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vendredi 16 octobre 2026

OVNI : LE COLORADO, CHAMPION AMÉRICAIN DE LA CURIOSITÉ EXTRATERRESTRE ?

OVNI : LE COLORADO, CHAMPION AMÉRICAIN DE LA CURIOSITÉ EXTRATERRESTRE ?

Plus de 61 000 recherches quotidiennes sur les extraterrestres aux États-Unis : ce que révèlent vraiment les statistiques de Google

Article d'analyse et de critique ufologique — Octobre 2026

Par Équipe rédactionnelle du GEOS France - TH



Le Colorado serait l'État américain où la curiosité pour les extraterrestres et les OVNI est la plus forte. C'est la conclusion d'une étude relayée le 13 octobre 2026 par le média régional North Forty News. Selon cette analyse, les habitants du Colorado effectueraient environ 1 328 recherches mensuelles liées aux extraterrestres pour 100 000 habitants, plaçant cet État devant l'Indiana, l'Alaska et le Massachusetts. À l'échelle nationale, les Américains réaliseraient quelque 61 042 recherches Google par jour sur les extraterrestres et les objets volants non identifiés. Cela représenterait plus de 22 millions de recherches par an.

Ces chiffres ont de quoi retenir l'attention. Ils témoignent, en apparence, d'un intérêt considérable pour la question extraterrestre aux États-Unis, alors que les débats sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN), les témoignages militaires et la possibilité d'une divulgation gouvernementale continuent d'alimenter l'actualité. Mais que mesure réellement cette étude ? Peut-on affirmer que le Colorado est l'État américain le plus passionné par les OVNI ? Et surtout, une recherche effectuée sur Google nous apprend-elle quelque chose sur la réalité du phénomène extraterrestre ? Derrière ces statistiques spectaculaires se cache une question essentielle : mesure-t-on la curiosité du public, sa croyance aux extraterrestres ou simplement son comportement sur Internet ? L'examen de la méthodologie et des résultats invite à distinguer soigneusement ces trois dimensions.

 L'article publié par North Forty News, intitulé « Colorado Leads Nation in Searches for Aliens and UFOs, Study Finds », présente les résultats d'une analyse réalisée par VIP-Grinders, une entreprise spécialisée dans les recherches sur les jeux en ligne et les paris.

 L'étude s'appuie sur les estimations de volumes de recherche de Google Ads Keyword Planner. Les résultats ont ensuite été rapportés à la population de chaque État américain afin de permettre une comparaison entre territoires de tailles différentes.

 Le classement publié est le suivant

 :

Rang

État américain

Recherches mensuelles pour 100 000 habitants

1

Colorado

1 328

2

Indiana

1 172

3

Alaska

1 115

4

Massachusetts

1 082

5

Arizona

1 044

6

Dakota du Nord

1 031

7

New Hampshire

1 009

8

Washington

992

9

Virginie

903

10

Dakota du Sud

895

 Source: North Forty News, 13 October 2026.

 Le Colorado arrive donc en première position, avec un volume estimé de 1 328 recherches mensuelles pour 100 000 habitants. L'écart avec l'Indiana, deuxième du classement, atteint 156 recherches mensuelles pour 100 000 habitants, soit environ 13,3 % de plus. Ce résultat est intéressant, mais il faut éviter de lui faire dire davantage que ce que les données permettent d'établir. Il signifie que les termes retenus par l'étude génèrent un volume de recherche estimé particulièrement élevé au Colorado, une fois les résultats rapportés à la population. Il ne signifie pas que les habitants du Colorado croient davantage aux extraterrestres que les habitants des autres États.

 Pour établir une telle conclusion, il faudrait disposer d'une enquête représentative sur les opinions et les croyances des populations concernées. Une recherche Google peut correspondre à une personne convaincue de l'existence des extraterrestres, mais également à un sceptique, un journaliste, un étudiant, un passionné d'astronomie ou quelqu'un qui cherche simplement à vérifier une information.

 La statistique mesure une activité numérique, pas directement une conviction.

 L'étude avance un total national d'environ 61 042 recherches quotidiennes liées aux extraterrestres et aux OVNI. Cela représente approximativement :

  •  ·    1,86 million de recherches par mois ;

  • · 22,2 millions de recherches par an ;

  • · 42 recherches par minute ;

  • · Une recherche toutes les 1,4 seconde environ, en moyenne sur l'ensemble du territoire américain.

