OVNI : LE COLORADO, CHAMPION AMÉRICAIN DE LA CURIOSITÉ EXTRATERRESTRE ?
Plus de 61 000 recherches
quotidiennes sur les extraterrestres aux États-Unis : ce que révèlent vraiment
les statistiques de Google

Article d'analyse et de critique ufologique — Octobre 2026
Par Équipe rédactionnelle du GEOS France - TH
Le Colorado serait l'État américain où la curiosité pour les
extraterrestres et les OVNI est la plus forte. C'est la conclusion d'une étude
relayée le 13 octobre 2026 par le média régional North Forty News. Selon cette
analyse, les habitants du Colorado effectueraient environ 1 328 recherches
mensuelles liées aux extraterrestres pour 100 000 habitants, plaçant cet État
devant l'Indiana, l'Alaska et le Massachusetts. À l'échelle nationale, les
Américains réaliseraient quelque 61 042 recherches Google par jour sur les
extraterrestres et les objets volants non identifiés. Cela représenterait plus
de 22 millions de recherches par an.
Ces chiffres ont de quoi retenir l'attention. Ils témoignent, en apparence,
d'un intérêt considérable pour la question extraterrestre aux États-Unis, alors
que les débats sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN), les
témoignages militaires et la possibilité d'une divulgation gouvernementale
continuent d'alimenter l'actualité. Mais que mesure réellement cette étude ?
Peut-on affirmer que le Colorado est l'État américain le plus passionné par les
OVNI ? Et surtout, une recherche effectuée sur Google nous apprend-elle quelque
chose sur la réalité du phénomène extraterrestre ? Derrière ces statistiques
spectaculaires se cache une question essentielle : mesure-t-on la curiosité du
public, sa croyance aux extraterrestres ou simplement son comportement sur
Internet ? L'examen de la méthodologie et des résultats invite à distinguer
soigneusement ces trois dimensions.
L'article publié par North Forty News, intitulé « Colorado Leads Nation in
Searches for Aliens and UFOs, Study Finds », présente les résultats d'une
analyse réalisée par VIP-Grinders, une entreprise spécialisée dans les
recherches sur les jeux en ligne et les paris.
L'étude s'appuie sur les estimations de volumes de recherche de Google Ads
Keyword Planner. Les résultats ont ensuite été rapportés à la population de
chaque État américain afin de permettre une comparaison entre territoires de
tailles différentes.
Le classement publié est le suivant
:
|
Rang
|
État
américain
|
Recherches mensuelles pour 100
000 habitants
|
|
1
|
Colorado
|
1 328
|
|
2
|
Indiana
|
1 172
|
|
3
|
Alaska
|
1 115
|
|
4
|
Massachusetts
|
1 082
|
|
5
|
Arizona
|
1 044
|
|
6
|
Dakota du Nord
|
1 031
|
|
7
|
New Hampshire
|
1 009
|
|
8
|
Washington
|
992
|
|
9
|
Virginie
|
903
|
|
10
|
Dakota du Sud
|
895
|
Source: North Forty
News, 13 October 2026.
Le Colorado arrive donc en première position, avec un volume estimé de 1
328 recherches mensuelles pour 100 000 habitants. L'écart avec l'Indiana,
deuxième du classement, atteint 156 recherches mensuelles pour 100 000
habitants, soit environ 13,3 % de plus. Ce résultat est intéressant, mais il
faut éviter de lui faire dire davantage que ce que les données permettent
d'établir. Il signifie que les termes retenus par l'étude génèrent un volume de
recherche estimé particulièrement élevé au Colorado, une fois les résultats
rapportés à la population. Il ne signifie pas que les habitants du Colorado
croient davantage aux extraterrestres que les habitants des autres États.
Pour établir une telle conclusion, il faudrait disposer d'une enquête
représentative sur les opinions et les croyances des populations concernées. Une
recherche Google peut correspondre à une personne convaincue de l'existence des
extraterrestres, mais également à un sceptique, un journaliste, un étudiant, un
passionné d'astronomie ou quelqu'un qui cherche simplement à vérifier une
information.
La statistique mesure une activité numérique, pas directement une
conviction.
