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dimanche 1 novembre 2026

Le gouvernement allemand admet ne disposer d'aucun système de signalement dédié aux PAN et n'envisage pas d'en créer un.

Le gouvernement allemand admet ne disposer d'aucun système de signalement dédié aux PAN et n'envisage pas d'en créer un.

 En réponse à une question parlementaire concernant les OVNI et les PAN, le gouvernement allemand a confirmé l'absence de système de signalement dédié, de définitions standardisées et de groupe de travail interministériel chargé d'enquêter sur les phénomènes aériens non identifiés.

 La question, posée par des membres du groupe parlementaire AfD, portait sur la manière dont l'Allemagne surveille les objets non identifiés, enregistre les observations de PAN et coordonne ses actions avec ses partenaires internationaux.

 Selon la réponse du gouvernement, aucune information n'est disponible concernant les observations de PAN au cours des dix dernières années, et aucun système dédié à la collecte des signalements n'est en place.

  L'Allemagne exploite des systèmes de surveillance de son espace aérien, combinant les données de capteurs militaires et civils, et a accès aux informations de ses partenaires européens et internationaux. L'Allemagne possède donc la technologie nécessaire pour surveiller son espace aérien, mais aucun cadre dédié à la documentation et à l'étude des objets non identifiés.

 Le gouvernement a également confirmé échanger régulièrement des informations relatives à la sécurité avec ses partenaires internationaux, sans toutefois préciser les modalités de ces échanges. Malgré l'attention internationale croissante portée aux PAN, l'Allemagne affirme n'avoir aucun projet de révision de ses procédures actuelles.

 Je trouve cela étrange, surtout quand on sait que les États-Unis ont créé l'AARO, que la France gère le GEIPAN et que d'autres pays disposent de systèmes officiels d'enquête sur les PAN. Je ne suggère pas que l'Allemagne ait secrètement récupéré des engins extraterrestres ou dissimulé des preuves d'activité extraterrestre, mais il est évident que tout objet non identifié pénétrant dans l'espace aérien national devrait être documenté et faire l'objet d'une enquête, quelle que soit sa nature.

 Si l'Allemagne ne dispose pas d'un système de signalement dédié ni de statistiques nationales, comment peut-elle déterminer si des incidents inhabituels se répètent ou s'il s'agit d'un problème de sécurité aérienne ou de sécurité nationale ?

 Sources: German Bundestag — Official government response, document 21/8662: https://dserver.bundestag.de/btd/21/086/2108662.pdf Bundestag announcement, October 22, 2026: https://bundestag.de/presse/hib/kurzmeldungen-1229446

Information : Signal Skywatch - @UAPWatchers

 Traduit de l’Allemand



22 octobre 2026 Défense — Réponse — hib 853/2026

Aucune conclusion concernant les « phénomènes aériens non identifiés »

Berlin : (hib/SCR) Selon sa propre déclaration, le gouvernement fédéral ne dispose d’aucune information concernant les « phénomènes aériens non identifiés ». Ceci est indiqué dans sa réponse ( 21/8662).(Document, ouvre une nouvelle fenêtre)) en réponse à une interpellation mineure du groupe parlementaire AfD ( 21/8323 )(Document, ouvre une nouvelle fenêtre) Les personnes qui ont posé les questions ont abordé la question du traitement international des « phénomènes aériens non identifiés » (PAN) et ont souligné que le gouvernement fédéral avait déclaré dans des réponses précédentes « qu’il n’a aucune connaissance d’observations correspondantes au sens de « soi-disant OVNI ou extraterrestres » et qu’aucun dossier correspondant n’est conservé ».

 Dans sa réponse aux questions des parlementaires, le gouvernement fédéral explique notamment que la surveillance de l'espace aérien allemand relève de la compétence du ministère de l'Intérieur, du ministère des Transports et du ministère de la Défense. « La détection, l'évaluation et le catalogage des objets géocroiseurs sont du ressort du ministère fédéral de la Recherche, de la Technologie et de l'Espace et du ministère fédéral de la Défense », poursuit-il.

Des capteurs sont utilisés pour surveiller l'espace aérien ; leurs données sont collectées et analysées. Les objets détectés lors de la surveillance spatiale sont notamment comparés à un catalogue public. Par ailleurs, les données des capteurs de partenaires européens et internationaux sont accessibles. Le gouvernement allemand entretient des contacts réguliers avec ses partenaires internationaux sur toutes les questions de sécurité pertinentes, mais ne divulgue généralement pas de détails.

Le gouvernement allemand indique qu'il n'existe aucun canal de signalement spécifique pour les « phénomènes aériens non identifiés ». De plus, il n'existe aucune terminologie ni définition précise pour ce domaine, ni aucune directive fédérale uniforme. Les personnes ayant posé la question ont cité les termes « contacts non identifiés », « PAN » et « OVNI » à titre d'exemples. Il n'existe pas non plus de structures interministérielles ni de groupes de travail chargés d'évaluer ces événements. Le gouvernement ne dispose d'aucune information sur le nombre de signalements reçus au cours des dix dernières années.

Aucune révision des procédures existantes d'enregistrement et d'évaluation de tels phénomènes n'est prévue pour le moment. Le groupe parlementaire AfD s'était également interrogé sur les responsabilités et les règles de procédure applicables en cas de détection d'« objets ou de signaux provenant de l'extérieur de la Terre, d'origine potentiellement non anthropique, qui ne peuvent être clairement identifiés, notamment en matière de communication, de coordination et d'évaluation de la politique étrangère ». Le gouvernement fédéral affirme qu'aucune responsabilité ni règle de procédure de ce type n'existe en son sein.

