Une déclaration récente a été publiée par le UAP Science Advisory Council (UAPSAC), sous la direction d'Avi Loeb, et reprise par Loeb lui-même. Elle date de mi-août 2026.
1. Ce que le Conseil vient réellement de déclarer
Le Conseil indique qu'il soutient pleinement les demandes de David Grusch, Eric Davis et d'autres témoins, visant notamment à obtenir de l'administration Trump des garanties juridiques permettant à des personnels actuels ou anciens du gouvernement et des forces armées de communiquer des informations au Conseil.
L'objectif affiché est de permettre à ces personnes de parler, dans un cadre légal approprié, de leurs connaissances éventuelles concernant des programmes UAP et les technologies supposées d'origine non humaine. C'est une évolution importante : le Conseil ne demande pas simplement davantage de témoignages publics. Il cherche à créer un canal scientifique permettant d'accéder à des informations potentiellement protégées par le secret.
2. Le mot essentiel : « supposées »
Le Conseil ne dit pas :
« Nous savons que les États-Unis possèdent des technologies extraterrestres. »
Il parle de technologies présumées / supposées d'origine non humaine. Cette distinction est fondamentale.
Avi Loeb lui-même a expliqué que la mission scientifique devait précisément permettre de déterminer si les phénomènes observés peuvent être expliqués par :
- · Des technologies humaines ;
- · Des phénomènes naturels ;
- · Des technologies étrangères ;
- · Ou, éventuellement, quelque chose qui ne relève d'aucune de ces catégories.
Il a également insisté sur le fait que l'accès à des données classifiées est nécessaire pour pouvoir réellement trancher certaines questions.
Autrement dit :
Le Conseil demande à examiner les preuves avant de conclure.
C'est très différent d'une validation scientifique des affirmations de Grusch ou Davis.
3. Pourquoi David Grusch et Eric Davis sont-ils cités ?
C'est particulièrement significatif. David Grusch Ancien officier du renseignement américain, Grusch avait affirmé publiquement en 2023 que les États-Unis possédaient ou avaient eu accès à des programmes liés à la récupération et à l'étude d'engins d'origine supposément non humaine. Il avait également déclaré avoir transmis certaines informations classifiées aux autorités compétentes.
Eric Davis est un astrophysicien ayant travaillé comme consultant auprès de structures liées au renseignement et à la défense américaines. Il est notamment connu dans le dossier UAP pour des travaux et déclarations concernant les phénomènes aérospatiaux anormaux et les supposées technologies récupérées. Le fait que l'UAPSAC associe désormais explicitement Grusch et Davis à sa demande de protection juridique montre que le Conseil cherche à remonter vers les sources primaires des allégations, plutôt que de se limiter aux témoignages publics déjà disponibles.
4. L'immunité : une question beaucoup plus complexe qu'elle n'en a l'air
C'est probablement l'aspect le plus spectaculaire de la déclaration. Le Conseil demande des garanties juridiques, « y compris l'immunité le cas échéant ». Il faut cependant comprendre que l'immunité ne signifie pas nécessairement :
« Tout témoin peut désormais révéler n'importe quel secret. »
Le président américain ne peut pas simplement annuler toutes les obligations légales liées aux informations classifiées par une déclaration politique. Il faudrait probablement déterminer :
Quelles informations peuvent être communiquées ;
- · À qui ;
- · Sous quelle habilitation ;
- · Quelles informations restent protégées ;
- · Si une autorisation de divulgation est nécessaire ;
- · Quelles infractions éventuelles seraient concernées ;
- · Et quelles garanties pourraient être accordées aux témoins.
La question juridique est donc considérable.
5. Pourquoi cette demande est-elle importante ?
Parce que l'un des problèmes majeurs du dossier UAP américain est précisément le cloisonnement de l'information. Un ancien responsable peut savoir quelque chose, mais : être soumis à un NDA ; avoir travaillé dans un programme classifié, avoir une obligation de confidentialité ? ne plus posséder l'autorisation nécessaire pour accéder aux documents etc… Le Conseil cherche donc à créer un environnement dans lequel un témoin pourrait dire, en substance : « Voici ce que j'ai vu, voici ce que j'ai appris, voici où se trouvent les documents, et voici les personnes qui peuvent confirmer. » Puis les scientifiques pourraient déterminer ce qui est vérifiable.
6. Et c'est ici que PURSUE devient très important
Le Conseil travaille actuellement sur PURSUE, acronyme de Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters. Le projet vise à collecter, organiser et examiner les dossiers gouvernementaux déclassifiés concernant les UAP. Le programme est présenté comme un effort inédit de recherche et d'examen systématique des archives. Et cela change beaucoup la nature du travail. Il ne s'agit plus simplement de demander : « Quelqu'un a-t-il vu un OVNI ? » mais plutôt : « Que contiennent réellement les archives gouvernementales, et quelles conclusions scientifiques peut-on tirer de leur analyse ? »
7. Une évolution majeure : passer du témoignage à la donnée
Pendant des décennies, le débat OVNI a principalement reposé sur :
· Témoignages → récits → photographies → vidéos → interprétations.
L'approche revendiquée par l'UAPSAC est différente :
· Archives → données brutes → capteurs → métadonnées → analyse scientifique → hypothèses concurrentes → conclusion.