L'étude avance un total national d'environ 61 042 recherches quotidiennes
liées aux extraterrestres et aux OVNI. Cela représente approximativement :
- · 1,86 million de recherches par mois ;
- · 22,2 millions de recherches par an ;
- · 42 recherches par minute ;
- · Une recherche toutes les 1,4 seconde environ, en moyenne sur l'ensemble du territoire américain.
Ces conversions sont cohérentes avec le chiffre annoncé, sous réserve des
arrondis utilisés. Cependant, elles ne constituent pas quatre résultats
indépendants. Il s'agit de différentes manières de présenter un même volume de
recherche estimé. C'est un point important pour comprendre la portée réelle de
l'étude.
L'article explique que les données proviennent de Google Ads Keyword
Planner, un outil conçu notamment pour aider les annonceurs à estimer le volume
de recherche associé à des mots-clés. Cet outil peut fournir des estimations
utiles pour analyser les intérêts du public. Mais il ne constitue pas un
dispositif permettant de compter avec une précision absolue chaque recherche
individuelle effectuée dans le monde. Les volumes sont estimés à partir des
données disponibles et dépendent notamment des termes sélectionnés, de la
période considérée et des paramètres retenus.
Il faut donc considérer les 61 042 recherches quotidiennes comme une
estimation issue d'un modèle de comptabilisation, et non comme le résultat d'un
décompte exhaustif et indépendant de toutes les requêtes américaines. L'article
de North Forty News précise d'ailleurs que les chiffres ont été fournis par
VIP-Grinders et n'ont pas été vérifiés indépendamment par la rédaction. Une
difficulté supplémentaire : que signifie « recherche liée aux extraterrestres »
?
Pour interpréter correctement le résultat, il faudrait connaître la liste
complète des mots-clés utilisés. A-t-on comptabilisé uniquement les recherches
comportant les termes « alien », « extraterrestrial », « UFO » ou « UAP » ? L'étude
a-t-elle également inclus des recherches sur les enlèvements extraterrestres,
les observations d'OVNI, Roswell, la zone 51, les civilisations extraterrestres
ou les annonces gouvernementales ?
Une personne recherchant des
informations sur la vie extraterrestre en général ne s'intéresse pas
nécessairement aux observations d'OVNI. Inversement, quelqu'un qui recherche
une vidéo d'un phénomène lumineux dans le ciel ne cherche pas forcément à
savoir si celui-ci est d'origine extraterrestre. Sans la liste complète des
mots-clés et leurs volumes respectifs, il est difficile d'évaluer précisément
le périmètre de l'étude. La première réserve critique concerne donc la
transparence méthodologique : les chiffres sont présentés, mais leur
interprétation complète nécessite l'accès au détail des données.
Dans l'imaginaire collectif,
certains États américains sont indissociables de l'histoire des OVNI. Le
Nouveau-Mexique occupe une place particulière depuis l'affaire de Roswell en
1947. Le Nevada est associé à la zone 51, installation militaire secrète qui a
nourri des décennies de spéculations sur les technologies expérimentales et les
phénomènes extraterrestres. Le Colorado, quant à lui, possède une histoire
ufologique riche, des témoignages célèbres et une communauté de passionnés
active. Pourtant, selon l'étude de VIP-Grinders, le Nouveau-Mexique n'arrive
qu'à la 18e place et le Nevada à la 27e. Ce résultat contredit donc l'idée
selon laquelle les États les plus célèbres pour leurs affaires d'OVNI seraient
nécessairement ceux où l'intérêt actuel pour les extraterrestres est le plus
élevé. Mais cette apparente contradiction mérite d'être nuancée.
La notoriété ufologique ne se confond pas avec le volume de recherches Roswell
est un événement historique. La zone 51 est un symbole culturel. Leur notoriété
repose sur des décennies de publications, de documentaires, de films,
d'enquêtes et de débats. Mais un lieu célèbre ne génère pas nécessairement,
chaque mois, le volume de recherches le plus élevé par habitant. Le classement
dépend aussi de l'actualité, des médias locaux, de la démographie, de la
composition des recherches retenues et de la manière dont les habitants
utilisent Internet. Un État peut être très associé à l'histoire des OVNI sans
être celui où les recherches numériques sont les plus nombreuses aujourd'hui.
