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LES OVNIS SUR LE CONTINENT AFRICAIN
Un livre de Gérard LEBAT
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https://ovnietuapinfo.com/wp-content/uploads/2026/10/LES-OVNIs-SUR-LE-CONTINENT-AFRICAIN-V-2026.pdf
La bible des ovnis en Afrique
La bible de l’ufologie en Afrique – Toute l’Ufologie Africaine en un seul livre - Plus de 1200 pages – Près de 1000 observations dont de nombreuses commentées et analysées – La vison des ancêtres face aux « êtres » de lumières et autres superstitions, analysée pour de nombreux pays - De nombreuses informations uniques issues de nos recherches et de nos enquêtes… Un ouvrage complet, évolutif qui sera mis à jour ultérieurement par l’ajout des cas, des études ou des documents que vous nous communiquerez ou que nous trouverons au cours de nos recherches
LES OVNIs SUR LE
CONTINENT AFRICAIN
Hors Maroc
Version 2026
GERARD LEBAT
Fondateur du GEOS France
Fondateur de la revue Hypothèses Extraterrestres
Fondateur des Repas Ufologiques en 1995
Conférencier – Auteur
Cet ouvrage gratuit sur internet et publie sur nos sites est lu et téléchargé par des dizaines de milliers de personnes chaque année
CET ECRIT EST BENEVOLE, SANS REMUNERATION ET BENEFICIE D’UN TAUX DE LECTURE BEAUCOUP PLUS IMPORTANT QU’UN LIVRE VENDU A QUELQUES CENTAINES D’EXEMPLAIRES
SOMMAIRE
CHAPITRE 0 LES OVNIS SUR LE CONTINENT AFRICAIN
CARTE DE L’AFRIQUE 1950
CARTE DE L’AFRIQUE 2026
CHAPITRE I L'AFRIQUE, LE CONTINENT OUBLIÉ DE L'UFOLOGIE MONDIALE
CHAPITRE II LES OVNIS DANS LE MONDE ARABE
1 – Une analyse prudente des Djinns dans l’Islam et le phénomène ovni
CHAPITRE III LES OVNIS ET LES CULTURES AFRICAINES
1 - Les traditions ancestrales face aux phénomènes célestes
2 - Les croyances animistes et les ovnis
3 - Les êtres célestes et les esprits
4 - Entre le Ciel et l'Invisible : Quand le Vaudou, le Fa et les Mystères Célestes redéfinissent les OVNIs au Bénin et dans le Golfe de Guinée
5 - Wokloni, wokolo et les lumières du Mali
6 - L'influence des religions chrétiennes sur la perception des phénomènes célestes et aérospatiaux
7 - Christianisme, anges, esprits et phénomènes célestes - 2 ème partie
CHAPITRE IV LES ARMÉES AFRICAINES FACE AU PHÉNOMÈNE OVNI
CHAPITRE V UNIVERSITÉS, LABORATOIRES ET CENTRES DE RECHERCHE EN AFRIQUE FACE AU PHÉNOMÈNE OVNI
CHAPITRE VI LES PRINCIPAUX CHERCHEURS AFRICAINS SUR LE PHENOMENE OVNI
1 – Le curant Cynthia Hind
2 - L’Afrique de l’Est : une recherche beaucoup plus difficile à documenter
3 - L’Afrique du Nord : Entre ufologie, astronomie et archives
CHAPITRE VII LES ARCHIVES AFRICAINES ET L’HISTOIRE DES OVNIs
1 - Où rechercher les traces du phénomène OVNI sur le continent africain ?
2 - Les archives Africaines Portugaise et Espagnole sur le phénomène Ovni
3 – Les archives Belges : Ou sont-elles ?
4 - La presse Africaine coloniale – répertoire par pays
CHAPITRE VIII PRINCIPALES BASES DE DONNÉES ET ARCHIVES DE CAS OVNI/UAP DANS LE MONDE
CHAPITRE IX LE GEIPAN ET LES OVNIS EN AFRIQUE
CHAPITRE X LES OVNIS EN AFRIQUE ET LA PHILATÉLIE
CHAPITRE XI STATISTIQUES PORTANT SUR LES OBSERVATIONS D’OVNI SUR LE CONTINENT AFRICAIN (Hors Maroc)
CHAPITRE XII CATALOGUE DES OBSERVATIONS SUR LE CONTINENT AFRICAIN
1 – METHODOLOGIE
2 – AFRICOM
3 – 01 - AFRIQUE DU SUD
4 - 02 - ALGERIE
5 - 03 – BENIN (ANCIEN DAHOMEY)
A – Le Bénin et les Ovnis
B - Entre observations célestes, cosmologie vodun et interprétations culturelles
C - Ovni – vodun et Hêviosso
D – Les êtres venus du ciel dans les traditions du Dahomey
E - Ovni, vodun, christianisme et islam au Bénin
6 - 04 – BOTSWANA
7 - 05 – BURKINA FASSO
A – Les Ovnis au Burkina Fasso
B - Ovni, croyances ancestrales et « êtres de lumière » au Burkina Fasso
8 - 06 – BURUNDI
9 - 07 – CAMEROUN
10 - 08 – CAP VERT
11 - 09 – COMORES
A - Géographie, représentations culturelles, réactions populaires et attitude des autorités
B - Les Comores - Entre djinns, monde invisible et phénomènes aérospatiaux.
12- 10 – REPUBLIQUE DU CONGO – BRAZZAVILLE
13 11 – COTE D’IVOIRE
14 - 12 – EGYPTE
15 - 13 – ERYTHREE
16 - 14 – ESWATINI
17 - 15 – ETHIOPIE
18 – 16 - GHANA
19 - 17 – GUINEE KONAKRY (Ancienne Guinée Française)
20 - 18 – GUINEE BISSAU (Ancienne Guinée Portugaise)
21 - 19 – GUINEE EQUATORIALE – (Ancienne Guinée Espagnole)
22 - 20 – ILE MAURICE
A - Une île où les croyances surnaturelles occupent une place particulière.
23 - 21 - ILE DE LA REUNION
24 - 22 – KENYA
A - Croyances ancestrales, divinités célestes, esprits des ancêtres, « êtres de lumière » et traditions religieuses : quelle place dans l'ufologie africaine ?
25 - 23 – LESOTHO (Basutoland - occupation Britannique)
A - Les ovnis et les traditions Basotho -
Montagnes, esprits, ancêtres et phénomènes lumineux au Lesotho
26 - 24 – LIBERIA
A - Observations aériennes, traditions spirituelles et êtres surnaturels
27 - 25 - LIBYE – Ancienne colonie Britannique – Italienne
28 - 26 - MADAGASCAR
29 - 27 - MALAWI (Nyassaland jusqu'en 1964 – Britannique)
30 - 28 - MALI
A - Des mythes de création des Dogons aux extraterrestres des théories des anciens astronautes : légendes, croyances ancestrales et interprétations ufologiques
31 - 29 - MAURITANIE
32 - 30 - MOZAMBIQUE (Ancienne colonie Portugaise).
33 - 31 - NAMIBIE (Ancienne colonie Allemande)
34 - 32 - NIGER (République, Ancienne colonie Française.)
A - Traditions ancestrales, génies du désert, peuples du ciel, observations inexpliquées et politique de l'État
35 - 33 - NIGERIA
A - Informations Générales sur le Nigeria – Culture religieuse et les ovnis – Superstition, traditions et Les ovnis
36 - 34 - OUGANDA (ancien protectorat Britannique)
37 - 35 - REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (Ancien Congo Belge)
A – Les légendes célestes et le phénomène ovni en RDC – Dossier Popokabaka et monde invisible
38 - 36 - SAO TOME ET PRINCIPE (Ancienne colonie Portugaise)
39 - 37 - SEYCHELLES – (Anciennement Britannique)
40 - 38 - SENEGAL (Ancienne colonie Française)
41 - 39 - SIERRA LEONE (Colonisation Britannique)
42 - 40 - SOMALIE FEDERALE (Englais et Italien devenu l’actuelle Somalie)
43 - 41 - SOMALIE – DJIBOUTI (Français (secteur Djibouti)
44 - 42 - SOUDAN (Égypte et Britannique)
45 - 43 - TANZANIE (ancien Tanganyika)
46 - 44 - TOGO
47 - 45 - TUNISIE
48 - 46 - ZAMBIE
49 - 47 - ZIMBABWE (Ancienne Rhodésie)
A - Le Zimbabwe et le mystère des OVNI : entre traditions africaines, enquêtes scientifiques et interventions de l'État
CHAPITRE XIII BIBLIOGRAPHIE
CHAPITRE XIV ETUDE COMPLETE DES 24 NR D’AFRINEWS QUANT À LEUR CONTENU
CHAPITRE XV LISTE DES OBSERVATIONS ABORDEES DANS AFRINEWS
CHAPITRE XVI QUE FAIRE SI VOUS VOYEZ UN OVNI
LES OVNIS SUR LE CONTINENT AFRICAIN
La bible de l’ufologie Africaine
47 PAYS ANALYSES
1250 PAGES AU 01.11.2026
581 000 MOTS
QUELQUES 1000 OBSERVATIONS
LA MAJORITE ANALYSEE
DES CENTAINES D’ILLUSTRATIONS
LA SUPERSTITION AFRICAINE ANALYSEE PAYS PAR PAYS, INDISPENSABLE POUR ENQUETER SUR CE DOSSIER EST ICI ANALYSEE POUR LA 1ERE FOIS
UNE VERITABLE ENCYCLOPEDIE QUI REUNIE UN GRAND NOMBRE DE DOCUMENTS AVEC UNE ANALYSE DU PHENOMENE OVNI EN AFRIQUE PAYS PAR PAYS
DEUX LIVRES DE GERARD LEBAT
ACCESSIBLES GRATUITEMENT SUR INTERNET
L’HISTOIRE DES OVNIs AU MAROC – Version 2026
https://ovnietuapinfo.com/wp-content/uploads/2026/07/l-ufologie-au-maroc-v-07-2026.pdf.pdf
LA POLITIQUE ET LES OVNI EN GRANDE BRETAGNE
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OVNI MAROC : https://ovni-maroc.blogspot.com/
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AFRICAIN EN INDIQUANT VOTRE NOM. Contactez-nous à : lebat1@aol.com ou en écrivant à Gérard EBAT – GEOS France – 39 rue de Fretay 91140 VILLEJUST- France
Le GEOS FRANCE - GROUPE D’ETUDES DES OBJETS SPATIAUX DE FRANCE est une association officielle, parue au Journal Officiel de La République Française le 5 juin 1969
La reproduction partielle de cet ouvrage est autorisée sous réserve d’en indiquer l’origine Cette compilation n’a aucun caractère commercial et elle a été rédigée bénévolement pour le bien de l’humanité.
LES OVNIs SUR LE CONTINENT AFRICAIN
Hors Maroc
Un siècle d'observations, d'enquêtes et de recherches sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés en Afrique (1900-2026).
Par Gérard Lebat
PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE L'OUVRAGE
Après la publication d'une étude consacrée exclusivement au Maroc, (Notre livre L’HISTOIRE DES OVNIS AU MAROC) il apparaît nécessaire d'élargir la réflexion à l'ensemble du continent africain. En effet, initialement et depuis une vingtaine d’années, nous avions des lecteurs qui nous ont communiqués leurs observations sur ce continent, nous avons également commencé à étudier plus en détails certains cas, publié dans le livre LHISTOIRE DES OVNIS AU MAROC. Afin de différencier ces cas par rapport à l’étude des OVNIS AU MAROC, qui en accueillait certains, nous consacrons aujourd’hui un ouvrage spécifique au reste du continent Africain.
Les recherches se font via ce qui est disponible sur différentes sources, sur internet, dans les archives personnelles accumulées sur les OVNIs EN AFRIQUE depuis plus de 60 ans, les différentes bases de données d’observations d’ovni accessibles sur internet, les archives publiques, avec le concours de nos lecteurs, dans les ouvrages sur le sujet ovni et à travers les études diverses. C’est en fait un ouvrage pour lequel je rassemble de la documentation et des réflexions personnelles depuis plus de 20 ans.
L’analyse et l’étude consacrées aux phénomènes aérospatiaux non identifiés sur le continent africain nécessite une approche différente de celle généralement adoptée dans les études consacrées à l'Europe ou à l'Amérique du Nord. L'Afrique présente plusieurs particularités :
Ø L’absence de centralisation des archives ;
Ø La dispersion des sources documentaires ;
Ø La diversité linguistique ;
Ø L’héritage colonial ;
Ø L’importance des traditions orales.
L'objectif de cette recherche sera donc de réunir, d'identifier, de classer et d'analyser un maximum d’observations afin de constituer une base documentaire très large.
L'Afrique constitue l'un des territoires les moins étudiés de l'ufologie mondiale. Pourtant, des centaines d'observations y ont été recensées depuis le début du XXᵉ siècle. Certaines d'entre elles figurent aujourd'hui parmi les cas les plus célèbres de l'histoire des phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN), notamment l'affaire d'Élisabethville, au Congo belge, en 1952, ou celle de l'école d'Ariel, au Zimbabwe, en 1994.
La recherche africaine souffre cependant d'un manque de visibilité. Les archives sont dispersées, les enquêtes sont rarement centralisées et les études produites par des chercheurs africains demeurent souvent inconnues du grand public.
Cet ouvrage ambitionne de combler cette lacune.
Il ne s'agira pas d'un simple catalogue d'observations, mais d'une étude historique, sociologique et documentaire portant sur :
Ø Les grandes vagues d'observations ;
Ø Les rencontres rapprochées ;
Ø Les témoignages militaires ;
Ø Les archives coloniales ;
Ø Les traditions africaines relatives aux phénomènes célestes ;
Ø Les travaux réalisés par les chercheurs africains ;
Ø L’évolution des interprétations culturelles du phénomène.
NOTE DE L'AUTEUR
Cet ouvrage est réalisé à partir entre autres de ma documentation personnelle, des témoins qui m’ont contacté depuis plusieurs décennies, des recherches approfondies sur Internet pour confirmations et recoupements, avec le concours pour la rédaction et les recherches de plusieurs IA, La majorité des textes ont été soumis à une IA pour vérification et confirmation.
On peut contacter l’auteur à : lebat1@aol.com
CARTE DE L’AFRIQUE 1950
Source : Origine : Quickworld Inc.
CARTE DE L’AFRIQUE 2026
Source – Forum US
Chapitre I
L'AFRIQUE, LE CONTINENT OUBLIÉ DE L'UFOLOGIE MONDIALE
Introduction
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'histoire des objets volants non identifiés a été largement écrite à partir d'un nombre limité d'espaces géographiques. Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'ex-Union soviétique et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait l'objet d'études approfondies, donnant naissance à une abondante littérature scientifique, journalistique et ufologique.
L'Afrique, en revanche, est demeurée à l'écart de cette dynamique.
Cette situation est d'autant plus surprenante que le continent africain couvre plus de 30 millions de kilomètres carrés et rassemble des réalités géographiques, historiques et culturelles extrêmement diverses. Des côtes méditerranéennes aux déserts sahariens, des forêts équatoriales aux hauts plateaux d'Afrique orientale, l'Afrique constitue un ensemble d'une richesse exceptionnelle.
Pourtant, les observations africaines ont rarement été intégrées aux grandes synthèses internationales.
Cette absence ne signifie pas que le phénomène y soit inexistant. Elle traduit surtout un déficit documentaire, une dispersion des archives et une faible visibilité des travaux réalisés localement.
Une historiographie dominée par les États-Unis
L'histoire contemporaine des OVNI débute généralement en juin 1947 avec l'observation rapportée par Kenneth Arnold au-dessus du mont Rainier. Quelques semaines plus tard, l'affaire de Roswell attire l'attention de l'opinion publique américaine.
À partir de ce moment, les États-Unis deviennent le principal centre mondial des recherches sur les OVNI. Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
- La création d'enquêtes militaires officielles ;
- L’ouverture progressive des archives ;
- L’implication des universités ;
- Le développement d'associations spécialisées ;
- La médiatisation du phénomène.
Le Projet Sign, le Projet Grudge et le Projet Blue Book ont produit plusieurs milliers de pages d'archives. Dans le même temps, des institutions telles que le FBI, la CIA, la NSA et l'US Air Force ont constitué d'importants fonds documentaires.
L'Europe a suivi une trajectoire comparable.
La France a créé un organisme officiel d'étude des phénomènes aérospatiaux. Le Royaume-Uni a progressivement déclassifié plusieurs milliers de documents. L'Union soviétique a également conduit des recherches militaires sur certains phénomènes aériens.
Pendant ce temps, l'Afrique est restée pratiquement absente des grands programmes de recherche.
Le poids de l'héritage colonial
Pour comprendre cette situation, il est nécessaire de revenir sur l'histoire politique du continent. Au milieu du XXᵉ siècle, une grande partie de l'Afrique était encore placée sous l'autorité des puissances coloniales européennes. L'organisation administrative du continent était alors répartie entre plusieurs empires :
- La France ;
- Le Royaume-Uni ;
- La Belgique ;
- Le Portugal ;
- L’Italie ;
- L’Espagne.
-
Les observations inhabituelles étaient généralement consignées dans des rapports administratifs rédigés par : des officiers, des policiers, des administrateurs, des missionnaires ou des ingénieurs. Non répertoriées et non digitalisées, tous ces informations restent inconnues. Ces documents n'étaient pas destinés à être publiés. Ils étaient conservés dans les archives coloniales, sans vraiment de classement particulier.
Après les indépendances, une partie importante de ces archives a été transférée en Europe, tandis qu'une autre est restée sur le continent africain. Cette dispersion explique les difficultés rencontrées aujourd'hui par les chercheurs. Une autre difficulté existe, c’est l’accessibilité et le peu de recherche qui ont été faites dans ces archives, si bien que les documents relatifs aux OVNIs ou phénomènes similaires sont toujours inconnu.
Des chercheurs ont essentiellement travaillé sur l’histoire et peu ont abordé d’autres sujets. Si bien que contrairement à l’Europe ou des observations insolites ont été retrouvées dans les archives, y compris un nombre important de cas, remontant même à l’époque Romaine, il n’ya eu aucun travail similaire, sur le thème des Ovnis, sur le continent Africain
La disparition des archives après les indépendances
Entre 1956 et 1975, la quasi-totalité des territoires africains accède à l'indépendance. Cette transition provoque d'importants bouleversements administratifs.
Plusieurs phénomènes se produisent simultanément :
- Le transfert d'archives vers les anciennes métropoles ;
- La réorganisation des administrations ;
- La fermeture de certains services ;
- La perte de nombreux documents.
-
Dans certains cas, des archives entières disparaissent. Dans d'autres, les documents sont conservés, mais deviennent difficiles d'accès. Cette situation explique pourquoi certaines observations africaines ne sont connues aujourd'hui qu'à travers des références secondaires.
L'étude des OVNI en Afrique se heurte encore à une autre difficulté : la fragmentation des sources. Les documents sont dispersés entre plusieurs pays. Une même observation peut être documentée dans un rapport administratif conservé en France, un article de presse publié en Afrique, un dossier militaire archivé au Royaume-Uni ou encore certains témoignages conservés aux États-Unis. Le chercheur est donc confronté à un véritable puzzle documentaire.
Cette dispersion impose une méthodologie rigoureuse fondée sur le croisement systématique des sources.
L'importance des archives coloniales
Les archives coloniales représentent probablement la principale source d'information concernant les observations africaines antérieures aux années 1960. Elles permettent d'accéder à des rapports officiels, des télégrammes, des correspondances administratives ou encore à des comptes rendus militaires.
Ces documents présentent un avantage considérable : ils ont été rédigés au moment même des événements. Ils constituent donc des sources primaires. Le recours systématique aux archives coloniales dont nous avons pu avoir connaissance, constitue l'un des fondements méthodologiques de cet ouvrage.
Chapitre II - 1
LES OVNIS DANS LE MONDE ARABE
Une analyse prudente des Djinns dans l’Islam et le phénomène ovni
INTRODUCTION
Depuis les débuts de l'humanité, les hommes rapportent des phénomènes qu'ils ne comprennent pas : apparitions, lumières mystérieuses, voix, êtres invisibles ou objets dans le ciel. Dans le monde musulman, ces phénomènes sont souvent rapprochés des djinns, dont l'existence est affirmée par le Coran. À l'époque contemporaine, certains établissent un parallèle avec les OVNI (ou UAP, « phénomènes aériens non identifiés »). Cette comparaison suscite des débats, mais elle ne fait pas l'objet d'un consensus religieux ou scientifique.
Le but de ce dossier est de distinguer ce qui relève des textes religieux, des commentaires des savants musulmans, des recherches scientifiques et des hypothèses formulées par certains auteurs.
Les djinns selon l'islam
La création des djinns
Le Coran enseigne que Dieu a créé les djinns avant les êtres humains et qu'ils proviennent d'un « feu sans fumée » (55:15). Contrairement à une idée répandue, cette expression ne décrit pas nécessairement un feu matériel semblable à celui que nous connaissons. Les exégètes classiques y voient un élément subtil, inaccessible aux sens humains.
Commentaire : Cette description situe les djinns dans un ordre de création différent de celui des humains. Les textes ne donnent toutefois pas de description scientifique de leur nature.
Les djinns et le libre arbitre dans l'islam
L'un des aspects les plus importants de la doctrine islamique concernant les djinns est qu'ils sont dotés du libre arbitre (ikhtiyâr). Contrairement aux anges, qui sont décrits dans la tradition islamique comme obéissant constamment à Dieu, les djinns ont la capacité de choisir leurs actes. Ils peuvent croire ou ne pas croire, obéir ou désobéir, faire le bien ou le mal. Cette caractéristique les rapproche des êtres humains.
Le Coran présente les djinns comme une communauté responsable de ses choix et de ses actes. Ils sont destinataires de la révélation divine et seront jugés par Dieu au Jour du Jugement, au même titre que les hommes. Leur responsabilité morale implique qu'ils peuvent être récompensés ou punis selon leur comportement.
Cette idée est exprimée de manière particulièrement claire dans Sourate Al-Jinn. Selon le récit coranique, un groupe de djinns entend le Prophète réciter le Coran. Impressionnés par son message, ils reconnaissent qu'il s'agit d'une révélation authentique et retournent auprès de leur peuple pour les avertir et les inviter à croire.
Le Coran rapporte notamment leurs paroles (72:1-2), que l'on peut résumer ainsi : ils ont entendu une récitation extraordinaire qui guide vers la droiture, et ils décident de croire en Dieu sans plus Lui associer de partenaires.
Cet épisode revêt une grande importance théologique. Il montre que les djinns ne sont pas décrits comme des créatures systématiquement hostiles aux êtres humains ou vouées au mal. Au contraire, certains recherchent sincèrement la vérité, reconnaissent le message divin et choisissent librement d'y adhérer.
La sourate poursuit en montrant que les djinns eux-mêmes reconnaissent leur diversité. Ils déclarent qu'ils ne sont pas tous semblables : certains sont vertueux, d'autres ne le sont pas, et ils suivent des voies différentes (72:11). Cette affirmation souligne que le monde des djinns n'est pas homogène. Comme les sociétés humaines, il comprend des individus aux comportements variés.
Cette diversité est confirmée ailleurs dans le Coran, où Dieu s'adresse simultanément aux humains et aux djinns, ce qui souligne leur responsabilité commune. Les deux communautés sont appelées à adorer Dieu, à respecter Ses commandements et à répondre de leurs actes.
Une différence essentielle avec les anges
La notion de libre arbitre permet également de distinguer clairement les djinns des anges.
Dans la théologie islamique classique :
· Les anges accomplissent fidèlement les ordres de Dieu ;
· Les humains disposent du libre arbitre ;
· Les djinns disposent également du libre arbitre.
C'est précisément parce qu'ils peuvent choisir que certains djinns deviennent croyants tandis que d'autres rejettent la foi.
Le cas d'Iblis
Le récit d'Iblis illustre cette liberté. Le Coran précise qu'Iblis était un djinn et qu'il refusa d'obéir à Dieu lorsqu'il lui fut ordonné de se prosterner devant Adam. Son refus n'est pas présenté comme une contrainte, mais comme une décision fondée sur son orgueil. Il affirme se considérer supérieur à Adam parce qu'il a été créé de feu alors qu'Adam a été créé d'argile.
Ce récit est souvent cité par les théologiens pour montrer que le libre arbitre implique aussi la possibilité de la désobéissance. Sans cette liberté, il n'y aurait ni mérite dans l'obéissance ni responsabilité dans la faute.
Les commentaires des savants musulmans
Les grands exégètes classiques, tels qu'Ibn Kathir, Al-Tabari ou Al-Qurtubi, expliquent que les djinns constituent une communauté comparable aux humains sur le plan moral. Selon eux, ils possèdent leurs propres croyants, leurs incroyants, leurs savants et leurs ignorants. Certains commentateurs évoquent même des traditions selon lesquelles ils formeraient des familles et des communautés, bien que les textes ne décrivent pas en détail leur organisation sociale.
Les exégètes soulignent que la sourate des Djinns corrige une vision populaire qui assimilait tous les djinns à des êtres malveillants. Le Coran présente au contraire une réalité plus nuancée : les djinns, comme les humains, peuvent suivre des chemins différents.
Commentaire
Cette doctrine a une portée importante dans la pensée islamique. Elle rappelle que le bien et le mal ne sont pas déterminés par la nature d'une créature, mais par les choix qu'elle fait. Le Coran ne présente donc pas les djinns comme des êtres entièrement bons ou entièrement mauvais. Leur liberté de décision est au cœur de leur responsabilité devant Dieu.
Enfin, il convient de distinguer ce que les textes affirment de ce qui relève des croyances populaires. Les sources islamiques enseignent clairement que les djinns ont le libre arbitre et qu'ils peuvent être croyants ou non. En revanche, elles ne décrivent pas en détail leur mode de vie, leurs capacités ou leurs interactions avec le monde humain au-delà de ce qui est nécessaire à l'enseignement religieux. Toute affirmation allant au-delà des textes doit donc être présentée avec prudence comme une interprétation plutôt que comme une certitude.
Photo : Les djinns invisibles
L'invisibilité des djinns dans le Coran : une réalité du monde invisible
L'une des caractéristiques les plus singulières des djinns, telle qu'elle est décrite dans le Coran, est leur invisibilité naturelle aux yeux des êtres humains. Cette particularité constitue l'une des principales différences entre les hommes et les djinns et explique pourquoi ces derniers appartiennent à ce que l'islam appelle le ghayb, c'est-à-dire le domaine de l'invisible ou de l'inconnaissable par les seuls sens humains.
Le principal verset qui fonde cette croyance est le verset 27 de la sourate 7 (Al-A'râf) :
« Il vous voit, lui et sa tribu, d'où vous ne les voyez pas. »
Dans ce contexte, le verset fait référence à Iblis et à sa descendance. Les exégètes musulmans comprennent généralement que cette affirmation concerne les djinns de manière générale : ils peuvent percevoir les êtres humains, alors que les humains ne les perçoivent pas dans leur état naturel.
Le monde du ghayb (l'invisible)
Dans la pensée islamique, la réalité ne se limite pas à ce que les cinq sens permettent d'observer. Le Coran distingue deux dimensions :
1. Le monde visible (ash-shahâda), qui correspond à tout ce que l'homme peut observer, mesurer et expérimenter ;
2. Le monde invisible (al-ghayb), qui échappe à la perception directe.
Les djinns appartiennent à ce second domaine, au même titre que les anges, même si leur nature est différente.
Cette distinction est fondamentale : l'invisibilité des djinns n'est pas présentée comme un phénomène extraordinaire ou magique, mais comme une caractéristique de leur création. Ils évoluent dans un ordre de réalité qui n'est habituellement pas accessible à la perception humaine.
Pourquoi les humains ne les voient-ils pas ?
Le Coran ne donne pas d'explication physique ou scientifique à cette invisibilité. Les commentateurs musulmans ont donc proposé différentes interprétations, tout en reconnaissant que leur nature exacte demeure connue de Dieu seul.
Parmi les explications avancées dans la tradition :
- Les djinns auraient été créés à partir d'une substance différente de celle des humains, décrite comme un « feu sans fumée » (mârij min nâr), ce qui expliquerait qu'ils ne soient pas perceptibles comme les corps matériels ordinaires ;
- Ils vivraient dans une dimension ou un mode d'existence distinct, pouvant coexister avec le monde humain sans être directement observable ;
- Leur invisibilité serait simplement une propriété que Dieu leur a accordée, sans qu'il soit nécessaire d'en rechercher un mécanisme.