 Ces conversions sont cohérentes avec le chiffre annoncé, sous réserve des arrondis utilisés. Cependant, elles ne constituent pas quatre résultats indépendants. Il s'agit de différentes manières de présenter un même volume de recherche estimé. C'est un point important pour comprendre la portée réelle de l'étude.

 L'article explique que les données proviennent de Google Ads Keyword Planner, un outil conçu notamment pour aider les annonceurs à estimer le volume de recherche associé à des mots-clés. Cet outil peut fournir des estimations utiles pour analyser les intérêts du public. Mais il ne constitue pas un dispositif permettant de compter avec une précision absolue chaque recherche individuelle effectuée dans le monde. Les volumes sont estimés à partir des données disponibles et dépendent notamment des termes sélectionnés, de la période considérée et des paramètres retenus.

 Il faut donc considérer les 61 042 recherches quotidiennes comme une estimation issue d'un modèle de comptabilisation, et non comme le résultat d'un décompte exhaustif et indépendant de toutes les requêtes américaines. L'article de North Forty News précise d'ailleurs que les chiffres ont été fournis par VIP-Grinders et n'ont pas été vérifiés indépendamment par la rédaction. Une difficulté supplémentaire : que signifie « recherche liée aux extraterrestres » ?

 Pour interpréter correctement le résultat, il faudrait connaître la liste complète des mots-clés utilisés. A-t-on comptabilisé uniquement les recherches comportant les termes « alien », « extraterrestrial », « UFO » ou « UAP » ? L'étude a-t-elle également inclus des recherches sur les enlèvements extraterrestres, les observations d'OVNI, Roswell, la zone 51, les civilisations extraterrestres ou les annonces gouvernementales ?

 Une personne recherchant des informations sur la vie extraterrestre en général ne s'intéresse pas nécessairement aux observations d'OVNI. Inversement, quelqu'un qui recherche une vidéo d'un phénomène lumineux dans le ciel ne cherche pas forcément à savoir si celui-ci est d'origine extraterrestre. Sans la liste complète des mots-clés et leurs volumes respectifs, il est difficile d'évaluer précisément le périmètre de l'étude. La première réserve critique concerne donc la transparence méthodologique : les chiffres sont présentés, mais leur interprétation complète nécessite l'accès au détail des données.

  Dans l'imaginaire collectif, certains États américains sont indissociables de l'histoire des OVNI. Le Nouveau-Mexique occupe une place particulière depuis l'affaire de Roswell en 1947. Le Nevada est associé à la zone 51, installation militaire secrète qui a nourri des décennies de spéculations sur les technologies expérimentales et les phénomènes extraterrestres. Le Colorado, quant à lui, possède une histoire ufologique riche, des témoignages célèbres et une communauté de passionnés active. Pourtant, selon l'étude de VIP-Grinders, le Nouveau-Mexique n'arrive qu'à la 18e place et le Nevada à la 27e. Ce résultat contredit donc l'idée selon laquelle les États les plus célèbres pour leurs affaires d'OVNI seraient nécessairement ceux où l'intérêt actuel pour les extraterrestres est le plus élevé. Mais cette apparente contradiction mérite d'être nuancée.

 La notoriété ufologique ne se confond pas avec le volume de recherches Roswell est un événement historique. La zone 51 est un symbole culturel. Leur notoriété repose sur des décennies de publications, de documentaires, de films, d'enquêtes et de débats. Mais un lieu célèbre ne génère pas nécessairement, chaque mois, le volume de recherches le plus élevé par habitant. Le classement dépend aussi de l'actualité, des médias locaux, de la démographie, de la composition des recherches retenues et de la manière dont les habitants utilisent Internet. Un État peut être très associé à l'histoire des OVNI sans être celui où les recherches numériques sont les plus nombreuses aujourd'hui.

 Une autre analyse, publiée par Axios Denver en février 2024, examinait les observations d'OVNI signalées dans le Colorado entre 2000 et 2023 à partir des données du National UFO Reporting Center. Elle indiquait que la région métropolitaine de Denver avait enregistré 43,2 signalements pour 100 000 habitants sur la période, contre une moyenne nationale de 34,3. L'article relevait également des taux élevés dans certains comtés ruraux de l'État. Il soulignait toutefois que de nombreuses observations pouvaient correspondre à des activités militaires, à des satellites ou à des phénomènes scientifiques.