éditeur

Bundestag allemand, Actualités parlementaires

Responsable : Frank Bergmann (ViSdP)
Rédaction : Lisa Brüßler, Claudia Heine, Alexander Heinrich (rédacteur en chef adjoint), Nina Jeglinski, Susanne Ködel (stagiaire), Claus Peter Kosfeld, Johanna Metz, Sören Christian Reimer (rédacteur en chef), Sandra Schmid, Michael Schmidt, Denise Schwarz, Helmut Stoltenberg, Alexander Weinlein

Actualités, débats et informations générales



vendredi 30 octobre 2026

LE PHENOMENE OVNI ET LES ARMEES AFRICAINES

 Extrait de : LES OVNIS SUR LE CONTINENT AFRICAIN un livre gratuit a télécharger sur internet

LES ARMÉES AFRICAINES FACE AU PHÉNOMÈNE OVNI

Entre sécurité aérienne, renseignement, archives militaires et phénomènes inexpliqués

 

Lorsqu'un phénomène aérien inhabituel est observé par un militaire, la question qui se pose en premier lieu n'est généralement pas : « Est-ce un engin extraterrestre ? » Elle est beaucoup plus pragmatique : qu'est-ce qui a pénétré ou traversé l'espace aérien, représente-t-il une menace et peut-on l'identifier ?

Cette distinction est essentielle pour comprendre l'histoire des observations d'OVNI en Afrique. Le continent possède une histoire militaire particulièrement complexe, marquée par la période coloniale, les guerres d'indépendance, la Guerre froide, les conflits régionaux et, plus récemment, la multiplication des drones et des systèmes de surveillance électro-optiques.

 Dans ce contexte, les observations de phénomènes aériens inhabituels ont pu être enregistrées sous des appellations très différentes : objet inconnu, appareil non identifié, lumière, ballon, aéronef étranger, phénomène météorologique, satellite, fusée, engin expérimental ou simple anomalie de détection.

 Il faut donc se garder d'une difficulté méthodologique majeure : l'absence d'un dossier intitulé « OVNI » dans les archives d'une armée africaine ne signifie pas nécessairement que celle-ci n'a jamais rencontré de phénomène aérien inexpliqué.

 L'étude des OVNI en Afrique a longtemps reposé principalement sur les témoignages de civils, les articles de presse et les enquêtes réalisées par des chercheurs indépendants.

 Les archives militaires ont, elles, été beaucoup moins exploitées. Cette situation s'explique facilement. Dans de nombreux pays africains, les archives militaires sont difficilement accessibles. Certaines ont été détruites, déplacées ou restent soumises à des restrictions. D'autres sont encore conservées dans les fonds des anciennes puissances coloniales.

 Pour les premières décennies du XXe siècle, une partie importante de la documentation concernant l'Afrique se trouve ainsi potentiellement dans les archives britanniques, françaises, portugaises, espagnoles ou sud-africaines.

 Il existe donc une géographie archivistique du phénomène OVNI africain.

Pour l'Afrique anglophone, les archives britanniques et celles des anciennes administrations coloniales constituent une source essentielle.

 Cette situation conduit à une conclusion importante : une étude sérieuse du phénomène OVNI en Afrique ne peut pas se limiter aux archives africaines contemporaines.

 L'armée face à un objet inconnu : une logique différente de celle des ufologues En effet un chercheur civil peut s'intéresser à la forme d'un objet, à sa luminosité, à sa trajectoire ou à son comportement apparent. Une force aérienne raisonne autrement. Elle cherche notamment à déterminer :

  • - L’identité de l'aéronef ;
  • - Son altitude ;
  • - Sa vitesse ;
  • - Sa direction ;
  • - Sa trajectoire ;
  • - Son origine ;
  • - La présence éventuelle d'un transpondeur ;
  • - Sa signature radar ;
  • - Sa signature infrarouge ;
  • - Sa capacité de manœuvre ;
  • - Son éventuelle intention hostile ;
  • - La possibilité d'une intrusion dans l'espace aérien.

 Ainsi, un OVNI militaire est avant tout un problème d'identification et de sécurité aérienne. Ce n'est qu'après élimination des explications conventionnelles que la catégorie « non identifié » prend véritablement son sens. Il faut donc distinguer deux notions souvent confondues :

 ü  Non identifié ne signifie pas inexplicable.

ü  Et encore moins extraterrestre.

 La Guerre froide constitue probablement l'une des périodes les plus importantes pour comprendre les rapports militaires aux phénomènes aériens inhabituels en Afrique. Le continent était alors un espace stratégique majeur. Les États-Unis, l'Union soviétique, le Royaume-Uni, la France et d'autres puissances surveillaient les mouvements militaires, les essais de missiles, les activités aériennes et les installations stratégiques. Les armées africaines nouvellement indépendantes se trouvaient souvent équipées de matériels provenant de puissances étrangères. Dans ces conditions, une observation inhabituelle pouvait être liée à  un avion militaire étranger ; un  avion de reconnaissance ; un missile ou tout autre appareil ou phénomène qui peut se trouver dans notre environnement..

L'histoire des OVNI africains doit donc être replacée dans cette histoire technologique et géopolitique de la Guerre froide.

 Un phénomène observé en Afrique peut parfois être mieux documenté dans les archives d'un autre pays que dans celles du pays où l'observation s'est produite. Un exemple particulièrement instructif est celui de Project Blue Book, le programme de l'US Air Force consacré aux observations d'OVNI entre 1947 et 1969. Les archives américaines sont aujourd'hui accessibles aux chercheurs par l'intermédiaire des National Archives. Elles comprennent les dossiers administratifs et les dossiers individuels d'observations. Ces fonds montrent également l'intérêt de rechercher les observations africaines dans les archives militaires étrangères. Certaines observations effectuées sur le continent ont ainsi pu être enregistrées par des organismes militaires ou diplomatiques étrangers alors qu'elles ne figurent pas nécessairement dans les archives nationales africaines. Le cas de Kenema, en Sierra Leone, en 1963, est particulièrement révélateur de cette problématique : l'observation figure dans les archives américaines et a finalement été associée au lancement d'Atlas-Centaur-2. Le cas constitue un excellent exemple de la nécessité de confronter une observation africaine avec les données aéronautiques et spatiales internationales.

 Cette méthode est essentielle : un phénomène peut paraître mystérieux dans un journal local et devenir parfaitement compréhensible lorsque l'on consulte les archives de lancement de fusées ou de satellites.