Il est important de souligner qu'aucune de ces explications n'est explicitement développée dans le Coran. Elles relèvent de l'exégèse et de la réflexion théologique.
Les djinns peuvent-ils devenir visibles ?
La tradition islamique répond généralement que oui, si Dieu le permet.
De nombreux récits rapportés dans les hadiths et les commentaires anciens évoquent la possibilité pour certains djinns de prendre différentes apparences. Les formes le plus souvent mentionnées sont un être humain ; un serpent ; un chien noir ; ou encore d'autres animaux.
Ces récits ont conduit de nombreux savants à considérer que les djinns possèdent, par la permission de Dieu, une capacité de transformation ou de manifestation.
Toutefois, les théologiens rappellent que ces récits ne signifient pas que toute apparition étrange ou inexpliquée est nécessairement un djinn. Les phénomènes inhabituels peuvent avoir des causes naturelles, psychologiques ou relever d'erreurs d'interprétation.
Al-Tabari explique que le verset souligne avant tout la supériorité de la vigilance que les djinns peuvent exercer sur les humains, sans que ceux-ci puissent les observer en retour.
Ibn Kathir insiste sur le fait que cette invisibilité fait partie des caractéristiques propres à leur création. Selon lui, les djinns peuvent voir les hommes alors que les hommes ne les voient pas, sauf si Dieu décide autrement.
Al-Qurtubi ajoute que cette invisibilité rappelle aux croyants l'existence d'une création qui dépasse la perception humaine. Pour lui, elle invite à l'humilité : les limites de nos sens ne définissent pas les limites de la réalité.
Une lecture théologique
D'un point de vue théologique, cette invisibilité souligne que la connaissance humaine est limitée. Le Coran rappelle à plusieurs reprises que Dieu seul connaît pleinement l'invisible. Les croyants sont donc invités à accepter l'existence de réalités qui échappent à l'observation directe, tout en évitant les spéculations excessives.
Cette idée s'inscrit dans une conception plus large selon laquelle la foi ne repose pas uniquement sur ce qui est visible. Le début de la sourate Al-Baqara décrit d'ailleurs les croyants comme ceux « qui croient à l'invisible ».
Regard critique et scientifique
Du point de vue scientifique, l'existence des djinns ne peut ni être démontrée, ni être réfutée par les méthodes expérimentales actuelles, car ils sont définis, dans la théologie islamique, comme appartenant au monde invisible. La science étudie les phénomènes observables, reproductibles et mesurables ; elle ne peut donc pas confirmer ou infirmer une réalité qui, par définition, échappe à ces critères.
C'est pourquoi il convient de distinguer deux registres :
1. La théologie, qui affirme l'existence des djinns sur la base de la révélation coranique ;
2. La science, qui se limite à l'étude des phénomènes accessibles à l'observation.
Cette distinction permet d'éviter deux écueils : attribuer systématiquement tout phénomène inexpliqué aux djinns, ou prétendre que la science a démontré leur inexistence. Les deux affirmations dépasseraient ce que permettent respectivement les textes religieux et les connaissances scientifiques actuelles.
La vision populaire des djinns dans les pays musulmans et particulièrement au Maroc
Si le Coran décrit les djinns comme des créatures invisibles créées par Dieu, dotées du libre arbitre et responsables de leurs actes, la représentation populaire des djinns dans de nombreux pays musulmans est beaucoup plus riche et plus complexe. Au fil des siècles, les croyances religieuses se sont mêlées aux traditions locales, aux récits oraux, au folklore et parfois à des pratiques magiques ou ésotériques.
Cette distinction est essentielle : la théologie islamique ne recouvre pas toujours les croyances populaires. De nombreux savants musulmans rappellent que certaines traditions attribuées aux djinns ne reposent sur aucun texte religieux authentique mais relèvent du patrimoine culturel.
Le Maroc constitue un exemple particulièrement intéressant de cette évolution.
Les djinns dans l'imaginaire collectif
Dans la culture populaire de nombreux pays musulmans, les djinns ne sont pas seulement perçus comme des êtres invisibles. Ils deviennent des personnages à part entière, possédant une personnalité, des préférences, des territoires et même une organisation sociale.
Selon les croyances populaires, les djinns vivent en communautés comparables à celles des humains, ils se marient et fondent des familles, ils exercent différents métiers, ils possèdent des chefs ou des rois et enfin ils pratiquent différentes religions.
Certaines traditions vont jusqu'à leur attribuer des royaumes entiers situés dans des montagnes, des déserts ou sous les mers.
Ces éléments ne proviennent pas du Coran mais de récits transmis oralement depuis plusieurs siècles.
Dans l'ensemble du monde musulman, certains endroits sont traditionnellement considérés comme plus propices à la présence des djinns. On cite fréquemment les cimetières, les ruines anciennes, les puits abandonnés, les grottes, les sources naturelles, les montagnes isolées, les grands arbres très anciens et les déserts. On remarquera que ces croyances existent aussi bien au Maghreb qu'au Moyen-Orient. Dans plusieurs régions rurales, il est courant d'éviter certains lieux après le coucher du soleil par crainte de déranger leurs occupants invisibles.
Les théologiens rappellent toutefois que ces croyances ne sont généralement pas fondées sur des textes religieux précis.
Les djinns dans la culture marocaine
Au Maroc, les croyances relatives aux djinns occupent une place particulièrement importante dans le patrimoine populaire.
Elles résultent d'un mélange complexe de plusieurs héritages :
- La tradition islamique ;
- Les anciennes croyances amazighes (berbères) ;
- Les influences arabo-musulmanes ;
- Certaines traditions africaines subsahariennes ;
- Le soufisme populaire ;
- Le folklore local.
Au fil des siècles, ces différentes influences ont donné naissance à un véritable univers symbolique où les djinns jouent un rôle central.
Les "Mlouk" : les rois des djinns
L'une des particularités de la tradition marocaine est la croyance aux Mlouk (« les Rois »). Selon certaines confréries populaires et certaines pratiques de guérison traditionnelles, les djinns seraient organisés en royaumes gouvernés par plusieurs souverains. Chaque roi posséderait une couleur particulière, des attributs spécifiques, un caractère propre et une influence sur certaines maladies ou certains comportements.
Parmi les noms les plus souvent évoqués dans la tradition populaire figurent :
- Sidi Mimoun ;
- Lalla Mira ;
- Lalla Aïcha ;
- Chamharouch ;
- Bouchaïb ;
- Sidi Hammou.
Il est important de préciser que ces personnages n'apparaissent ni dans le Coran ni dans les hadiths authentiques. Ils appartiennent au folklore marocain et aux traditions ésotériques.
Lalla Aïcha (Aïcha Kandicha) est l'une des figures les plus célèbres du folklore marocain. Selon les récits populaires elle apparaît sous la forme d'une très belle femme, elle attire les hommes, elle serait capable de provoquer la folie ou la maladie et certains lui attribuent des pouvoirs de séduction ou de possession.
Les descriptions varient considérablement selon les régions. Dans certaines versions, elle possède des pieds d'animal. Dans d'autres, elle habite près des rivières ou des sources. Les historiens considèrent généralement qu'il s'agit d'une figure légendaire dont les origines mêlent traditions locales, récits historiques et croyances populaires. Les savants musulmans soulignent qu'il n'existe aucun fondement religieux permettant d'affirmer son existence comme le fait le folklore.
Niché dans les replis escarpés du Haut Atlas, à une soixantaine de kilomètres de Marrakech, ce minuscule village se trouve sur le sentier menant au Jebel Toubkal, le plus haut sommet d'Afrique du Nord culminant à 4 167 mètres. La plupart des randonneurs le connaissent comme une simple halte. Mais pour des milliers de Marocains, Sidi Chamharouch revêt une signification bien plus profonde : on le considère comme la cour terrestre du Sultan des Djinns, un lieu où le monde invisible et le nôtre se côtoient chaque jeudi. Voir : https://bewilderedinmorocco.com/sidi-chamharouch-king-of-the-jinn-morocco/
Le djinn Chamharouch est une autre figure importante. Dans la tradition populaire marocaine, il est parfois présenté comme le roi des djinns musulmans ou un juge chargé de résoudre les conflits entre djinns. Dans le massif du Jbel Toubkal, un sanctuaire populaire est associé à cette figure. Certaines personnes s'y rendent pour demander guérison ou protection.
Du point de vue de la théologie islamique, ces pratiques sont discutées. De nombreux savants considèrent qu'il ne faut pas invoquer des djinns ni leur attribuer un pouvoir spirituel autonome.
Les Gnawa et les djinns
La culture Gnawa entretient un rapport particulier avec les croyances relatives aux djinns. Lors des cérémonies appelées lila ou derdeba, la musique, les chants et les couleurs sont utilisés dans un cadre rituel où certains participants entrent en transe. Chaque couleur est traditionnellement associée à une catégorie de djinns ou à un « roi » particulier.
Par exemple :
- Le blanc évoque certaines entités considérées comme paisibles ;
- Le noir est souvent associé à Sidi Mimoun ;
- Le bleu est lié au monde de l'eau ;
- Le rouge à des entités réputées plus puissantes.
Les anthropologues interprètent ces cérémonies de diverses manières : pratiques thérapeutiques, rituels symboliques, héritage culturel ou expression religieuse populaire. Les confréries, quant à elles, leur donnent des significations spirituelles variées.
Il est important de noter que ces associations de couleurs et de « rois des djinns » ne figurent pas dans les sources fondatrices de l'islam.
Les pratiques de guérison
Au Maroc, certaines personnes consultent encore des guérisseurs traditionnels lorsqu'elles pensent qu'une maladie ou une difficulté est liée à l'action d'un djinn. Les pratiques peuvent inclure la récitation de versets coraniques (ruqya) , des invocations, l'usage de plantes, des fumigations (par exemple avec le benjoin ou d'autres résines), des amulettes et des rituels propres à certaines traditions locales.
Les savants musulmans distinguent généralement la ruqya, lorsqu'elle est fondée sur le Coran et des invocations reconnues, des pratiques magiques, divinatoires ou d'invocation des djinns, qu'ils déconseillent ou condamnent selon les cas.
Dans certaines familles marocaines, de nombreuses habitudes sont encore expliquées par la présence supposée des djinns. On entend parfois qu'il ne faut pas :
- Verser de l'eau bouillante sans prononcer le nom de Dieu ;
- Siffler la nuit ;
- Dormir dans certains lieux isolés ;
- Rester près d'un puits après la tombée du jour.
Ces coutumes sont très répandues dans certaines régions mais ne reposent pas sur des prescriptions coraniques. Avec l’exode des habitants des villages isolés vers les grandes villes, toutes ces traditions tentent aujourd’hui à disparaitre.
Les anthropologues les interprètent souvent comme des règles de prudence devenues, avec le temps, des croyances culturelles.
Regard anthropologique
Pour les spécialistes des sciences sociales, les croyances relatives aux djinns remplissent plusieurs fonctions. Elles permettent notamment :de donner un sens à des phénomènes inexpliqués, d'exprimer des peurs collectives, de maintenir des normes sociales, d'expliquer certaines maladies avant l'apparition de la médecine moderne ou encore de renforcer l'identité culturelle et les traditions locales.
Les chercheurs soulignent que des figures comparables existent dans de nombreuses civilisations, même si elles portent des noms différents.
Position de la théologie islamique
Les théologiens musulmans établissent généralement une distinction nette entre la croyance en l'existence des djinns, qui relève de la foi islamique, et les nombreuses traditions populaires qui se sont développées autour d'eux. Ils rappellent plusieurs principes telles que les djinns existent selon le Coran, que leur nature exacte demeure largement inconnue qu’il n'existe aucun texte authentique décrivant des « rois » comme Lalla Aïcha ou Chamharouch qu’il ne faut pas attribuer à des récits folkloriques la même autorité qu'aux sources religieuses, que toute pratique consistant à invoquer les djinns, leur demander secours ou leur attribuer un pouvoir indépendant de Dieu est généralement considérée comme incompatible avec la théologie islamique classique.
Conclusion
La vision populaire marocaine des djinns constitue un remarquable exemple de rencontre entre la religion, l'histoire et le patrimoine culturel. Elle a produit un imaginaire extrêmement riche, où se côtoient figures légendaires, rituels de guérison, musique, récits oraux et croyances locales. Pour comprendre ce phénomène, il est utile de distinguer trois niveaux : la doctrine islamique, qui affirme l'existence des djinns sans en détailler la vie sociale ; le folklore marocain, qui leur attribue des noms, des royaumes et des fonctions ; et l'analyse anthropologique, qui étudie ces croyances comme des faits culturels. Cette distinction permet d'aborder le sujet avec rigueur, sans confondre les enseignements religieux, les traditions populaires et les interprétations des sciences humaines.
Les pouvoirs attribués aux djinns
Les capacités attribuées aux djinns dans les sources islamiques
Les textes islamiques attribuent aux djinns plusieurs facultés qui les distinguent des êtres humains. Ces capacités sont principalement mentionnées dans le Coran et complétées par certains hadiths ainsi que par les commentaires des grands exégètes. Il convient toutefois de souligner que ces descriptions appartiennent au domaine de la théologie. Elles ne constituent pas une description scientifique du monde, mais une présentation des caractéristiques que Dieu aurait accordées à cette catégorie de créatures.
- 1 Une grande rapidité de déplacement
Parmi les qualités les plus remarquables attribuées aux djinns figure leur extraordinaire rapidité. Le passage le plus célèbre se trouve dans le récit du prophète Sulayman (Salomon), auquel Dieu avait accordé une autorité exceptionnelle sur les hommes, les animaux et les djinns.
Lorsque Salomon apprend que la reine de Saba doit venir à sa rencontre, il demande à son assemblée
« Qui d'entre vous m'apportera son trône avant qu'ils ne viennent à moi soumis ? »
Le Coran rapporte alors qu'un ifrit, c'est-à-dire un djinn réputé particulièrement puissant, répond :
« Je te l'apporterai avant que tu ne te lèves de ton siège. »
(Coran 27:38-39)
Ce passage suggère qu'un djinn est capable d'accomplir en très peu de temps une tâche qui serait impossible pour un être humain ordinaire. Le transport du trône aurait impliqué une distance de plusieurs centaines de kilomètres, entre le royaume de Saba, généralement situé dans le sud de la péninsule Arabique, et le royaume de Salomon.
Cependant, le récit poursuit en indiquant qu'un autre personnage, « celui qui possédait une connaissance du Livre », apporte finalement le trône encore plus rapidement, « en un clin d'œil ». Les exégètes débattent de l'identité de cette personne : certains y voient un homme pieux doté d'un savoir particulier accordé par Dieu, d'autres un ange.
Ce récit montre que, même si les djinns disposent de capacités supérieures à celles des humains dans certains domaines, leur pouvoir demeure limité et dépend entièrement de la volonté divine. Le Coran insiste sur le fait que toute puissance appartient en définitive à Dieu.
- 2 Une capacité de transformation
Les traditions islamiques rapportent également que certains djinns peuvent prendre différentes apparences. Cette idée ne fait pas l'objet d'un développement détaillé dans le Coran lui-même, mais elle apparaît dans plusieurs hadiths et dans les commentaires des savants.
Les formes les plus fréquemment mentionnées sont :
- Des êtres humains ;
- Des serpents ;
- Des chiens, en particulier des chiens noirs dans certaines traditions ;
- D’autres animaux.
Par exemple, plusieurs hadiths évoquent la présence de serpents dans les habitations et recommandent, avant de les tuer, de les avertir durant plusieurs jours, car certains pourraient être des djinns ayant adopté cette apparence. Les juristes précisent que cette recommandation concernait principalement certains contextes particuliers, notamment la ville de Médine.
Les exégètes comme Ibn Kathir ou Al-Qurtubi expliquent que cette faculté de transformation constitue une caractéristique propre aux djinns, accordée par Dieu.
Il convient de distinguer ici les textes religieux des croyances populaires. Les sources islamiques admettent la possibilité que certains djinns prennent une apparence visible. En revanche, elles n'autorisent pas à conclure que toute apparition inhabituelle, tout animal étrange ou toute personne inconnue serait un djinn déguisé. Les savants mettent en garde contre ce type de conclusions hâtives, qui relèvent davantage de la superstition que de la théologie.
- 3 Une longévité supérieure à celle des humains
Le Coran ne précise pas la durée de vie exacte des djinns. Toutefois, plusieurs indices laissent penser qu'ils vivent beaucoup plus longtemps que les êtres humains. Le cas le plus évident est celui d'Iblis.
Selon le Coran, Iblis existait avant la création d'Adam. Après avoir refusé de se prosterner devant lui, il demanda à Dieu un délai jusqu'au Jour de la Résurrection afin de tenter les êtres humains. Dieu lui accorda ce répit. Ce récit implique qu'Iblis traverse l'ensemble de l'histoire humaine, ce qui montre qu'au moins certains djinns peuvent connaître une existence extrêmement longue. À ce propos les savants ont généralement considéré que les djinns possèdent une durée de vie largement supérieure à celle des hommes, même si eux aussi sont mortels. Le Coran rappelle que seule Dieu possède l'éternité absolue.
La longévité des djinns ne signifie pas qu'ils sont immortels. Comme toute créature, ils ont été créés par Dieu et dépendent entièrement de Lui. Leur durée de vie, bien qu'elle puisse être très importante selon la tradition, demeure finie.
- 4 Une force physique remarquable
Plusieurs passages du Coran suggèrent que certains djinns possèdent une force considérable. Sous l'autorité de Salomon, ils accomplissent des travaux d'une ampleur exceptionnelle :
- Construction de palais ;
- Édification de monuments ;
- Fabrication de grandes statues décoratives ;
- Réalisation de bassins et de chaudrons gigantesques.
Le Coran (34:12-13) présente ces réalisations comme des œuvres exécutées par les djinns sur ordre de Salomon. Les exégètes voient dans ce passage une illustration de leurs capacités physiques supérieures à celles des hommes ordinaires.
Ces capacités ne doivent pas être interprétées comme une autonomie absolue. Le Coran souligne que les djinns travaillaient sous l'autorité de Salomon parce que Dieu lui avait accordé ce pouvoir exceptionnel.
- 5 Une connaissance illimitée
Les croyances populaires attribuent parfois aux djinns une connaissance totale du monde invisible. Le Coran corrige explicitement cette idée. Ainsi lorsque Salomon meurt, les djinns continuent à travailler sans se rendre compte de son décès jusqu'à ce que son bâton, rongé par un insecte, se brise et que son corps tombe. Le Coran conclut alors que, si les djinns avaient réellement connu l'invisible, ils n'auraient pas poursuivi leur travail dans cette situation (34:14).
Ce passage est essentiel. Il montre que, malgré leurs capacités particulières, les djinns ne possèdent pas une connaissance absolue. Dans la théologie islamique, Dieu seul connaît pleinement l'invisible. Les djinns peuvent percevoir certaines réalités échappant aux humains, mais ils restent des créatures limitées.
Synthèse théologique
Les capacités attribuées aux djinns — rapidité, force, faculté de se manifester sous certaines formes et longévité — servent avant tout à montrer qu'ils appartiennent à un ordre de création différent de celui des hommes. Cependant, le Coran insiste constamment sur un point fondamental : ces facultés ne font pas des djinns des êtres divins ou omnipotents. Ils demeurent des créatures de Dieu, soumises à Sa volonté, responsables de leurs actes et limitées dans leur savoir comme dans leur puissance.
Cette précision est importante pour éviter deux excès opposés : d'une part, réduire les djinns à de simples légendes sans tenir compte de leur place dans la théologie islamique ; d'autre part, leur attribuer des pouvoirs illimités que les textes ne leur reconnaissent pas. Le Coran présente un équilibre : les djinns possèdent des capacités extraordinaires par rapport aux humains, mais ces capacités restent finies et entièrement dépendantes de la puissance divine.
Iblis et les démons
Le Coran précise qu'Iblis est un djinn qui a refusé d'obéir à Dieu en refusant de se prosterner devant Adam. À la suite de ce refus, il devient l'adversaire spirituel de l'humanité.
Les « shayatîn » (démons) sont décrits comme ceux qui suivent Iblis et cherchent à détourner les humains. Les textes distinguent donc les djinns en général des démons : tous les démons sont des djinns selon cette conception, mais tous les djinns ne sont pas des démons
Les manifestations attribuées aux djinns
Dans les traditions populaires, de nombreux phénomènes sont attribués aux djinns :
- Bruits inexpliqués ;
- Cauchemars ;
- Visions ;
- Possessions ;
- Lieux réputés « hantés ».
Les approches varient selon les savants. Beaucoup rappellent qu'il ne faut pas attribuer automatiquement un phénomène inexpliqué à un djinn. Des causes psychologiques, médicales ou environnementales doivent également être envisagées.
Les OVNIs
Le terme OVNI signifie simplement qu'un objet ou un phénomène n'a pas été identifié au moment de l'observation. Les enquêtes montrent que de nombreux cas trouvent ensuite une explication (avions, drones, phénomènes atmosphériques, etc.), tandis qu'une minorité reste sans conclusion en raison d'un manque de données.
« Non identifié » ne signifie pas « extraterrestre ». Cela indique seulement qu'aucune explication définitive n'a été établie.
Pourquoi certains rapprochent-ils les djinns des OVNI ?
L'idée selon laquelle certains phénomènes attribués aux djinns dans les traditions religieuses pourraient être liés aux phénomènes aujourd'hui désignés sous le nom d'OVNI ou d'UAP (« phénomènes aériens non identifiés ») est relativement récente. Elle ne provient ni du Coran, ni des hadiths, ni de la théologie classique de l'islam. Elle apparaît essentiellement à partir de la seconde moitié du XXᵉ siècle, lorsque les récits d'observations d'OVNI se multiplient et deviennent un sujet d'intérêt public.
À partir des années 1960, plusieurs auteurs, issus d'horizons très différents (ufologie, anthropologie, histoire des religions ou réflexion spirituelle), ont remarqué que certains témoignages modernes présentaient des similitudes avec des récits anciens décrivant des rencontres avec des êtres invisibles, des esprits, des fées, des démons ou des djinns. Ils ont alors proposé l'hypothèse que ces différentes traditions pourraient, dans certains cas, décrire un même type de phénomène interprété différemment selon les époques et les cultures.
Il s'agit d'une hypothèse interprétative, et non d'une conclusion démontrée.
Une évolution des interprétations au fil des siècles
Au fil des siècles les interprétations ont évolué et les historiens des religions observent que les êtres mystérieux rapportés dans les récits populaires prennent souvent une forme qui correspond aux représentations de leur époque. Dans l'Europe médiévale, on évoquait des fées, des elfes ou des démons. Dans le monde islamique, des phénomènes inhabituels étaient parfois attribués aux djinns. Depuis le XXᵉ siècle, de nombreux témoins parlent plutôt d'extraterrestres ou d'occupants d'objets volants.
Pour certains chercheurs, cela pourrait indiquer que les interprétations changent avec les références culturelles disponibles, même si les expériences rapportées présentent parfois des points communs.
D'autres estiment au contraire que ces ressemblances ne prouvent pas qu'il s’agît d'un même phénomène. Des récits issus de contextes historiques et culturels très différents peuvent partager des motifs narratifs sans renvoyer à une même réalité.
Les ressemblances souvent citées
- Les apparitions soudaines
Les traditions islamiques décrivent parfois les djinns comme capables de se manifester brusquement avant de disparaître. De leur côté, certains témoins d'OVNI racontent avoir vu un objet ou une lumière apparaître sans transition apparente.
Pour les partisans d'un rapprochement, cette soudaineté constitue un point commun.
Cette caractéristique reste toutefois très générale. De nombreux phénomènes naturels (météores, éclairs, effets atmosphériques) ou des erreurs de perception peuvent également donner l'impression d'une apparition soudaine. La seule similitude de comportement ne permet donc pas d'établir une identité entre les deux phénomènes.
- Les disparitions rapides
Dans les récits religieux, les djinns sont souvent décrits comme capables de quitter un lieu avec une grande rapidité.
De manière comparable, certains témoignages d'OVNI rapportent des objets qui disparaissent instantanément ou semblent accélérer de façon inhabituelle.
Les auteurs qui rapprochent les deux phénomènes considèrent que cette mobilité exceptionnelle pourrait constituer un indice.
Il faut toutefois rappeler que les témoignages d'OVNI sont très variés. Beaucoup d'observations trouvent ultérieurement une explication conventionnelle, tandis que d'autres restent inexpliquées faute de données suffisantes. Les récits de disparition rapide ne permettent donc pas, à eux seuls, de conclure à une origine particulière.
- Les changements d'apparence
La tradition islamique rapporte que certains djinns peuvent, avec la permission de Dieu, prendre différentes formes. Les hadiths évoquent notamment des apparitions sous forme humaine ou animale.
Dans certains témoignages contemporains, des observateurs d'OVNI décrivent également des entités ou des objets dont l'apparence semblerait varier ou se transformer.
Les défenseurs de l'hypothèse y voient un parallèle.
Les deux types de récits ne décrivent cependant pas les mêmes phénomènes. Les textes islamiques parlent de créatures appartenant au monde invisible, tandis que les témoignages modernes concernent des observations dont l'interprétation demeure incertaine. Les ressemblances restent donc descriptives et non démonstratives.
- Les effets psychologiques
Certains récits traditionnels attribués aux djinns évoquent :
- Une peur intense ;
- Une sensation de présence ;
- De la confusion ;
- Des rêves ou cauchemars.
De leur côté, certains témoins d'OVNI rapportent également :
- Une forte émotion ;
- Un sentiment d'étrangeté ;
- Une altération de la perception du temps ;
- Des souvenirs fragmentaires.
Ces éléments sont parfois mis en parallèle.
Il faut simplement noter que ces effets psychologiques ne sont pas spécifiques aux récits de djinns ou d'OVNI. Ils peuvent accompagner de nombreuses expériences inhabituelles, y compris des phénomènes naturels, des situations de stress ou certaines expériences neurologiques. Ils ne constituent donc pas une preuve d'une origine commune.
Plusieurs auteurs ont contribué à faire connaître cette idée, bien qu'ils ne partagent pas tous les mêmes conclusions.
Parmi les plus souvent cités figurent :
- Jacques Vallée, qui a proposé que certains récits modernes d'OVNI présentent des ressemblances avec d'anciens récits folkloriques. Il ne conclut pas que les OVNI sont des djinns ; il souligne plutôt que des expériences humaines comparables semblent être interprétées différemment selon les cultures.
- John Keel, qui a suggéré que les phénomènes paranormaux, les apparitions et certains récits d'OVNI pourraient relever d'un même ensemble de manifestations encore mal comprises. Ses travaux sont influents dans certains milieux, mais restent controversés.
Dans le monde musulman, quelques auteurs contemporains ont également proposé que certains récits d'OVNI pourraient concerner des manifestations de djinns. Cette idée demeure toutefois marginale et ne représente pas la position dominante des théologiens.
Que dit la théologie islamique ?
Le Coran affirme l'existence des djinns, mais il ne mentionne pas les OVNI ni des objets volants pilotés par eux. Les grands exégètes classiques, tels qu'Al-Tabari, Ibn Kathir ou Al-Qurtubi, n'établissent aucun lien entre les djinns et des phénomènes comparables aux descriptions modernes d'OVNI. Cette absence est logique : ces phénomènes, tels qu'ils sont discutés aujourd'hui, n'appartenaient pas à leur contexte historique.
La plupart des savants musulmans contemporains adoptent une position prudente : ils reconnaissent l'existence des djinns sur la base des textes révélés, mais estiment qu'il n'existe aucun fondement scripturaire permettant d'affirmer que les OVNI sont des djinns.
Regard critique
D'un point de vue méthodologique, plusieurs limites doivent être soulignées.
Les ressemblances entre récits anciens et témoignages modernes peuvent s'expliquer de différentes façons :
- Il pourrait s'agir de phénomènes différents interprétés de manière similaire ;
- Certains motifs (êtres mystérieux, lumières, disparitions) sont très répandus dans les récits humains et ne renvoient pas nécessairement à une cause unique ;
- Les témoignages sont influencés par le contexte culturel, les croyances et les attentes des témoins.
En sciences humaines, cette influence est bien documentée : une même expérience inhabituelle peut recevoir des interprétations différentes selon l'époque, la culture ou le cadre religieux de la personne qui la raconte.
Le rapprochement entre les djinns et les OVNI est une hypothèse contemporaine née de la comparaison entre des récits issus de contextes très différents. Elle repose sur certaines similitudes de description — apparitions soudaines, disparitions rapides, transformations ou effets psychologiques — mais ces ressemblances ne suffisent pas à démontrer qu'il s'agit d'un seul et même phénomène.