 Nous disposons donc de deux indicateurs différents concernant le Colorado :

  • Un volume élevé de recherches Internet sur les extraterrestres et les OVNI ;
  • Un historique de signalements d'observations relativement important dans certaines régions.

Ces deux résultats sont intéressants à rapprocher, mais ils ne prouvent pas qu'ils aient la même origine. Ils ne permettent pas non plus de conclure que les observations rapportées dans le Colorado seraient plus souvent d'origine extraterrestre. Pour cela, il faudrait analyser individuellement les dossiers, leur qualité et les explications proposées.

 Les recherches sur Internet sont-elles un indicateur fiable de la croyance aux extraterrestres ?

C'est ici que l'étude atteint sa principale limite. La curiosité, la croyance et l'expérience personnelle sont trois variables distinctes.

 La curiosité

              Une personne peut rechercher des informations sur les extraterrestres parce qu'elle                 trouve le sujet             fascinant.

Elle peut être passionnée par l'astronomie, la science-fiction, les témoignages de pilotes ou les débats sur les PAN.

Elle n'a pas besoin de croire que la Terre est visitée par des intelligences extraterrestres.

 

La croyance

Une personne peut être convaincue que la vie existe ailleurs dans l’Univers sans croire que des engins extraterrestres visitent notre planète.

Elle peut également croire que certains PAN correspondent à des technologies non humaines, tout en restant sceptique concernant d'autres récits.

 Les opinions sur ces questions sont multiples et ne se résument pas à une opposition entre croyants et sceptiques.

 L'expérience personnelle

Une personne peut avoir observé un phénomène aérien qu'elle n'a pas réussi à identifier.

Elle peut ensuite rechercher des informations pour tenter de comprendre ce qu'elle a vu.

Mais une recherche Internet ne permet pas de savoir si cette personne a réellement observé quelque chose si elle a identifié son observation ou si elle a simplement regardé une vidéo publiée sur les             réseaux sociaux.

Les trois catégories peuvent se recouper, mais aucune ne peut être déduite automatiquement des deux autres.

 Pour mieux mesurer la curiosité extraterrestre, il aurait été utile de compléter les statistiques de recherche par une enquête d'opinion représentative. Les chercheurs auraient notamment pu demander aux participants :

 ·         S’ils s'intéressent aux OVNI ;

  • ·         S’ils pensent que la vie extraterrestre existe ;
  • ·         S’ils estiment que des intelligences non humaines visitent la Terre ;
  • ·         S’ils ont personnellement observé un phénomène inexpliqué ;
  • ·         S’ils suivent régulièrement les actualités sur les PAN.

 Une telle enquête aurait permis de comparer les comportements numériques et les opinions déclarées. En l'absence de cette démarche, l'expression « curiosité extraterrestre » doit être comprise comme une interprétation du volume de recherches, et non comme une mesure directe des convictions des Américains.

   Une étude produite par une entreprise spécialisée dans les jeux et les paris en ligne L'origine de l'étude mérite également d'être examinée. VIP-Grinders se présente comme une entreprise de recherche et de contenus spécialisée dans les jeux en ligne, le poker et les paris. Son activité principale n'est pas la recherche scientifique sur les PAN ou l'étude universitaire des croyances.

 Cela ne signifie pas que ses données sont nécessairement erronées. Une entreprise peut parfaitement réaliser une analyse pertinente dans un domaine qui n'est pas son secteur d'activité principal. Toutefois, il faut tenir compte du contexte dans lequel cette étude a été produite. Les classements nationaux, les statistiques insolites et les chiffres spectaculaires sont souvent utilisés dans la communication numérique parce qu'ils attirent l'attention des lecteurs et des moteurs de recherche.

 L'annonce de 61 000 recherches quotidiennes sur les extraterrestres est ainsi beaucoup plus accrocheuse qu'une présentation technique des volumes de mots-clés.La publication par North Forty News reprend les résultats fournis par VIP-Grinders tout en précisant que ses chiffres n'ont pas été vérifiés indépendamment.

 Cette précision est bienvenue. Pour renforcer la valeur scientifique de l'étude, il faudrait pouvoir consulter : la liste intégrale des mots-clés ; les volumes estimés pour chaque terme ; la période exacte de collecte ; les règles de sélection et de regroupement des recherches etc…

 Ces éléments permettraient à d'autres chercheurs de reproduire les calculs et de vérifier la stabilité du classement. La critique porte donc moins sur l'identité de l'organisme que sur la possibilité de contrôler indépendamment sa méthode.