 Les archives du ministère sud-africain de la Défense constituent une source particulièrement intéressante pour l'étude des observations aériennes inhabituelles. Le Defence Archives, devenu Documentation Centre, possède des fonds issus des différentes structures du ministère de la Défense. L'institution constitue ainsi un point de départ important pour rechercher des rapports militaires, aéronautiques et administratifs susceptibles d'éclairer certaines observations.

 L'ancienne Rhodésie offre un exemple remarquable de la difficulté de séparer histoire militaire, témoignage civil et enquête ufologique. Pendant la période rhodésienne, le pays disposait d'une importante infrastructure aérienne et militaire. Des observations d'objets inhabituels ont été rapportées dans différents contextes. Après l'indépendance du Zimbabwe en 1980, cette histoire ne disparaît pas.et l'un des épisodes la plus célèbre demeure celui de l'école d'Ariel à Ruwa, le 16 septembre 1994 ou des dizaines d'enfants déclarèrent avoir vu un ou plusieurs objets ainsi que des personnages associés à ceux-ci. Mais son intérêt pour l'étude militaire doit être présenté avec prudence : il s'agit avant tout d'un dossier testimonial, et non d'un dossier militaire officiellement établi. Aucune documentation militaire publique ne permet actuellement d'établir qu'un appareil extraordinaire aurait été confirmé par les forces armées. Cette distinction permet d'éviter une erreur fréquente dans la littérature ufologique : transformer une observation civile très médiatisée en « affaire militaire » simplement parce que le pays possédait alors des installations aériennes ou militaires.

 Les forces aériennes et les radars

La présence d'un radar change considérablement la valeur d'une observation. Un témoignage visuel isolé peut être influencé par plusieurs facteurs :

  • - La distance ;
  • - La perspective ;
  • - Les conditions atmosphériques ;
  • - L’obscurité ;
  • - L’absence de référence ;
  • - L’identification erronée d'un avion ou d'un satellite.

 Un signal radar apporte une information supplémentaire, toutefois le radar n'est pas infaillible. Il peut enregistrer : des oiseaux, des phénomènes atmosphériques ou des objets conventionnels, ainsi que divers autres « parasites ».  L'idéal est donc la corrélation multi-capteurs : observation visuelle + radar + infrarouge + données météorologiques + trajectoire aérienne + données satellitaires. C'est cette combinaison qui permet de transformer progressivement une observation en véritable dossier scientifique.

 Une nouvelle difficulté est apparue au XXIe siècle : la prolifération des drones. Pour les forces armées africaines, comme pour toutes les forces aériennes du monde, un objet de petite taille volant lentement ou à basse altitude peut désormais être, entre autres : un drone civil, un drone militaire ou un appareil de surveillance. La frontière entre « OVNI » et « appareil technologique inconnu » devient donc de plus en plus complexe. Dans certains cas, le véritable problème militaire n'est pas de savoir si l'objet vient d'ailleurs dans l'espace, mais de savoir s'il vient d'un acteur étranger. Cette évolution transforme profondément la signification du terme UAP.

 Les archives américaines récentes permettent de mesurer concrètement cette évolution. Le programme AARO publie désormais certaines observations provenant de plateformes militaires opérant en Afrique. Trois dossiers africains récents sont particulièrement intéressants.

 -       Afrique, 2022 : un cas encore non résolu au large de ce continent.

-       En 2022, l'US Africa Command a transmis à AARO une vidéo de 31 secondes enregistrée par un capteur infrarouge installé sur une plateforme militaire américaine.

-       Afrique 2024

 AARO indique dans le 1er cas que les données disponibles ne permettent pas de déterminer avec certitude la nature de la signature observée ni d'en évaluer correctement les performances. Le dossier demeure donc non résolu dans les données publiques.

 Il s'agit d'un cas particulièrement intéressant pour l'histoire militaire des PAN en Afrique car, cette fois, nous ne sommes pas seulement devant un témoignage rapporté plusieurs années après les faits : il existe une captation réalisée par un système militaire, toutefois cela ne signifie pas que l'objet soit extraordinaire. Cela signifie simplement que les informations disponibles ne permettent pas encore de l'identifier avec suffisamment de certitude.

 Un second dossier, enregistré en 2023, comporte près de cinq minutes de vidéo infrarouge et AARO considère que les données sont également insuffisantes pour déterminer si la signature correspond à un objet physique, à une émission ou réflexion thermique, à une différence de température dans l'environnement ou éventuellement à une anomalie du système de détection. Ce dossier rappelle une règle fondamentale : un capteur peut produire une image réelle d'un phénomène dont la nature physique reste indéterminée. L'incertitude porte donc parfois autant sur le phénomène que sur la mesure elle-même.

 Le troisième cas est particulièrement instructif. En 2024, une plateforme militaire américaine a enregistré pendant 1 minute et 18 secondes une série de signatures infrarouges. Après analyse, AARO a estimé avec une probabilité supérieure ou égale à 95 % qu'il s'agissait d'oiseaux migrateurs. L'organisme s'est appuyé notamment sur leur morphologie et leur comportement de vol ainsi que sur leur correspondance avec des trajectoires migratoires connues. Une autre structure du renseignement américain a également accepté cette conclusion. Ce cas est presque plus important méthodologiquement que le cas non résolu.

Il montre que la technologie militaire peut produire des observations extraordinairement étranges qui trouvent finalement une explication parfaitement naturelle.

 Ces exemples permettent de dégager plusieurs enseignements.

 1. Les militaires observent réellement des phénomènes non immédiatement identifiés Ce point ne fait guère de doute. Des plateformes militaires peuvent enregistrer des signatures inhabituelles.

2. « Non identifié » est une catégorie provisoire L'exemple des oiseaux africains le démontre parfaitement. Une observation peut rester inconnue pendant un certain temps avant qu'une explication satisfaisante soit trouvée.

3. Les capteurs modernes ne suppriment pas l'incertitude Une caméra infrarouge ne donne pas automatiquement une identité, elle fournit une mesure qui doit être interprétée.