Une autre analyse, publiée par Axios Denver en février 2024, examinait les
observations d'OVNI signalées dans le Colorado entre 2000 et 2023 à partir des
données du National UFO Reporting Center. Elle indiquait que la région
métropolitaine de Denver avait enregistré 43,2 signalements pour 100 000
habitants sur la période, contre une moyenne nationale de 34,3. L'article
relevait également des taux élevés dans certains comtés ruraux de l'État. Il
soulignait toutefois que de nombreuses observations pouvaient correspondre à
des activités militaires, à des satellites ou à des phénomènes scientifiques.
Nous disposons donc de deux indicateurs différents concernant le Colorado :
- Un volume élevé de recherches Internet sur les extraterrestres et les OVNI ;
- Un historique de signalements d'observations relativement important dans certaines régions.
Ces deux résultats sont intéressants à rapprocher, mais ils ne prouvent pas
qu'ils aient la même origine. Ils ne permettent pas non plus de conclure que
les observations rapportées dans le Colorado seraient plus souvent d'origine
extraterrestre. Pour cela, il faudrait analyser individuellement les dossiers,
leur qualité et les explications proposées.
Les recherches sur Internet sont-elles un indicateur fiable de la croyance
aux extraterrestres ?
C'est ici que l'étude atteint sa principale limite. La curiosité, la
croyance et l'expérience personnelle sont trois variables distinctes.
La curiosité
Une personne peut
rechercher des informations sur les extraterrestres parce qu'elle trouve le
sujet fascinant.
Elle peut être passionnée par l'astronomie, la
science-fiction, les témoignages de pilotes ou les débats sur les PAN.
Elle n'a pas besoin de croire que la Terre est
visitée par des intelligences extraterrestres.
La croyance
Une personne peut être convaincue que la vie
existe ailleurs dans l’Univers sans croire que des engins extraterrestres
visitent notre planète.
Elle peut également croire que certains PAN
correspondent à des technologies non humaines, tout en restant sceptique
concernant d'autres récits.
Les opinions sur ces questions sont multiples et ne se résument pas à une opposition entre croyants et sceptiques.
L'expérience personnelle
Une personne peut avoir observé un phénomène aérien qu'elle n'a pas réussi à identifier.
Elle peut ensuite rechercher des informations pour tenter de comprendre ce qu'elle a vu.
Mais une recherche Internet ne permet pas de savoir si cette personne a réellement observé quelque chose si elle a identifié son observation ou si elle a simplement regardé une vidéo publiée sur les réseaux
sociaux.
Les trois catégories peuvent se recouper, mais aucune ne peut être déduite
automatiquement des deux autres.
Pour mieux mesurer la curiosité extraterrestre, il aurait été utile de
compléter les statistiques de recherche par une enquête d'opinion
représentative. Les chercheurs auraient notamment pu demander aux participants :
·
S’ils
s'intéressent aux OVNI ;
- ·
S’ils
pensent que la vie extraterrestre existe ;
- ·
S’ils
estiment que des intelligences non humaines visitent la Terre ;
- ·
S’ils ont
personnellement observé un phénomène inexpliqué ;
- ·
S’ils
suivent régulièrement les actualités sur les PAN.
Une telle enquête aurait permis de comparer les comportements numériques et
les opinions déclarées. En l'absence de cette démarche, l'expression «
curiosité extraterrestre » doit être comprise comme une interprétation du
volume de recherches, et non comme une mesure directe des convictions des
Américains.
Une étude produite par une entreprise
spécialisée dans les jeux et les paris en ligne L'origine de l'étude mérite
également d'être examinée. VIP-Grinders se présente comme une entreprise de
recherche et de contenus spécialisée dans les jeux en ligne, le poker et les
paris. Son activité principale n'est pas la recherche scientifique sur les PAN
ou l'étude universitaire des croyances.
Cela ne signifie pas que ses données sont nécessairement erronées. Une
entreprise peut parfaitement réaliser une analyse pertinente dans un domaine
qui n'est pas son secteur d'activité principal. Toutefois, il faut tenir compte
du contexte dans lequel cette étude a été produite. Les classements nationaux,
les statistiques insolites et les chiffres spectaculaires sont souvent utilisés
dans la communication numérique parce qu'ils attirent l'attention des lecteurs
et des moteurs de recherche.