 La question des paris sur la divulgation extraterrestre : quand l'ufologie rencontre la spéculation financière

L'article de North Forty News ne s'arrête pas aux recherches Google. Il aborde également les paris financiers sur la possibilité que le gouvernement américain confirme officiellement l'existence d'une vie extraterrestre. Selon l'article, plus de 37,3 millions de dollars avaient été échangés au 21 septembre 2026 sur un marché prédictif de Kalshi portant sur cette question. Au moment de l'analyse, le prix du marché correspondait à une probabilité implicite d'environ 19,9 % pour une confirmation avant le 20 janvier 2029. Ces données sont rapportées par VIP-Grinders dans l'article publié par North Forty News. Le chiffre de 19,9 % est susceptible d'impressionner le lecteur. Il peut donner l'impression qu'une probabilité de confirmation extraterrestre a été calculée à partir d'informations solides. Mais il faut bien comprendre la nature de ce chiffre. Une probabilité de marché n'est pas une probabilité scientifique Sur un marché prédictif, le prix d'un contrat dépend des achats et des ventes effectués par les participants, ainsi que des règles propres au marché. Ce prix reflète donc les anticipations des personnes qui y prennent position. Il peut être influencé par les actualités, les déclarations politiques, les rumeurs, les stratégies financières ou les variations de liquidité. Il ne constitue pas une mesure directe de la probabilité scientifique que des extraterrestres existent. Il ne démontre pas non plus qu'une administration dispose d'informations secrètes confirmant leur présence.

 Une ambiguïté fondamentale :  Qu’est-ce qu'une « confirmation officielle » ?

La formulation même de la question est problématique. Que faudrait-il pour considérer que le gouvernement américain a officiellement confirmé l'existence d'extraterrestres ? Une déclaration présidentielle affirmant que la vie existe probablement ailleurs dans l'Univers suffirait-elle ? Faudrait-il que le Pentagone reconnaisse l'existence d'un phénomène non identifié ? Ou faudrait-il qu'un organisme gouvernemental présente des preuves matérielles vérifiées démontrant l'existence d'une intelligence non humaine ?  Ces trois situations sont très différentes.

 Le gouvernement pourrait annoncer la découverte d'une biosignature extraterrestre sans que cela implique une visite de la Terre. Il pourrait également publier de nouveaux documents sur des PAN sans confirmer leur origine extraterrestre. Un marché prédictif ne peut être interprété correctement que si les conditions de résolution du contrat sont clairement définies. Il faudrait donc consulter les règles précises du marché concerné avant de tirer des conclusions de son prix.

 Le volume financier ne valide pas l'hypothèse

Les 37,3 millions de dollars mentionnés dans l'article correspondent à une activité de marché rapportée par la source. Ce chiffre ne signifie pas que 37,3 millions de dollars ont été investis dans une preuve extraterrestre. Il ne signifie pas non plus que les participants possèdent des informations confidentielles. Il mesure une activité financière associée à une question spéculative. L'intérêt de ces données réside surtout dans le fait qu'elles montrent comment la question de la divulgation extraterrestre est devenue un sujet susceptible d'être intégré aux marchés prédictifs.

 C'est un phénomène culturel et médiatique intéressant, mais pas une preuve ufologique.

 Au-delà des limites statistiques, l'étude du dossier « extraterrestres » soulève une question intéressante : pourquoi les extraterrestres continuent-ils de susciter un tel intérêt ? Plusieurs facteurs peuvent contribuer à cette popularité.

 Le poids de la culture populaire

Depuis des décennies, les films, les séries télévisées, les romans et les documentaires ont fait des extraterrestres un élément majeur de la culture contemporaine. Les représentations de soucoupes volantes, de rencontres rapprochées et de civilisations avancées sont devenues familières au grand public. Cette présence culturelle entretient naturellement les recherches en ligne.

 La multiplication des contenus numériques

Les réseaux sociaux permettent de diffuser rapidement des vidéos de phénomènes lumineux, des témoignages de pilotes et des documents présentés comme confidentiels. Ces contenus peuvent susciter une véritable enquête personnelle : les internautes cherchent à identifier les objets, à retrouver les sources et à comparer les interprétations. Mais la circulation rapide des informations favorise aussi les erreurs, les montages, les identifications hâtives et la propagation de rumeurs.