4. L'origine extraterrestre n'est pas une conclusion militaire - Les organismes militaires chargés de ces dossiers cherchent d'abord à caractériser la menace, l'objet et la qualité des données. Le rapport historique d'AARO publié en 2024 indiquait d'ailleurs qu'il n'avait trouvé aucune preuve vérifiable permettant d'attribuer les observations étudiées à une activité extraterrestre.

 Pourquoi les armées africaines parlent-elles si peu des OVNI ?

Cette question revient régulièrement dans la littérature ufologique, mais le silence institutionnel peut avoir de nombreuses explications. Un état-major peut ne pas publier :

Ses procédures de détection ;

  • - Les caractéristiques de ses radars ;
  • - Les capacités de ses avions ;
  • - Les zones surveillées ;
  • - Les itinéraires opérationnels ;
  • - Les systèmes infrarouges utilisés ;
  • - Les interceptions réalisées ;
  • - Les informations concernant des aéronefs étrangers.

 Dans ce contexte, le secret militaire n'est pas automatiquement un secret concernant les OVNI. Un dossier peut rester confidentiel simplement parce qu'il révèle les capacités de surveillance de l'armée. Il faut donc éviter l'équation :

 « Aucune information publique = dissimulation d'un OVNI ».

 Cette conclusion n'est pas démontrable sans document.

 Pour l'étude du phénomène OVNI en Afrique, les institutions militaires doivent donc être considérées comme des sources historiques potentielles, et non comme des autorités chargées de confirmer ou d'infirmer l'hypothèse extraterrestre. Le chercheur doit rechercher plusieurs types de documents :

 Rapports d'observation : Ils peuvent contenir la date, l'heure, la localisation, la description et les conditions météorologiques.

Rapports radar : Ils permettent de rechercher une éventuelle trace instrumentale.

Rapports de pilotes : Ils sont particulièrement importants lorsqu'un équipage professionnel observe un phénomène.

Rapports d'interception : Ils peuvent fournir des informations sur la trajectoire et les capacités apparentes de l'objet.

Rapports de renseignement : Ils peuvent être consacrés à des aéronefs étrangers, des essais militaires ou des incursions aériennes.

Rapports météorologiques Ils permettent d'éliminer certaines explications naturelles.

Archives photographiques et cinématographiques : Elles deviennent particulièrement importantes à partir de la seconde moitié du XXe siècle.

 L'étude des OVNI africains ne devrait donc plus commencer par la question : « Quels sont les cas extraterrestres ? » Elle devrait commencer par : « Quels phénomènes aériens ont été signalés, par qui, dans quelles circonstances et quelles données permettent aujourd'hui de les identifier ? »  Cette méthode permet de constituer une véritable histoire documentaire du phénomène.

 L'un des grands chantiers de la recherche ufologique africaine est donc encore largement ouvert. Il ne consiste pas uniquement à rechercher des « preuves d'extraterrestres » mais il consiste à reconstruire l'histoire des réactions militaires aux phénomènes aériens inhabituels. Cette histoire pourrait révéler plusieurs choses :

  • - Les changements de vocabulaire utilisés par les armées ;
  • - L’évolution des systèmes de surveillance ;
  • - Les conséquences de la Guerre froide ;
  • - Les interactions avec les forces étrangères ;
  • - L’apparition des satellites et des missiles ;
  • - Le développement des radars ;
  • - L’apparition des drones ;
  • - La transformation des procédures de renseignement ;
  • - Et, finalement, la manière dont les États africains ont géré l'incertitude aérienne.

 Conclusion

L'étude des armées africaines face au phénomène OVNI conduit à une conclusion beaucoup plus nuancée que celle souvent proposée par la littérature sensationnaliste. Oui, des militaires ont observé ou enregistré des phénomènes aériens inhabituels en Afrique. Oui, certaines observations restent aujourd'hui insuffisamment expliquées. Mais il existe une différence fondamentale entre ces deux propositions et l'affirmation selon laquelle les armées africaines auraient rencontré des engins extraterrestres. Les archives disponibles ne permettent pas, à ce jour, d'établir une telle conclusion. En revanche, elles permettent de poser une question beaucoup plus intéressante historiquement :

Comment les forces armées africaines ont-elles observé, enregistré, interprété et éventuellement traité les phénomènes aériens qu'elles ne parvenaient pas immédiatement à identifier ?

 C'est probablement dans cette direction que se trouve l'un des domaines les plus prometteurs de la recherche sur les PAN en Afrique.

 Les dossiers de l'US Africa Command récemment rendus publics par AARO montrent d'ailleurs que cette histoire n'est pas terminée. Les observations militaires africaines continuent d'être enregistrées par des capteurs modernes : certaines sont expliquées, d'autres restent provisoirement non résolues. Le véritable enjeu pour le chercheur africain n'est donc pas de transformer chaque « non identifié » en objet extraterrestre, mais de retrouver le document original, vérifier le contexte opérationnel, confronter les données et conserver l'incertitude lorsqu'aucune conclusion solide n'est possible. C'est cette discipline documentaire qui permettra peut-être, demain, d'écrire une véritable histoire militaire africaine des phénomènes aérospatiaux non identifiés.

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dimanche 25 octobre 2026

Le rapport secret de l'US Navy qui ne détecta pas l'effet recherché : autopsie d'une expérience sur la propulsion électromagnétique

 DOSSIER SCIENTIFIQUE — SALVATORE PAIS

PARTIE 2 SUR 3 DE L’ETUDE « SALVATORE PAIS » – PROCHAIN ARTICLE LA PARTIE 3

Le rapport secret de l'US Navy qui ne détecta pas l'effet recherché : autopsie d'une expérience sur la propulsion électromagnétique

Equipe Editoriale du GEOS France : GL — Enquête technique et analyse critique



Le dossier Salvatore Pais est particulièrement intéressant parce qu'il ne repose pas uniquement sur des brevets spectaculaires ou des déclarations médiatiques. Il existe un document technique officiel de la Marine américaine qui décrit des expériences réalisées en 2018 et 2019 pour tester un élément central de sa théorie : le High Energy Electromagnetic Field Generator (HEEMFG), ou générateur de champs électromagnétiques de haute énergie.