Du point de vue de la théologie islamique, les djinns sont des créatures du monde invisible dont l'existence est affirmée par le Coran. Du point de vue de la recherche scientifique, les OVNI désignent des phénomènes aériens dont certains restent non identifiés, sans que cela permette de conclure à leur origine. À ce jour, ni les textes islamiques ni les données scientifiques ne permettent d'établir un lien démontré entre les deux. Une présentation rigoureuse consiste donc à exposer cette hypothèse comme une interprétation discutée, et non comme un fait établi.
Ce qu'en disent les savants musulmans
L'existence des djinns constitue un élément fondamental de la croyance islamique, explicitement affirmé dans le Coran et développé dans les hadiths. En revanche, les phénomènes aujourd'hui appelés OVNI ou UAP sont des notions modernes qui n'apparaissent pas dans les sources scripturaires.
Les savants musulmans ne disposent donc d'aucun texte établissant un lien direct entre les djinns et les OVNI. Face à cette absence de référence explicite, plusieurs approches se sont développées, toutes fondées sur un même principe : ne pas affirmer comme certitude ce que les textes ne disent pas clairement.
1. La position de prudence : ne pas aller au-delà des textes !
La majorité des théologiens musulmans, qu'ils soient classiques ou contemporains, adoptent une attitude de grande prudence.
Ils rappellent un principe fondamental de la méthodologie islamique : les questions relatives au ghayb (le monde invisible) ne peuvent être connues que par la révélation. Lorsque le Coran ou les hadiths ne donnent pas d'information sur un sujet, il convient d'éviter les affirmations catégoriques.
Les grands exégètes classiques comme Al-Tabari, Ibn Kathir ou Al-Qurtubi décrivent les djinns conformément aux textes, sans chercher à les identifier à d'autres phénomènes.
Cette réserve est également présente chez de nombreux savants contemporains.
Commentaire
Cette approche repose sur une règle importante de la théologie islamique : le silence des textes invite à la retenue. Les savants estiment qu'il n'est pas légitime d'affirmer qu'un phénomène moderne est décrit dans le Coran si celui-ci ne l'indique pas explicitement.
Selon eux, relier systématiquement les OVNI aux djinns risquerait de transformer une hypothèse en croyance, ce qui irait au-delà de ce que permettent les sources.
2. La possibilité d'une dimension spirituelle
D'autres savants adoptent une position plus nuancée.
Ils reconnaissent que certains témoignages faisant état de phénomènes inhabituels ne trouvent pas toujours d'explication immédiate. Dans certains cas très particuliers, ils admettent qu'une intervention relevant du monde invisible puisse être envisagée comme une possibilité.
Ils rappellent que le Coran affirme l'existence des djinns et que ceux-ci peuvent, selon la volonté de Dieu, interagir avec le monde humain dans certaines circonstances.
Toutefois, ces savants soulignent que cette possibilité ne doit jamais être invoquée sans discernement.
Avant d'attribuer un phénomène à un djinn, ils recommandent d'examiner d'abord les explications les plus probables :
- Une erreur d'observation ;
- Un phénomène météorologique ;
- Une cause psychologique ou neurologique ;
- Une fraude ou une méprise ;
- Un phénomène technologique.
Ce n'est qu'après avoir écarté ces possibilités qu'ils considèrent qu'une dimension spirituelle pourrait être évoquée, sans qu'il soit possible de la démontrer.
Commentaire
Cette approche est inspirée d'un principe juridique et théologique fréquent dans l'islam : ne pas recourir à une explication extraordinaire lorsqu'une explication ordinaire est suffisante.
Autrement dit, un phénomène mystérieux n'est pas automatiquement surnaturel.
3. Les savants qui privilégient les explications naturelles
Certains théologiens et intellectuels musulmans contemporains considèrent que les phénomènes qualifiés d'OVNI doivent être étudiés avant tout par les disciplines compétentes : astrophysique, aéronautique, météorologie, psychologie de la perception ou ingénierie.
Selon eux, les phénomènes observés dans le ciel relèvent en premier lieu de l'étude scientifique.
Ils rappellent que le terme « OVNI » signifie simplement objet volant non identifié.
Il ne désigne ni un extraterrestre, ni un djinn, ni une technologie particulière.
Cette approche est souvent défendue par des savants ayant également une formation scientifique.
Commentaire
Ces auteurs soulignent que le Coran encourage l'observation de la création et la recherche des causes naturelles. Pour eux, attribuer trop rapidement un phénomène inexpliqué aux djinns pourrait conduire à négliger les connaissances scientifiques et les progrès de l'enquête.
4. Les mises en garde contre les interprétations excessives
Plusieurs savants contemporains attirent l'attention sur les risques liés à une fascination excessive pour les récits d'OVNI.
Ils observent que les réseaux sociaux, les documentaires sensationnalistes et certaines théories du complot mélangent souvent : religion ; paranormal ; extraterrestres ; ésotérisme ou occultisme.
Selon eux, cette confusion peut conduire à des croyances qui ne reposent ni sur les textes religieux ni sur des preuves vérifiables.
Ils rappellent également que le Coran condamne les spéculations dépourvues de fondement solide.
Commentaire
Cette prudence vise à préserver la distinction entre la foi et les hypothèses. Dans la pensée islamique classique, il est préférable de reconnaître qu'un phénomène reste inexpliqué plutôt que de lui attribuer une cause sans preuve.
5. Existe-t-il des savants qui identifient les OVNI aux djinns ?
Quelques auteurs musulmans contemporains ont proposé que certains phénomènes d'OVNI pourraient être liés aux djinns.
Ils s'appuient sur plusieurs arguments :
- L’invisibilité habituelle des djinns ;
- Leur rapidité de déplacement ;
- Leur capacité, selon certaines traditions, à prendre différentes apparences ;
- Certains récits de rencontres inhabituelles.
Cependant, cette opinion demeure minoritaire.
Aucun texte du Coran ni aucun hadith authentique n'affirme que les djinns circulent dans des engins volants ou sont à l'origine des observations modernes d'OVNI.
Pour cette raison, la plupart des théologiens considèrent cette hypothèse comme une opinion personnelle plutôt que comme un enseignement religieux
La méthode des grands exégètes
Les grands commentateurs du Coran, tels qu'Al-Tabari, Ibn Kathir et Al-Qurtubi, offrent un enseignement méthodologique toujours pertinent. Lorsqu'ils commentent les passages consacrés aux djinns, ils s'en tiennent aux informations transmises par la révélation et évitent d'élaborer des théories dépassant ce cadre. Cette retenue est souvent présentée comme un modèle : lorsqu'une question n'est pas tranchée par les textes, il est préférable de distinguer clairement ce qui relève de la certitude de ce qui relève de la conjecture.
Conclusion
Les avis des savants musulmans sur les OVNI ne sont pas contradictoires quant au fond, mais ils diffèrent dans leur manière d'aborder un sujet qui n'est pas traité explicitement par les sources religieuses.
Une tendance majoritaire invite à la prudence et refuse d'établir un lien entre les djinns et les OVNI en l'absence de preuves textuelles. Une autre admet qu'une dimension spirituelle puisse parfois être envisagée, tout en rappelant qu'elle ne peut être affirmée sans éléments solides. Enfin, certains insistent sur la nécessité d'étudier ces phénomènes selon les méthodes scientifiques avant de recourir à une interprétation relevant du monde invisible.
En définitive, la position la plus largement partagée dans la pensée islamique est celle de la prudence intellectuelle : croire à l'existence des djinns parce que la révélation l'enseigne, reconnaître que certains phénomènes restent inexpliqués, mais éviter d'affirmer un lien entre les deux sans preuve explicite issue des textes ou d'éléments empiriques convaincants.
Regard scientifique
La science s'appuie sur des observations reproductibles et des preuves empiriques. À ce jour l'existence des djinns relève de la foi et n'est pas démontrable par les méthodes scientifiques actuelles ou par certaines observations d'OVNI qui demeurent inexpliquées, mais cela ne permet pas de conclure à une origine précise.
L'absence d'explication n'est pas une preuve en faveur d'une hypothèse particulière.
CONCLUSION GÉNÉRALE
Les djinns occupent une place importante dans la théologie islamique et leur existence est un élément de foi pour les musulmans. Les OVNI, eux, sont un sujet d'enquête où certaines observations restent non élucidées.
Les comparaisons entre ces deux domaines peuvent être intellectuellement stimulantes, mais elles doivent être abordées avec prudence. Les textes religieux ne les identifient pas explicitement, et les recherches scientifiques n'ont pas établi de lien démontré. Une approche équilibrée consiste donc à reconnaître ce que chaque domaine peut dire selon ses propres méthodes, sans confondre croyance, interprétation et preuve.
Chapitre III - 1
LES OVNIS ET LES CULTURES AFRICAINES
Les traditions ancestrales face aux phénomènes célestes
Depuis plusieurs décennies, une question revient régulièrement dans la littérature consacrée aux OVNI : les anciennes cultures africaines auraient-elles conservé, dans leurs mythes et leurs traditions, le souvenir de contacts avec des êtres venus du ciel ?
Photo : Sirius très brillante et les quatre figures lumineuses inspirées de l'art rupestre et de la cosmologie Dogon, comme le souvenir vivant d'une descente du ciel.
La question est séduisante. Elle a donné naissance à une abondante littérature consacrée aux Dogons du Mali, aux Nommos, aux « visiteurs célestes », aux êtres descendus des étoiles ou encore aux traditions de peuples d'Afrique australe et orientale. Certains auteurs vont jusqu'à considérer ces récits comme la mémoire déformée de visites extraterrestres dans un passé lointain.
Une telle interprétation mérite toutefois d'être abordée avec prudence. Les traditions africaines sont d'abord des systèmes religieux, sociaux et cosmologiques complexes. Les réduire à des récits d'« extraterrestres anciens » reviendrait à leur imposer une grille de lecture moderne qui n'est pas nécessairement celle des sociétés qui les ont produites.
L'intérêt de ces traditions pour l'étude du phénomène OVNI est néanmoins réel. Elles permettent de comprendre comment les sociétés humaines interprètent les phénomènes inhabituels observés dans le ciel, mais également comment des récits anciens peuvent être réinterprétés à la lumière des représentations contemporaines de l'espace, des voyages interplanétaires et de la vie extraterrestre.
Le ciel dans les cosmologies africaines
Dans de nombreuses sociétés africaines, le ciel n'est pas séparé du monde terrestre comme peut le laisser penser la conception scientifique moderne. Il appartient à un univers religieux dans lequel les humains, les ancêtres, les divinités, les esprits, les animaux, la nature et les phénomènes célestes entretiennent des relations multiples.
Les cosmologies africaines sont cependant extrêmement diverses. Il n'existe pas une « religion africaine » unique. Les croyances varient considérablement selon les régions, les peuples et les périodes historiques. Les catégories de divinités, d'ancêtres, d'esprits de la nature et d'autres êtres surnaturels se combinent de manière différente selon les sociétés.
Dans ce contexte, le ciel peut être associé à la puissance divine, à l'origine du monde, aux ancêtres ou à des êtres surnaturels. Une lumière inhabituelle, une comète, un météore, une éclipse ou un phénomène atmosphérique peuvent alors recevoir une signification religieuse ou symbolique.
Il serait donc anachronique de supposer qu'un ancien récit parlant d'un « être descendu du ciel » décrit nécessairement un engin spatial. Pour les sociétés traditionnelles, le ciel pouvait être un espace sacré avant d'être considéré comme un espace astronomique.
Les êtres venus du ciel
C'est précisément ici que les rapprochements avec l'ufologie contemporaine commencent. De nombreuses traditions africaines racontent l'origine des hommes, des dieux ou de certains ancêtres à travers une relation avec le ciel. Certains récits évoquent des êtres descendus d'en haut, d'autres des créatures vivant dans le ciel ou dans des mondes invisibles.
La littérature ufologique moderne a souvent traduit ces expressions dans son propre vocabulaire :
Dieu → extraterrestre
Esprit → être non humain
Descente du ciel → arrivée d'un vaisseau
Lumière céleste → engin spatial
Ancêtre venu du ciel → visiteur extraterrestre
Cette traduction peut être suggestive, mais elle n'est pas une démonstration. Elle pose surtout une question fondamentale : comment savoir ce que signifiait réellement le récit pour ceux qui le transmettaient ?
Photo : "Depuis des décennies : la question demeure", "Littérature OVNI & Mythes Africains"
Le cas des Dogons : l'exemple emblématique. Aucun débat sur les traditions africaines et les extraterrestres ne peut éviter le cas des Dogons du Mali. À partir des travaux de Marcel Griaule et Germaine Dieterlen, publiés notamment dans les années 1950, une cosmologie dogon particulièrement complexe fut associée à Sirius. Leur article « Un système soudanais de Sirius », publié en 1950 dans le Journal des Africanistes, constitue l'une des sources historiques majeures de cette interprétation. Les travaux de Griaule décrivent notamment différents niveaux de savoir chez les Dogon et une cosmologie dans laquelle les astres occupent une place importante.
Quelques décennies plus tard, ces données furent popularisées par Robert Temple dans The Sirius Mystery. Une interprétation spectaculaire en fut tirée : les Dogons auraient possédé des connaissances astronomiques relatives à Sirius B, étoile compagne de Sirius, difficilement observable sans instruments modernes.
Pour les partisans de l'hypothèse extraterrestre, cette connaissance constituait la preuve indirecte d'un contact ancien avec une civilisation venue de l'espace.
Mais cette interprétation est extrêmement controversée. En 1991, l'anthropologue néerlandais Walter E. A. van Beek, après avoir effectué de nouvelles recherches de terrain chez les Dogons, publia une importante réévaluation des travaux de Griaule. Il indiqua ne pas avoir pu retrouver chez les Dogons contemporains le système cosmologique décrit dans les ouvrages de Griaule et Dieterlen, notamment l'importance attribuée à Sirius et à certaines connaissances astronomiques.
La question devint alors beaucoup plus complexe et le débat ne porte pas simplement sur la question de savoir si les Dogons « connaissaient Sirius B ». Il porte également sur la manière dont les informations avaient été recueillies, sur le rôle des informateurs, des traductions, des relations entre ethnologues et interlocuteurs et sur la reconstruction éventuelle de systèmes cosmologiques complexes.
Des chercheurs ont depuis réévalué les méthodes de Griaule et souligné notamment les problèmes liés à la quantité de données disponibles, à leur vérifiabilité et à leur interprétation. Il existe donc aujourd'hui un débat scientifique réel sur l'interprétation des données dogons.
Pour une étude ufologique sérieuse, la conclusion doit être claire : les traditions dogons ne constituent pas une preuve de la présence extraterrestre ancienne.
Elles constituent en revanche un remarquable exemple de la manière dont une cosmologie africaine a été transformée, au XXe siècle, en argument dans le débat sur les visiteurs extraterrestres.
Nommo : divinité ou extraterrestre ? On se pose la question car le cas du Nommo est également révélateur.
Dans les travaux classiques consacrés aux Dogons, Nommo occupe une place importante dans les récits cosmologiques. La littérature ufologique a parfois présenté Nommo comme un « extraterrestre », voire comme le pilote d'un véhicule venu de Sirius. Mais cette traduction est problématique. Le terme appartient à une cosmologie religieuse et mythologique complexe. Le remplacer directement par « extraterrestre » revient à supprimer une grande partie de sa signification culturelle.
C'est l'un des principaux dangers de l'approche des « anciens astronautes » : prendre une métaphore religieuse au pied de la lettre et lui appliquer un vocabulaire technologique moderne.
Les traditions orales : une mémoire en mouvement
Il faut également tenir compte d'une caractéristique essentielle des sociétés africaines traditionnelles : l'importance de la transmission orale. Un récit transmis pendant plusieurs générations n'est pas nécessairement une archive historique au sens moderne. Il peut évoluer, intégrer de nouveaux éléments, répondre à de nouvelles circonstances ou acquérir des significations différentes. Cela ne signifie pas qu'il est « faux ». Cela signifie qu'il faut comprendre sa fonction.
Un mythe peut transmettre :
· Une conception de l'origine du monde ;
· Des règles sociales ;
· Une conception des rapports entre humains et ancêtres ;
· Des connaissances environnementales ;
· Des observations astronomiques ;
· Une mémoire historique ;
· Ou une représentation symbolique du monde.
Il peut également combiner plusieurs de ces dimensions. Le véritable intérêt ufologique apparaît lorsque des observations contemporaines sont interprétées à travers ces traditions. Un témoin africain qui observe une lumière étrange dans le ciel ne possède pas nécessairement la même grille culturelle qu'un observateur européen ou nord-américain. Il peut parler d'un esprit, d'un ancêtre, d'un djinn, d'un génie, d'une manifestation divine ou d'un phénomène surnaturel.
Le même phénomène physique peut donc produire des récits très différents selon le contexte culturel. C'est un point essentiel pour comprendre l'histoire des OVNI en Afrique. L'objet observé peut être identique ; l'interprétation peut être radicalement différente.
Dans plusieurs régions d'Afrique, les traditions islamiques se sont également mêlées aux croyances préislamiques et aux cosmologies locales. Les phénomènes inhabituels peuvent ainsi être interprétés à travers la notion de djinn, d'esprit ou d'être invisible.
Là encore, la littérature ufologique moderne peut être tentée de transformer ces êtres en « extraterrestres ». Mais le rapprochement doit rester une hypothèse de recherche, pas une équivalence. Un djinn appartient à un système religieux particulier ; un extraterrestre appartient à une hypothèse biologique et astronomique moderne. Ces deux concepts ne sont pas interchangeables.
L'étude des traditions africaines permet finalement de poser une question plus générale : pourquoi certaines observations deviennent-elles des histoires d'OVNI alors que d'autres deviennent des mythes, des récits religieux ou des traditions surnaturelles ?
La réponse dépend en partie de la culture.
Dans le monde occidental contemporain, une lumière inconnue dans le ciel sera spontanément associée à un avion, un satellite, un drone ou éventuellement un OVNI. Dans une société traditionnelle, le même phénomène pourra être interprété comme un signe, une manifestation des ancêtres, un esprit ou un événement cosmique. Cela ne signifie pas que l'une des interprétations est nécessairement correcte. Cela montre que l'observation et son interprétation sont deux phénomènes différents.
L'un des principaux problèmes de la littérature consacrée aux « anciens astronautes » est l'anachronisme. Une civilisation ancienne pouvait parler de :
· « Char céleste »
· « Lumière »
· « Être descendu du ciel »
· « Maison des dieux »
· « Bateau céleste »
· « Fils du ciel »
sans disposer de notre concept moderne de : vaisseau spatial extraterrestre.
Transformer automatiquement le premier vocabulaire dans le second revient à imposer au passé une représentation qui lui est étrangère. Cette précaution est particulièrement importante lorsqu'il s'agit des cultures africaines, dont les traditions ont longtemps été étudiées à travers des sources coloniales ou européennes.
Une approche scientifique ne consiste pas à déclarer à l'avance que toutes les traditions ancestrales sont purement symboliques. Certaines traditions peuvent conserver la mémoire d'événements historiques, de phénomènes naturels ou d'observations astronomiques remarquables. Il est donc légitime de les étudier.
La bonne méthode consiste à poser plusieurs hypothèses :
· Hypothèse mythologique : le récit possède essentiellement une fonction religieuse ou symbolique
· Hypothèse historique : il conserve la mémoire transformée d'un événement réel ;
· Hypothèse astronomique : il décrit éventuellement un phénomène céleste ;
· Hypothèse culturelle : il résulte d'une évolution progressive de la tradition ;
· Hypothèse extraterrestre : le récit pourrait correspondre à une rencontre avec une intelligence non humaine.
La dernière hypothèse peut être étudiée, mais elle ne doit pas être considérée comme démontrée simplement parce qu'un récit mentionne le ciel.
Une autre manière de regarder l'ufologie africaine
Cette approche permet finalement de dépasser une vision purement occidentale du phénomène OVNI.
L'histoire de l'ufologie africaine ne doit pas commencer avec l'apparition du mot « soucoupe volante » dans les journaux. Elle possède des racines beaucoup plus anciennes dans les rapports que les sociétés entretiennent avec le ciel, les ancêtres, les esprits, les divinités et les phénomènes naturels. Mais il faut distinguer l'histoire des croyances célestes de l'histoire des observations d'OVNI. Les deux domaines peuvent se rencontrer, mais ils ne sont pas identiques. Cette distinction est essentielle pour éviter deux excès opposés : considérer toutes les traditions africaines comme de simples superstitions, ou, à l'inverse, transformer chaque récit ancestral en preuve d'une intervention extraterrestre.
L'étude des traditions ancestrales ouvre ainsi une voie originale pour comprendre le phénomène OVNI sur le continent africain. Elle permet de rechercher non seulement ce que les Africains ont vu dans le ciel, mais également comment ils ont donné un sens à ce qu'ils voyaient. Cette seconde question est fondamentale.
Un catalogue d'observations peut nous apprendre qu'une lumière a été observée à telle date et à tel endroit. L'anthropologie peut nous apprendre pourquoi cette lumière a été décrite comme un ancêtre, un esprit, un djinn, un dieu ou un objet venu du ciel. L'ufologie africaine se situe donc à la rencontre de plusieurs disciplines :
Histoire — ethnologie — anthropologie — astronomie — folklore — psychologie — sciences de l'atmosphère — étude des phénomènes aérospatiaux.
C'est probablement dans cette approche pluridisciplinaire que réside l'une des grandes spécificités du phénomène OVNI en Afrique.
Conclusion
Les traditions ancestrales africaines ne permettent pas, à elles seules, de démontrer l'existence de visites extraterrestres dans l'Antiquité. Elles constituent néanmoins un patrimoine exceptionnel pour comprendre la relation des sociétés africaines avec le ciel et l'inconnu.
Les récits de créatures célestes, d'êtres surnaturels, d'ancêtres descendus du ciel ou de phénomènes lumineux ne doivent être ni rejetés systématiquement comme des superstitions, ni transformés automatiquement en récits de science-fiction. Ils doivent être replacés dans leur contexte historique et culturel. C'est peut-être là que se trouve le véritable intérêt de l'étude des OVNI en Afrique : non seulement rechercher ce qui a été observé dans le ciel, mais comprendre comment des sociétés différentes ont interprété l'inconnu céleste.
Et dans cette perspective, les traditions ancestrales africaines ne constituent pas une preuve de l'origine extraterrestre des OVNI. Elles constituent quelque chose de plus précieux pour le chercheur : un témoignage sur la manière dont l'humanité, depuis des siècles, regarde le ciel et tente d'en comprendre les mystères.
Chapitre III - 2
LES OVNIS ET LES CULTURES AFRICAINES
Les croyances animistes et les ovnis
Illustration : une famille au bord de l'eau sous un immense baobab, reliée par des fils de lumière à la gazelle qui boit, aux oiseaux, à la rivière et aux esprits translucides autour, avec au loin une lueur dans le ciel qui s'intègre dans le tout plutôt que de dominer. C'est cette toile de relations étroites entre humains, animaux, nature et puissances invisibles
Lorsqu'on étudie le phénomène OVNI en Afrique, une dimension particulière mérite d'être examinée : celle des croyances animistes. Elles constituent, dans de nombreuses sociétés traditionnelles du continent, un ensemble de représentations dans lesquelles les êtres humains, les animaux, les éléments naturels et les puissances invisibles entretiennent des relations étroites.
Cette dimension est importante pour comprendre certains témoignages africains de phénomènes inhabituels. En effet, un témoin qui observe une lumière mystérieuse, un objet silencieux ou une manifestation inhabituelle dans le ciel ne l'interprétera pas nécessairement avec les mêmes références qu'un observateur appartenant à une société fortement imprégnée de culture scientifique et technologique.
Il pourra faire appel à des notions d'esprit, de force invisible, de manifestation surnaturelle ou de puissance de la nature. Il serait cependant erroné de considérer automatiquement ces croyances comme une forme primitive de compréhension des OVNI. Elles constituent des systèmes culturels cohérents, possédant leur propre logique et leur propre conception des relations entre le monde visible et le monde invisible.
Qu'est-ce que l'animisme ?
Le terme « animisme » a été largement utilisé par les premiers anthropologues pour désigner des croyances selon lesquelles des êtres humains, des animaux, des plantes, des objets ou des phénomènes naturels peuvent être associés à une forme d'âme, d'esprit ou de puissance.
Le concept a notamment été popularisé au XIXe siècle par l'anthropologue britannique Edward Burnett Tylor, qui voyait dans l'animisme l'une des formes fondamentales de la pensée religieuse. Aujourd'hui, les anthropologues utilisent ce terme avec davantage de précautions. Il n'existe pas une religion animiste africaine unique. L'Afrique présente une extraordinaire diversité de systèmes religieux et cosmologiques. Le mot « animisme » sert donc surtout à désigner, de manière générale, certaines conceptions dans lesquelles le monde naturel et le monde humain ne sont pas radicalement séparés.
Parler des « croyances animistes africaines » ne signifie pas que toutes les populations africaines partagent les mêmes croyances. Un monde où le visible et l'invisible communiquent c’est ce qu’on retrouve dans plusieurs traditions religieuses africaines, le monde visible n'est pas considéré comme l'ensemble de la réalité. À côté des êtres humains et des phénomènes matériels peuvent exister différentes catégories d'êtres ou de forces invisibles. Selon les cultures, il peut s'agir d'esprits liés à certains lieux, de puissances associées à la nature, d'êtres protecteurs ou dangereux, ou d'autres entités appartenant à la cosmologie locale. Cette conception crée un environnement culturel particulier pour l'interprétation des phénomènes inhabituels. Une lumière apparaissant soudainement dans la nuit peut être considérée comme autre chose qu'un phénomène physique. Elle peut être comprise comme la manifestation d'une présence invisible.
Pour un enquêteur moderne, cette distinction est fondamentale : le témoin rapporte une observation réelle selon sa propre perception, mais l'interprétation qu'il lui donne dépend de son cadre culturel. Dans les conceptions animistes, certains éléments de la nature peuvent être associés à des puissances particulières.
Une forêt peut être considérée comme un espace habité par des forces invisibles.
Une montagne peut avoir une dimension sacrée.
Une rivière peut être associée à une entité ou à une puissance particulière.
Un arbre peut devenir le support d'une relation avec le monde spirituel.
Dans ces conditions, l'apparition d'un phénomène inhabituel dans un tel environnement peut recevoir une signification particulière. Une lumière dans une forêt ne sera pas nécessairement décrite comme un « objet volant ». Elle pourra être considérée comme la manifestation d'une puissance liée au lieu. Cela ne permet pas d'identifier la nature physique de la lumière. Mais cela nous renseigne sur le contexte culturel du témoignage.
Les récits de lumières mystérieuses constituent un domaine particulièrement intéressant pour l'étude des rapports entre animisme et phénomène OVNI. Les sociétés traditionnelles africaines vivent souvent dans des environnements où la pollution lumineuse est faible. Les phénomènes célestes peuvent donc être extrêmement visibles. Météores, bolides, satellites, planètes brillantes, étoiles filantes, éclairs lointains ou phénomènes atmosphériques peuvent produire des apparitions impressionnantes. À cela s'ajoutent les lumières artificielles provenant des véhicules, des avions, des installations industrielles ou, aujourd'hui, des drones.
Dans un contexte culturel où le monde invisible fait partie de la réalité quotidienne, une lumière inhabituelle peut être intégrée naturellement à la cosmologie locale. C'est l'une des raisons pour lesquelles il faut éviter de transformer automatiquement les récits de « lumières spirituelles » en observations d'OVNI.
La littérature ufologique moderne a parfois tendance à rapprocher les esprits des extraterrestres. Le raisonnement est séduisant :
Être invisible → être non humain
Apparition mystérieuse → technologie inconnue
Manifestation dans le ciel → véhicule extraterrestre
Mais ce raisonnement comporte une erreur fondamentale car un esprit appartient à une catégorie religieuse et culturelle. Un extraterrestre appartient à une hypothèse biologique et astronomique. Ces deux notions peuvent éventuellement être comparées, mais elles ne peuvent pas être simplement remplacées l'une par l'autre.
Dire qu'un peuple traditionnel parle d'un esprit ne signifie donc pas qu'il parle d'un extraterrestre.
Dans certaines conceptions animistes, ce qui agit dans le monde n'est pas nécessairement visible. La maladie, la chance, la catastrophe, la fertilité, la sécheresse ou certains événements inhabituels peuvent être compris en relation avec des forces invisibles. Cette manière de penser peut également influencer la perception des phénomènes célestes.
Une apparition lumineuse exceptionnelle peut être interprétée comme le signe d'une action surnaturelle.
Un phénomène céleste inhabituel peut annoncer un événement important.