L'annonce de 61 000 recherches quotidiennes sur les extraterrestres est
ainsi beaucoup plus accrocheuse qu'une présentation technique des volumes de
mots-clés.La publication par North Forty News reprend les résultats fournis par
VIP-Grinders tout en précisant que ses chiffres n'ont pas été vérifiés
indépendamment.
Cette précision est bienvenue. Pour renforcer la valeur scientifique de
l'étude, il faudrait pouvoir consulter : la liste intégrale des mots-clés ; les
volumes estimés pour chaque terme ; la période exacte de collecte ; les règles
de sélection et de regroupement des recherches etc…
Ces éléments permettraient à d'autres chercheurs de reproduire les calculs
et de vérifier la stabilité du classement. La critique porte donc moins sur
l'identité de l'organisme que sur la possibilité de contrôler indépendamment sa
méthode.
La question des paris sur la divulgation extraterrestre : quand l'ufologie
rencontre la spéculation financière
L'article de North Forty News ne s'arrête pas aux recherches Google. Il
aborde également les paris financiers sur la possibilité que le gouvernement
américain confirme officiellement l'existence d'une vie extraterrestre. Selon
l'article, plus de 37,3 millions de dollars avaient été échangés au 21
septembre 2026 sur un marché prédictif de Kalshi portant sur cette question. Au
moment de l'analyse, le prix du marché correspondait à une probabilité
implicite d'environ 19,9 % pour une confirmation avant le 20 janvier 2029. Ces
données sont rapportées par VIP-Grinders dans l'article publié par North Forty
News. Le chiffre de 19,9 % est susceptible d'impressionner le lecteur. Il peut
donner l'impression qu'une probabilité de confirmation extraterrestre a été
calculée à partir d'informations solides. Mais il faut bien comprendre la
nature de ce chiffre. Une probabilité de marché n'est pas une probabilité
scientifique Sur un marché prédictif, le prix d'un contrat dépend des achats et
des ventes effectués par les participants, ainsi que des règles propres au
marché. Ce prix reflète donc les anticipations des personnes qui y prennent
position. Il peut être influencé par les actualités, les déclarations
politiques, les rumeurs, les stratégies financières ou les variations de
liquidité. Il ne constitue pas une mesure directe de la probabilité
scientifique que des extraterrestres existent. Il ne démontre pas non plus
qu'une administration dispose d'informations secrètes confirmant leur présence.
Une ambiguïté fondamentale : Qu’est-ce
qu'une « confirmation officielle » ?
La formulation même de la question est problématique. Que faudrait-il pour
considérer que le gouvernement américain a officiellement confirmé l'existence
d'extraterrestres ? Une déclaration présidentielle affirmant que la vie existe
probablement ailleurs dans l'Univers suffirait-elle ? Faudrait-il que le
Pentagone reconnaisse l'existence d'un phénomène non identifié ? Ou faudrait-il
qu'un organisme gouvernemental présente des preuves matérielles vérifiées
démontrant l'existence d'une intelligence non humaine ? Ces trois situations sont très différentes.
Le gouvernement pourrait annoncer la découverte d'une biosignature
extraterrestre sans que cela implique une visite de la Terre. Il pourrait
également publier de nouveaux documents sur des PAN sans confirmer leur origine
extraterrestre. Un marché prédictif ne peut être interprété correctement que si
les conditions de résolution du contrat sont clairement définies. Il faudrait
donc consulter les règles précises du marché concerné avant de tirer des
conclusions de son prix.
Le volume financier ne valide pas l'hypothèse
Les 37,3 millions de dollars mentionnés dans l'article correspondent à une
activité de marché rapportée par la source. Ce chiffre ne signifie pas que 37,3
millions de dollars ont été investis dans une preuve extraterrestre. Il ne
signifie pas non plus que les participants possèdent des informations
confidentielles. Il mesure une activité financière associée à une question
spéculative. L'intérêt de ces données réside surtout dans le fait qu'elles
montrent comment la question de la divulgation extraterrestre est devenue un
sujet susceptible d'être intégré aux marchés prédictifs.
C'est un phénomène culturel et médiatique intéressant, mais pas une preuve
ufologique.