 Ce rapport permet de confronter les ambitions théoriques de Pais à une expérience concrète, avec ses équipements, ses paramètres, ses instruments de mesure et ses résultats. Le constat essentiel est simple : l'effet recherché n'a pas été observé pendant les essais décrits. Les auteurs précisent toutefois que les expériences n'ont pas non plus permis de réfuter définitivement le phénomène dans les configurations utilisées. Cette réserve technique ne constitue pas une validation de la théorie.

 L'examen détaillé du rapport révèle surtout une difficulté fondamentale : comment tester scientifiquement un phénomène physique dont les conditions de production, les caractéristiques quantitatives et la signature expérimentale restent imparfaitement définies ?

 

Salvatore Pais : autopsie scientifique des expériences de l'US Navy de 2018 et 2019

 1. Un programme de recherche bien réel, mais un effet physique non démontré

Le rapport étudié porte le titre HEEMFG Spin Test Experiment — Test Plan with Test Results. Il a été établi par le Naval Air Warfare Center Aircraft Division, ou NAWCAD, à Patuxent River, dans le Maryland. Daté du 29 septembre 2019, il décrit un programme d'expérimentation conduit dans le cadre du programme Naval Innovative Science & Engineering (NISE), consacré à la recherche scientifique et appliquée.

 Salvatore Pais y figure comme chercheur principal.

 Le document officiel est consultable ici :

Rapport technique NAVAIR, 29 septembre 2019 :

https://www.navair.navy.mil/foia/sites/g/files/jejdrs566/files/document/%5Bfilename%5D/2019-009734%20-%20FINAL%20VERSION%20HEEMFG%20Spin%20Test%20Experiment%20Test%20Plan%20w.%20Test%20Results_0.pdf

 Cette source est prioritaire, car elle provient directement de l'organisme ayant conduit les essais. Il faut néanmoins préciser la nature du programme. L'expérience ne consistait pas à tester un avion antigravitationnel, un engin triangulaire ou un appareil capable de traverser l'océan sans propulsion conventionnelle. Elle visait un phénomène beaucoup plus limité : déterminer si la rotation rapide d'un élément métallique chargé électriquement pouvait produire une émission électromagnétique inhabituelle correspondant à l'effet prédit par Pais.

 Ce choix est important.

 Un effet électromagnétique anormal, s'il était effectivement détecté, ne démontrerait pas automatiquement une réduction de l'inertie, une modification de l'espace-temps ou la possibilité de construire un véhicule révolutionnaire. Il faudrait établir successivement chaque lien physique entre le phénomène mesuré et les applications annoncées.

 2. Que prétend exactement la théorie HEEMFG ?

Le concept HEEMFG repose sur l'idée qu'un disque fortement chargé électriquement, soumis à une rotation accélérée et à des vibrations dans le vide, pourrait générer des champs électromagnétiques d'une intensité exceptionnelle. Dans sa formulation, Pais associe plusieurs paramètres :

  •  ·         une charge électrique importante ;
  • ·         une rotation rapide ;
  • ·         une accélération angulaire élevée ;
  • ·         des vibrations mécaniques ;
  • ·         un environnement sous vide ;
  • ·         une distribution particulière de la charge électrique à la surface du dispositif.

 L'hypothèse est que leur combinaison produirait un effet électromagnétique dépassant ce qui serait attendu d'un système conventionnel. Le rapport NAVAIR indique que le phénomène recherché était censé se manifester sous forme d'ondes radiofréquences ou d'un flux électromagnétique détectable à proximité du dispositif. L'objectif expérimental était donc de rechercher un signal qui augmenterait significativement lorsque les conditions censées activer le phénomène étaient réunies. Une difficulté apparaît immédiatement : le rapport présente un détecteur conçu pour fournir une indication relative, non calibrée, de l'amplitude du signal. Ce choix permettait de rechercher une variation importante du signal, mais ne permettait pas, à lui seul, de mesurer précisément une puissance rayonnée absolue ou de démontrer la valeur théorique annoncée par Pais.

 Il faut distinguer deux questions :

           Le dispositif produit-il une émission électromagnétique inhabituelle ?

Cette émission présente-t-elle les caractéristiques quantitatives prédites par la théorie ?

La première est une question de détection. La seconde est une question de validation du modèle. Pour établir la seconde, un simple changement de tension à la sortie d'un détecteur ne suffit pas.

 3. Première campagne : les essais de septembre 2018

La première campagne expérimentale décrite dans le rapport a été réalisée en septembre 2018. Trois condensateurs de type pile bouton ont été soumis à des vitesses de rotation pouvant atteindre 100 000 tours par minute. Chaque condensateur était donné pour une charge de quatre coulombs. Les essais ont été réalisés dans une enceinte sous vide, à une pression d'environ 0,42 torr. Les accélérations pouvaient atteindre 30 000 tours par minute et par seconde. Les résultats ont montré que les composants et le système de détection fonctionnaient dans les conditions mécaniques prévues.

 Cependant, l'effet HEEMFG recherché n'a pas été observé.

 Pourquoi le rapport n'a-t-il pas conclu à une réfutation définitive ?

Selon le document, la distribution réelle de la charge électrique dans les condensateurs n'était pas connue avec suffisamment de précision. Or, selon Pais, le phénomène nécessiterait que la charge se trouve à la surface du disque en rotation. L'expérience avait donc testé un composant chargé, mais sans garantir que la distribution électrique correspondait à celle requise par le modèle.

 Cette réserve est légitime sur le plan méthodologique.

Si une théorie prévoit un phénomène uniquement lorsque certaines conditions sont satisfaites, il faut vérifier ces conditions avant d'interpréter un résultat négatif. Mais une question demeure : pourquoi ne pas avoir caractérisé plus précisément la distribution de charge avant de lancer les essais ? Cette difficulté illustre un problème classique de la recherche expérimentale : un dispositif peut être mécaniquement performant sans constituer un test suffisamment discriminant de l'hypothèse physique étudiée.

 Le bilan de 2018 est donc limité. Les essais n'ont pas détecté l'effet recherché. Ils n'ont pas non plus établi que les conditions électriques exigées par Pais étaient réunies.