Une lumière apparaissant à un endroit particulier peut être considérée comme la manifestation d'une puissance liée à ce lieu.
Il est important de comprendre que cette interprétation ne cherche pas nécessairement à répondre à la question :
« De quelle planète vient cet objet ? »
Elle répond à une autre question :
« Quelle signification possède cette manifestation pour notre communauté ? »
L'un des aspects les plus intéressants des croyances animistes pour l'étude des OVNI est l'importance accordée à certains lieux. Certains espaces peuvent être considérés comme particulièrement puissants ou dangereux. Forêts, montagnes, grottes, sources, rivières ou rochers peuvent être associés à des forces particulières. Or, de nombreuses observations contemporaines de phénomènes inhabituels sont précisément rapportées dans des environnements isolés.
Le rapprochement entre les deux domaines est donc intéressant.
Mais il faut distinguer :
Le lieu où le phénomène est observé
De
La signification culturelle attribuée à ce lieu.
Une observation effectuée près d'une forêt sacrée ne prouve pas que la forêt produit le phénomène. Elle peut simplement expliquer pourquoi le témoin lui attribue une signification particulière. Les croyances jouent également un rôle dans la réaction émotionnelle face à un phénomène inhabituel. Une lumière inconnue dans un ciel nocturne peut provoquer de la curiosité chez un observateur. Dans un contexte culturel où certains phénomènes sont associés aux esprits ou aux forces invisibles, elle peut provoquer de la peur, du respect ou l'impression d'une présence surnaturelle.
Cette réaction ne doit cependant pas être interprétée comme une preuve de la nature du phénomène.
La peur indique que le phénomène possède une signification particulière pour le témoin. Elle ne permet pas de déterminer s'il s'agit d'un objet physique, d'un phénomène astronomique ou d'une manifestation culturelle.
Les croyances animistes sont fréquemment transmises par la parole. Cette transmission orale permet aux récits de survivre pendant de longues périodes, mais elle peut également les transformer.
Une observation exceptionnelle peut devenir une histoire.
L'histoire peut devenir un récit traditionnel.
Le récit peut ensuite être intégré à une croyance existante.
Avec le temps, la distinction entre l'événement initial et son interprétation peut devenir difficile à établir.
Pour l'ufologue, cette situation impose une règle de méthode : Un récit culturel ancien ne doit pas être traité comme un rapport d'observation moderne. Il peut conserver une information intéressante, mais sa valeur probatoire est différente.
L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à relire les croyances anciennes avec les connaissances du XXIe siècle.
Un peuple peut parler d'un être venant « du ciel ». Un auteur moderne peut immédiatement écrire : « extraterrestre ».
Le peuple peut évoquer une lumière. L'auteur moderne peut parler : « d'un vaisseau spatial ».
Le peuple peut décrire une présence invisible. L'auteur moderne peut parler : « d'une intelligence non humaine ».
Dans chacun de ces cas, une interprétation moderne est ajoutée au récit original. Cette opération peut être intellectuellement intéressante, mais elle ne doit jamais être présentée comme une traduction certaine.
Les croyances animistes peuvent également influencer les témoignages modernes. Lorsqu'un phénomène lumineux est observé dans une région rurale, le témoin peut utiliser spontanément le vocabulaire de sa culture. Il ne dira pas nécessairement : « J'ai vu un PAN. » Il pourra parler d'une lumière mystérieuse, d'un esprit, d'une présence ou d'une manifestation. Pour l'enquêteur, il faut alors revenir à la description brute.
· Quelle était la couleur ?
· Quelle était la durée ?
· Quelle était la direction ?
· Le phénomène se déplaçait-il ?
· Y avait-il un bruit ?
· Quelle était la météo ?
· Y avait-il des avions ou des satellites ?
· D'autres personnes ont-elles observé la même chose ?
Ce n'est qu'après avoir recueilli ces informations qu'il convient d'étudier l'interprétation culturelle du témoin.
L'étude des OVNI dans les sociétés marquées par des croyances animistes nécessite donc deux niveaux d'analyse.
Premier niveau : le phénomène
Il s'agit de rechercher une explication physique :
· Astronomie ;
· Météorologie ;
· Aéronautique ;
· Technologie ;
· Phénomène spatial ;
· Erreur d'identification ;
· Phénomène encore inexpliqué.
Deuxième niveau : la culture
Il faut ensuite étudier :
· Les croyances locales ;
· Les représentations des esprits ;
· Le rapport à la nature ;
· Les traditions associées au lieu ;
· Le vocabulaire utilisé ;
· La manière dont le récit est transmis.
Ces deux niveaux ne doivent jamais être confondus. Un phénomène peut être parfaitement explicable physiquement tout en ayant une interprétation culturelle extrêmement importante. Inversement, un phénomène peut rester inexpliqué sans que son interprétation spirituelle soit nécessairement correcte.
Au cours du XXe siècle, un nouveau vocabulaire apparaît progressivement en Afrique. La radio, la presse, le cinéma, la télévision puis Internet diffusent les concepts de : soucoupe volante, OVNI, extraterrestre, soucoupe, enlèvement, contact et vaisseau spatial.
Les populations traditionnellement habituées à interpréter certains phénomènes à travers les esprits disposent désormais d'une seconde grille de lecture. Un même phénomène peut donc recevoir deux interprétations différentes.
- Une personne peut parler d'une manifestation spirituelle.
- Une autre peut parler d'un OVNI.
- Une troisième peut y voir un drone.
- Une quatrième un phénomène astronomique.
Cette pluralité d'interprétations constitue l'un des aspects les plus intéressants de l'ufologie africaine. L'animisme comme facteur d'interprétation, pas comme preuve Il serait donc incorrect d'affirmer :
« Les croyances animistes prouvent que les Africains ont rencontré des extraterrestres. »
Mais il serait tout aussi réducteur de dire :
« Les observations associées aux croyances animistes ne sont que des superstitions. »
La position la plus rigoureuse consiste à considérer les croyances animistes comme un facteur culturel susceptible d'influencer la perception, la description et l'interprétation des phénomènes inhabituels. Cette approche permet de respecter la culture du témoin tout en maintenant une distinction entre observation et interprétation.
L'étude des croyances animistes peut ainsi apporter une contribution originale à l'histoire du phénomène OVNI en Afrique. Elle permet de comprendre pourquoi certains témoignages ne ressemblent pas aux rapports occidentaux classiques. Dans un rapport occidental moderne, le témoin cherchera généralement à décrire un objet : forme, couleur, vitesse, direction, luminosité, distance. Dans un contexte culturel différent, le récit pourra insister davantage sur : la présence ressentie, le caractère sacré du lieu, la peur, la signification spirituelle ou les conséquences de l'apparition. Ces différences ne permettent pas de déterminer la nature du phénomène. Elles permettent cependant de comprendre la manière dont l'expérience est vécue et racontée.
L'étude des OVNI ne devrait donc pas se limiter à l'analyse technique des objets observés. Elle devrait également s'intéresser aux cultures dans lesquelles les observations se produisent. L'Afrique constitue à cet égard un laboratoire exceptionnel. La diversité des croyances, des langues, des traditions religieuses et des rapports à la nature offre la possibilité d'étudier un phénomène universel — l'observation de choses inhabituelles dans le ciel — à travers des systèmes culturels très différents. Cette approche pourrait conduire à une véritable ufologie interculturelle, capable de comparer les témoignages sans imposer à tous les témoins les mêmes catégories d'interprétation.
Conclusion
Les croyances animistes africaines ne constituent pas une preuve de l'existence des OVNI ni de leur origine extraterrestre. Elles jouent cependant un rôle essentiel dans l'histoire culturelle des phénomènes inhabituels observés en Afrique. Elles proposent une vision du monde dans laquelle la frontière entre le visible et l'invisible peut être moins rigide que dans les sociétés modernes occidentales. Dans ce contexte, une lumière mystérieuse, un événement céleste ou une manifestation inhabituelle peut recevoir une signification spirituelle particulière.
Pour le chercheur, l'enjeu consiste à ne pas confondre cette signification avec la nature physique du phénomène.
Observer n'est pas interpréter.
Interpréter n'est pas identifier.
Et surtout, croire qu'un phénomène possède une origine spirituelle ou extraterrestre ne constitue pas en soi une preuve de cette origine. L'intérêt des croyances animistes pour l'étude des OVNI se situe donc ailleurs : elles permettent de comprendre comment une société donnée perçoit l'inconnu, lui attribue un sens et l'intègre à sa vision du monde. C'est cette dimension culturelle qui doit être prise en compte si l'on veut écrire une véritable histoire du phénomène OVNI en Afrique.
Chapitre III - 3
LES OVNIS ET LES CULTURES AFRICAINES
Les êtres célestes et les esprits
L'étude du phénomène OVNI en Afrique ne peut être dissociée des représentations traditionnelles du ciel, des puissances invisibles et des êtres surnaturels. Bien avant l'apparition du terme « objet volant non identifié », de nombreuses sociétés africaines avaient développé des cosmologies dans lesquelles le monde terrestre communiquait avec un monde céleste ou spirituel.
Cette particularité mérite une attention particulière. Lorsqu'un témoin africain rapporte aujourd'hui avoir vu une lumière étrange dans le ciel, un objet lumineux ou une forme humanoïde, son interprétation peut être influencée, consciemment ou non, par les représentations culturelles qui l'entourent.
Il convient cependant de ne pas commettre l'erreur inverse : une tradition évoquant des êtres venus du ciel ne constitue pas automatiquement le témoignage ancien d'une visite extraterrestre.
LE CIEL, UN MONDE HABITÉ
La séparation entre le monde terrestre et le monde céleste n'est donc pas toujours aussi radicale que dans les conceptions modernes. Le ciel peut être :
- Le domaine des divinités ;
- Le lieu d'origine de certaines puissances ;
- La résidence d'êtres surnaturels ;
- Un espace associé aux ancêtres ;
- Le lieu d'apparition de signes ou de manifestations extraordinaires ;
- Un espace intervenant dans l'ordre cosmique.
Dans ce contexte, une manifestation inhabituelle dans le ciel pouvait être interprétée comme un signe, un message ou une intervention d'une puissance invisible. Cette conception est particulièrement importante pour comprendre certaines observations contemporaines.
Photo : "Les êtres célestes et les esprits" — le baobab comme axe entre les deux mondes, le village terrestre en bas qui regarde vers le haut, et au-dessus un ciel vivant avec des constellations animales, des symboles et des figures spirituelles lumineuses reliées par un pont de lumière. Exactement cette idée de cosmologie Africaine où le terrestre communique avec le céleste.
Les mythologies africaines comportent de nombreux récits dans lesquels des divinités ou des êtres surnaturels sont associés au ciel. Il faut toutefois être extrêmement prudent avec l'expression « êtres extraterrestres ».
Dans les traditions anciennes, le terme « céleste » ne signifie généralement pas « extraterrestre ». Il renvoie à une origine ou une dimension surnaturelle, et non à une planète située à plusieurs années-lumière. La distinction est fondamentale. Un être qui « descend du ciel » dans un récit traditionnel peut être :
- Une divinité ;
- Un ancêtre ;
- Un esprit ;
- Un héros mythologique ;
- Une puissance cosmique ;
- Un messager surnaturel.
Le vocabulaire contemporain de l'ufologie peut facilement transformer ce récit en : « Un être venu d'un autre monde est descendu sur Terre. » Mais cette traduction constitue déjà une interprétation moderne.
LE CAS DES DOGON : ENTRE MYTHOLOGIE ET INTERPRÉTATION UFOLOGIQUE
Le cas des Dogons du Mali est probablement l'exemple africain le plus célèbre lorsqu'il est question d'êtres célestes.
Les travaux de Marcel Griaule et Germaine Dieterlen ont notamment décrit des traditions dogons faisant intervenir les Nommo, êtres liés à la cosmologie et au système de Sirius. À partir de ces travaux, Robert Temple a développé dans The Sirius Mystery une interprétation spectaculaire selon laquelle les connaissances astronomiques attribuées aux Dogons pourraient provenir d'une ancienne intervention extraterrestre. Cette hypothèse a connu une importante diffusion dans la littérature ufologique. Mais elle demeure très controversée.
Les recherches anthropologiques ultérieures, notamment celles de Walter E. A. van Beek, ont remis en question plusieurs éléments fondamentaux de l'interprétation classique de la cosmologie dogon. Les connaissances astronomiques attribuées aux Dogon et leur transmission ont fait l'objet de débats importants parmi les chercheurs.
Le cas Dogon montre donc parfaitement la difficulté du sujet : un récit traditionnel peut être authentique sans que l'interprétation extraterrestre qui lui est appliquée le soit nécessairement. Il faut distinguer :
Le récit traditionnel → son interprétation anthropologique → son interprétation ufologique.
Ces trois niveaux ne doivent jamais être confondus.
Dans plusieurs régions d'Afrique, les traditions religieuses établissent une relation entre les divinités et le ciel. Les grandes puissances créatrices peuvent être associées à la voûte céleste, au soleil, à la pluie, aux étoiles, au tonnerre ou aux phénomènes atmosphériques. Cela ne signifie pas que les anciens Africains considéraient ces phénomènes comme des « vaisseaux spatiaux ». Ils leur donnaient une signification religieuse et cosmologique. Un éclair pouvait être associé à une puissance divine. Une pluie exceptionnelle pouvait constituer un signe. Une apparition lumineuse pouvait être interprétée comme une manifestation surnaturelle.
Pour le chercheur contemporain, ces récits présentent néanmoins un intérêt considérable : ils montrent comment les populations ont historiquement observé et interprété les phénomènes célestes.
Les esprits
Les croyances relatives aux esprits occupent une place importante dans de nombreuses cultures africaines, même si leurs formes varient considérablement d'une société à l'autre. Un esprit peut être associé aux ancêtres, à un lieu, à une rivière, à une forêt, à une montagne ou à certaines forces de la nature. Dans certaines traditions, il peut se manifester sous une forme humaine, animale ou lumineuse.
Il serait cependant réducteur de parler d'une croyance africaine unique dans les « esprits ». Les conceptions diffèrent fortement selon les peuples et les régions.
Dans le contexte ufologique, cette dimension devient intéressante lorsque des témoins décrivent une lumière mystérieuse, une apparition ou un être inhabituel et l'associent spontanément à une présence spirituelle. Le même phénomène physique peut ainsi recevoir des interprétations radicalement différentes selon le contexte culturel.
- Un ufologue occidental pourra parler d'un « objet volant ».
Un témoin imprégné d'une tradition animiste pourra parler d'un esprit.
Un autre pourra évoquer un ancêtre ou une manifestation divine.
Le phénomène observé et l'interprétation qui lui est donnée ne sont pas nécessairement la même chose.
Depuis le XXe siècle, la culture populaire a progressivement imposé une nouvelle grille de lecture : celle de l'extraterrestre.
- Un être mystérieux devient alors un « humanoïde ».
Une lumière devient un « engin ».
Une descente du ciel devient un « atterrissage ».
Une rencontre avec une entité devient une « rencontre rapprochée ».
Cette transformation peut également concerner les traditions africaines. Un récit ancien parlant d'un être surnaturel descendant du ciel peut être réinterprété, plusieurs décennies ou siècles plus tard, comme la description d'un visiteur extraterrestre. Il s'agit pourtant d'une relecture contemporaine. Elle peut être intéressante comme hypothèse, mais elle ne doit pas être présentée comme une conclusion historique.
L'un des principaux dangers dans l'étude des traditions africaines est l'anachronisme. Il consiste à utiliser des concepts contemporains pour expliquer des récits produits dans un contexte culturel complètement différent.
Ainsi :
Tradition ancienne | Interprétation moderne possible |
Être céleste | Extraterrestre |
Descente du ciel | Atterrissage |
Char céleste | Vaisseau spatial |
Lumière mystérieuse | OVNI |
Esprit | Entité |
Messager divin | Visiteur extraterrestre |
Monde céleste | Autre planète |
Pouvoir surnaturel | Technologie avancée |
Cette correspondance peut sembler séduisante. Mais elle ne constitue pas une démonstration. Un « char céleste » n'est pas nécessairement un véhicule spatial. Une « lumière spirituelle » n'est pas nécessairement un engin extraterrestre.
Cette prudence ne signifie pas qu'il faille éliminer les traditions africaines du champ de recherche ufologique. Au contraire, elles peuvent fournir des informations précieuses sur la manière dont les populations ont observé le ciel au cours du temps car certains récits peuvent éventuellement conserver la mémoire :
- D’un météore ;
- D’une comète ;
- D’une éclipse ;
- D’une aurore inhabituelle ;
- D’un phénomène atmosphérique ;
- D’une rentrée atmosphérique ;
- D’une apparition astronomique remarquable ;
- Ou d'un événement aujourd'hui difficile à identifier.
Le problème est que la transmission orale transforme progressivement les récits. Un événement réel peut être conservé dans la mémoire collective tout en changeant de signification.
La tradition orale joue un rôle essentiel dans de nombreuses sociétés africaines car elle permet la transmission de récits historiques, généalogiques, religieux et mythologiques. Mais cette transmission n'est pas une conservation photographique du passé. Chaque génération peut adapter le récit à son propre environnement culturel.
Un phénomène naturel extraordinaire peut ainsi devenir progressivement :
Événement → récit → tradition → mythe → interprétation contemporaine.
Il est donc indispensable, pour l'étude ufologique, de rechercher les versions les plus anciennes disponibles et de déterminer à quel moment certains éléments apparaissent dans le récit. Cette méthode permet notamment de repérer les éventuelles influences modernes de la science-fiction ou de l'ufologie.
Cette question prend une dimension particulière lorsqu'on étudie les observations OVNI modernes en Afrique. Le témoin du XXIe siècle dispose désormais des mêmes références médiatiques que les populations européennes ou américaines. Télévision, Internet, réseaux sociaux, films et documentaires ont profondément modifié l'imaginaire collectif. Le témoin africain peut donc interpréter une lumière étrange selon plusieurs modèles : religieux, traditionnel, scientifique, militaire ou extraterrestre. Il n'existe pas nécessairement une opposition entre ces différentes interprétations. Un témoin peut parfaitement dire :
« Je ne sais pas ce que j'ai vu, mais dans ma culture nous aurions parlé d'un esprit. »
Cette phrase est particulièrement intéressante pour le chercheur. Elle sépare l'observation de son interprétation culturelle.
Une enquête sérieuse sur un cas africain devrait donc poser deux séries de questions.
Questions concernant le phénomène
Qu'a réellement observé le témoin ?
Pendant combien de temps ?
À quelle distance ?
Dans quelle direction ?
Quelle était la luminosité ?
Le phénomène se déplaçait-il ?
Y avait-il plusieurs témoins ?
Existe-t-il des photographies ou des vidéos ?
Les conditions météorologiques sont-elles connues ?
Une explication astronomique ou aéronautique est-elle possible ?
Questions concernant la culture
Comment le témoin interprète-t-il son observation ?
Quelles croyances locales existent dans cette région ?
Le lieu possède-t-il une signification religieuse ?
Existe-t-il des récits traditionnels concernant des apparitions ?
Le témoin connaissait-il déjà la littérature ufologique ?
Le récit a-t-il été transmis oralement avant d'être publié ?
Cette double approche permet d'éviter deux erreurs opposées : tout expliquer par la superstition ou tout transformer en rencontre extraterrestre.
LES ÊTRES CÉLESTES NE SONT PAS DES « ASTRONAUTES »
L'ufologie populaire a parfois tendance à présenter les mythologies africaines comme une sorte de mémoire cryptée de visites extraterrestres. Cette lecture est séduisante, mais elle repose souvent sur une traduction automatique de symboles anciens dans le vocabulaire technologique contemporain.
- Un être descendant du ciel devient un astronaute.
- Une embarcation céleste devient un vaisseau.
- Une lumière devient un moteur.
- Un dieu devient un extraterrestre.
Or, une autre lecture est possible.
Ces récits peuvent simplement témoigner de la volonté des sociétés anciennes de comprendre l'origine du monde, les forces de la nature, la mort, les ancêtres et le rapport entre le ciel et la Terre. C'est déjà, en soi, un sujet majeur.
L'étude des cultures africaines impose donc à l'ufologie de travailler avec plusieurs disciplines.
- L'anthropologie étudie les systèmes culturels.
- L'histoire recherche l'origine et l'évolution des récits.
- L'astronomie permet d'identifier les phénomènes célestes.
- La météorologie intervient dans l'étude des phénomènes atmosphériques.
- La psychologie aide à comprendre la perception et la mémoire.
L'ufologie, enfin, rassemble les témoignages concernant les phénomènes qui restent inexpliqués après examen. Aucune de ces disciplines ne suffit seule.
Il faut enfin rappeler un principe essentiel pour toute étude des OVNI en Afrique :la présence d'une tradition évoquant des êtres célestes ne constitue pas une preuve de leur existence physique. Elle constitue en revanche une donnée anthropologique. Elle permet de comprendre comment une société donnée concevait :
- Le ciel ;
- Les puissances invisibles ;
- Les ancêtres ;
- Les divinités ;
- La nature ;
- Les phénomènes extraordinaires.
C'est précisément cette distinction qui permet d'étudier sérieusement les rapports entre OVNI et cultures africaines.
CONCLUSION
Les récits africains d'êtres célestes et d'esprits constituent un domaine particulièrement riche pour l'étude des rapports entre phénomènes aérospatiaux, croyances et cultures. Ils montrent surtout que l'être humain n'observe jamais le ciel avec un regard totalement neutre. Il l'observe avec son époque, son environnement, sa religion, sa culture et son histoire.
Pour l'ufologue, la difficulté consiste donc à séparer trois niveaux : Ce qui a été observé ; Ce que le témoin a pensé avoir observé ; et ce que la société lui a appris à en penser.
Cette distinction est essentielle. Elle permet de respecter les cultures africaines sans les réduire à de simples superstitions, tout en évitant de transformer leurs mythes et leurs traditions en preuves artificielles d'une présence extraterrestre. Entre les dieux du ciel, les esprits de la nature et les visiteurs extraterrestres imaginés par l'ufologie moderne, il existe un immense espace de recherche. C'est précisément dans cet espace que doit se développer une véritable étude africaine du phénomène OVNI.
Chapitre III – 4
LES OVNIS ET LES CULTURES AFRICAINES
Entre le Ciel et l'Invisible : Quand le Vaudou, le Fa et les
Mystères Célestes redéfinissent les OVNIs au Bénin et dans le Golfe de Guinée
Par l'Observatoire des Traditions et Cosmogonies du Golfe de Guinée
Au Bénin, l'ancien Dahomey, la nuit ne tombe pas simplement ; elle révèle. Alors que l'Occident lève les yeux vers le ciel avec des télescopes en quête de vie biologique ou de phénomènes astrophysiques, le regard du pratiquant du Vodun, guidé par la sagesse du Fa, scrute la voûte céleste comme le miroir d'un dialogue constant entre le visible (Aiyé) et l'invisible (Orun).
Dans ce carrefour spirituel, les phénomènes célestes inexpliqués — qu'ils soient comètes, éclairs de chaleur, ou ces lumières errantes que l'on qualifierait aujourd'hui d'OVNI — ne sont pas des anomalies scientifiques, mais des messages. Ce chapitre explore comment la culture vaudou, loin de rejeter l'étranger, l'intègre dans une cosmologie où le ciel est habité, vivant et signifiant.
Pour comprendre la réaction face à un objet volant non identifié au Bénin, il faut d'abord déconstruire la notion occidentale de "ciel vide". Dans la cosmogonie Fon et Yoruba (présente au Bénin), l'univers n'est pas un vide rempli de gaz et de roches, mais une superposition de mondes interconnectés.
1. Mawu et Lisa : Les Maîtres du Ciel
Le panthéon céleste est dominé par le couple dual Mawu-Lisa. Mawu (la Lune, la féminité, la nuit, la fraîcheur) et Lisa (le Soleil, la masculinité, le jour, la chaleur) sont les yeux du créateur suprême Nana-Buruluku.
L'interprétation : Un phénomène céleste n'est jamais "naturel" au sens mécanique du terme. Il est l'expression d'une volonté. Si une lumière traverse le ciel, ce n'est pas un météore, c'est un messager.
Le Serpent Dan : L'arc-en-ciel est la manifestation de Dan, le serpent cosmique qui soutient l'univers et qui transporte les eaux. Aujourd'hui, certaines traînées de condensation ou certains phénomènes lumineux rectilignes peuvent être interprétés par les anciens comme les mouvements de Dan, signalant un rééquilibrage des forces cosmiques.
2. La Stratification des Mondes
Le ciel (Orun) n'est pas une destination lointaine, mais une dimension adjacente. Les "étoiles" sont souvent considérées comme les feux des ancêtres ou les résidences des divinités. Ainsi, un objet qui descend du ciel ou qui y remonte n'est pas nécessairement une "soucoupe volante" au sens de la science-fiction, mais un véhicule spirituel transitant entre les dimensions.
II. Le Fa : L'Herméneutique de l'Inconnu
C'est ici que réside la clé de voûte de la compréhension béninoise des OVNI. Le Fa (ou Ifá chez les Yoruba) n'est pas seulement de la divination ; c'est un système binaire complexe, une base de données de 256 signes (Odú) qui contient la totalité de la connaissance humaine et cosmique.
Face à un phénomène inexpliqué (une lumière pulsante, un objet en forme de cigare, un silence soudain dans la nature accompagnée d'un bruit de tonnerre), le Béninois ne cherche pas la preuve matérielle, il cherche la signification.
Si un phénomène céleste rare survient au-dessus d'un village (par exemple, une "boule de feu" stationnaire) :
· Le Constat : Ce n'est pas une curiosité, c'est un Omen (un signe).
· La Consultation : On ne sort pas une caméra, on sort les chaînes de divination (opkin). Le prêtre du Fa (Babalawo) consulte l'oracle pour savoir qui envoie ce signe.
· Le Diagnostic : Le Fa pourrait révéler que le phénomène est lié à :
· Heviosso : Le dieu de la foudre et de la justice divine. Une lumière intense pourrait être perçue comme une "lance" de Heviosso cherchant un sorcier ou un transgresseur de tabous.
· Les Ancêtres : Un retour des "morts-vivants" pour surveiller une lignée.
· Un déséquilibre : Le ciel "parle" parce que la terre est "sombre" (conflits sociaux, impuretés rituelles).
· Pour le Fa, l'OVNI n'est pas un extraterrestre, c'est un interlocuteur.
III. Phénomènes Célestes et "Chariots des Dieux"
L'histoire orale du Dahomey et les récits des griots regorgent de descriptions qui, relues à l'aune de l'ufologie moderne, présentent des similitudes troublantes.
1. Les Étoiles qui Marchent
Dans les contes anciens, on distingue les étoiles fixes (les ancêtres) des "étoiles qui marchent" (les planètes, mais aussi les esprits voyageurs). Les récits parlent de "pagnes de lumière" descendant sur la colline d'Agoué ou près du lac Nokoué.
L'analyse : Ces descriptions correspondent aux rapports modernes de "lumières orange » ou de "trains de lumières" observés dans les zones rurales du Bénin. Là où l'occidental voit un drone ou un satellite, le villageois voit une procession d'esprits (Zin) ou une manifestation de Legba, le maître des carrefours, qui ouvre une route entre les mondes.
2. Le Mythe des "Oiseaux de Fer"
Certaines prophéties anciennes, transmises oralement dans les couvents Vodun, parlaient d'un temps où des "oiseaux de fer sans ailes" cracheraient du feu et où des "hommes descendraient des nuages".
Le syncrétisme actuel :
Aujourd'hui, face à l'arrivée de la technologie ou aux sightings d'OVNI, beaucoup y voient l'accomplissement de ces prophéties. L'OVNI devient alors la matérialisation technologique d'une ancienne promesse spirituelle. Ce n'est pas une invasion, c'est un cycle qui se ferme.
3. Mami Wata et le Ciel
Il existe une connexion subtile entre les esprits des eaux (Mami Wata) et le ciel. Mami Wata est souvent associée aux étoiles et à la lune (marées). Des témoignages dans les zones côtières (Ouidah, Grand-Popo) rapportent des lumières venant de la mer et remontant vers le ciel.
L'interprétation : Le vecteur eau-espace est crucial. L'OVNI n'est pas toujours "aérien", il est "aquatique-céleste". Il marque le lien entre les profondeurs (l'inconscient, les morts) et les hauteurs (les dieux).
IV. Études de Cas : Quand le Moderne rencontre l'Ancestral
Bien que la littérature scientifique sur les OVNI au Bénin soit rare, l'anthropologie des croyances nous offre des grilles de lecture fascinantes sur des événements récents.