 Le débat institutionnel sur les PAN

Les auditions parlementaires américaines, les rapports officiels et les déclarations d'anciens responsables du renseignement ont contribué à replacer les PAN dans le débat public. Cette évolution peut inciter les citoyens à rechercher des informations sur les phénomènes aériens non identifiés. Il faut toutefois distinguer la reconnaissance institutionnelle de l'existence de signalements de la reconnaissance d'une origine extraterrestre. Le fait que les autorités enquêtent sur des phénomènes inconnus ne signifie pas qu'elles ont démontré l'existence d'engins extraterrestres.

 Une question scientifique fondamentale

Enfin, la recherche d'une vie extraterrestre est un sujet scientifique légitime. Les astronomes étudient les exoplanètes, les conditions d'habitabilité et les possibilités de détecter des signes de vie ailleurs dans l'Univers. Cette recherche ne doit pas être confondue avec l'étude des observations d'OVNI, qui relève d'une problématique différente. Les deux domaines partagent une interrogation générale sur la possibilité d'une vie au-delà de la Terre, mais ils ne reposent pas sur les mêmes méthodes ni sur les mêmes preuves.

   Peut-on comparer ces résultats aux statistiques ufologiques françaises ou africaines ?

Pour un chercheur qui souhaite comprendre la géographie mondiale de l'intérêt pour les OVNI, l'étude du Colorado présente un intérêt méthodologique. Elle suggère une piste de recherche : comparer les volumes de recherche en ligne avec les signalements d'observations, les enquêtes d'opinion et les événements médiatiques. Mais une comparaison internationale exige une méthode rigoureuse. Il faudrait notamment tenir compte des différences linguistiques, des habitudes numériques, de la disponibilité des moteurs de recherche et de la popularité des termes utilisés.

 Aux États-Unis, les mots « UFO », « UAP » et « alien » sont courants. En France, les recherches peuvent porter sur « OVNI », « PAN », « extraterrestres » ou « soucoupes volantes ». Dans les pays francophones d'Afrique, les recherches peuvent utiliser ces mêmes termes, mais aussi des expressions locales ou des catégories culturelles qui ne correspondent pas exactement aux notions occidentales d'OVNI. Une étude mondiale limitée à quelques mots-clés anglophones risquerait donc de sous-estimer fortement l'intérêt observé dans d'autres régions.

Dans le cadre d'une étude consacrée aux observations africaines, il serait intéressant de rapprocher quatre  

 Ce que cette étude nous apprend réellement : après examen, plusieurs conclusions peuvent être retenues.

  • Premièrement, l'intérêt numérique pour les extraterrestres est mesurable. Les outils de recherche permettent de construire des indicateurs utiles pour observer la circulation d'un sujet dans l'espace public.
  • Deuxièmement, le Colorado arrive effectivement en tête du classement publié par VIP-Grinders. Mais ce résultat concerne les volumes de recherche estimés par habitant et non le nombre de croyants ou d'observations authentifiées.
  • Troisièmement, les 61 042 recherches quotidiennes annoncées constituent une estimation, pas un décompte indépendant exhaustif. Leur interprétation dépend des mots-clés retenus et de la méthodologie de calcul.
  • Quatrièmement, les marchés prédictifs renseignent sur les anticipations financières de leurs participants. Ils ne peuvent pas être utilisés comme indicateurs directs de la présence d'une intelligence extraterrestre.
  • Cinquièmement, cette étude ne fournit aucune preuve nouvelle concernant l'existence d'engins extraterrestres ou leur présence sur Terre. Elle porte sur les comportements de recherche des internautes, pas sur les propriétés physiques des phénomènes observés.

Ces limites n'annulent pas l'intérêt du travail. Elles définissent simplement ce qu'il est raisonnable d'en conclure.

 CONCLUSION — LE COLORADO EST-IL VRAIMENT L'ÉTAT LE PLUS PASSIONNÉ PAR LES EXTRATERRESTRES ?

L'étude publiée par North Forty News apporte une indication intéressante sur la place qu'occupent les extraterrestres et les OVNI dans les recherches en ligne aux États-Unis. Le Colorado arrive en tête, devant l'Indiana, l'Alaska et le Massachusetts. Le Nouveau-Mexique, pourtant célèbre pour Roswell, ne se classe qu'en 18e position, tandis que le Nevada arrive au 27e rang. Ces résultats rappellent que la géographie de la notoriété ufologique ne correspond pas nécessairement à celle des recherches numériques. Mais le titre de « champion américain de la curiosité extraterrestre » doit être interprété avec prudence.