 4. Deuxième campagne : les essais de septembre 2019

La seconde campagne visait précisément à corriger une partie des limites de 2018. Au lieu de faire tourner un condensateur dont la distribution interne de charge restait incertaine, les expérimentateurs ont utilisé une broche métallique tournante, alimentée par un dispositif à haute tension. L'idée consistait à établir une charge électrique sur la surface de la partie de la broche exposée dans l'enceinte. Le montage comprenait notamment :

  •  .·         un moteur pneumatique à grande vitesse ;
  • ·         une broche métallique ;
  • ·         un noyau de fer entourant une partie de la broche ;
  • ·         un isolant diélectrique ;
  • ·         une alimentation haute tension ;
  • ·         une antenne de détection électromagnétique ;
  • ·         un détecteur de signal ;
  • ·         une enceinte métallique sous vide ;
  • ·         un système d'acquisition des données

 Les expériences ont été conduites les 18, 19, 23 et 25 septembre 2019. La broche a atteint des vitesses de rotation de l'ordre de 100 000 tours par minute. La tension appliquée au noyau atteignait 43 kilovolts.

 Ces chiffres montrent que l'essai n'était pas une simple démonstration de laboratoire improvisée. Il s'agissait d'une installation technique destinée à faire tourner un composant à très grande vitesse tout en contrôlant son environnement électrique et mécanique. Mais il faut garder à l'esprit ce que le dispositif était réellement : une broche métallique chargée, et non un prototype complet de propulsion.

 5. Le problème décisif : la charge électrique obtenue

C'est l'un des points les plus importants de tout le dossier. Pais souhaitait atteindre une charge électrique de surface de l'ordre d'un coulomb. Or, le calcul effectué pour la broche utilisée en 2019 estimait la charge à seulement :

 2,9 × 10⁻⁸ coulomb.

 Cela correspond à 0,000000029 coulomb.

 En comparant cette estimation à la cible d'un coulomb, on obtient un écart d'environ 34 millions. La charge obtenue était donc très inférieure à la valeur demandée par le chercheur principal. Cette différence constitue un argument important pour comprendre pourquoi Pais a contesté la portée des essais. Toutefois, une précision s'impose : il s'agit d'une charge estimée à partir des caractéristiques électriques et géométriques du montage. Ce chiffre ne doit pas être présenté comme une mesure directe et exhaustive de toute la distribution de charge à la surface du composant.

 Pourquoi une telle différence ?

La charge dépend notamment de la capacité électrique du système et de la tension appliquée. Dans le montage, le noyau de fer, l'isolant et la broche formaient une structure capacitive. La géométrie et les espaces entre les composants limitaient la capacité électrique effective. Une tension élevée ne garantit donc pas, à elle seule, une charge considérable. L'expérience atteignait 43 kV, mais le dispositif ne possédait pas la géométrie électrique permettant d'obtenir la charge visée. C'est un point central : la haute tension est bien réelle, mais elle ne constitue pas une preuve que les conditions électriques nécessaires au phénomène étaient réunies.

 Cette insuffisance invalide-t-elle le résultat négatif ?

Elle limite sa portée. Si la théorie exige effectivement une charge superficielle proche d'un coulomb, une expérience effectuée avec une charge estimée de 2,9 × 10⁻⁸ coulomb ne permet pas de tester directement cette prédiction dans les conditions souhaitées. Mais cette observation ne prouve pas que le phénomène apparaîtrait si la charge était augmentée. Pour le démontrer, il faudrait réaliser un nouvel essai, avec une charge connue et suffisamment élevée, tout en respectant les autres conditions du modèle. Il faudrait également préciser comment une telle charge pourrait être maintenue de manière stable sur un dispositif tournant sans provoquer de décharges électriques destructrices.

 La difficulté expérimentale est donc considérable.

6. Une instrumentation qui ne mesurait pas directement la puissance rayonnée

Le système de détection mérite une attention particulière. Le rapport explique que l'équipe a choisi de construire un détecteur électromagnétique couvrant une large plage de fréquences, plutôt que d'utiliser plusieurs instruments commerciaux spécialisés. Le détecteur fournissait une tension continue proportionnelle à une amplitude relative du signal reçu. Cette sortie était enregistrée par un système d'acquisition rapide. L'objectif était de repérer une augmentation significative du signal lorsque la broche était chargée et mise en rotation. Cette méthode possède une utilité : elle peut révéler un changement de comportement du signal électromagnétique.

 Cependant, elle présente aussi des limites.

 Le détecteur n'était pas calibré pour fournir une mesure absolue de la puissance électromagnétique reçue.

Le rapport ne permet donc pas de transformer directement chaque variation de tension en une valeur précise de puissance rayonnée. Il ne faut pas en conclure que l'appareil était inutilisable. Il était adapté à une recherche qualitative d'anomalies. Mais un instrument conçu pour détecter une variation ne suffit pas nécessairement à vérifier une prédiction théorique quantitative.

 Le problème de la plage de fréquences

Le rapport mentionne une plage d'intérêt allant de 3 Hz à 3,2 GHz. C'est une plage très large. Un instrument couvrant un domaine aussi étendu doit conserver une sensibilité connue, une réponse suffisamment caractérisée et une capacité à distinguer le signal recherché des perturbations. Or, le choix d'un détecteur à sortie relative non calibrée simplifiait l'expérience, mais limitait la possibilité de caractériser précisément un éventuel signal. Une expérience de suivi devrait donc comporter des capteurs calibrés sur plusieurs bandes de fréquences, avec une réponse instrumentale documentée. Il faudrait également définir à l'avance les fréquences, les amplitudes et les variations attendues si la théorie est correcte. Sans ces prédictions quantitatives, le risque est de rechercher une anomalie sans disposer d'un critère suffisamment précis pour déterminer ce qui constituerait une confirmation.