Le Cas des "Lumières de la Forêt des Moines". Des rapports sporadiques mentionnent des lumières vertes ou rouges survolant les zones sacrées (comme la Forêt Classée de la Alibori ou les zones sacrées d'Abomey). Réaction locale : Il n'y a pas de panique. Les gardiens du lieu savent que ces lumières sont les "yeux" des Tof (esprits de la brousse) ou des Aziza (petites gens/fées). Le Fa dit : Si ces lumières deviennent fréquentes, le Fa prescrit des sacrifices pour "calmer le ciel". Le phénomène OVNI est traité comme une nuisance spirituelle ou une exigence rituelle, et non comme une menace militaire.
Lors des éclipses ou des phénomènes de "ciel rouge", la croyance populaire craint que le "Grand Serpent" ne tente d'avaler la lumière. Lien avec les OVNI : Si un objet obscur masque les étoiles ou semble "aspirer" la lumière ambiante (phénomène rapporté dans les dossiers ufologiques mondiaux), il sera immédiatement identifié comme une manifestation de forces chaotiques nécessitant l'intervention des prêtres de Sakpata (dieu de la terre et des maladies) pour restaurer l'ordre.
V. Conclusion : Une Ufologie Spirituelle
Au Bénin, la culture Vodun et le Fa opèrent une ufologie spirituelle. Là où la science occidentale sépare l'observateur de l'observé, la pensée dahoméenne les unit.
· L'Intentionnalité : Un OVNI n'est pas un caillou qui tombe, c'est une volonté qui s'exprime.
· La Moralité : Le phénomène céleste est souvent lié à l'état moral de la communauté. Un ciel "agité" par des lumières étranges reflète une terre "agité" par des conflits non résolus.
· La Technologie Spirituelle : Le Fa est perçu comme une technologie aussi avancée que le radar. Il permet de "détecter" l'origine du phénomène non pas par sa signature thermique, mais par sa signature vibratoire (Asè).
En définitive, pour le Béninois initié, regarder un OVNI traverser le ciel nocturne de Cotonou ou de Porto-Novo, c'est comme recevoir une lettre recommandée des ancêtres ou des dieux. On ne se demande pas "de quelle planète vient-il ?", mais "que me veut-il ?".
Dans cette optique, le Bénin n'est pas seulement le berceau du Vodun, mais peut-être l'un des derniers sanctuaires où le ciel n'a pas encore été désenchanté, et où chaque lumière inconnue reste une invitation au dialogue avec l'Invisible.
Chapitre III - 5
LES OVNIS ET LES CULTURES AFRICAINES
Wokloni, wokolo et les lumières du Mali
Génies, manifestations lumineuses et phénomènes de l'invisible dans la tradition mandingue face aux OVNIs
Introduction — Quand une lumière dans le ciel n'est pas nécessairement un « OVNI »
Dans l'histoire occidentale du phénomène OVNI, une lumière inhabituelle dans le ciel est généralement recherchée dans un vocabulaire relativement récent : soucoupe volante, cigare volant, objet volant non identifié, PAN, UAP. Dans certaines traditions africaines, et notamment dans l'espace mandingue, le même événement peut être interprété dans une tout autre grille de lecture. Une lumière nocturne mystérieuse peut appartenir au domaine du visible et de l'invisible, être associée à un génie, à un être surnaturel, ou à une manifestation dont la nature n'est pas immédiatement explicable.
C'est précisément ce qui rend le Mali particulièrement intéressant pour une histoire culturelle des phénomènes aériens inhabituels. Le mot wokolo, auquel est associé wokloni dans certaines sources contemporaines, apparaît dans des discussions consacrées aux traditions mandingues. Lors du colloque international de Bamako de 1976, l'historien malien Djibril Tamsir Niané établissait ainsi un rapprochement entre le djinn des traditions islamiques et le wokolo malinké.
Mais cette tradition ne se réduit pas à une simple traduction :
Djinn = wokolo = OVNI.
Une telle équivalence serait historiquement et anthropologiquement abusive. Il faut plutôt comprendre comment une culture décrit les êtres invisibles et les phénomènes extraordinaires, puis étudier les éventuels rapprochements avec certains récits modernes de PAN.
Le Manding constitue un espace culturel historique qui dépasse largement les frontières actuelles du Mali. Il concerne notamment des régions du :
· Mali ;
· Nord de la Guinée ;
· Sénégal oriental ;
· Côte d'Ivoire ;
· Burkina Faso ;
· Gambie.
C'est dans cet espace culturel que se sont développées les traditions liées à l'histoire de l'ancien empire du Mali et à la tradition orale mandingue. La littérature scientifique de Youssouf Tata Cissé est particulièrement importante pour comprendre cette tradition. La Bibliothèque nationale de France le répertorie comme auteur de travaux sur les traditions maliennes et mandingues, notamment Paysans Malinké du Haut-Niger et La Charte du Mandé et autres traditions du Mali. Cissé a notamment travaillé avec le célèbre traditionniste et griot Wa Kamissoko. Il faut donc replacer la notion de wokolo dans cette tradition orale plutôt que dans la littérature ufologique moderne.
WOKOLO : UN TERME ASSOCIÉ AU MONDE DES GÉNIES
La source la plus directement pertinente que j'ai retrouvée est le compte rendu consacré par UAP Afrique aux traditions mandingues. Lors du deuxième colloque international de Bamako de la Fondation SCOA pour la recherche scientifique en Afrique noire, organisé en février 1976, Djibril Tamsir Niané expliquait que le terme malinké wokolo pouvait correspondre, dans certains contextes, à la notion de djinn. La citation rapportée est particulièrement intéressante :
« …il y a un autre mot qui correspond au Djinn en malinké, c’est le mot wokolo. »
Il faut toutefois comprendre le sens de cette déclaration. Niané ne disait pas nécessairement : « les Wokolo sont des extraterrestres ». Il établissait une correspondance conceptuelle entre deux systèmes de représentation :
D'un côté :
Le djinn - Dans la tradition islamique ;
de l'autre :
Le wokolo dans certaines traditions mandingues.
Cette nuance est fondamentale.
La même source rapporte ensuite les propos de Wa Kamissoko, qui distingue plusieurs catégories de génies dans la tradition mandingue. Il mentionne : Nyama, Sigifen, Konkoma, Gwere, Wokolo et Bilisi. Il faut ici faire attention : la formulation rapportée parle de « cinq sortes de génies » mais énumère six appellations. Cela peut traduire soit une particularité de transcription, soit une catégorie englobante ou une différence dans le compte rendu. Il serait donc imprudent de transformer cette liste en classification rigide sans retourner au texte original du colloque. Mais une chose est claire : Wokolo n'est pas présenté comme le nom générique de tous les phénomènes extraordinaires. Il constitue une catégorie particulière dans un ensemble plus vaste d'êtres ou forces invisibles.
LE KONKOMA : UNE CATÉGORIE PARTICULIÈREMENT INTÉRESSANTE
Parmi les catégories citées figure : KONKOMA Dans la littérature secondaire consacrée à ces traditions, le Konkoma est associé à des manifestations pouvant prendre la forme de : lumières ; flammes ; points lumineux ou traînées lumineuses. C'est précisément cette caractéristique qui permet d'établir un rapprochement prudent avec certains témoignages modernes de phénomènes lumineux.
Mais attention : « phénomène lumineux » ne signifie pas « OVNI ». Un Konkoma appartient au registre cosmologique et religieux traditionnel, alors qu'un PAN est une catégorie moderne d'observation aérienne. Le rapprochement est donc phénoménologique, pas ontologique.
On peut présenter provisoirement la structure ainsi :
Terme | Domaine général | Intérêt pour l'étude des PAN |
Wokolo | Génie / être invisible | Culturel |
Konkoma | Manifestation ou catégorie de génie associée notamment à des phénomènes lumineux | Très intéressant |
Nyama | Force/être dans la cosmologie mandingue | Anthropologique |
Sigifen | Catégorie de génie | Anthropologique |
Gwere | Catégorie de génie | Anthropologique |
Bilisi | Catégorie d'êtres surnaturels | Anthropologique |
Cette distinction permet d'éviter une erreur fréquente des anciennes publications ufologiques : prendre une catégorie traditionnelle et lui donner directement une interprétation extraterrestre.
Dans de nombreuses cultures, les phénomènes lumineux nocturnes constituent une frontière entre : le monde ordinaire et le monde extraordinaire. Dans le contexte sahélien, cette frontière est particulièrement importante. Le paysage nocturne malien est immense : savane ; désert ; fleuves ; plaines ; montagnes isolées ou encore villages peu éclairés. Avant l'éclairage électrique généralisé, une lumière apparaissant soudainement dans un paysage nocturne pouvait avoir un impact psychologique considérable. Une lumière : immobile ; mobile ; rouge ; blanche ou encore descendant, pouvait facilement être intégrée à un système culturel permettant de lui donner un sens. C'est ici que l'étude des traditions devient indispensable.
LE TÉMOIGNAGE DE KELA : UNE APPLICATION CONCRÈTE
Le village de Kela, dans la région du Mandé, fournit un exemple particulièrement intéressant. Un témoignage recueilli par Tristan Routier en 2004 auprès du griot Mamadou Ba Kamissoko raconte une expérience remontant à son adolescence. Le témoin aurait aperçu, de nuit, une : forte lumière rouge semblant provenir d'un arbre.
Sa première interprétation n'est pas : « j'ai vu un vaisseau spatial ». Il l'interprète dans son univers culturel comme une manifestation liée aux djinns. Ce point est capital. Le phénomène est perçu d'abord. Puis il est interprété culturellement. Cette distinction est au cœur de ce chapitre.
Un autre récit rapporté dans la même étude concerne Lansine D. Alors qu'il circulait à bicyclette avec plusieurs compagnons, il aurait observé une lumière rouge située au-dessus d'un arbre. La lumière aurait ensuite semblé projeter un faisceau dans leur direction. Les témoins auraient eu l'impression que la lumière les accompagnait jusqu'au village. Pour une étude ufologique moderne, on pourrait immédiatement relever : lumière rouge ; plusieurs témoins ; déplacement et comportement apparemment intelligent. Mais une étude anthropologique doit poser une autre question : Comment les témoins eux-mêmes ont-ils compris ce qu'ils voyaient ? Et c'est là que la notion de wokloni/wokolo devient intéressante.
Un catalogue occidental pourrait classer : « lumière rouge non identifiée ». Mais cette classification supprime une partie de l'information. Le témoin malien possède déjà un vocabulaire permettant d'intégrer le phénomène dans son univers culturel : djinn, génie, wokolo, wokloni ou Konkoma. Le récit n'est donc pas seulement une observation physique. Il devient également : une expérience culturelle.
Il faut également être prudent avec la forme wokloni. Les sources ne sont pas parfaitement homogènes dans leur transcription. On rencontre notamment : wokolo - wokloni - des formes dérivées ou francisées. Il existe par ailleurs aujourd'hui au Mali une société culturelle appelée Wôklôni, et le terme est également utilisé dans le domaine artistique et audiovisuel. Le gouvernement malien a officiellement enregistré une société « WOKLONI SARL » à Bamako en 2014. Une source malienne explique également que le nom Wokloni TV avait été choisi parce que « wokloni » désignait, dans l'explication donnée par le promoteur, les personnages utilisés dans les dessins animés pour enfants. Cela montre que le terme a une vie culturelle contemporaine, mais ne constitue évidemment pas une preuve sur sa signification traditionnelle.
Le cas du wokolo est particulièrement intéressant parce qu'il illustre les interactions entre : traditions mandingues et vocabulaire islamique. Le terme djinn est évidemment profondément enraciné dans la culture islamique. Mais dans les sociétés ouest-africaines islamisées, les concepts islamiques n'ont pas simplement remplacé les cosmologies antérieures. Il s'est produit des phénomènes de : traduction ; adaptation ou encore superposition. Ainsi, un être invisible traditionnel peut être décrit avec le vocabulaire du djinn. C'est exactement ce que suggère le rapprochement établi par Djibril Tamsir Niané entre djinn et wokolo.
LE RÔLE DES GRIOTS
Impossible de comprendre ce sujet sans parler des griots et des traditionnistes. La transmission de la mémoire mandingue a longtemps reposé sur : la parole ; les généalogies ; les récits ; les connaissances rituelles et les descriptions du monde invisible. Wa Kamissoko, avec lequel Youssouf Tata Cissé a travaillé, est particulièrement important dans ce domaine. La BnF confirme que Youssouf Tata Cissé a publié et traduit des traditions mandingues et qu'il est notamment associé à des travaux issus de la tradition orale malienne. Ce matériau est donc très différent d'un rapport militaire ou d'une fiche d'observation OVNI.
LE COLLOQUE DE BAMAKO DE 1976 : UN MOMENT EXCEPTIONNEL
Le deuxième colloque international de Bamako de la Fondation SCOA, en février 1976, mérite une place particulière dans votre ouvrage. Pourquoi ? Parce que des spécialistes issus de disciplines différentes : historiens ; anthropologues ; archéologues ; linguistes ou traditionalistes, se sont retrouvés pour discuter des cultures africaines. C'est dans ce contexte que les notions de : djinn et wokolo ont été discutées. Ce document est particulièrement précieux car il permet d'étudier la tradition avant sa récupération massive par la littérature OVNI contemporaine.
On peut constater une ressemblance entre récit traditionnel « lumière mystérieuse / génie / manifestation lumineuse » et récit contemporain « lumière inconnue / PAN / objet lumineux ». Mais on ne peut pas en déduire :« Les anciens Maliens avaient observé des extraterrestres. » Ce serait une conclusion anachronique. Il existe au moins trois possibilités :
Hypothèse A — phénomène naturel
Certaines lumières pouvaient être : météores ; bolides ; planètes ; étoiles basses sur l'horizon ; feux lointains ou encore phénomènes atmosphériques.
Hypothèse B — phénomènes humains
Comme des lampes ; des feux ; des avions ; des lanternes ou encore des véhicules.
Hypothèse C — phénomènes réellement non identifiés
Certains récits peuvent rester inexpliqués.
Mais aucune de ces trois possibilités ne démontre l'existence d'êtres extraterrestres.
POURQUOI LE MALI EST PARTICULIÈREMENT INTÉRESSANT POUR L'ÉTUDE DES PAN
Le Mali présente une situation très différente de celle des États-Unis. Aux États-Unis :
Observation → rapport → enquête → classification UFO/UAP.
Dans certaines sociétés maliennes :
Observation → récit → interprétation culturelle → intégration dans une cosmologie.
Cela signifie que la base documentaire n'est pas la même. Un chercheur qui ne cherche que les mots :
OVNI – UFO ou soucoupe risque de manquer une grande partie des témoignages. Il faudrait également rechercher : djinn ; génie ; lumière ; feu céleste ; wokolo ; wokloni ; Konkoma ou encore esprit.
UNE POSSIBLE « TYPOLOGIE DES LUMIÈRES » DU MALI
Catégorie | Description | Interprétation traditionnelle |
Lumière ponctuelle | Point lumineux isolé | Génie / manifestation |
Lumière rouge | Lumière rouge nocturne | Djinn / wokolo selon récit |
Flamme | Lumière ressemblant à un feu | Konkoma dans certaines sources |
Traînée lumineuse | Phénomène se déplaçant rapidement | Manifestation / phénomène céleste |
Lumière stationnaire | Point lumineux immobile | Génie / astre / phénomène naturel |
Lumière mobile | Déplacement apparent | Génie / phénomène céleste |
Lumière avec faisceau | Projection lumineuse | Récit extraordinaire |
Manifestation humanoïde | Être associé à une lumière | Wokloni/wokolo dans certains récits |
Cette classification devrait toutefois être présentée comme outil de recherche, et non comme une classification traditionnelle malienne officielle.
LE CAS DES « PETITS ÊTRES »
Il existe également dans la culture populaire malienne contemporaine une représentation du petit peuple associé aux Wokloni. Une présentation culturelle française consacrée au « petit peuple du Mali » mentionne ainsi les Wokloni parmi plusieurs catégories de personnages surnaturels ou folkloriques maliens. Mais je ne souhaite pas utiliser cette source comme autorité ethnographique principale, il vaut mieux partir des travaux de : Youssouf Tata Cissé et Wa Kamissoko puis utiliser les publications contemporaines comme matériau complémentaire.
Il y a une autre dimension fascinante. Le Mali possède des environnements où les phénomènes lumineux nocturnes peuvent être particulièrement difficiles à identifier : le Sahara, le Sahel, la vallée du Niger ainsi que les savanes du Mandé. Dans un ciel très peu pollué par la lumière artificielle, une planète brillante ou un phénomène atmosphérique peut prendre une apparence spectaculaire. Il faut donc faire simultanément :
Anthropologie + astronomie + météorologie + histoire + ufologie.
C'est précisément cette interdisciplinarité qui peut donner une réelle valeur scientifique à cette étude. Le cas malien permet finalement de poser une question beaucoup plus large
:
Et si une partie du problème OVNI en Afrique avait été mal documentée simplement parce que les témoins n'utilisaient pas le vocabulaire occidental de l'OVNI ?
C'est une hypothèse de recherche parfaitement légitime. Elle ne signifie pas que les génies africains sont des extraterrestres. Elle signifie que : les phénomènes inhabituels peuvent être décrits différemment selon les cultures. C'est une distinction fondamentale.
CONCLUSION
La tradition du wokolo/wokloni et des manifestations lumineuses du Mandé représente l'un des matériaux culturels les plus intéressants utilisé dans le cadre de cette étude consacré aux OVNI et aux cultures africaines. Elle montre que l'expérience d'une lumière étrange dans le ciel ou dans le paysage nocturne n'est pas nécessairement née avec Kenneth Arnold en 1947 ou avec les « soucoupes volantes » américaines. Les sociétés mandingues disposaient déjà de catégories permettant de penser : les êtres invisibles ; les génies ; les manifestations lumineuses ; les apparitions et les phénomènes extraordinaires.
Les travaux de Djibril Tamsir Niané, Wa Kamissoko et Youssouf Tata Cissé sont donc fondamentaux pour replacer ces récits dans leur contexte culturel. La BnF confirme notamment l'importance de Cissé dans l'étude et la transmission des traditions orales maliennes.
Mais la prudence scientifique reste indispensable. Un Wokolo n'est pas un extraterrestre. Un Konkoma n'est pas nécessairement un OVNI. Une lumière rouge n'est pas nécessairement un PAN. Ce qui est scientifiquement intéressant, c'est le rapport entre le phénomène observé, le vocabulaire disponible pour le décrire et le système culturel permettant de lui donner un sens. Et c'est probablement là que le Mali apporte quelque chose de très original à votre recherche sur les OVNI en Afrique : il ne s'agit pas seulement de rechercher des « soucoupes volantes » dans les archives africaines, mais de comprendre comment les sociétés africaines ont historiquement nommé, interprété et transmis les expériences inhabituelles du ciel et de l'invisible.
Sources principales à retenir
- Djibril Tamsir Niané / Wa Kamissoko — traditions mandingues discutées au colloque de Bamako de 1976, rapportées et contextualisées par UAP Afrique.
- Youssouf Tata Cissé, ethnologue et historien malien, spécialiste de la littérature orale et des traditions du Mali ; notices et bibliographie à la BnF.
- Témoignages de Kela, recueillis en 20042
- Documentation culturelle contemporaine sur les Wokloni et le « petit peuple » malien, à utiliser comme source complémentaire et non comme source ethnographique principale.
Chapitre III - 6
LES OVNIS ET LES CULTURES AFRICAINES
L'influence des religions chrétiennes sur la perception des phénomènes célestes et aérospatiaux
Introduction — Lorsque le ciel rencontre le monde des esprits
L'étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés en Afrique ne peut pas se limiter à l'inventaire des objets observés dans le ciel. Elle doit également s'intéresser à la manière dont les témoins donnent un sens à ce qu'ils voient.
Une lumière nocturne, une boule lumineuse, un objet silencieux, une formation de points lumineux ou un phénomène semblant descendre du ciel peuvent recevoir des interprétations très différentes selon l'époque, le milieu social, l'éducation, la tradition culturelle et surtout le système religieux auquel appartient l'observateur.
Dans de nombreuses sociétés africaines, la séparation entre le monde matériel et le monde spirituel n'a historiquement pas été conçue de la même manière que dans le rationalisme occidental moderne. Les ancêtres, les esprits, les puissances invisibles, les génies, les forces de la nature et les divinités peuvent appartenir à une même cosmologie dans laquelle le monde visible et le monde invisible communiquent.
L'arrivée puis l'expansion du christianisme n'ont pas simplement supprimé ces représentations. Les recherches anthropologiques et théologiques montrent plutôt un phénomène beaucoup plus complexe : traduction, confrontation, adaptation et parfois syncrétisme. Des catégories chrétiennes telles que Dieu, les anges, les démons, Satan, les miracles ou les apparitions ont été intégrées à des environnements culturels préexistants.
Cette histoire religieuse possède une conséquence indirecte pour l'ufologie africaine : lorsqu'un témoin décrit un phénomène inhabituel dans le ciel, il peut l'interpréter non pas seulement comme une machine, un avion ou un phénomène astronomique, mais comme une manifestation appartenant à un univers spirituel.
Il convient toutefois d'éviter une généralisation essentielle : il n'existe pas une « croyance africaine » unique. Le continent rassemble des centaines de peuples, de langues, de traditions religieuses et d'histoires différentes. Le rapport entre christianisme, religions traditionnelles et phénomènes célestes varie considérablement d'un pays à l'autre.
Avant le christianisme : un ciel peuplé de puissances
Bien avant l'apparition des termes « OVNI », « Flying saucer » ou « UAP », les sociétés africaines possédaient leurs propres manières d'expliquer les phénomènes célestes. Dans diverses traditions, le ciel pouvait être associé aux dieux, aux ancêtres, aux esprits, aux héros mythiques ou à des êtres surnaturels. Mais il faut ici effectuer une distinction fondamentale. Un récit traditionnel parlant d'un être céleste n'est pas automatiquement un récit d'OVNI. L'historien ou l'ufologue doit résister à la tentation de transformer rétrospectivement chaque récit d'être surnaturel en « extraterrestre ».
Une tradition concernant un esprit céleste appartient d'abord à l'histoire religieuse et culturelle de la société qui la porte. Elle ne devient éventuellement intéressante pour l'histoire des OVNI que si des sources permettent d'établir un rapprochement avec une observation concrète : lumière, objet, trajectoire, apparition, traces physiques, témoins multiples, etc.
Le christianisme est présent en Afrique depuis l'Antiquité, notamment en Égypte, en Afrique du Nord et dans la Corne de l'Afrique. Son histoire africaine ne commence donc pas avec les missions européennes du XIXe siècle.
L'expansion chrétienne a toutefois pris une ampleur considérable avec les missions, la colonisation et les transformations sociales des XIXe et XXe siècles. Cette expansion a placé deux systèmes de représentation en contact :
La cosmologie chrétienne
et
les cosmologies religieuses africaines.
Les missionnaires ont souvent cherché à distinguer radicalement le Dieu chrétien des divinités et esprits des religions locales. Mais la réception africaine du christianisme fut rarement une simple substitution.
Les travaux sur la conversion en Afrique montrent au contraire que les populations ont largement traduit les concepts chrétiens dans leurs propres catégories culturelles. Une étude consacrée aux chrétiens sud-africains montre ainsi que la conversion impliquait une négociation de l'identité et une traduction du christianisme dans un idiome africain.
C'est un élément essentiel pour comprendre le phénomène OVNI. Le témoin africain chrétien du XXe ou du XXIe siècle ne raisonne pas nécessairement avec deux systèmes complètement séparés : « Voici ma religion traditionnelle » et « voici le christianisme ». Les deux univers peuvent coexister, se combattre ou se mélanger.
L'un des rapprochements les plus intéressants concerne la question des intermédiaires entre le monde humain et le monde divin. Dans certaines traditions africaines, les ancêtres occupent une position particulière : ils demeurent liés à la communauté des vivants et peuvent jouer un rôle d'intercession ou de médiation. Le christianisme introduit quant à lui les anges, les saints, les archanges et d'autres figures intermédiaires selon les traditions confessionnelles. Des travaux contemporains sur le christianisme africain soulignent précisément cette négociation entre autorité biblique et conscience ancestrale. D'autres recherches parlent explicitement d'une interaction entre christianisme et religions africaines traditionnelles, dans laquelle certaines communautés développent des formes de synthèse plutôt qu'une séparation absolue. Cela peut avoir une conséquence sur la manière dont une apparition céleste est décrite.
Un témoin peut dire :
« J'ai vu un ange. »
Un autre :
« J'ai vu un esprit. »
Un troisième :
« J'ai vu quelque chose dans le ciel. »
Et un ufologue moderne pourra décrire la même catégorie générale d'expérience avec le vocabulaire :
« Phénomène aérien non identifié ».
Ces quatre formulations ne sont pas équivalentes. Elles décrivent quatre niveaux différents : expérience, interprétation culturelle, interprétation religieuse et classification ufologique.
La présence des anges dans le christianisme constitue un point particulièrement intéressant pour l'histoire des OVNI.
La Bible contient de nombreux récits de manifestations surnaturelles, d'apparitions célestes, de messagers et de phénomènes extraordinaires. Dans certaines communautés chrétiennes africaines contemporaines, le monde invisible est considéré comme très présent dans la vie quotidienne. Des recherches sur le christianisme pentecôtiste africain montrent que les catégories de démons, esprits, puissances et guerre spirituelle occupent une place importante dans certains courants.
Il existe donc une situation paradoxale. Un phénomène lumineux inhabituel peut être considéré par certains observateurs comme :
· Un signe de Dieu,
· Une manifestation angélique,
· Un miracle,
· Une manifestation démoniaque,
· Un esprit,
· Ou simplement un phénomène physique encore inexpliqué.
La même observation peut donc traverser plusieurs systèmes d'interprétation.
La montée du pentecôtisme et la « guerre spirituelle »
Cette question devient particulièrement importante au XXe siècle et au début du XXIe siècle avec l'essor spectaculaire des mouvements pentecôtistes et charismatiques. Une partie du pentecôtisme africain insiste fortement sur :
1. Le Saint-Esprit ;
2. Les miracles ;
3. Les guérisons ;
4. Les visions ;
5. Les rêves ;
6. Les délivrances ;
7. Les possessions ;
8. Les démons ;
9. Les forces spirituelles ;
10. Les combats entre puissances du bien et du mal.
Des travaux universitaires ont montré que le christianisme pentecôtiste a parfois reformulé les anciennes conceptions de la sorcellerie et des puissances invisibles à travers le vocabulaire chrétien de Satan et des démons. Allan Anderson a également étudié la place de l'exorcisme et de la « délivrance » dans le pentecôtisme africain et leur relation avec les conceptions africaines du monde des esprits. Cela nous intéresse directement. Dans un environnement où le ciel et le monde invisible sont considérés comme capables d'intervenir dans la vie humaine, un phénomène aérien inhabituel peut recevoir une signification spirituelle beaucoup plus rapidement que dans une culture strictement matérialiste. Mais là encore, il faut éviter le raccourci : « Les Africains voient des OVNI parce qu'ils croient aux esprits. » Cette affirmation serait scientifiquement insoutenable. La bonne question est plutôt : Comment les systèmes religieux influencent-ils l'interprétation donnée par les témoins à des phénomènes qu'ils ne comprennent pas immédiatement ?
Un autre phénomène mérite d'être étudié : la démonisation de l'OVNI. Ce phénomène n'est d'ailleurs pas spécifiquement africain. Dans le monde chrétien occidental, certains auteurs et prédicateurs ont depuis longtemps interprété les OVNI comme des manifestations démoniaques ou comme des « signes » liés aux prophéties bibliques. Les recherches universitaires sur la religion et l'ufologie montrent que cette interprétation est apparue relativement tôt dans l'histoire moderne des OVNI. Christopher Partridge a étudié ce phénomène et montre que certaines interprétations contemporaines de l'extraterrestre malveillant puisent largement dans la démonologie chrétienne. Autrement dit, le schéma :
Créature inconnue → entité surnaturelle → démon
N’est pas une spécificité africaine.
Mais en Afrique, il peut rencontrer un environnement religieux dans lequel la question des esprits, des démons, de la sorcellerie et des forces invisibles possède déjà une forte importance sociale dans certaines communautés.
Il existe également une interprétation diamétralement opposée. Le phénomène aérien peut être considéré comme :
· Un signe de Dieu,
· Un messager céleste,
· Un avertissement,
· Une manifestation angélique,
· Ou encore un miracle.
