoi une institution militaire américaine accepterait-elle de déposer un brevet portant sur un véhicule dont les performances supposées semblent très éloignées des capacités démontrées de l'ingénierie conventionnelle ?

 Plusieurs explications sont possibles.

 La recherche militaire explore des technologies à différents niveaux de maturité. Certaines sont directement applicables, d'autres nécessitent des années de développement et d'autres encore restent des pistes exploratoires. Un brevet peut servir à protéger une proposition technique, à documenter une architecture ou à préserver une possibilité stratégique. Le dépôt ne prouve pas que le dispositif a été construit, qu'il a fonctionné ou qu'il a été intégré à un programme opérationnel. Dans le cas de Pais, des documents rapportés par The War Zone indiquent que la demande a fait l'objet d'un examen et d'échanges avec l'administration américaine des brevets.

 L'enquête est consultable ici :

https://www.twz.com/38937/navy-ufo-patent-documents-talk-of-spacetime-modification-weapon-detail-experimental-testing

 Ce dossier permet de comprendre le contexte institutionnel du brevet. Il ne constitue pas une démonstration de la technologie.

 Il faut donc distinguer trois faits :

  1.  1.    La Marine américaine a bien été associée au dépôt du brevet.
  2. 2.    Des essais ont été réalisés sur un concept lié au générateur HEEMFG.
  3. 3.    Les documents examinés ne démontrent pas l'existence d'un véhicule opérationnel utilisant une réduction de masse inertielle.

Le troisième point est le plus important pour l'évaluation scientifique.

 10. Un brevet délivré, puis expiré : quelle signification ?

Le brevet US 10,144,532 B2 a été délivré en décembre 2018. Les registres consultables indiquent qu'il a ensuite expiré en janvier 2023 pour défaut de paiement d'une taxe de maintien en vigueur.

 Cette information est accessible dans l'historique du document :

https://patents.google.com/patent/US10144532B2/en

 Cette expiration administrative ne permet pas de tirer une conclusion scientifique.

Elle ne prouve ni que l'invention était fausse, ni que la Marine a abandonné toute recherche dans ce domaine, ni qu'une technologie équivalente existe dans un programme classifié. Elle signifie simplement que ce brevet particulier n'a pas été maintenu en vigueur selon les modalités administratives applicables. Il serait donc erroné de présenter cette expiration comme la preuve d'un échec technologique secret. Il serait tout aussi erroné de l'interpréter comme un indice que la technologie serait devenue suffisamment avancée pour ne plus avoir besoin de protection.

 Aucune de ces conclusions ne découle du seul statut juridique du brevet.

 11. Les brevets de Pais prouvent-ils l'existence d'OVNI à propulsion révolutionnaire ?

Le rapprochement avec les phénomènes aérospatiaux non identifiés est inévitable. Depuis plusieurs années, les brevets de Pais sont cités dans des discussions consacrées aux engins capables de fortes accélérations, de changements de direction inhabituels ou de transitions entre l'air et l'eau. Le raisonnement consiste à supposer que si la Marine américaine étudie une réduction de l'inertie, elle pourrait chercher à reproduire les performances attribuées à certains PAN. Mais ce raisonnement ne suffit pas à établir un lien causal.

 Il faut distinguer trois propositions.

  • Première proposition : la Marine américaine a étudié des concepts de propulsion non conventionnelle. Les documents relatifs aux brevets et aux essais montrent bien qu'un travail exploratoire a été effectué.
  • Deuxième proposition : le véhicule décrit par Pais pourrait, s'il fonctionnait comme annoncé, posséder des capacités extraordinaires. C'est exact sur le plan des conséquences envisagées, mais la faisabilité de ces capacités n'est pas démontrée. · 

  • Troisième proposition : les États-Unis possèdent des engins opérationnels utilisant cette technologie pour expliquer certains PAN.

Cette affirmation n'est pas établie par les documents examinés.