 7. Les faux positifs : décharges électriques, vibrations et parasites

Le rapport identifie plusieurs sources possibles de perturbations. L'une d'elles est la décharge corona. Lorsqu'un champ électrique est suffisamment intense, il peut ioniser localement le gaz présent dans l'environnement et provoquer une décharge électrique. Cette décharge produit un signal électromagnétique susceptible d'être détecté par l'instrumentation. Le rapport indique que les décharges corona provoquaient des pointes de bruit dans le signal du détecteur. Ces pointes ne pouvaient donc pas être interprétées automatiquement comme une manifestation du phénomène HEEMFG.

 Les ingénieurs devaient également tenir compte des mouvements latéraux de la broche, de ses vibrations et d'éventuelles variations du contact électrique. Une interruption momentanée du contact de mise à la terre pouvait faire varier la charge électrique et produire un signal transitoire.

 Ce phénomène risquait de créer une fausse indication positive. L'équipe a donc prévu des vérifications mécaniques et électriques, ainsi que des séquences de référence sans charge. Ces précautions sont importantes. Elles montrent que les expérimentateurs étaient conscients des difficultés de mesure et cherchaient à distinguer les effets ordinaires des effets potentiellement anormaux. Toutefois, elles rappellent également que le signal recherché devait être distingué d'un environnement électromagnétique complexe. Une démonstration robuste devrait non seulement détecter un signal, mais aussi établir que celui-ci ne peut pas être expliqué par une décharge corona, une vibration, un défaut de contact ou une interférence instrumentale.

 8. Les résultats : 46 séquences, aucun effet HEEMFG détecté

Le rapport indique que 46 séquences expérimentales ont été réalisées. Parmi elles, 31 ont été utilisées pour évaluer directement l'effet recherché, avec la broche chargée et soumise à différents profils de rotation. Les essais ont exploré plusieurs vitesses et profils d'accélération. L'objectif était de vérifier si le détecteur enregistrait une variation importante et reproductible du signal lorsque les conditions expérimentales changeaient. La conclusion est explicite : l'effet HEEMFG n'a été observé dans aucune des séquences utilisées pour son évaluation. Il faut distinguer cette conclusion de deux interprétations opposées.

 La première consisterait à affirmer que l'expérience a démontré l'existence de l'effet, mais que les instruments n'ont pas permis de le voir.

Ce serait injustifié.

 La seconde consisterait à prétendre que ces essais ont définitivement réfuté toute possibilité de produire l'effet décrit par Pais.

Ce serait également excessif, compte tenu des limites reconnues du montage et de la charge électrique obtenue.

 La conclusion rigoureuse est plus précise :

Dans les conditions effectivement testées, aucun signal attribué à l'effet HEEMFG n'a été détecté. Cette formulation est moins spectaculaire, mais elle correspond aux données rapportées.

 

9. L'argument de Pais : une expérience qui n'aurait pas testé sa théorie dans les bonnes conditions

Pais estime que les essais n'ont pas reproduit les conditions indispensables à son modèle. Il souligne notamment l'écart entre la charge visée et celle obtenue, ainsi que l'absence d'un mécanisme permettant d'imposer les vibrations qu'il souhaitait. Cet argument mérite d'être examiné sans parti pris. Une expérience ne peut être considérée comme un test définitif d'une théorie si les paramètres essentiels de celle-ci ne sont pas atteints ou contrôlés. Mais cette objection soulève à son tour une difficulté scientifique : comment transformer les conditions nécessaires annoncées par le chercheur en un protocole expérimental concret ? Pour progresser, il faudrait que Pais définisse précisément :

  • ·         la charge superficielle minimale requise ;
  • ·         la distribution électrique à obtenir ;
  • ·         la vitesse et l'accélération nécessaires ;
  • ·         les vibrations à appliquer ;
  • ·         la fréquence du signal attendu ;
  • ·         son amplitude minimale ;
  • ·         les relations quantitatives reliant ces paramètres à l'effet annoncé.

 Ces valeurs devraient être définies avant les essais, et non adaptées après coup à leurs résultats. Il faudrait ensuite construire un dispositif capable de satisfaire ces exigences et de vérifier qu'elles ont effectivement été atteintes. Si l'effet apparaît dans les conditions prédites et se reproduit indépendamment, le modèle gagnera en crédibilité. S'il n'apparaît pas malgré des conditions correctement satisfaites et des instruments suffisamment sensibles, l'hypothèse devra être réexaminée. C'est le principe même d'une démarche expérimentale rigoureuse.

 10. Ce que le rapport permet réellement de conclure

Le document NAVAIR permet de distinguer plusieurs niveaux de certitude.

 Ce qui est établi

 ü  Les essais ont bien eu lieu.

ü  Des équipements ont été conçus, assemblés et utilisés dans une installation de la Marine américaine.

ü  Les composants ont été soumis à des vitesses de rotation très élevées, dans une enceinte sous vide, avec une alimentation haute tension.

ü  L'instrumentation a enregistré des signaux et permis d'évaluer le comportement du dispositif.

 Ce qui n'a pas été établi

 ü  Les essais n'ont pas démontré l'existence d'une émission électromagnétique correspondant à l'effet HEEMFG annoncé.

ü  Ils n'ont pas démontré de réduction de masse inertielle.

ü  Ils n'ont pas démontré de modification contrôlée de la gravitation.

ü  Ils n'ont pas démontré de propulsion sans réaction.

ü  Ils n'ont pas démontré la possibilité de construire un véhicule opérationnel utilisant ces effets.

Ces distinctions sont essentielles, car le débat public tend parfois à transformer l'existence d'une expérience militaire en preuve d'une technologie révolutionnaire. Or, un programme de recherche peut être réel sans que son hypothèse principale soit confirmée.

  11. La Marine américaine croyait-elle réellement au « Pais Effect » ?

La question est légitime, mais il faut éviter les conclusions hâtives. Le rapport montre que la Marine a consacré des ressources humaines et matérielles à l'examen expérimental du concept. Un article d'enquête de The War Zone, fondé sur des documents obtenus par voie de demandes d'accès à l'information, a également décrit l'organisation du programme, les moyens engagés et les limites des résultats obtenus.