Au-delà des limites statistiques, l'étude du dossier «
extraterrestres » soulève une question intéressante : pourquoi les
extraterrestres continuent-ils de susciter un tel intérêt ? Plusieurs facteurs
peuvent contribuer à cette popularité.
Le poids de la culture populaire
Depuis des décennies, les films, les séries télévisées, les romans et les
documentaires ont fait des extraterrestres un élément majeur de la culture
contemporaine. Les représentations de soucoupes volantes, de rencontres
rapprochées et de civilisations avancées sont devenues familières au grand
public. Cette présence culturelle entretient naturellement les recherches en
ligne.
La multiplication des contenus numériques
Les réseaux sociaux permettent de diffuser rapidement des vidéos de
phénomènes lumineux, des témoignages de pilotes et des documents présentés
comme confidentiels. Ces contenus peuvent susciter une véritable enquête
personnelle : les internautes cherchent à identifier les objets, à retrouver
les sources et à comparer les interprétations. Mais la circulation rapide des
informations favorise aussi les erreurs, les montages, les identifications
hâtives et la propagation de rumeurs.
Le débat institutionnel sur les PAN
Les auditions parlementaires américaines, les rapports officiels et les
déclarations d'anciens responsables du renseignement ont contribué à replacer
les PAN dans le débat public. Cette évolution peut inciter les citoyens à
rechercher des informations sur les phénomènes aériens non identifiés. Il faut
toutefois distinguer la reconnaissance institutionnelle de l'existence de
signalements de la reconnaissance d'une origine extraterrestre. Le fait que les
autorités enquêtent sur des phénomènes inconnus ne signifie pas qu'elles ont
démontré l'existence d'engins extraterrestres.
Une question scientifique fondamentale
Enfin, la recherche d'une vie extraterrestre est un sujet scientifique
légitime. Les astronomes étudient les exoplanètes, les conditions
d'habitabilité et les possibilités de détecter des signes de vie ailleurs dans
l'Univers. Cette recherche ne doit pas être confondue avec l'étude des
observations d'OVNI, qui relève d'une problématique différente. Les deux
domaines partagent une interrogation générale sur la possibilité d'une vie
au-delà de la Terre, mais ils ne reposent pas sur les mêmes méthodes ni sur les
mêmes preuves.
Peut-on comparer ces résultats aux
statistiques ufologiques françaises ou africaines ?
Pour un chercheur qui souhaite comprendre la géographie mondiale de
l'intérêt pour les OVNI, l'étude du Colorado présente un intérêt
méthodologique. Elle suggère une piste de recherche : comparer les volumes de
recherche en ligne avec les signalements d'observations, les enquêtes d'opinion
et les événements médiatiques. Mais une comparaison internationale exige une
méthode rigoureuse. Il faudrait notamment tenir compte des différences
linguistiques, des habitudes numériques, de la disponibilité des moteurs de
recherche et de la popularité des termes utilisés.
Aux États-Unis, les mots « UFO », « UAP » et « alien » sont courants. En
France, les recherches peuvent porter sur « OVNI », « PAN », « extraterrestres
» ou « soucoupes volantes ». Dans les pays francophones d'Afrique, les
recherches peuvent utiliser ces mêmes termes, mais aussi des expressions
locales ou des catégories culturelles qui ne correspondent pas exactement aux
notions occidentales d'OVNI. Une étude mondiale limitée à quelques mots-clés
anglophones risquerait donc de sous-estimer fortement l'intérêt observé dans
d'autres régions.
Dans le cadre d'une étude consacrée aux observations africaines, il serait
intéressant de rapprocher quatre
Ce que cette étude nous apprend réellement : après examen, plusieurs
conclusions peuvent être retenues.
-
Premièrement, l'intérêt numérique pour les extraterrestres est mesurable. Les outils de recherche permettent de construire des indicateurs utiles pour observer la circulation d'un sujet dans l'espace public.
- Deuxièmement, le Colorado arrive effectivement en tête du classement publié par VIP-Grinders. Mais ce résultat concerne les volumes de recherche estimés par habitant et non le nombre de croyants ou d'observations authentifiées.
- Troisièmement, les 61 042 recherches quotidiennes annoncées constituent une estimation, pas un décompte indépendant exhaustif. Leur interprétation dépend des mots-clés retenus et de la méthodologie de calcul.