Cette interprétation est particulièrement intéressante parce qu'elle rapproche deux vocabulaires :
Vocabulaire religieux | Vocabulaire ufologique |
Ange | Entité |
Messager céleste | Occupant |
Vision | Rencontre |
Miracle | Phénomène inexpliqué |
Signe divin | Manifestation |
Apparition | Observation |
Ciel | Espace aérien |
Puissance spirituelle | Intelligence non humaine |
Il ne faut évidemment pas conclure que ces catégories désignent la même réalité. Mais elles peuvent fonctionner comme des cadres d'interprétation concurrents d'une expérience inhabituelle.
Un terrain particulièrement intéressant est celui des Églises africaines indépendantes et apostoliques. Ces mouvements ont souvent développé des formes de christianisme fortement adaptées aux cultures locales. La frontière entre :
· Prière,
· Vision,
· Rêve,
· Prophétie,
· Guérison,
· Possession,
· Esprit,
· Révélation
Peut y être conçue différemment de celle que l'on rencontre dans les Églises européennes traditionnelles.
Les chercheurs ont justement insisté sur le fait que le christianisme africain ne devait pas être considéré comme une simple importation européenne. Il s'est progressivement africanisé, donnant naissance à des formes théologiques et liturgiques originales. Pour l'étude des OVNI, cela ouvre une piste considérable les archives des Églises, des missions, des pasteurs et des communautés religieuses pourraient contenir des récits de phénomènes célestes qui n'ont jamais été enregistrés par les organisations ufologiques.
Les pasteurs et les observations célestes
Il faudrait donc, dans une recherche historique approfondie, consulter non seulement les archives militaires et la presse, mais également :
· Archives missionnaires ;
· Bulletins paroissiaux ;
· Journaux religieux ;
· Témoignages de pasteurs ;
· Archives des Églises indépendantes ;
· Publications pentecôtistes ;
· Témoignages de guérisseurs convertis ;
· Récits de visions ;
· Archives de mouvements charismatiques.
C’est une piste intéressante car un témoin qui pense avoir vu « un démon » n'a aucune raison d'envoyer spontanément son témoignage à une association ufologique. Inversement, un pasteur peut conserver un récit qu'un ufologue ne retrouvera jamais dans une base NUFORC, MUFON ou Enigma.
Il faut également tenir compte du problème linguistique. Le mot français « esprit » peut recouvrir des réalités très différentes. De même ; demon ; djinn ; genie ; ange ou apparition ; …. ne sont pas nécessairement des équivalents exacts. Un enquêteur qui traduit directement un témoignage africain en français ou en anglais risque donc de modifier involontairement le sens original. Pour un ouvrage scientifique, il serait préférable de conserver autant que possible : Le terme utilisé par le témoin ; Sa traduction littérale ; Son contexte culturel et l’interprétation donnée par le témoin lui-même.
Christianisme et « extraterrestres »
Une question plus moderne apparaît ensuite. À partir des années 1950, le vocabulaire international change. Le terme : « esprit » peut progressivement être remplacé dans certains milieux par : « extraterrestre ». Et le terme : « manifestation céleste » par : « OVNI ». Cette évolution est importante.
Elle ne signifie pas nécessairement que la croyance ancienne s'est transformée en ufologie. Elle signifie que le vocabulaire disponible pour décrire l'inconnu a changé.
Dans les années 1950, un témoin peut parler de « soucoupe volante ».
Dans les années 1990, « d’OVNI ».
Dans les années 2020, « d’UAP ».
Dans un contexte religieux, il peut toujours parler « d'ange », de « démon » ou « d'esprit ».
L'Afrique australe fournit un terrain particulièrement intéressant pour cette étude. L'Afrique du Sud possède à la fois une longue histoire ufologique, des traditions religieuses multiples et un important développement des mouvements chrétiens pentecôtistes. Elle possède également ses propres recherches sur les « UFO religions ». Des travaux consacrés spécifiquement à l'Afrique du Sud ont étudié l'existence de mouvements religieux liés aux OVNI, notamment autour de personnalités comme Credo Mutwa et Christo Louw. Il s'agit toutefois d'un phénomène différent du christianisme traditionnel.
Il faut distinguer :
Christianisme + interprétation religieuse des OVNI
De
Religion OVNI organisée.
Les deux phénomènes peuvent se rencontrer, mais ils ne doivent pas être confondus.
L'idée extraterrestre pose également une question théologique. Si une civilisation extraterrestre existait, serait-elle : une autre création de Dieu ? Composée d'êtres ayant eux aussi une âme ? Dépourvue de péché ? Soumise au salut chrétien ? ou assimilable à des anges ? Ces questions ne sont pas propres à l'Afrique. Elles sont débattues dans la théologie chrétienne contemporaine. Mais elles prennent une dimension particulière dans les sociétés où le monde visible et le monde invisible sont déjà fortement imbriqués dans les représentations religieuses.
Il faut aussi prendre en compte un phénomène moderne : la circulation des récits par : radio ; télévision ; Facebook ; YouTube ; TikTok ou encore WhatsApp.
Une observation initialement décrite simplement comme : « une lumière étrange » peut devenir quelques heures plus tard : « un signe de Dieu » où : « une manifestation démoniaque » où : « un vaisseau extraterrestre ». La transformation du récit peut donc intervenir après l'observation elle-même. Pour l'enquêteur, il est essentiel de retrouver si possible la première version du témoignage.
Prenons un exemple hypothétique. Un villageois observe pendant dix minutes une lumière rouge se déplaçant silencieusement.
Première description
« J'ai vu une lumière rouge dans le ciel. »
Interprétation traditionnelle
« C'était un esprit. »
Interprétation chrétienne
« C'était peut-être un ange ou une manifestation démoniaque. »
Interprétation journalistique
« Un mystérieux objet volant a été observé. »
Interprétation ufologique
« Observation d'un PAN. »
Interprétation astronomique
« Étoile, planète, satellite, météore ou rentrée atmosphérique. »
L'événement observé est le même. Ce sont les cadres interprétatifs qui diffèrent. C'est probablement l'un des points les plus importants à faire ressortir dans votre livre.
Il faut être très clair sur ce point., on ne peut pas démontrer que l'expansion du christianisme aurait créé une augmentation réelle des phénomènes aérospatiaux inconnus. Ce que l'on peut étudier, en revanche, est beaucoup plus intéressant : le christianisme a modifié le vocabulaire et les catégories disponibles pour interpréter certaines expériences extraordinaires. La recherche sur la religion africaine montre d'ailleurs que la rencontre entre christianisme et traditions locales est un processus dynamique de négociation, de traduction et de transformation plutôt qu'une simple disparition des anciennes croyances.
Dans une présentation, un ouvrage, un exposé ou encore une conférence, 3 niveaux dans une observation :
Niveau 1 : Que s'est-il réellement passé ?
Date ; Direction ; Forme Photographie ; | Heure ; Altitude apparente ; Déplacement Radar | Durée ; Luminosité Témoins Traces. |
Niveau 2 — L'interprétation du témoin - Qu'a pensé avoir vu le témoin ?
Avion Ange ; Miracle ; | OVNI ; Démon ; Extraterrestre. | Esprit ; Ancêtre |
Niveau 3 - L'interprétation de l'enquêteur - Quelles explications sont compatibles avec les données ?
Satellite ; Rentrée atmosphérique Phénomène réellement non identifié. | Étoile ; Avion ; Ballon ; Météore | Planète Phénomène météorologique ; Artefact photographique |
Cette séparation est fondamentale. Elle permet de respecter la croyance du témoin sans transformer cette croyance en preuve physique.
Archives religieuses – Si on en avait les moyens, il serait intéressant de fouiller diverses archives afin d’identifier tous les phénomènes qui auraient été interprété suivant les pensées locales et qu’on pourrait assimiler à des observations d’ovni :
Missions catholiques ; Missions protestantes ; Églises apostoliques africaines ; Églises indépendantes. Récits de phénomènes lumineux. | Églises baptistes ; Églises presbytériennes Correspondance des missionnaires ; Témoignages de prêtres | Églises pentecôtistes Églises anglicanes ; Églises méthodistes Bulletins paroissiaux Journaux missionnaires Rapports de mission ; Récits d'apparitions | Églises adventistes ; Témoignages de pasteurs ; Archives diocésaines ; Presse religieuse ; Comptes rendus de « miracles » |
Cette approche pourrait permettre de retrouver des observations qui n'ont jamais été cataloguées par les ufologues.
Une question particulièrement intéressante : le passage « esprits → extraterrestres »
Dans certaines sociétés, un être invisible pouvait autrefois être décrit comme :
Esprit → génie → ancêtre → démon → ange
Alors que dans la culture contemporaine il pourra devenir :
OVNI → extraterrestre → entité non humaine → intelligence non humaine.
Mais il ne faut surtout pas présenter cette chaîne comme une évolution universelle. Elle doit être considérée comme une hypothèse de recherche à tester pays par pays et cas par cas. L'anthropologie religieuse fournit en revanche une base solide pour étudier la manière dont les catégories religieuses se transforment au contact du christianisme et de la modernité.
Une erreur fréquente consiste à présenter :
Croyances africaines = tradition OVNI = modernité occidentale.
La réalité est beaucoup plus complexe. Un ingénieur africain peut croire au christianisme pentecôtiste. Un universitaire peut croire à l'existence d'un monde spirituel. Un villageois peut parfaitement utiliser un smartphone, suivre les lancements de SpaceX et interpréter simultanément une expérience inhabituelle dans un cadre religieux.
Les catégories modernes et traditionnelles peuvent donc coexister chez une même personne. C'est justement cette coexistence qui rend l'Afrique particulièrement intéressante pour l'étude sociologique du phénomène OVNI.
Cette recherche ne doit pas être à sens unique car en effet l'Afrique peut également aider à comprendre l'histoire générale des OVNI. En Occident, l'enquêteur demande généralement : « Qu'avez-vous vu ? » Puis : « Était-ce un avion ? »
En Afrique, l'enquête pourrait devoir ajouter : « Qu'avez-vous pensé que c'était ? » puis : « Dans votre culture ou votre religion, comment appelle-t-on ce genre de manifestation ? »
Cette seconde question peut être déterminante. Elle permet de comprendre la construction sociale du récit OVNI.
Conclusion — Entre le ciel, la religion et l'inconnu
L'histoire des OVNI en Afrique ne peut donc être comprise uniquement à travers les rapports d'observations. Elle doit également être étudiée à travers les systèmes culturels qui donnent un sens au ciel. Le christianisme a profondément transformé ces systèmes, mais il ne les a pas simplement remplacés. Dans de nombreuses sociétés africaines, les représentations chrétiennes des anges, des démons, des miracles et du monde invisible ont rencontré des traditions plus anciennes relatives aux ancêtres, aux esprits, aux puissances et aux forces surnaturelles. De cette rencontre est née une multitude de configurations religieuses. Dans certaines circonstances, une lumière dans le ciel pourra être un phénomène physique. Dans d'autres, elle pourra être un signe divin. Pour certains témoins, elle pourra être un ange. Pour d'autres, un démon. Pour d'autres encore, un esprit ancestral. Et pour l'ufologue contemporain, elle deviendra un PAN/UAP.
Aucune de ces interprétations ne doit être automatiquement transformée en preuve de la réalité physique d'un phénomène extraterrestre. Mais toutes sont importantes pour comprendre l'histoire sociale des observations. C'est probablement là que réside l'une des grandes spécificités de l'ufologie africaine : le phénomène OVNI ne rencontre pas seulement des sociétés qui observent le ciel ; il rencontre des sociétés dans lesquelles le ciel, le monde des vivants et le monde des esprits ont longtemps été pensés comme des dimensions pouvant communiquer.
Les recherches récentes sur le christianisme africain continuent d'ailleurs à montrer que cette interaction entre christianisme, ancêtres, puissances spirituelles et traditions locales reste un sujet vivant, notamment en Afrique australe et centrale.
Quelques références universitaires utiles
Christopher Partridge, « Alien demonology: The Christian roots of the malevolent extraterrestrial in UFO religions and abduction spiritualities », Religion, 34(3), 2004, p. 163–189.
Allan Anderson, « Exorcism and Conversion to African Pentecostalism », Exchange, 35(1), 2006, p. 116–133.
Knut Rio, Michelle MacCarthy & Ruy Blanes (dir.), Pentecostalism and Witchcraft: Spiritual Warfare in Africa and Melanesia, Palgrave/Springer, 2017.
Sibusiso Masondo, « Indigenous conceptions of conversion among African Christians in South Africa », Journal for the Study of Religion, 28(2), 2016, p. 87–112.
Hans Moscicke, « Reconciling the Supernatural Worldviews of the Bible, African Traditional Religion, and African Christianity », Missionalia, 45(2), 2017.
Benjamin E. Zeller, « At the Nexus of Science and Religion: UFO Religions », Religion Compass, 2011.
Chapitre III - 7
LES OVNIS ET LES CULTURES AFRICAINES
Christianisme, anges, esprits et phénomènes célestes
2 ème partie
Quand le phénomène aérien devient signe religieux
L'étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés en Afrique conduit rapidement à une difficulté particulière : les témoins ne décrivent pas toujours ce qu'ils voient avec le vocabulaire de l'ufologie. Un Européen ayant observé une lumière inhabituelle pourra parler d'un « OVNI », d'une « soucoupe volante », d'un « objet lumineux » ou aujourd'hui d'un « UAP ». Dans certaines sociétés africaines, le même phénomène peut être décrit comme un esprit, un signe de Dieu, une manifestation angélique, un démon, un ancêtre, une apparition ou un miracle.
Cette différence de vocabulaire n'est pas un détail. Elle constitue l'une des difficultés majeures de l'étude historique des phénomènes insolites en Afrique. Il faut cependant éviter une erreur symétrique : considérer que toute apparition d'un esprit, d'un ange ou d'un phénomène céleste dans les traditions africaines serait nécessairement un récit d'OVNI. Une tradition religieuse est d'abord un fait culturel et religieux. Elle ne devient une donnée ufologique que lorsqu'un événement observable et documentable peut être isolé.
L'objectif n'est donc pas de transformer les croyances africaines en « preuves d'extraterrestres », mais de comprendre comment une société interprète un phénomène inhabituel lorsqu'elle dispose de plusieurs systèmes religieux et culturels pour lui donner un sens.
Le christianisme africain : une histoire beaucoup plus ancienne que l'époque coloniale
Il serait historiquement faux de présenter le christianisme comme une religion simplement importée en Afrique par les puissances européennes. Le christianisme possède une histoire africaine très ancienne, notamment en Égypte et dans les régions de l'Afrique du Nord et de la Corne de l'Afrique. Cependant, la période coloniale et missionnaire des XIXe et XXe siècles a profondément transformé la géographie chrétienne du continent.
Catholicisme, protestantisme, anglicanisme, méthodisme, baptisme, adventisme et, plus tard, pentecôtisme et mouvements charismatiques ont progressivement constitué un ensemble religieux extrêmement diversifié. Mais cette christianisation ne s'est pas nécessairement accompagnée de la disparition des conceptions religieuses antérieures. Dans de nombreuses sociétés, le christianisme a été interprété à travers des catégories culturelles africaines préexistantes. C'est particulièrement visible dans certaines Églises africaines indépendantes, où les notions d'ancêtres, d'esprits, de guérison, de possession, de prophétie et de communication avec le monde invisible ont parfois été intégrées ou reformulées dans un cadre chrétien.
Les recherches consacrées aux Églises initiées en Afrique montrent ainsi que le christianisme africain peut constituer une adaptation originale du christianisme aux conceptions religieuses locales.
Cette situation est fondamentale pour comprendre les récits de phénomènes célestes. Dans certaines branches du christianisme africain contemporain, particulièrement dans certains courants pentecôtistes et charismatiques, les réalités invisibles occupent une place importante. Le croyant peut être confronté dans son système de représentation à :
Dieu ; Jésus-Christ Les miracles ; | Le Saint-Esprit ; Les anges ; Les prophéties. | Les démons ; Satan ; Les visions ; | Les esprits ; Les ancêtres ; | Les puissances spirituelles ; |
Les travaux consacrés au pentecôtisme africain ont notamment étudié la place de la « guerre spirituelle », de l'exorcisme et des conceptions relatives aux forces invisibles. Cette situation crée un contexte culturel dans lequel une manifestation inhabituelle n'est pas nécessairement interprétée immédiatement comme un phénomène matériel.
Une lumière peut être un phénomène astronomique. Mais elle peut aussi être considérée comme un signe. Une apparition peut être religieuse. Un rêve peut être prophétique.
Un événement exceptionnel peut être interprété comme une intervention divine.
L'enquête ufologique doit tenir compte de cette pluralité.
La rencontre entre christianisme et religions africaines traditionnelles a notamment produit une transformation du vocabulaire religieux. Dans certaines cosmologies traditionnelles, les ancêtres ou certains esprits peuvent jouer le rôle d'intermédiaires entre les humains et la puissance créatrice. Le christianisme dispose de ses propres intermédiaires : anges, archanges, prophètes, saints selon les traditions confessionnelles. Il serait toutefois simpliste de dire que « les ancêtres sont devenus des anges ». La réalité historique est beaucoup plus complexe. Des Églises africaines ont conservé une place importante aux ancêtres tout en se considérant pleinement chrétiennes. D'autres ont au contraire rejeté radicalement les pratiques ancestrales. Dans certaines Églises initiées africaines du Zimbabwe, par exemple, les ancêtres peuvent occuper une position particulière dans la cosmologie religieuse, alors que les Églises pentecôtistes plus classiques tendent à rejeter ce type de médiation.
Cette coexistence de conceptions différentes est particulièrement importante pour l'étude des récits de phénomènes extraordinaires.
L'exemple exceptionnel de Samuel Mutendi au Zimbabwe
L'un des cas les plus intéressants pour notre étude se situe au Zimbabwe. Samuel Mutendi était le dirigeant de la Zion Christian Church, une importante Église chrétienne africaine. Il mourut le 20 juillet 1976. Trois jours plus tard, dans la nuit du 23 juillet 1976, un phénomène lumineux spectaculaire fut observé dans plusieurs régions de l'actuelle Zimbabwe. Des récits contemporains et des travaux universitaires ultérieurs évoquent un objet ou phénomène décrit comme une forme blanche ou blanchâtre, parfois comparée à une forme circulaire ou à une lumière accompagnée de brume. La presse de Rhodésie s'en fit l'écho. Le Rhodesia Herald du 28 juillet 1976 titra notamment sur un « Mystery Flying Object seen over Rhodesia », tandis que le Chronicle évoqua le même événement et une possible vérification par des experts.
Le phénomène aurait également été observé par des personnes ne faisant pas partie de l'Église. Un météorologue à Bulawayo aurait décrit une forme blanche et brumeuse. Des témoignages furent également attribués à des pilotes, dont le capitaine Gary Allan d'Air Rhodesia, ainsi qu'à la police. Ces éléments donnent au dossier une dimension documentaire intéressante. Mais c'est surtout son interprétation religieuse qui le rend exceptionnel.
« Nyeredzi yaSamere » — l'étoile de Samuel Dans la tradition de la Zion Christian Church, le phénomène fut associé à Samuel Mutendi. Il prit notamment le nom de : Nyeredzi yaSamere — l'étoile de Samuel. Selon les récits rapportés dans les études consacrées à l'Église, les fidèles interprétèrent le phénomène comme le signe annoncé de la présence ou de l'élévation de leur dirigeant. Certains témoignages rapportent même que Mutendi était considéré comme étant « entré dans une étoile ». La scène prit alors une dimension religieuse considérable. Le phénomène céleste n'était plus seulement un objet mystérieux. Il devenait un signe religieux associé à la mort et à la destinée spirituelle du fondateur de l'Église.
C'est un exemple exceptionnel de transformation d'une observation aérienne en événement religieux
Collectif.
Le phénomène au-dessus de Defe Dopota. Le phénomène aurait également été observé à proximité de Defe Dopota, où des fidèles étaient réunis. Selon les récits conservés dans les travaux consacrés à la Zion Christian Church, le phénomène lumineux aurait semblé descendre ou stationner au-dessus de la mission. Une atmosphère de forte émotion religieuse aurait alors gagné les personnes présentes. Certains membres auraient commencé à parler en langues. Le phénomène aurait ainsi été intégré immédiatement à la liturgie et à la mémoire religieuse de la communauté. Il est important de distinguer ici le niveau documentaire :
1. Documenté :
· La mort de Mutendi ;
· L’existence de la Zion Christian Church ;
· Le phénomène signalé quelques jours plus tard ;
· Sa médiatisation ;
· L’existence de récits provenant de plusieurs catégories de témoins ;
· Son interprétation religieuse par les fidèles.
2. Non démontré :
· Que le phénomène était matériellement lié à Mutendi ;
· Qu’il constituait un véhicule ;
· Qu’il s'agissait d'une manifestation surnaturelle ;
· Qu’il s'agissait d'un engin extraterrestre.
·
Cette distinction doit absolument être conservée.
Un phénomène extraordinaire, plusieurs réalités simultanées
Le cas Mutendi montre parfaitement pourquoi l'étude des OVNI africains ne peut pas se limiter à la question :
1. « Qu'est-ce que l'objet ? »
2. Il faut également poser trois autres questions :
3. « Qu'ont réellement vu les témoins ? »
4. « Comment ont-ils interprété ce qu'ils ont vu ? »
5. « Comment la communauté a-t-elle intégré l'événement dans son système religieux ? »
Dans le cas de 1976, ces trois niveaux sont particulièrement visibles.
Niveau physique
Un phénomène lumineux a été observé.
Niveau médiatique
Les journaux l'ont traité comme un phénomène aérien mystérieux.
Niveau religieux
Les membres de la Zion Christian Church y ont reconnu un signe associé à Samuel Mutendi.
Niveau ufologique
Des auteurs ont ensuite intégré l'événement dans l'histoire des observations d'OVNI en Afrique.
Un seul événement peut donc appartenir simultanément à plusieurs histoires : histoire de l'aviation, histoire religieuse, histoire de la presse et histoire de l'ufologie.
Le cas Mutendi n'est pas nécessairement un « OVNI religieux » c’est pourquoi qu’Il faut ici éviter une extrapolation. Le fait qu'un phénomène aérien ait été interprété religieusement ne permet pas de conclure qu'il s'agissait d'un OVNI. Le contraire n'est pas davantage démontré. Le phénomène pourrait avoir été : - météorique ; - astronomique ; - atmosphérique ; - aéronautique ; spatial ; ou réellement non identifié.
L'intérêt historique du dossier ne dépend donc pas nécessairement de la découverte d'une origine extraterrestre. Son intérêt est déjà considérable parce qu'il montre comment une communauté chrétienne africaine a transformé un phénomène céleste inhabituel en événement religieux.
Le mot « signe » est essentiel car dans la tradition chrétienne, un événement exceptionnel peut être interprété comme un signe de l'action divine. Cette logique est très différente de celle de l'enquête scientifique. Le scientifique demande : « Quelle est la cause du phénomène ? » Le croyant peut demander : « Que signifie ce phénomène ? » Ces deux questions ne sont pas nécessairement contradictoires. Elles ne portent simplement pas sur le même niveau d'analyse.
Un chercheur peut donc étudier sérieusement le sens religieux attribué à un phénomène sans adopter lui-même l'explication surnaturelle. Dans les sociétés chrétiennes africaines, l'apparition d'une lumière ou d'une forme céleste peut également être interprétée comme une manifestation angélique. Il faut ici distinguer deux choses. L'ange dans la théologie chrétienne L'ange est une créature spirituelle appartenant au monde religieux. L'« entité » ufologique L'entité est une catégorie descriptive employée dans certains récits d'observation ou de rencontre. Les deux catégories peuvent être rapprochées dans certaines interprétations populaires, mais elles ne sont pas scientifiquement équivalentes.
Un enquêteur doit donc conserver la formulation originale du témoin : « J'ai vu un ange » plutôt que de transformer automatiquement le récit en : « Le témoin a rencontré une entité non humaine. »
L'ange et l'extraterrestre : une vieille confusion ! La confusion entre anges et extraterrestres n'est pas spécifiquement africaine car dans l'ufologie occidentale, certains auteurs ont cherché à réinterpréter des récits bibliques comme des rencontres avec des visiteurs extraterrestres.
Le meilleur exemple est probablement la vision du prophète Ézéchiel. Ézéchiel décrit une vision comprenant notamment :
Une tempête ;
Une grande nuée ;
Du feu ;
Des créatures ;
Des roues ;
Une lumière extraordinaire.
Certains auteurs modernes ont transformé cette vision religieuse en description d'un engin spatial. Cette lecture est cependant une réinterprétation moderne, et non l'interprétation historique dominante du texte biblique.
Des travaux universitaires sur les religions OVNI montrent néanmoins que cette association entre textes bibliques et extraterrestres a joué un rôle important dans certains courants ufologiques et religieux modernes.
Ézéchiel et l'Afrique du Sud
Cette question prend une forme particulière en Afrique du Sud ou certains courants ufologiques sud-africains ont explicitement utilisé la Bible pour construire une interprétation extraterrestre. Le mouvement associé à Christo Louw, par exemple, a développé une lecture dans laquelle certains récits bibliques peuvent être rapprochés de visites extraterrestres. La vision d'Ézéchiel et son « char de feu » occupent une place particulière dans cette littérature. Il faut toutefois distinguer cette ufologie à inspiration biblique du christianisme sud-africain dans son ensemble.
I
l ne s'agit absolument pas d'une doctrine commune aux Églises chrétiennes d'Afrique du Sud.
Credo Mutwa : quand mythologie africaine et ufologie se rencontrent - L'Afrique du Sud offre un autre exemple important avec Credo Mutwa. Mutwa a développé un ensemble de récits dans lesquels certaines traditions zouloues sont associées à des êtres extraterrestres. Dans la littérature qui lui est consacrée, certains de ces êtres sont décrits comme des « fiery ones » ou « êtres de feu ». Certains sont présentés comme dangereux, d'autres comme bienveillants. Certains seraient associés aux dieux ou aux traditions ancestrales.
Ce cas est extrêmement intéressant mais doit être traité avec prudence.
Il ne faut pas écrire :
« La tradition zouloue parle des extraterrestres. »
Il serait plus exact d'écrire :
« Credo Mutwa a proposé une interprétation moderne de certaines traditions zouloues dans un vocabulaire extraterrestre. »
Cette nuance est fondamentale.
Les sources secondaires montrent que Mutwa a également intégré des éléments provenant de la culture ufologique internationale et, plus tard, des thèmes popularisés par David Icke.
Il existe une autre évolution possible. Certains chrétiens considèrent les extraterrestres supposés non pas comme des anges technologiques, mais comme des démons déguisés. Ce phénomène n'est pas spécifique à l'Afrique. Le chercheur Christopher Partridge a étudié cette évolution dans les religions OVNI contemporaines et montre comment certaines représentations modernes de l'extraterrestre malveillant puisent dans la démonologie chrétienne. On trouve donc deux interprétations religieuses opposées :
Extraterrestre = ange
Être supérieur, messager, guide ou sauveur.
Extraterrestre = démon
Être trompeur, dangereux ou hostile.
Dans les deux cas, l'interprétation repose moins sur les caractéristiques physiques du phénomène que sur le système religieux utilisé pour lui donner un sens.
Dans certains courants pentecôtistes, le monde est pensé comme le théâtre d'un affrontement entre forces divines et forces démoniaques. Cela peut concerner : les maladies ; les rêves ; les visions ; la sorcellerie etc… Une lumière mystérieuse observée dans le ciel peut donc être interprétée dans un contexte où l'existence de puissances invisibles est déjà admise. Mais là encore, il faut éviter toute généralisation. Le pentecôtisme africain est extrêmement diversifié.
Zimbabwe : les Églises et les phénomènes célestes
Le Zimbabwe constitue probablement l'un des terrains les plus intéressants car. Il réunit :
§ Une importante tradition chrétienne ;
§ Des Églises africaines indépendantes ;
§ Une forte tradition de récits spirituels ;
§ Une importante littérature ufologique ;
§ Les travaux de Cynthia Hind ;
§ L’affaire de l'école d'Ariel ;
§ Des récits de phénomènes célestes antérieurs à Ariel.
§ Le cas de Samuel Mutendi montre déjà que le phénomène aérien pouvait être intégré dans un récit chrétien plusieurs décennies avant Ariel.
Il constitue donc un précédent historique particulièrement intéressant.