 Cette enquête est accessible ici :

https://www.twz.com/38937/navy-ufo-patent-documents-talk-of-spacetime-modification-weapon-detail-experimental-testing

 Elle montre que le projet a fait l'objet d'un véritable travail d'ingénierie, mais que les essais disponibles n'ont pas validé expérimentalement l'effet annoncé. Il serait cependant abusif d'en déduire que la Marine avait nécessairement confirmé la théorie de Pais avant de financer les expériences. Le financement d'une étude peut précisément avoir pour objectif de déterminer si une hypothèse mérite d'être poursuivie. Dans la recherche militaire, la valeur stratégique potentielle d'un concept peut justifier un examen préliminaire sans garantir sa réussite. La véritable question n'est donc pas de savoir si l'US Navy a pris Pais au sérieux, mais jusqu'à quel niveau de maturité technique le programme est parvenu. Sur la base du rapport examiné, on peut affirmer que des essais ont été menés, mais que l'effet déterminant n'a pas été détecté.

 Les documents cités ne permettent pas de conclure qu'une technologie opérationnelle de propulsion fondée sur cet effet a été obtenue.

 12. Une expérience plus convaincante est-elle possible ?

En principe, oui. Mais elle devrait être beaucoup plus rigoureuse dans sa définition quantitative. Une nouvelle campagne devrait commencer par une publication détaillée du modèle théorique et des prédictions qui peuvent être vérifiées expérimentalement. Il faudrait ensuite construire un dispositif capable de maintenir une charge superficielle connue, tout en contrôlant la rotation, les accélérations et les vibrations. L'instrumentation devrait être calibrée pour mesurer les signaux attendus dans les bandes de fréquences prévues. Les expériences devraient comporter des essais témoins, des mesures du bruit de fond et une analyse systématique des perturbations électriques et mécaniques. Enfin, les données brutes devraient être mises à disposition d'équipes indépendantes.

 La réussite ne consisterait pas simplement à obtenir une variation inhabituelle sur un détecteur.

Il faudrait montrer que cette variation :

  •  ·         dépasse significativement le bruit de fond ;
  • ·         apparaît lorsque les conditions prévues sont réunies ;
  • ·         possède les caractéristiques quantitatives annoncées ;
  • ·         ne peut pas être expliquée par des effets électromagnétiques conventionnels ;
  • ·         se reproduit indépendamment.

 Une telle démarche permettrait de passer d'une hypothèse ambitieuse à une véritable évaluation scientifique.

13. Conclusion : le « Pais Effect » reste une hypothèse expérimentale

L'expérience HEEMFG de 2018-2019 est un document important pour comprendre le dossier Salvatore Pais.

Elle montre que la Marine américaine a effectivement cherché à tester un phénomène électromagnétique présenté comme susceptible d'ouvrir la voie à des technologies avancées. Elle montre aussi que les expérimentateurs ont rencontré des difficultés techniques, notamment pour obtenir la distribution de charge électrique souhaitée et caractériser le signal recherché. Mais le résultat principal ne doit pas être dilué dans ces difficultés : aucun effet HEEMFG n'a été détecté lors des essais de 2019 décrits dans le rapport. Pais peut soutenir que les conditions expérimentales étaient insuffisantes. Cette objection justifie éventuellement de nouveaux essais, mais elle ne constitue pas une preuve que sa théorie est correcte.

 Pour que le dossier franchisse une étape scientifique décisive, il faudrait une expérience dont les paramètres, les prédictions et les critères de réussite soient définis à l'avance, puis des résultats reproduits indépendamment. Le rapport NAVAIR ne démontre donc ni une propulsion antigravitationnelle ni une technologie permettant de modifier l'espace-temps. Il documente une tentative de test expérimental qui n'a pas détecté l'effet recherché.

 C'est une différence fondamentale.

 Dans ce dossier, la question n'est plus de savoir si les brevets sont impressionnants ou si les applications envisagées sont fascinantes. Elle est de savoir si un phénomène physique mesurable, reproductible et quantitativement conforme aux prédictions a été établi. À ce jour, les documents examinés ne permettent pas de répondre positivement.

 Mon analyse critique complémentaire

Trois éléments me paraissent particulièrement importants pour votre dossier sur les technologies militaires et les PAN.

         1. Le rapport NAVAIR est plus instructif que les brevets eux-mêmes.

Un brevet expose ce qu'un inventeur revendique. Le rapport expérimental montre ce que des ingénieurs ont effectivement essayé de mesurer. C'est donc la source à privilégier pour évaluer la crédibilité physique du concept.

2. La réserve « non observé ou réfuté » ne doit pas être interprétée comme un résultat positif.

Elle indique que les essais ne permettent pas de trancher définitivement l'hypothèse dans les conditions utilisées. Mais le résultat expérimental reste négatif : aucun effet HEEMFG n'a été détecté. Il faut éviter de transformer une limite expérimentale en indice d'une technologie secrète déjà opérationnelle.

 3. Le lien avec les OVNI reste spéculatif.

Même si le phénomène revendiqué par Pais était un jour démontré, il faudrait encore établir qu'il permet de produire une force propulsive exploitable, puis qu'un véhicule utilise effectivement cette technologie. Le rapport de 2019 ne démontre aucune de ces étapes.

 Sources documentaires à conserver

Source primaire : Rapport officiel NAVAIR — HEEMFG Spin Test Experiment

Enquête complémentaire : The War Zone — Navy UFO Patent Documents Talk Of Spacetime Modification Weapon

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LES OVNIS SUR LE CONTINET AFRICAIN :

-                  https://ovnietuapinfo.com/wp-content/uploads/2026/10/LES-OVNIs-SUR-LE-CONTINENT-AFRICAIN-V-2026.pdf

L’HISTOIRE DES OVNIS AU MAROC :

·               https://ovnietuapinfo.com/wp-content/uploads/2026/07/l-ufologie-au-maroc-v-07-2026.pdf.pdf

       LA POLITIQUE ET LES OVNI EN GRANDE BRETAGNE

+      https://ovnietuapinfo.com/wp-content/uploads/2026/08/la-politique-        et-les-ovni-en-grande-bretagne.pdf