- Quatrièmement, les marchés prédictifs renseignent sur les anticipations financières de leurs participants. Ils ne peuvent pas être utilisés comme indicateurs directs de la présence d'une intelligence extraterrestre.
- Cinquièmement, cette étude ne fournit aucune preuve nouvelle concernant l'existence d'engins extraterrestres ou leur présence sur Terre. Elle porte sur les comportements de recherche des internautes, pas sur les propriétés physiques des phénomènes observés.
Ces limites n'annulent pas l'intérêt du travail. Elles définissent
simplement ce qu'il est raisonnable d'en conclure.
CONCLUSION — LE COLORADO EST-IL VRAIMENT L'ÉTAT LE PLUS PASSIONNÉ PAR LES
EXTRATERRESTRES ?
L'étude publiée par North Forty News apporte une indication intéressante
sur la place qu'occupent les extraterrestres et les OVNI dans les recherches en
ligne aux États-Unis. Le Colorado arrive en tête, devant l'Indiana, l'Alaska et
le Massachusetts. Le Nouveau-Mexique, pourtant célèbre pour Roswell, ne se
classe qu'en 18e position, tandis que le Nevada arrive au 27e rang. Ces
résultats rappellent que la géographie de la notoriété ufologique ne correspond
pas nécessairement à celle des recherches numériques. Mais le titre de «
champion américain de la curiosité extraterrestre » doit être interprété avec
prudence.
L'étude mesure des recherches estimées par habitant. Elle ne permet pas de
déterminer directement les convictions des habitants, la fréquence réelle des
observations ou la probabilité d'une présence extraterrestre.
De même, les quelque 61 000 recherches quotidiennes annoncées illustrent
l'intérêt du public pour le sujet, mais ne constituent pas un indicateur de la
réalité du phénomène. L'intérêt de cette publication est donc principalement
sociologique et médiatique. Elle nous apprend quelque chose sur la manière dont
les Américains recherchent des informations sur les extraterrestres. Elle ne
nous apprend pas si ces derniers visitent la Terre. Pour aller plus loin, il
faudrait disposer des mots-clés détaillés, des données complètes par État et
d'enquêtes représentatives sur les opinions du public.
La véritable question n'est donc pas de savoir si le Colorado compte
davantage de croyants que les autres États, mais de déterminer comment
l'intérêt pour les PAN évolue, comment il est influencé par l'actualité et dans
quelle mesure il se traduit par des recherches, des témoignages ou des
convictions.
En matière d'ufologie, les statistiques sont précieuses à condition de ne
pas leur faire dire ce qu'elles ne mesurent pas.
Sources documentaires
1. Article original de North Forty News
North Forty News —
Colorado Leads Nation in Searches for Aliens and UFOs, Study Finds - https://northfortynews.com/category/life-in-noco/colorado-leads-nation-in-searches-for-aliens-and-ufos-study-finds/
Publication du 13 octobre 2026. Présente le classement des États
américains, les estimations de recherches Google et les chiffres relatifs aux
marchés prédictifs.
2. Analyse des signalements dans le Colorado
Axios Denver — Colorado's UFO sightings, mapped - https://www.axios.com/local/denver/2024/02/12/colorado-ufo-sightings
Publication du 12 février 2024. Compare les signalements d'OVNI dans le
Colorado avec les données nationales disponibles pour la période étudiée.
3. Recherches scientifiques sur l'attention portée aux PAN
Humanities and Social
Sciences Communications — Looking up the sky: unidentified aerial phenomena and
macroeconomic attention - https://www.nature.com/articles/s41599-024-04182-z
Étude scientifique publiée en décembre 2024 qui examine les relations entre
les signalements de PAN, l'attention du public et différents indicateurs
économiques aux États-Unis. Elle illustre l'intérêt de traiter les données
ufologiques comme des indicateurs sociaux tout en distinguant les corrélations
observées de leurs causes éventuelles.
Équipe rédactionnelle du GEOS France – TH
Note
éditoriale : les chiffres du classement et des recherches quotidiennes sont
ceux publiés par VIP-Grinders et repris par North Forty News. La méthodologie
complète et les données détaillées n'ayant pas été indépendamment reproduites
ici, ils doivent être présentés comme des estimations attribuées à leur source,
et non comme des mesures définitivement établies.
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