L'affaire de l'école d'Ariel, le 16 septembre 1994, est souvent présentée comme l'une des plus célèbres observations d'OVNI d'Afrique. Les enfants de l'école de Ruwa décrivirent un phénomène aérien et des êtres humanoïdes. Certains témoignages ultérieurs ont évoqué une communication ou un message concernant l'environnement. Mais l'affaire présente également une dimension culturelle. Certains chercheurs ont proposé que des enfants aient interprété les êtres à travers différentes catégories culturelles. Certaines sources évoquent notamment des références aux ancêtres ou à des créatures surnaturelles des traditions shona et ndebele. Cette dimension ne permet pas de déterminer la nature du phénomène.
Elle montre cependant que le contenu d'une expérience collective peut être influencé par les représentations culturelles disponibles aux témoins.
En fait, en Afrique, une observation peut donc changer de catégorie : Imaginons la trajectoire suivante :
Phénomène lumineux
↓
« Je ne sais pas ce que c'est »
↓
« C'est un esprit »
↓
« C'est un signe de Dieu »
↓
« C'est un ange »
↓
« C'est un OVNI »
↓
« C'est un extraterrestre »
Ce schéma ne constitue évidemment pas une loi. Il représente simplement les différentes étapes possibles de la construction d'un récit. Dans certains cas, la chaîne peut fonctionner dans l'autre sens :
OVNI → phénomène naturel
Après enquête.
C'est précisément pourquoi l'enquête doit conserver séparément :
Observation / interprétation / explication.
Une conclusion essentielle
L'étude des OVNI en Afrique révèle donc quelque chose qui dépasse la seule question extraterrestre. Elle montre que le ciel est aussi un espace culturel. Un même phénomène peut être observé par plusieurs personnes et recevoir plusieurs interprétations.
Pour l'un :
« C'était un avion. »
Pour l'autre :
« C'était une étoile. »
Pour un troisième :
« C'était un ange. »
Pour un quatrième :
« C'était un esprit. »
Et pour un ufologue :
« C'était un PAN. »
L'enquête scientifique ne consiste pas à choisir arbitrairement l'une de ces interprétations. Elle consiste d'abord à déterminer ce qui a été effectivement observé, puis à comprendre pourquoi les témoins lui ont donné telle ou telle signification. C'est précisément ce qui rend l'étude africaine particulièrement intéressante.
Le cas Mutendi OVNIS ET RELIGION
23 juillet 1976 — Zimbabwe Événement : phénomène lumineux observé après la mort de Samuel Mutendi, dirigeant de la Zion Christian Church. Description : phénomène blanc ou blanchâtre, parfois décrit comme circulaire et accompagné d'une apparence brumeuse. Témoins : membres de l'Église et personnes extérieures ; témoignages également attribués à un météorologue, à des policiers et à un pilote d'Air Rhodesia. Presse : Rhodesia Herald, Chronicle. Interprétation religieuse : manifestation considérée par des membres de la Zion Christian Church comme le signe lié au décès et à la destinée spirituelle de Mutendi. Nom : Nyeredzi yaSamere — « l'étoile de Samuel ». Interprétation ufologique : phénomène aérien non identifié. Identification physique : non établie dans les sources consultées. Intérêt pour l'histoire des OVNI : exceptionnel, car le cas montre directement comment une observation aérienne peut devenir un événement religieux collectif. Classement proposé : cas historique documenté — interprétation religieuse forte — identification physique non établie. |
Références essentielles
M. Chimininge, étude consacrée à la Zion Christian Church dans BiAS – Bible in Africa Studies, qui documente notamment le phénomène du 23 juillet 1976, la réaction des fidèles et le contexte religieux de Samuel Mutendi.
Christopher Partridge, « Alien demonology: The Christian roots of the malevolent extraterrestrial in UFO religions and abduction spiritualities », Religion, vol. 34, n° 3, 2004, p. 163–189. Cette étude est particulièrement utile pour comprendre la transformation moderne de l'extraterrestre en figure angélique ou démoniaque.
James A. Bishop, étude sur les religions OVNI en Afrique du Sud, notamment les conceptions de Christo Louw et Credo Mutwa et l'utilisation de références bibliques dans certaines constructions ufologico-religieuses sud-africaines.
Michael Lieb, Children of Ezekiel : Aliens, UFOs, the Crisis of Race, and the Advent of End Time, Duke University Press, 1998, pour l'histoire intellectuelle du rapprochement entre Ézéchiel, le divin, la technologie et l'imaginaire extraterrestre.
Chapitre IV
LES ARMÉES AFRICAINES FACE AU PHÉNOMÈNE OVNI
Entre sécurité aérienne, renseignement, archives militaires et phénomènes inexpliqués
Lorsqu'un phénomène aérien inhabituel est observé par un militaire, la question qui se pose en premier lieu n'est généralement pas : « Est-ce un engin extraterrestre ? » Elle est beaucoup plus pragmatique : qu'est-ce qui a pénétré ou traversé l'espace aérien, représente-t-il une menace et peut-on l'identifier ?
Cette distinction est essentielle pour comprendre l'histoire des observations d'OVNI en Afrique. Le continent possède une histoire militaire particulièrement complexe, marquée par la période coloniale, les guerres d'indépendance, la Guerre froide, les conflits régionaux et, plus récemment, la multiplication des drones et des systèmes de surveillance électro-optiques.
Dans ce contexte, les observations de phénomènes aériens inhabituels ont pu être enregistrées sous des appellations très différentes : objet inconnu, appareil non identifié, lumière, ballon, aéronef étranger, phénomène météorologique, satellite, fusée, engin expérimental ou simple anomalie de détection.
Il faut donc se garder d'une difficulté méthodologique majeure : l'absence d'un dossier intitulé « OVNI » dans les archives d'une armée africaine ne signifie pas nécessairement que celle-ci n'a jamais rencontré de phénomène aérien inexpliqué.
L'étude des OVNI en Afrique a longtemps reposé principalement sur les témoignages de civils, les articles de presse et les enquêtes réalisées par des chercheurs indépendants.
Les archives militaires ont, elles, été beaucoup moins exploitées. Cette situation s'explique facilement. Dans de nombreux pays africains, les archives militaires sont difficilement accessibles. Certaines ont été détruites, déplacées ou restent soumises à des restrictions. D'autres sont encore conservées dans les fonds des anciennes puissances coloniales.
Pour les premières décennies du XXe siècle, une partie importante de la documentation concernant l'Afrique se trouve ainsi potentiellement dans les archives britanniques, françaises, portugaises, espagnoles ou sud-africaines.
Il existe donc une géographie archivistique du phénomène OVNI africain.
Pour l'Afrique anglophone, les archives britanniques et celles des anciennes administrations coloniales constituent une source essentielle.
Pour l'Afrique francophone, les archives françaises, notamment militaires, aéronautiques et administratives, peuvent compléter les fonds nationaux.
Pour l'Angola et le Mozambique, les archives portugaises sont particulièrement importantes.
Pour l'ancienne Afrique espagnole, les archives militaires et administratives espagnoles peuvent fournir des informations sur le Sahara, l'Ifni et la Guinée équatoriale.
Cette situation conduit à une conclusion importante : une étude sérieuse du phénomène OVNI en Afrique ne peut pas se limiter aux archives africaines contemporaines.
L'armée face à un objet inconnu : une logique différente de celle des ufologues En effet un chercheur civil peut s'intéresser à la forme d'un objet, à sa luminosité, à sa trajectoire ou à son comportement apparent. Une force aérienne raisonne autrement. Elle cherche notamment à déterminer :
- L’identité de l'aéronef ;
- Son altitude ;
- Sa vitesse ;
- Sa direction ;
- Sa trajectoire ;
- Son origine ;
- La présence éventuelle d'un transpondeur ;
- Sa signature radar ;
- Sa signature infrarouge ;
- Sa capacité de manœuvre ;
- Son éventuelle intention hostile ;
- La possibilité d'une intrusion dans l'espace aérien.
Ainsi, un OVNI militaire est avant tout un problème d'identification et de sécurité aérienne. Ce n'est qu'après élimination des explications conventionnelles que la catégorie « non identifié » prend véritablement son sens. Il faut donc distinguer deux notions souvent confondues :
ü Non identifié ne signifie pas inexplicable.
ü Et encore moins extraterrestre.
La Guerre froide constitue probablement l'une des périodes les plus importantes pour comprendre les rapports militaires aux phénomènes aériens inhabituels en Afrique. Le continent était alors un espace stratégique majeur. Les États-Unis, l'Union soviétique, le Royaume-Uni, la France et d'autres puissances surveillaient les mouvements militaires, les essais de missiles, les activités aériennes et les installations stratégiques. Les armées africaines nouvellement indépendantes se trouvaient souvent équipées de matériels provenant de puissances étrangères. Dans ces conditions, une observation inhabituelle pouvait être liée à :
- Un avion militaire étranger ;
- Un avion de reconnaissance ;
- Un missile ;
- Une rentrée atmosphérique ;
- Un satellite ;
- Un ballon ;
- Une expérience aéronautique ;
- Une activité militaire secrète ;
- Ou un phénomène naturel.
L'histoire des OVNI africains doit donc être replacée dans cette histoire technologique et géopolitique de la Guerre froide.
Un phénomène observé en Afrique peut parfois être mieux documenté dans les archives d'un autre pays que dans celles du pays où l'observation s'est produite. Un exemple particulièrement instructif est celui de Project Blue Book, le programme de l'US Air Force consacré aux observations d'OVNI entre 1947 et 1969. Les archives américaines sont aujourd'hui accessibles aux chercheurs par l'intermédiaire des National Archives. Elles comprennent les dossiers administratifs et les dossiers individuels d'observations. Ces fonds montrent également l'intérêt de rechercher les observations africaines dans les archives militaires étrangères. Certaines observations effectuées sur le continent ont ainsi pu être enregistrées par des organismes militaires ou diplomatiques étrangers alors qu'elles ne figurent pas nécessairement dans les archives nationales africaines. Le cas de Kenema, en Sierra Leone, en 1963, est particulièrement révélateur de cette problématique : l'observation figure dans les archives américaines et a finalement été associée au lancement d'Atlas-Centaur-2. Le cas constitue un excellent exemple de la nécessité de confronter une observation africaine avec les données aéronautiques et spatiales internationales.
Cette méthode est essentielle : un phénomène peut paraître mystérieux dans un journal local et devenir parfaitement compréhensible lorsque l'on consulte les archives de lancement de fusées ou de satellites.
Les archives du ministère sud-africain de la Défense constituent une source particulièrement intéressante pour l'étude des observations aériennes inhabituelles. Le Defence Archives, devenu Documentation Centre, possède des fonds issus des différentes structures du ministère de la Défense. L'institution constitue ainsi un point de départ important pour rechercher des rapports militaires, aéronautiques et administratifs susceptibles d'éclairer certaines observations.
L'ancienne Rhodésie offre un exemple remarquable de la difficulté de séparer histoire militaire, témoignage civil et enquête ufologique. Pendant la période rhodésienne, le pays disposait d'une importante infrastructure aérienne et militaire. Des observations d'objets inhabituels ont été rapportées dans différents contextes. Après l'indépendance du Zimbabwe en 1980, cette histoire ne disparaît pas.et l'un des épisodes la plus célèbre demeure celui de l'école d'Ariel à Ruwa, le 16 septembre 1994 ou des dizaines d'enfants déclarèrent avoir vu un ou plusieurs objets ainsi que des personnages associés à ceux-ci. Mais son intérêt pour l'étude militaire doit être présenté avec prudence : il s'agit avant tout d'un dossier testimonial, et non d'un dossier militaire officiellement établi. Aucune documentation militaire publique ne permet actuellement d'établir qu'un appareil extraordinaire aurait été confirmé par les forces armées. Cette distinction permet d'éviter une erreur fréquente dans la littérature ufologique : transformer une observation civile très médiatisée en « affaire militaire » simplement parce que le pays possédait alors des installations aériennes ou militaires.
Les forces aériennes et les radars
La présence d'un radar change considérablement la valeur d'une observation. Un témoignage visuel isolé peut être influencé par plusieurs facteurs :
- La distance ;
- La perspective ;
- Les conditions atmosphériques ;
- L’obscurité ;
- L’absence de référence ;
- L’identification erronée d'un avion ou d'un satellite.
Un signal radar apporte une information supplémentaire, toutefois le radar n'est pas infaillible. Il peut enregistrer : des oiseaux, des phénomènes atmosphériques ou des objets conventionnels, ainsi que divers autres « parasites ». L'idéal est donc la corrélation multi-capteurs : observation visuelle + radar + infrarouge + données météorologiques + trajectoire aérienne + données satellitaires. C'est cette combinaison qui permet de transformer progressivement une observation en véritable dossier scientifique.
Une nouvelle difficulté est apparue au XXIe siècle : la prolifération des drones. Pour les forces armées africaines, comme pour toutes les forces aériennes du monde, un objet de petite taille volant lentement ou à basse altitude peut désormais être, entre autres : un drone civil, un drone militaire ou un appareil de surveillance. La frontière entre « OVNI » et « appareil technologique inconnu » devient donc de plus en plus complexe. Dans certains cas, le véritable problème militaire n'est pas de savoir si l'objet vient d'ailleurs dans l'espace, mais de savoir s'il vient d'un acteur étranger. Cette évolution transforme profondément la signification du terme UAP.
Les archives américaines récentes permettent de mesurer concrètement cette évolution. Le programme AARO publie désormais certaines observations provenant de plateformes militaires opérant en Afrique. Trois dossiers africains récents sont particulièrement intéressants.
- Afrique, 2022 : un cas encore non résolu au large de ce continent.
- En 2022, l'US Africa Command a transmis à AARO une vidéo de 31 secondes enregistrée par un capteur infrarouge installé sur une plateforme militaire américaine.
- Afrique 2024
AARO indique dans le 1er cas que les données disponibles ne permettent pas de déterminer avec certitude la nature de la signature observée ni d'en évaluer correctement les performances. Le dossier demeure donc non résolu dans les données publiques.
Il s'agit d'un cas particulièrement intéressant pour l'histoire militaire des PAN en Afrique car, cette fois, nous ne sommes pas seulement devant un témoignage rapporté plusieurs années après les faits : il existe une captation réalisée par un système militaire, toutefois cela ne signifie pas que l'objet soit extraordinaire. Cela signifie simplement que les informations disponibles ne permettent pas encore de l'identifier avec suffisamment de certitude.
Un second dossier, enregistré en 2023, comporte près de cinq minutes de vidéo infrarouge et AARO considère que les données sont également insuffisantes pour déterminer si la signature correspond à un objet physique, à une émission ou réflexion thermique, à une différence de température dans l'environnement ou éventuellement à une anomalie du système de détection. Ce dossier rappelle une règle fondamentale : un capteur peut produire une image réelle d'un phénomène dont la nature physique reste indéterminée. L'incertitude porte donc parfois autant sur le phénomène que sur la mesure elle-même.
Le troisième cas est particulièrement instructif. En 2024, une plateforme militaire américaine a enregistré pendant 1 minute et 18 secondes une série de signatures infrarouges. Après analyse, AARO a estimé avec une probabilité supérieure ou égale à 95 % qu'il s'agissait d'oiseaux migrateurs. L'organisme s'est appuyé notamment sur leur morphologie et leur comportement de vol ainsi que sur leur correspondance avec des trajectoires migratoires connues. Une autre structure du renseignement américain a également accepté cette conclusion. Ce cas est presque plus important méthodologiquement que le cas non résolu.
Il montre que la technologie militaire peut produire des observations extraordinairement étranges qui trouvent finalement une explication parfaitement naturelle.
Ces exemples permettent de dégager plusieurs enseignements.
1. Les militaires observent réellement des phénomènes non immédiatement identifiés Ce point ne fait guère de doute. Des plateformes militaires peuvent enregistrer des signatures inhabituelles.
2. « Non identifié » est une catégorie provisoire L'exemple des oiseaux africains le démontre parfaitement. Une observation peut rester inconnue pendant un certain temps avant qu'une explication satisfaisante soit trouvée.
3. Les capteurs modernes ne suppriment pas l'incertitude Une caméra infrarouge ne donne pas automatiquement une identité, elle fournit une mesure qui doit être interprétée.
4. L'origine extraterrestre n'est pas une conclusion militaire - Les organismes militaires chargés de ces dossiers cherchent d'abord à caractériser la menace, l'objet et la qualité des données. Le rapport historique d'AARO publié en 2024 indiquait d'ailleurs qu'il n'avait trouvé aucune preuve vérifiable permettant d'attribuer les observations étudiées à une activité extraterrestre.
Pourquoi les armées africaines parlent-elles si peu des OVNI ?
Cette question revient régulièrement dans la littérature ufologique, mais le silence institutionnel peut avoir de nombreuses explications. Un état-major peut ne pas publier :
Ses procédures de détection ;
- Les caractéristiques de ses radars ;
- Les capacités de ses avions ;
- Les zones surveillées ;
- Les itinéraires opérationnels ;
- Les systèmes infrarouges utilisés ;
- Les interceptions réalisées ;
- Les informations concernant des aéronefs étrangers.
Dans ce contexte, le secret militaire n'est pas automatiquement un secret concernant les OVNI. Un dossier peut rester confidentiel simplement parce qu'il révèle les capacités de surveillance de l'armée. Il faut donc éviter l'équation :
« Aucune information publique = dissimulation d'un OVNI ».
Cette conclusion n'est pas démontrable sans document.
Pour l'étude du phénomène OVNI en Afrique, les institutions militaires doivent donc être considérées comme des sources historiques potentielles, et non comme des autorités chargées de confirmer ou d'infirmer l'hypothèse extraterrestre. Le chercheur doit rechercher plusieurs types de documents :
Rapports d'observation : Ils peuvent contenir la date, l'heure, la localisation, la description et les conditions météorologiques.
Rapports radar : Ils permettent de rechercher une éventuelle trace instrumentale.
Rapports de pilotes : Ils sont particulièrement importants lorsqu'un équipage professionnel observe un phénomène.
Rapports d'interception : Ils peuvent fournir des informations sur la trajectoire et les capacités apparentes de l'objet.
Rapports de renseignement : Ils peuvent être consacrés à des aéronefs étrangers, des essais militaires ou des incursions aériennes.
Rapports météorologiques Ils permettent d'éliminer certaines explications naturelles.
Archives photographiques et cinématographiques : Elles deviennent particulièrement importantes à partir de la seconde moitié du XXe siècle.
L'étude des OVNI africains ne devrait donc plus commencer par la question : « Quels sont les cas extraterrestres ? » Elle devrait commencer par : « Quels phénomènes aériens ont été signalés, par qui, dans quelles circonstances et quelles données permettent aujourd'hui de les identifier ? » Cette méthode permet de constituer une véritable histoire documentaire du phénomène.
L'un des grands chantiers de la recherche ufologique africaine est donc encore largement ouvert. Il ne consiste pas uniquement à rechercher des « preuves d'extraterrestres » mais il consiste à reconstruire l'histoire des réactions militaires aux phénomènes aériens inhabituels. Cette histoire pourrait révéler plusieurs choses :
- Les changements de vocabulaire utilisés par les armées ;
- L’évolution des systèmes de surveillance ;
- Les conséquences de la Guerre froide ;
- Les interactions avec les forces étrangères ;
- L’apparition des satellites et des missiles ;
- Le développement des radars ;
- L’apparition des drones ;
- La transformation des procédures de renseignement ;
- Et, finalement, la manière dont les États africains ont géré l'incertitude aérienne.
Conclusion
L'étude des armées africaines face au phénomène OVNI conduit à une conclusion beaucoup plus nuancée que celle souvent proposée par la littérature sensationnaliste. Oui, des militaires ont observé ou enregistré des phénomènes aériens inhabituels en Afrique. Oui, certaines observations restent aujourd'hui insuffisamment expliquées. Mais il existe une différence fondamentale entre ces deux propositions et l'affirmation selon laquelle les armées africaines auraient rencontré des engins extraterrestres. Les archives disponibles ne permettent pas, à ce jour, d'établir une telle conclusion. En revanche, elles permettent de poser une question beaucoup plus intéressante historiquement :
Comment les forces armées africaines ont-elles observé, enregistré, interprété et éventuellement traité les phénomènes aériens qu'elles ne parvenaient pas immédiatement à identifier ?
C'est probablement dans cette direction que se trouve l'un des domaines les plus prometteurs de la recherche sur les PAN en Afrique.
Les dossiers de l'US Africa Command récemment rendus publics par AARO montrent d'ailleurs que cette histoire n'est pas terminée. Les observations militaires africaines continuent d'être enregistrées par des capteurs modernes : certaines sont expliquées, d'autres restent provisoirement non résolues. Le véritable enjeu pour le chercheur africain n'est donc pas de transformer chaque « non identifié » en objet extraterrestre, mais de retrouver le document original, vérifier le contexte opérationnel, confronter les données et conserver l'incertitude lorsqu'aucune conclusion solide n'est possible. C'est cette discipline documentaire qui permettra peut-être, demain, d'écrire une véritable histoire militaire africaine des phénomènes aérospatiaux non identifiés.
Chapitre V
UNIVERSITÉS, LABORATOIRES ET CENTRES DE RECHERCHE EN AFRIQUE FACE AU PHÉNOMÈNE OVNI
De l'astronomie traditionnelle à la recherche scientifique sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés
Pendant longtemps, parler d'OVNI dans les milieux universitaires africains relevait davantage de la culture populaire, de la presse ou de l'ufologie indépendante que de la recherche scientifique institutionnelle.
L'Afrique possède aujourd'hui plusieurs pôles universitaires et scientifiques de niveau international dans les domaines de l'astronomie, de l'astrophysique, de la physique spatiale, de la radioastronomie, des sciences atmosphériques et de l'observation de la Terre. Ces infrastructures ne sont généralement pas consacrées aux OVNI. Mais elles disposent précisément d'une partie des instruments et des compétences nécessaires pour étudier ce que l'on appelle désormais les PAN — phénomènes aérospatiaux non identifiés, ou UAP (Unidentified Anomalous Phenomena) dans la terminologie anglo-saxonne. Cette situation ouvre une question intéressante :
L'Afrique possède-t-elle les moyens scientifiques permettant d'étudier sérieusement les observations d'OVNI, sans nécessairement adhérer à l'hypothèse extraterrestre ?
La réponse est aujourd'hui : oui, au moins en partie.
Mais une deuxième question demeure beaucoup plus difficile :
Ces moyens sont-ils réellement utilisés pour l'étude des observations de PAN ?
Les recherches effectuées montrent que, dans la plupart des cas, la réponse semble être non, ou seulement de façon indirecte et ponctuelle.
1. Une confusion à éviter : astronomie et ufologie ne sont pas la même chose
Avant d'examiner les différents centres africains, il faut établir une distinction fondamentale. Un département d'astronomie n'est pas un « centre de recherche sur les OVNI ». L'astronomie étudie les corps célestes et les phénomènes astrophysiques : étoiles, galaxies, planètes, trous noirs, rayonnement cosmique, exoplanètes, etc. L'ufologie, dans son sens historique, s'intéresse aux observations d'objets ou de phénomènes qui n'ont pas immédiatement reçu d'identification conventionnelle. La recherche contemporaine sur les PAN tente plutôt de se placer entre les deux.
Un PAN n'est pas nécessairement un engin extraterrestre. Il peut s'agir :
· D’un avion ;
· D’un satellite ;
· D’un météore ;
· D’une rentrée atmosphérique ;
· D’un ballon ;
· D’un phénomène météorologique ;
· D’un phénomène astronomique ;
· D’un artefact optique ;
· D’un phénomène électromagnétique ;
· D’un drone ;
· D’un objet militaire ;
· D’un phénomène encore mal compris.
C'est précisément cette approche qui rapproche aujourd'hui la question des PAN de la méthodologie scientifique.
La NASA, par exemple, définit les UAP comme des observations d'événements dans le ciel qui ne peuvent pas être immédiatement identifiés comme des aéronefs ou comme des phénomènes naturels connus. Son étude indépendante de 2023 recommandait notamment d'améliorer la collecte et la qualité des données plutôt que de partir d'une hypothèse extraterrestre. Cette distinction est essentielle pour l'Afrique.
2. L'Afrique australe : probablement le principal pôle scientifique du continent
Lorsqu'on recherche les infrastructures africaines susceptibles de contribuer à l'étude scientifique des PAN, l'Afrique du Sud occupe une position exceptionnelle. Le pays dispose d'un réseau particulièrement développé d'universités, d'observatoires et de centres de recherche consacrés à l'astronomie et aux sciences spatiales. Parmi eux figurent:
· l'University of Cape Town;
· la University of KwaZulu-Natal;
· North-West University;
· University of the Free State;
· University of the Western Cape;
· University of the Witwatersrand;
· University of South Africa;
· Rhodes University;
· le South African Astronomical Observatory;
· le South African Radio Astronomy Observatory;
· MeerKAT ;
· Le réseau SKA.
Il ne s'agit donc pas d'un environnement scientifique marginal.
3. University of Cape Town : un centre majeur de compétences
Le département d'astronomie de University of Cape Town est l'un des principaux pôles astronomiques du continent. Créé en 1970, il est présenté par l'université comme le seul département autonome d'astronomie d'Afrique du Sud. Ses recherches portent notamment sur l'astronomie extragalactique et l'astrophysique stellaire. Il travaille avec des infrastructures telles que MeerKAT, SALT et de nombreux télescopes terrestres et spatiaux. L'université accueille également un nœud du National Astrophysics and Space Science Programme — NASSP. Ce programme est particulièrement important car depuis 2003, le NASSP forme des étudiants sud-africains et africains en astrophysique et sciences spatiales. Il est organisé autour de trois pôles
:
1. University of Cape Town ;
2. University of KwaZulu-Natal;
3. North-West University.
Le programme indique avoir formé plus de 300 diplômés au niveau Honours et plus de 140 au niveau Master.
Pourquoi cela intéresse-t-il la recherche sur les PAN ? Parce que les observations de phénomènes lumineux inexpliqués nécessitent précisément : des compétences en photométrie ; en spectroscopie ; en traitement d'image ; en astrophysique ; en analyse statistique et entre autres en observation multi-longueurs d'onde.
L'Afrique du Sud dispose donc d'une partie considérable de l'environnement scientifique nécessaire.
Mais il faut être clair : le département d'astronomie de Cape Town n'est pas un programme universitaire consacré aux OVNI.
4. North-West University et le Centre for Space Research
La Northwest University constitue un autre élément majeur. Son Centre for Space Research travaille dans trois grands domaines :
1. Physique spatiale ;
2. Astronomie ;
3. Développement technologique.
Le centre mène notamment des recherches en astronomie optique et radio, astrophysique des hautes énergies, cosmologie et physique héliosphèrique. Il participe également à des programmes liés à H.E.S.S., CTA, MeerKAT et d'autres infrastructures internationales.
Ici encore, le paradoxe est intéressant. Un observateur d'un phénomène aérien inhabituel pourrait avoir besoin d'instruments relevant précisément de ces domaines. Mais cela ne signifie pas que les chercheurs de Northwest University enquêtent sur les observations d'OVNI rapportées par le public. Il faut donc distinguer : capacité scientifique disponible et programme de recherche effectivement consacré aux PAN.
5. Le South African Astronomical Observatory
Le South African Astronomical Observatory est encore plus important. Le SAAO est présenté comme le principal institut sud-africain de recherche astronomique et abrite notamment le Southern African Large Télescope — SALT, le plus grand télescope optique de l'hémisphère Sud. L'observatoire est un établissement de la National Research Foundation sud-africaine. Il offre notamment des possibilités de recherche concernant : l'astronomie observationnelle ; l'astronomie stellaire ; l'astronomie extragalactique ; l'instrumentation ; la modélisation informatique et l'analyse de données provenant de différentes longueurs d'onde. Ces capacités sont extrêmement importantes lorsqu'on cherche à déterminer la nature d'un phénomène lumineux inhabituel.
6. MeerKAT et SKA : l'Afrique possède une capacité extraordinaire d'observation radio
C'est probablement l'un des aspects les plus intéressants pour l'avenir de la recherche sur les PAN. L'Afrique du Sud héberge le radiotélescope MeerKAT, précurseur du gigantesque réseau Square Kilomètre Array — SKA. La radioastronomie permet d'étudier le ciel autrement que par l'observation optique. Un phénomène qui semble mystérieux à l'œil peut parfois être identifié grâce à : sa signature radio ; son déplacement ; sa fréquence ; sa polarisation ; sa durée et sa corrélation avec un phénomène astronomique connu. À l'inverse, un phénomène détecté dans le domaine radio pourrait éventuellement être comparé aux observations optiques. Cette approche multi-capteurs serait particulièrement intéressante pour les PAN.