 L'étude mesure des recherches estimées par habitant. Elle ne permet pas de déterminer directement les convictions des habitants, la fréquence réelle des observations ou la probabilité d'une présence extraterrestre.

 De même, les quelque 61 000 recherches quotidiennes annoncées illustrent l'intérêt du public pour le sujet, mais ne constituent pas un indicateur de la réalité du phénomène. L'intérêt de cette publication est donc principalement sociologique et médiatique. Elle nous apprend quelque chose sur la manière dont les Américains recherchent des informations sur les extraterrestres. Elle ne nous apprend pas si ces derniers visitent la Terre. Pour aller plus loin, il faudrait disposer des mots-clés détaillés, des données complètes par État et d'enquêtes représentatives sur les opinions du public.

 La véritable question n'est donc pas de savoir si le Colorado compte davantage de croyants que les autres États, mais de déterminer comment l'intérêt pour les PAN évolue, comment il est influencé par l'actualité et dans quelle mesure il se traduit par des recherches, des témoignages ou des convictions.

 En matière d'ufologie, les statistiques sont précieuses à condition de ne pas leur faire dire ce qu'elles ne mesurent pas.

 Sources documentaires

1. Article original de North Forty News

North Forty News — Colorado Leads Nation in Searches for Aliens and UFOs, Study Finds - https://northfortynews.com/category/life-in-noco/colorado-leads-nation-in-searches-for-aliens-and-ufos-study-finds/

Publication du 13 octobre 2026. Présente le classement des États américains, les estimations de recherches Google et les chiffres relatifs aux marchés prédictifs.

 

2. Analyse des signalements dans le Colorado

Axios Denver — Colorado's UFO sightings, mapped - https://www.axios.com/local/denver/2024/02/12/colorado-ufo-sightings

Publication du 12 février 2024. Compare les signalements d'OVNI dans le Colorado avec les données nationales disponibles pour la période étudiée.

3. Recherches scientifiques sur l'attention portée aux PAN

Humanities and Social Sciences Communications — Looking up the sky: unidentified aerial phenomena and macroeconomic attention - https://www.nature.com/articles/s41599-024-04182-z

Étude scientifique publiée en décembre 2024 qui examine les relations entre les signalements de PAN, l'attention du public et différents indicateurs économiques aux États-Unis. Elle illustre l'intérêt de traiter les données ufologiques comme des indicateurs sociaux tout en distinguant les corrélations observées de leurs causes éventuelles.

 

Équipe rédactionnelle du GEOS France – TH



Note éditoriale : les chiffres du classement et des recherches quotidiennes sont ceux publiés par VIP-Grinders et repris par North Forty News. La méthodologie complète et les données détaillées n'ayant pas été indépendamment reproduites ici, ils doivent être présentés comme des estimations attribuées à leur source, et non comme des mesures définitivement établies.

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dimanche 6 septembre 2026

Rechercher une intelligence extraterrestre dans des galaxies lointaines

Les nouvelles technologies nous aident à rechercher une intelligence extraterrestre dans des galaxies lointaines.


Source et traduction de : https://www.skyatnightmagazine.com/space-science/new-technology-look-alien-intelligence

Une étude SETI visant à détecter des signaux à bande étroite à l'aide d'un radiotélescope constitue la recherche la plus sensible d'intelligence au-delà de notre propre galaxie.

Chris Lintott

Publié le 4 septembre 2026 à 15h08

Le programme SETI, la recherche de vie intelligente au-delà de la Terre, connaît actuellement un regain d'intérêt.

De nouvelles techniques – notamment la possibilité de pratiquer l'observation commensale, c'est-à-dire la surveillance des signaux lorsque les télescopes effectuent d'autres tâches – ont considérablement accru la sensibilité des recherches.

Grâce à l'expansion des programmes d'observation que cela rend possible, les scientifiques du programme SETI envisagent de nouvelles méthodes de recherche.

Cela comprend la recherche de signaux laser parmi les étoiles, de signes pouvant trahir la présence de civilisations très avancées, et de signaux délibérés envoyés pour coïncider avec des événements astronomiques majeurs, tels que les supernovæ.

Même la recherche de vaisseaux spatiaux extraterrestres dissimulés dans le système solaire, qui pourraient être révélés par la prochaine génération de télescopes, est prise un peu plus au sérieux. 