Pour passer de la deuxième à la troisième proposition, il faudrait disposer de preuves indépendantes :

  • · Des résultats expérimentaux, mesures de poussée, performances vérifiées, documentation technique ou données instrumentales suffisamment précises.
  • · Les brevets ne fournissent pas ces preuves.
  • · L'existence d'un brevet militaire peut justifier une enquête historique et scientifique. Elle ne permet pas d'identifier la technologie réellement utilisée par un objet observé dans le ciel.

12. Ce qu'il faudrait pour transformer le brevet en véritable découverte scientifique

Pour que le concept de Pais soit reconnu comme une avancée majeure, plusieurs étapes seraient nécessaires. D'abord, le phénomène de réduction de masse inertielle devrait être défini de façon quantitative.

Il faudrait ensuite construire un dispositif expérimental dont les paramètres électriques, mécaniques et électromagnétiques sont mesurables. La masse inertielle ou la force exercée devrait être déterminée avec une instrumentation suffisamment sensible pour éliminer les effets parasites.

 Les résultats devraient être reproduits dans des conditions indépendantes.

Enfin, si une réduction de l'inertie était effectivement observée, il faudrait démontrer qu'elle permet de produire une propulsion utile et d'expliquer comment la quantité de mouvement est conservée. Une telle démonstration représenterait une avancée majeure de la physique. Mais le dossier disponible n'a pas encore franchi ces étapes. La différence entre une idée brevetée et une découverte scientifique réside précisément dans cette démonstration expérimentale.

 CONCLUSION — UN BREVET EXTRAORDINAIRE N'EST PAS ENCORE UN VAISSEAU EXTRAORDINAIRE

 Le brevet de Salvatore Pais est remarquable par l'ambition de son projet. Il imagine un véhicule susceptible de fonctionner dans plusieurs milieux, en utilisant une architecture électromagnétique destinée à modifier localement les propriétés physiques du vide. Mais l'examen du document révèle un écart important entre les effets annoncés et les résultats expérimentaux disponibles. Les micro-ondes, les cavités résonantes, les champs électriques et les vibrations mécaniques sont des phénomènes connus. Leur combinaison dans un dispositif d'ingénierie est parfaitement envisageable.

 En revanche, la réduction contrôlée de la masse inertielle, la création d'une propulsion gravitationnelle exploitable et la possibilité de déplacer un véhicule dans l'air, l'espace et l'eau sans propulsion conventionnelle restent des propositions non démontrées par les éléments examinés.

 Le rapport expérimental NAVAIR de 2019 ne valide pas l'effet HEEMFG recherché. Il ne teste pas directement toutes les caractéristiques du véhicule breveté, mais il ne fournit aucun résultat positif permettant d'établir le mécanisme central invoqué.

 Il faut donc éviter deux erreurs opposées : considérer que le brevet prouve l'existence d'une technologie secrète révolutionnaire, ou prétendre que l'expérience de 2019 a définitivement réfuté toutes les idées de Pais.

 La conclusion scientifique est plus précise : le brevet existe, les concepts sont décrits et des essais ont eu lieu, mais les performances extraordinaires annoncées ne sont pas démontrées par les documents examinés.

   Le véritable enjeu n'est pas de savoir si l'US Navy a breveté un vaisseau extraordinaire. Il est de savoir si les effets physiques nécessaires à son fonctionnement ont été mesurés et reproduits. À ce stade, la preuve manque.

 Les cinq points à retenir pour ce dossier PAN

Question

Conclusion fondée sur les documents examinés

Le brevet de Pais existe-t-il ?

Oui. Il a été délivré en 2018.

Décrit-il un véhicule capable de réduire son inertie ?

Oui, c'est l'objectif annoncé de l'invention.

Le véhicule a-t-il été démontré expérimentalement ?

Aucune démonstration de ce type n'est établie par les documents examinés.

Les essais HEEMFG de la Marine ont-ils confirmé l'effet recherché ?

Non. L'effet n'a pas été détecté dans les configurations testées.

Ce brevet prouve-t-il que les États-Unis possèdent des PAN à propulsion exotique ?

Non. Cette conclusion dépasse les preuves disponibles.

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