C'est exactement la direction dans laquelle Avi Loeb cherche depuis plusieurs années à faire évoluer l'étude des UAP. Son Conseil rassemble d'ailleurs des spécialistes provenant de disciplines très différentes : astrophysique, analyse statistique, océanographie, biologie, psychologie, intelligence artificielle et instrumentation.
8. Une évolution particulièrement intéressante : le Conseil n'est pas uniquement « pro-OVNI »
C'est un point qui mérite d'être souligné. Parmi les membres du Conseil figure notamment Michael Shermer, connu pour ses positions sceptiques sur les affirmations extraordinaires. Sa présence est importante parce qu'elle indique que l'objectif affiché n'est pas simplement de confirmer l'hypothèse extraterrestre. Le principe scientifique devrait être : chercher l'anomalie, puis essayer de la réfuter avant de chercher à l'expliquer par une technologie non humaine.
C'est justement ce qu'Avi Loeb défend dans ses propres textes : il considère qu'une partie des phénomènes pourrait correspondre à des technologies humaines ou adverses, et qu'il faut donc disposer des données permettant de les distinguer d'une éventuelle technologie non humaine.
9. Une première illustration concrète de cette démarche : DOW-UAP-PR043
Avi Loeb a récemment publié une analyse du dossier déclassifié DOW-UAP-PR043, provenant de la série PURSUE. Et son analyse préliminaire est justement très révélatrice : il estime que l'objet pourrait être un missile. Autrement dit, le Conseil ne cherche pas nécessairement à transformer chaque anomalie en « technologie extraterrestre ». Au contraire, il semble appliquer la démarche :
· Dossier présenté comme UAP → analyse scientifique → hypothèse conventionnelle possible.
Loeb a publié spécifiquement un article intitulé The Declassified DOW-UAP-PR043 in the PURSUE Disclosure is Likely a Missile. C'est un élément très important pour comprendre la philosophie scientifique du Conseil.
10. Le véritable enjeu : accéder aux personnes qui savent
C'est là que la déclaration du 19 août environ prend toute son importance.
PURSUE donne accès aux documents. L'immunité permettrait potentiellement d'obtenir les témoignages des personnes qui ont produit, détenu ou vu ces documents. On pourrait donc avoir à terme :
Niveau 1
Documents déclassifiés.
Niveau 2
Données techniques et métadonnées.
Niveau 3
Archives historiques.
Niveau 4
Témoignages d'anciens responsables.
Niveau 5
Témoignages de personnels encore soumis au secret.
Niveau 6
Analyse scientifique indépendante.
C'est potentiellement beaucoup plus puissant que la simple publication de nouveaux témoignages dans les médias.
EN RESUME :
AOÛT 2026 – L'UAPSAC DEMANDE DES GARANTIES POUR LES TÉMOINS DES PROGRAMMES CLASSIFIÉS
Une nouvelle étape vient d'être franchie dans le débat américain sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés. Le UAP Science Advisory Council, placé sous la direction de l'astrophysicien Avi Loeb, a annoncé soutenir les demandes formulées par David Grusch, Eric Davis et d'autres témoins afin que des garanties juridiques, pouvant aller dans certains cas jusqu'à l'immunité, permettent à d'anciens ou actuels membres du gouvernement et des forces armées de communiquer des informations au Conseil. L'objectif n'est pas, officiellement, de confirmer à l'avance l'existence de technologies extraterrestres. Il s'agit de permettre à des scientifiques d'accéder aux informations détenues par des personnes ayant travaillé dans des environnements classifiés et de déterminer si les affirmations concernant d'éventuelles technologies d'origine non humaine reposent sur des éléments vérifiables.
Cette initiative accompagne le projet PURSUE, consacré à la collecte et à l'analyse des archives gouvernementales relatives aux PAN. Le dispositif pourrait ainsi réunir deux sources d'information jusqu'ici largement séparées : les documents officiels déclassifiés et les témoignages de ceux qui auraient eu accès aux programmes classifiés. L'enjeu scientifique est considérable. Si les informations transmises au Conseil permettent d'identifier des technologies humaines, des systèmes étrangers, des phénomènes naturels ou des erreurs d'interprétation, le résultat contribuera à réduire l'incertitude entourant les UAP. Si, à l'inverse, certaines données résistent à toutes les explications conventionnelles, elles pourraient constituer un objet de recherche scientifique véritablement nouveau.
Mais une précaution demeure indispensable : le soutien de l'UAPSAC aux demandes de Grusch et Davis ne constitue pas une validation de leurs affirmations. Il signifie que le Conseil souhaite désormais disposer des éléments nécessaires pour les vérifier. C'est précisément cette distinction entre croire et vérifier qui pourrait déterminer la crédibilité de la nouvelle phase de la recherche américaine sur les PAN.
Mon appréciation
Le véritable test sera maintenant de savoir si l'administration Trump accorde effectivement un mécanisme juridique concret de protection, et surtout si des témoins disposant d'informations classifiées acceptent effectivement de venir parler au Conseil. C'est là que cette initiative passera du stade de la déclaration politique à celui d'une véritable opération de vérification.
Équipe rédactionnelle du GEOS France – M.R.
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