Nous regardons également plus loin que jamais auparavant.

Dans son article, Carmen Choza, une étudiante de Chicago qui travaille avec l'équipe Breakthrough Listen, utilise les données du télescope géant de Green Bank en Virginie-Occidentale pour rechercher des signaux provenant de l'au-delà de la Voie lactée.

Il s'agit du programme SETI « traditionnel », qui consiste à rechercher des signaux à bande étroite émis sur une petite gamme de longueurs d'onde à l'aide d'un radiotélescope, mais c'est la recherche la plus sensible jamais tentée pour trouver une intelligence au-delà de notre propre galaxie. 

Bien sûr, tout signal détecté à des distances intergalactiques devrait être extrêmement puissant.

En supposant que les extraterrestres ne nous envoient pas un signal directement, mais diffusent plutôt à l'aveuglette dans le cosmos, l'équipe qui mène les expériences estime qu'elle trouverait des signaux de plus de 10 26 (cent millions de milliards de milliards) Watts.

En utilisant le système de classification introduit par l'astronome soviétique Nikolaï Kardashev dans les années 1960, l'équipe estime que seules les civilisations de type II – celles capables d'exploiter toute l'énergie de leur étoile – pourraient s'en approcher, mais il semble tout de même intéressant de vérifier si elles existent.

Comme nous ne savons pas quels types de galaxies pourraient abriter une vie intelligente, l'échantillon de 97 systèmes comprend des systèmes de toutes formes et de toutes tailles.

La plus proche, à un peu plus de 100 000 années-lumière, est la galaxie naine Ursa Minor qui orbite autour de la Voie lactée, et la plus éloignée, NGC 5813, se situe à près de 100 millions d'années-lumière.

À l'aide d'un logiciel spécialisé permettant de détecter d'éventuels signaux, l'équipe a analysé plus de 100 téraoctets de données collectées par le télescope sur une période de 229 heures entre 2018 et 2022, produisant 1 319 détections possibles. 

L'étape suivante consistait à rechercher ceux qui présentaient des décalages Doppler – des changements de fréquence associés à des objets en mouvement.

L'idée est que tout signal proviendrait d'une planète (ou, je suppose, d'une station spatiale) en orbite autour d'une étoile, et qu'une détection réelle montrerait donc un léger décalage.

Cela a l'avantage d'éliminer tout ce qui ne présente aucun décalage par rapport à la Terre – principalement parce que ces signaux statiques proviendront de la Terre et ne seront rien de plus que des interférences.

Je suis navré de constater qu'aucun signal réel, répondant à ce test, n'a été trouvé.

Mais je suis heureux que nous recherchions la vie là-bas, dans le cosmos, même au-delà des rivages de la Voie lactée elle-même.

Chris Lintott lisait « The Breakthrough Listen Search for Intelligent Life: Technosignature Search of 97 Nearby Galaxies » de Carmen Choza et al. Disponible en ligne à l’adresse: arxiv.org/abs/2312.03943

Chris Lintott

Astrophysicien

Chris Lintott est professeur d'astrophysique à l'université d'Oxford et co-présentateur de l'émission The Sky at Night sur la BBC.

 

Plus d'informations sur la vie extraterrestre

Pourquoi on ne peut pas exclure une visite d'êtres extraterrestres

Les nuages ​​sur des planètes lointaines pourraient être la clé pour trouver de la vie extraterrestre.

Pourquoi devrions-nous rechercher la vie extraterrestre beaucoup plus près de chez nous ?

 

https://ovni-maroc.blogspot.com/p/au-congo-deux-personnes-observent-une.html



jeudi 6 août 2026

Un journaliste informe les sénateurs des développements concernant les OVNI.

Un journaliste informe les sénateurs des développements concernant les OVNI.

 

Cristina Gomez

Source et traduction de : https://www.ufonews.co/post/reporter-now-briefs-senators-on-ufo-developments

Il n'est pas rare que des membres du Congrès interpellent un journaliste dans les couloirs pour lui demander les dernières nouvelles concernant les OVNI. Ce journaliste, Matt Laslo, dirige le site « Ask a Pol » et a passé un mois entier à interroger les cent sénateurs américains sur le sujet. D'après ses informations, l'intérêt au sein de ces instances est resté intact. Cory Booker, sénateur du New Jersey, lui a confié que son équipe était fascinée par la question. John Fetterman, sénateur de Pennsylvanie, y est profondément impliqué. Aucun des deux ne siège à la commission des forces armées ni à celle du renseignement, ce qui explique que le sujet n'atteigne jamais les instances compétentes.

Les membres qui détiennent ce pouvoir ont des avis bien différents. Jim Risch, sénateur de l'Idaho, préside la commission des Affaires étrangères du Sénat, un organe qui influence la politique étrangère des États-Unis. Selon Laslo, lorsqu'il a abordé le sujet, Risch lui a répondu qu'il ne lisait pas d'articles sur les OVNI. L'argument de Laslo porte sur ce que cette réponse exclut. En décembre 2023, des aéronefs sans pilote ont survolé la base aérienne de Langley-Eustis, en Virginie, pendant dix-sept jours. La base a alors annulé ses entraînements nocturnes et déplacé ses F-22 Raptors. Un an plus tard, le FBI a témoigné qu'il était incapable d'expliquer ce qui volait au-dessus du New Jersey. Chacun de ces objets n'a pas été identifié, ce qui, par définition, les classe comme OVNI.

Photo : Matt Laslo

Le déficit de capacités à l'origine de ces incidents demeure. Comme l'a rapporté le magazine Air and Space Forces, des responsables du Pentagone ont déclaré devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants en avril 2025 que l'armée ne disposait toujours pas des moyens d'identifier, de suivre et d'intercepter de manière fiable les drones comme ceux observés à Langley. Deux sénateurs de Virginie sont directement concernés par ce problème : Tim Kaine siège à la commission des forces armées et Mark Warner a été respectivement président et vice-président de la commission du renseignement du Sénat. Selon Laslo, le Pentagone les a informés environ un an après la fin des incursions et n'a toujours pas été en mesure de déterminer qui avait envoyé ces objets, de quelle nature ils n’étaient ni d'où ils provenaient.

Laslo explique que la plupart des sénateurs refusent d'aborder le terme « PAN » (phénomène aérien non habité), alors il les interroge plutôt sur les drones. Même espace aérien, mêmes objets, un terme différent, et la conversation s'engage. Mark Kelly, sénateur de l'Arizona, en est l'exemple le plus frappant. Ce capitaine de la marine à la retraite et ancien astronaute prend à la légère la terminologie « PAN », mais s'intéresse de près aux aéronefs sans pilote survolant les zones d'entraînement de l'Arizona, persuadé qu'il s'agit d'objets étrangers. Le cas est documenté. Le 19 janvier 2023, un F-16 volant dans l'espace aérien restreint du champ de tir Barry M. Goldwater a été touché à l'arrière de sa verrière par un objet orange et blanc près de Gila Bend. Des responsables de la Défense ont déclaré plus tard à Fox News que l'équipage avait conclu qu'il s'agissait d'un petit drone. L'opérateur n'a jamais été identifié et l'objet n'a jamais été récupéré.

Sources

Société étudiante d'ufologie de Yale. (28 juillet 2026). Matt Laslo : Conférence aux 100 sénateurs sur les PAN  [Vidéo]. YouTube. https://www.youtube.com/watch?v=SSIH7K3eOok

 


QUI EST CRISTINA GOMEZ

Cristina Gomez est une journaliste, podcasteuse, chercheuse et créatrice de contenu américaine d'origine vénézuélienne (génération Z), spécialisée dans le domaine des OVNI / PAN (Unidentified Anomalous Phenomena) et du paranormale.

Activités et médias principaux

  • Plateformes d'actualités (UFONews.co / Paradigm Shifts) : Elle gère le site d'actualité international UFONews.co (ainsi que la plateforme Paradigm Shifts), qui regroupe des articles, des liens vers des rapports de recherche, les déclarations des lanceurs d'alerte et des revues de presse sur la divulgation gouvernementale aux États-Unis et dans le monde.
  • Émissions et Podcasts :
    • Shifting the Paradigm : Émission hebdomadaire consacrée aux interviews de chercheurs, de témoins, d'enquêteurs de terrain et de personnalités de l'ufologie américaine et internationale (comme Lou Elizondo).
    • Mysteries with a History : Émission axée sur l'analyse historique des cas d'observation d'OVNI, les crashs présumés et les phénomènes paranormaux.

Sa démarche s'appuie sur une formation en communication (diplômée d'un Bachelor of Arts) et vise à vulgariser l'actualité des UAP en adoptant un traitement médiatique régulier et accessible pour le grand public.

 

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