7. Un autre exemple : University of Nairobi
L'Afrique de l'Est dispose également d'un potentiel considérable. Le département de physique de University of Nairobi possède un Astrophysics and Space Science Thematic Research Group. Le groupe mène des recherches dans : l'astrophysique observationnelle et théorique ; la cosmologie ; la météorologie spatiale ; les sciences spatiales ; les microsatellites et nanosatellites ; l'instrumentation ; le traitement des données astronomiques, t l'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique appliqués à l'astrophysique.
L'université propose également un Bachelor of Science in Astronomy and Astrophysics. Le programme vise explicitement à développer les compétences nécessaires aux sciences spatiales au Kenya. Cela devient particulièrement intéressant pour l'étude des PAN. Pourquoi ? Parce que l'un des problèmes fondamentaux de la recherche contemporaine sur les UAP est précisément le traitement de grandes quantités de données provenant de différents capteurs. L'intelligence artificielle pourrait ainsi être utilisée pour rechercher automatiquement : des trajectoires inhabituelles ; des objets présentant des comportements atypiques ; des phénomènes lumineux récurrents ; ou des corrélations entre données radar, satellite et optiques.
8. Kenya : une histoire ancienne avec les phénomènes célestes inhabituels
Il existe également une dimension historique intéressante. Une recherche dans les archives numérisées de l'East African Standard permet de retrouver un article du 17 septembre 1954 consacré aux « Flying saucers ». L'article rapporte que plusieurs habitants d'Afrique de l'Est avaient contacté le journal après avoir observé ce qu'ils considéraient comme des « soucoupes volantes ». Le journal avait alors sollicité l'avis de G. Duncan Fletcher, vice-président de la Kenya Astronomical Association. Ce document est intéressant parce qu'il montre que le phénomène OVNI était déjà suffisamment présent dans la société Est-Africaine des années 1950 pour susciter une réaction du milieu astronomique. Il ne s'agit évidemment pas d'une preuve de visites extraterrestres. Mais historiquement, c'est un élément important.
9. Ghana : une situation particulièrement intéressante
Le Ghana possède également un environnement scientifique spatial en développement. Le département de physique de University of Ghana est ancien et travaille dans plusieurs domaines de la physique. Le département enseigne notamment l'astrophysique et les processus astrophysiques, couvrant des phénomènes tels que les rayons cosmiques, les plasmas cosmiques, les éruptions solaires, les sources X, les ondes gravitationnelles et d'autres phénomènes de haute énergie. Le Ghana possède également une communauté travaillant sur la radioastronomie. Une publication consacrée à la promotion de la radioastronomie au Ghana mentionne notamment le Ghana Space Science and Technology Institute, le Ghana Atomic Energy Commission et l'University of Ghana. Une telle infrastructure pourrait théoriquement participer à l'analyse de phénomènes aériens inhabituels. Mais là encore :il ne faut pas transformer une compétence en astronomie en preuve d'une recherche universitaire sur les OVNI.
10. Nigeria : probablement l'un des cas les plus importants du continent
Le Nigeria mérite un chapitre particulier. L'Université du Nigeria à Nsukka possède une longue tradition dans l'astronomie et les sciences spatiales. L'histoire remonte au début des années 1960. Selon le National Space Research and Development Agency — NASRDA, l'enseignement de l'astronomie et de l'astrophysique avait commencé à l'University of Nigeria avec les professeurs Gaustard et Hans Haubolt. Le professeur S. E. Okoye devint ensuite le premier astronome nigérian et développa un programme de recherche en astronomie et cosmologie à Nsukka. Cette histoire est remarquable. Elle montre que l'Afrique n'a pas attendu l'apparition récente du terme « UAP » pour développer des compétences scientifiques permettant d'étudier les phénomènes célestes.
11. Le Centre for Basic Space Science de Nsukka
Le Centre for Basic Space Science — CBSS constitue probablement l'un des exemples africains les plus intéressants pour notre sujet. Il a été établi en 2001 et constitue l'un des centres d'activités de la National Space Research and Development Agency — NASRDA. Sa mission comprend :
· L’astronomie ;
· L’astrophysique ;
· La météorologie spatiale ;
· La physique solaire-terrestre ;
· La cosmologie ;
· L’origine de la vie ;
· La physique atmosphérique ;
· Le géomagnétisme ;
· La technologie spatiale.
Le centre développe également des instruments destinés à la recherche spatiale. Il existe donc ici une véritable infrastructure scientifique africaine consacrée à l'étude de l'environnement spatial.
12. Le groupe d'astronomie et d'astrophysique de Nsukka
L'University of Nigeria dispose également d'un Astronomy and Astrophysics Research Group. Ses recherches concernent notamment :la radioastronomie ; les objets compacts ; les pulsars ; les sources radio galactiques et extragalactiques ; l'astronomie optique ; la formation stellaire et es rayons cosmiques. Le groupe utilise également des données provenant de grands instruments internationaux. C'est un exemple particulièrement intéressant pour l'avenir. Une recherche scientifique africaine sur les PAN pourrait parfaitement s'appuyer sur de telles compétences sans créer immédiatement un « département d'ufologie ».
13. L'Égypte : un potentiel exceptionnel
L'Égypte constitue un autre cas majeur. Le National Research Institute of Astronomy and Geophysics — NRIAG, situé à Helwan, au Caire, est l'un des plus anciens instituts scientifiques de la région. Il travaille notamment en : astronomie ; astrophysique ; géophysique ; sismologie et observation des objets célestes.
L'Égypte possède par ailleurs plusieurs départements universitaires d'astronomie, notamment au sein de l'Université du Caire. En 2025, une réunion scientifique entre le NARSS — National Authority for Remote Sensing and Space Sciences — et le département d'astronomie de la Faculty of Science de Cairo University a porté sur le développement de projets communs de recherche. Cette collaboration entre : astronomie + télédétection + sciences spatiales est précisément le type de combinaison qui pourrait être mobilisée dans l'analyse scientifique des PAN.
14. L'Éthiopie : un développement spectaculaire des sciences spatiales
L'Éthiopie mérite également une attention particulière. Son programme spatial possède une histoire qui remonte à la création d'un observatoire géophysique à Addis-Abeba et aux premières observations solaires. Un article scientifique consacré à l'histoire du programme spatial éthiopien rappelle notamment qu'un télescope optique avait été installé dès 1957. Le pays a ensuite développé :l'Entoto Observatory and Research Center ; l'Ethiopian Space Science and Technology Institute ; des programmes universitaires ; des recherches en astrophysique et un programme satellitaire. Depuis 2022, une nouvelle structure, le Space Science and Geospatial Institute — SSGI, regroupe les anciennes structures spatiales et géospatiales du pays.
15. Le cas remarquable d'Adama Science and Technology University
L'Adama Science and Technology University possède un Space Technology Institute. Celui-ci est un centre d'excellence consacré notamment : aux technologies satellitaires ; à la télédétection ; aux technologies spatiales et au développement de compétences scientifiques et technologiques. Dans une perspective PAN, la télédétection pourrait devenir une composante essentielle.
16. La Zambie entre également dans cette dynamique
La University of Zambia possède un département de physique comprenant un groupe de recherche intitulé : Atmospheric Physics, Astrophysics and Space Science Research Group. Le département mentionne également une Aerospace Systems Team. Ce type de compétence est particulièrement intéressant pour l'étude des phénomènes atmosphériques inhabituels.
17. L'Afrique du Sud : le cas le plus intéressant pour l'ufologie historique
Il existe toutefois une particularité sud-africaine. Le pays possède une histoire ufologique particulièrement riche. Des cas célèbres ont été rapportés : Fort Beaufort ; Rosmead ; Vanderbijlpark ; Pretoria ; le Karoo ; Lake McIlwaine et de nombreux autres. Certains de ces dossiers ont été étudiés par des chercheurs indépendants. Parmi les figures les plus connues figure Cynthia Hind, qui a consacré plusieurs décennies à l'étude des observations en Afrique australe. Mais cette ufologie est restée largement extérieure au monde universitaire. C'est là que se trouve probablement l'un des grands paradoxes africains.
18. Une séparation entre deux mondes
D'un côté : le monde ufologique avec : les témoignages ; les enquêtes de terrain ; les archives etc… De l'autre : le monde universitaire avec : l'astronomie ; la physique ; la météorologie ; les sciences spatiales etc… Les deux mondes ont relativement peu dialogué. C'est probablement l'une des raisons pour lesquelles le continent africain possède une documentation ufologique considérable mais relativement peu de programmes scientifiques universitaires consacrés aux PAN.
Il existe néanmoins une approche universitaire indirecte particulièrement intéressante. À l'University of the Free State, en Afrique du Sud, des chercheurs ont publié des travaux portant sur la relation entre : exploration spatiale ; extraterrestre ; théologie ; science ; philosophie et cosmologie. Un article de l'Acta Theologica consacré à l'astrothéologie examine notamment la manière dont l'exploration spatiale peut obliger les sciences religieuses à réfléchir à la découverte éventuelle de formes de vie ailleurs dans l'univers.
Une autre publication universitaire de la même institution revient directement sur l'influence de J. Allen Hynek et sur la notion de « close encounters ». Ce point mérite d'être souligné. L'étude universitaire du phénomène OVNI ne passe pas nécessairement par la physique. Elle peut également passer par : l’histoire des religions ; la sociologie ou encore la psychologie ;
19. Le rôle possible de l'intelligence artificielle
C'est probablement ici que se trouve la prochaine étape. Les universités africaines développent de plus en plus leurs compétences en : informatique ; traitement des images ou télédétection. Ces techniques pourraient être appliquées à une question simple : Combien d'observations africaines pourraient être réanalysées automatiquement ?
Une grande partie des observations serait probablement identifiée. Mais il resterait peut-être quelques événements pour lesquels les données disponibles ne permettent pas de conclusion. C'est précisément cette catégorie qui devrait être appelée : « non identifiée » et non automatiquement : « extraterrestre ».
Le continent possède plusieurs caractéristiques particulières.
1. De vastes espaces peu urbanisés
Certaines régions offrent des horizons extrêmement dégagés.
2. Une pollution lumineuse parfois faible
C'est particulièrement intéressant pour les observations astronomiques.
3. Des infrastructures astronomiques majeures
Afrique du Sud, Namibie, Égypte, Éthiopie, Kenya, Ghana, Nigeria, etc.
4. Une importante activité spatiale
Satellites africains, stations de suivi et programmes de télédétection.
5. Une aviation en développement
Les observations aéronautiques pourraient constituer une source importante de données.
6. Des témoignages historiques nombreux
De nombreuses observations africaines ont été rapportées depuis les années 1940-1950
.
En développement ce réseau d’observateur, les observations insolites pourraient révéler des informations intéressantes pour faire évoluer le dossier des Objets Volants Non Identifiés.
L'un des obstacles les plus importants à une véritable recherche universitaire africaine sur les PAN est probablement la conservation des données. De nombreux dossiers anciens sont uniquement présents dans :
· Les journaux ;
· Les archives privées ;
· Les livres ;
· Les rapports de police ;
· Les archives militaires ;
· Les publications ufologiques.
Il manque souvent : les photographies originales ; les négatifs ; les données météorologiques etc…Cela rend extrêmement difficile une réanalyse scientifique.
20. Ce que pourrait être un véritable « Centre africain d'étude des PAN »
L'Afrique n'a peut-être pas besoin de créer immédiatement une institution gigantesque. Un réseau universitaire serait probablement plus efficace. On pourrait imaginer un : AFRICAN UAP RESEARCH NETWORK réunissant :
Astronomes
Pour identifier les phénomènes célestes.
Physiciens atmosphériques
Pour étudier les phénomènes lumineux et électriques.
Météorologues
Pour analyser les conditions atmosphériques.
Informaticiens
Pour développer les bases de données.
Spécialistes de l'intelligence artificielle
Pour analyser les images et trajectoires.
Géophysiciens
Pour étudier les phénomènes électromagnétiques et géophysiques.
Historiens
Pour reprendre les archives anciennes.
Anthropologues
Pour étudier les récits et représentations africaines.
Psychologues
Pour étudier la perception et les témoignages.
Spécialistes de l'aéronautique
Pour éliminer les aéronefs conventionnels.
Un protocole scientifique africain pourrait être extrêmement simple. Chaque observation pourrait être enregistrée selon une fiche standardisée :
A — Identification du témoin B — Date et heure C — Position GPS D — Conditions météorologiques E — Direction F — Élévation angulaire G — Durée | H — Description I — Couleur J — Taille apparente K — Mouvement L — Bruit M — Photographies N — Vidéos | O — Témoins indépendants P — Trafic aérien Q — Satellites R — Données astronomiques S — Analyse T — Niveau de confiance |
Cette dernière rubrique serait particulièrement importante.
Une classification africaine des observations
On pourrait par exemple utiliser quatre catégories
:
CATÉGORIE A
Phénomène identifié avec forte certitude.
CATÉGORIE B
Identification probable.
CATÉGORIE C
Données insuffisantes.
CATÉGORIE D
Phénomène réellement non identifié après enquête.
Cette méthode permettrait d'éviter le principal piège de l'ufologie : confondre absence d'explication avec preuve d'une origine extraordinaire.
21. Ce que révèle l'état actuel de la recherche
L'enquête documentaire menée pour ce dossier conduit à une conclusion assez nette. Je n'ai pas trouvé de grand centre universitaire africain officiellement consacré exclusivement à la recherche sur les OVNI/PAN comparable, par exemple, à un organisme national spécifiquement chargé des UAP. En revanche, l'Afrique possède désormais un réseau de centres capables de contribuer à cette recherche.
On peut notamment citer :
Pays | Institution | Domaine pertinent |
🇿🇦 Afrique du Sud | University of Cape Town | Astronomie / astrophysique |
🇿🇦 Afrique du Sud | Northwest University | Sciences spatiales |
🇿🇦 Afrique du Sud | SAAO | Astronomie observationnelle |
🇿🇦 Afrique du Sud | MeerKAT / SARAO | Radioastronomie |
🇰🇪 Kenya | University of Nairobi | Astrophysique / sciences spatiales |
🇰🇪 Kenya | Kenyatta University | Astronomie / astrophysique |
🇳🇬 Nigeria | University of Nigeria Nsukka | Astronomie / astrophysique |
🇳🇬 Nigeria | CBSS / NASRDA | Sciences spatiales |
🇪🇬 Égypte | NRIAG | Astronomie / géophysique |
🇪🇬 Égypte | Cairo University | Astronomie |
🇪🇹 Éthiopie | SSGI | Sciences spatiales / géospatial |
🇪🇹 Éthiopie | Adama STU | Technologie spatiale |
🇬🇭 Ghana | University of Ghana | Physique / astrophysique |
🇿🇲 Zambie | University of Zambia | Physique atmosphérique / astrophysique / espace |
Une conclusion importante pour l'ufologie africaine c’est que l'idée selon laquelle « l'Afrique ne possède pas les moyens scientifiques nécessaires pour étudier les OVNI » serait donc largement dépassée.
Le continent dispose désormais de toutes les compétences utiles et cela dans tous les domaines scientifiques. Le véritable problème n'est donc plus seulement l'absence d'infrastructures. C'est surtout l'absence d'un programme coordonné spécifiquement consacré à l'analyse des PAN.
:
Chapitre VI - 1
LES PRINCIPAUX CHERCHEURS AFRICAINS SUR LE PHENOMENE OVNI
Le courant Cynthia Hind
1ère PARTIE
Pour l’important travail qu’ils ont fait pour l’histoire Africaine de l’ufologie, nous leur rendons un chaleureux hommage ici même
L'histoire de la recherche sur les OVNI en Afrique ne peut pas être réduite à celle des observations. Derrière les rapports, les articles de presse et les témoignages se trouve un réseau de chercheurs, d'enquêteurs et de correspondants qui, pendant plusieurs décennies, ont tenté de documenter le phénomène.
Cette histoire est cependant difficile à reconstituer.
Les archives sont dispersées, les publications sont devenues rares, certains chercheurs ont disparu et beaucoup de groupes locaux n'ont laissé que peu de traces documentaires, notamment sur Internet. La documentation actuellement accessible montre néanmoins que l'Afrique australe a constitué le principal foyer historique de l'ufologie organisée sur le continent, particulièrement à partir des années 1960-1970. Le Zimbabwe, l'Afrique du Sud et la Namibie apparaissent comme les trois pôles les mieux documentés.
1. CYNTHIA HIND — LA GRANDE PIONNIÈRE
Afrique du Sud – Zimbabwe
Aucune étude historique de l'ufologie africaine ne peut commencer autrement que par Cynthia Hind. Née en Afrique du Sud et installée au Zimbabwe, elle consacra une grande partie de sa vie à la collecte et à l'étude des observations de phénomènes aériens inhabituels. Elle fut notamment coordinatrice du MUFON pour l'Afrique et fonda la revue UFO Afrinews, qui devint l'un des principaux instruments de communication entre les enquêteurs du continent. Elle publia également deux ouvrages devenus des références de l'ufologie africaine : UFOs: African Encounters (1982) et UFOs Over Africa (1997).
Les archives actuellement accessibles indiquent qu'elle publia vingt-deux numéros de UFO Afrinews. Son importance ne tient cependant pas seulement à ses publications. Elle constitue surtout un point de convergence pour les enquêteurs d'Afrique australe. Les numéros de sa revue, en ligne sur internet, permettent aujourd'hui d'identifier plusieurs correspondants et enquêteurs qui auraient autrement été pratiquement oubliés.
2. LE RÉSEAU CYNTHIA HIND
L'un des résultats les plus intéressants de l'examen des anciens numéros de UFO Afrinews est de montrer que Cynthia Hind ne travaillait pas seule. Le premier numéro de la revue, publié en juillet 1988, mentionne notamment :
- Prier Wintle ;
- David Powell ;
- Fatima Mayet ;
- Nathan Middeldorf ;
- C. J. Rouse ;
- Jo Padget ;
- Chris Ptaszynski.
Ces personnes apparaissent comme correspondants ou collaborateurs du réseau et les numéros ultérieurs permettent de retrouver d'autres enquêteurs. Dans le numéro 15, par exemple, apparaissent :
- Roland Roeis — Namibie ;
- Pam Puxley — Afrique du Sud ;
- Prier Wintle — Afrique du Sud ;
- Marie van Staden — Afrique du Sud ;
- Gunter Hofer — Zimbabwe ;
- Victor Forward — Zimbabwe ;
- Elias Mutwira — Zimbabwe ;
- Trevor Thornton — Zimbabwe.
Ce réseau est particulièrement important pour l'historien. Il montre que l'ufologie africaine des années 1980-1990 possédait déjà une structure décentralisée de correspondants locaux.
3. PRIER WINTLE — CAPETOWN - AFRIQUE DU SUD
Prier Wintle figure régulièrement parmi les enquêteurs associés à UFO Afrinews. Il apparaît déjà dans le premier numéro de la revue et continue à être cité dans des numéros ultérieurs comme enquêteur en Afrique du Sud. Sa présence est particulièrement intéressante parce qu'elle illustre le fonctionnement du réseau :
Le témoin → le correspondant local → Cynthia Hind → UFO Afrinews → réseau international.
Ce système permettait de faire remonter des observations locales vers une publication continentale
Son statut dans le réseau UFO AFRINEWS : Il est listé dès les premiers numéros de UFO Afrinews comme enquêteur officiel pour l'Afrique du Sud :
UFO AFRINEWS … SOUTH AFRICA Cape Town Pam Puxley 788 2359 … Prier Wintle 47 8701
Et il reste jusqu'à la fin : Cape Town Pam Puxley 021-788 2359 | | Prier Wintle 021-47 8701 | Kriel Marie van Staden 017-648-2885
Dans une autre archive, on a même la mention : Prier Wintle has long been a UFO investigator and a correspondent for UFO
Son enquête type - Case N°155
C'est lui qui remonte le cas du 13 février 1981 qui est devenu une référence : Case N° 155 - Prier Wintle of Cape Town made the following report.
Le vendredi 13 février 1981, M. et Mme T. se rendaient à leur ferme située entre Rawson et Worcester, sur les pentes du ravin de Du Toit. La nuit était particulièrement claire, avec une demi-lune et sans nuages ni vent.
Alors qu'ils s'engageaient sur le chemin de terre menant à leur ferme, Mme T. se pencha et aperçut, à travers le pare-brise, un objet elliptique. L'objet était très lumineux, mais aucun rayon n'en émanait. Le grand axe de l'ovale était horizontal. Il était d'une couleur bleu-vert électrique, avec une fine bande rouge discontinue entourant cet axe horizontal.
Le cas continue : l'objet file vers la Croix du Sud, vire à l'orange, disparaît, puis revient et s'approche d'un avion de ligne à angle droit.
C'est typique de la méthode Hind/Wintle : un couple d'agriculteurs, pas des ufologues, description précise, effets physiques.
Sa présence est particulièrement intéressante parce qu'elle illustre le fonctionnement du réseau Exactement. Le réseau UFO Afrinews fonctionnait comme ça :
· Cynthia Hind à Harare (Zimbabwe) centralise - BO Box MP49 Mount Pleasant Harare
· Enquêteurs régionaux comme Wintle (Cape Town 47 8701) et Pam Puxley (Cape Town 788 2359) couvrent le Cap
D'autres couvrent Durban (Rubin Rose), Johannesburg (Kenny McKinnon), Bethulie (Marie van Staden), etc.
Ils remontent les cas par téléphone / courrier, Hind publie dans UFO Afrinews N°1 à N°22 (1988-2000)
C'est le seul réseau africain qui a tenu 12 ans avant internet. Wintle, c'est le correspondant du Cap - il n'a pas écrit de livre, mais sans lui, les cas du Cap n'existeraient pas.
:
Prier Wintle (Cape Town) - Enquêteur UFO Afrinews N°1 (1988) à N°22 (2000) - Tél 021-47 8701 - Cas N° 155 Rawson-Worcester 13 fév. 1981 (objet elliptique bleu-vert avec bande rouge, interaction avion, panne pompe) - Source : UFO AFRINEWS N°22 July 2000.
4. PAM PUXLEY — UNE ENQUÊTRICE SUD-AFRICAINE DE L’ENTOURAGE DE CYNTHIA HIND AFRIQUE DU SUD
Pam Puxley est également régulièrement mentionnée comme investigatrice dans UFO Afrinews. Elle apparaît notamment dans les numéros des années 1990 aux côtés d'autres enquêteurs sud-africains. Sa présence confirme une nouvelle fois que la recherche sud-africaine ne reposait pas sur une seule personnalité. Le rôle de ces enquêteurs locaux était particulièrement important pour les observations nécessitants :
- Une visite sur place ;
- L’interrogation des témoins ;
- L’examen de traces éventuelles ;
- La recherche de témoins supplémentaires ;
- La consultation de la presse locale.
Ils constituaient en quelque sorte les yeux et les oreilles du réseau ufologique africain.
Ce que les archives permettent d'établir et de nous faire mieux connaitre Pam Puxley
Le premier élément important est que Pam Puxley n'est pas simplement un nom apparaissant occasionnellement dans la littérature ufologique. Dans UFO AFRINEWS, la publication dirigée par Cynthia Hind, elle est explicitement désignée comme « Investigator » pour l'Afrique du Sud.
Le numéro 15 de UFO AFRINEWS la présente ainsi : Pam Puxley — Investigator (South Africa) Elle est citée aux côtés de plusieurs autres correspondants et enquêteurs régionaux : Prier Wintle et Marie van Staden pour l'Afrique du Sud, Roland Roeis pour la Namibie, ainsi que plusieurs enquêteurs du Zimbabwe. Cela permet donc de la considérer comme une correspondante/enquêtrice sud-africaine du réseau AFRINEWS, et non comme une simple lectrice ou témoin.
Une activité qui remonte au début des années 1990
Une découverte particulièrement intéressante est le numéro 4 de UFO AFRINEWS, daté de mars 1991.
Pam Puxley y apparaît déjà parmi les correspondants sud-africains, sous la forme : South Africa — Pamela Puxley (Cape Town) Elle est associée à Cape Town, ce qui constitue l'un des rares éléments biographiques relativement précis que nous possédions.
Dans cette même publication, elle intervient directement comme enquêtrice. Le cas de Hangklip Le dossier le plus intéressant est probablement celui du « Vanishing Cylinder at Hangklip », classé comme Case 26.
L'affaire concerne un témoin, C. D. Gaussen, qui affirme avoir observé le 22 août 1990, depuis une distance d'environ 40 kilomètres, un grand objet sombre et cylindrique au niveau des montagnes de Hangklip. Le phénomène aurait ensuite changé d'apparence, devenant plus allongé et présentant ce que le témoin décrit comme des « oreilles » ou « appendices », avant de s'élever et de disparaître derrière la montagne. Et surtout, l'archive indique explicitement : « Investigated by Pam Puxley ».
C'est une donnée importante : nous avons ici la trace d'une véritable enquête de terrain attribuée nominativement à Pam Puxley.
Autre élément très intéressant : Pam Puxley ne se contentait pas de transmettre des informations. Elle interrogeait directement les témoins. Le numéro 12 de UFO AFRINEWS donne par exemple le cas de Stewart Bloch, Cape Town, qui raconte une observation remontant à février 1969. Le récit lui avait été rapporté directement à Pam Puxley. L'affaire concerne un objet aperçu au-dessus de Cape Town, puis une seconde observation en avril/mai 1969 d'un objet décrit comme ayant une forme de transformateur, semblant évoluer près d'un incendie de brousse. Cela nous donne une indication supplémentaire sur sa méthode :
Témoin → entretien → collecte du récit → transmission à AFRINEWS.
Le dossier du Cedarberg : une enquête plus spectaculaire - En février 1996, UFO AFRINEWS publie le numéro 13. On y trouve un dossier intitulé : « Mystery Crash on the Cedarberg » Le texte précise qu'il s'agit d'un rapport de Pam Puxley. Le témoin principal est Sukkie Smit, présenté comme agriculteur dans la région du Cedarberg. Le 30 mai 1995, lui-même et un employé auraient observé une lumière jaune très brillante, de forme ovale, avec ce qui semblait être une traînée de fumée, suivie d'une autre lumière ronde. Le phénomène aurait traversé le ciel avant de sembler tomber dans une vallée. Le dossier est particulièrement intéressant pour votre livre parce qu'il montre que Puxley enquêtait également sur des récits de phénomènes supposés avoir eu une interaction avec le sol, et pas uniquement sur des lumières nocturnes.
Nous avons ensuite une série de témoignages montrant que son activité se poursuit. Dans le numéro 18, de juillet 1998, Pam Puxley est toujours officiellement mentionnée comme « Investigator ». Elle intervient notamment dans le dossier de « Trudie », une Sud-Africaine relatant plusieurs expériences étranges dans la région du Cap et de la côte occidentale. Le récit comprend notamment des observations près de Port Nolloth, Springbok et une expérience avec un objet décrit comme transparent et de forme comparable à une bouteille. Cela confirme que son activité ne se limite pas à un ou deux dossiers anciens.
Elle enquête aussi sur des affaires de type « abduction » ceci en mars 1999, c’est alors que Pam Puxley mène une autre enquête particulièrement révélatrice. Dans UFO AFRINEWS n° 20, elle interviewe une jeune femme appelée Kerry. L'entretien est explicitement daté de mars 1999. Le dossier est intitulé :
« Alien Intervention ? — Case N°147 » Le témoin raconte notamment : une lumière orange observée pendant son enfance ; des expériences ultérieures près de Lanseria ; des rêves récurrents associés aux OVNI ; des voix ; des observations de lumières colorées au-dessus de Cape Town ; et des souvenirs d'une prétendue rencontre avec une entité.
Ce dossier montre que le champ d'investigation de Puxley était assez large, allant de l'observation astronomique ou aérienne classique jusqu'aux récits d'enlèvement et d'expériences dites « contact ».
Un autre point particulièrement intéressant. -- Dans UFO AFRINEWS n°22, daté de juillet 2000, Pam Puxley figure encore dans la liste des enquêteurs sous la mention : Pam Puxley — Investigator Elle est alors associée à la même constellation d'enquêteurs sud-africains et zimbabwéens. On peut donc établir avec une assez bonne sécurité une activité documentée au minimum : 1990/1991 → 2000 et probablement au-delà, mais je n'ai pas encore trouvé suffisamment de documents pour l'affirmer.
J'ai également retrouvé une copie numérisée du n°5 de UFO AFRINEWS, janvier 1992. Il donne quelque chose de très utile la compréhension de l’organisation de Cynthia : la structure du réseau. La publication indique : Correspondants South Africa
· David Powell — Port Elizabeth
· Rubin Rose — Durban
· Pamela Puxley — Cape Town
· Prier Wintle — Cape Town
Le réseau est organisé par pays et régions, avec des correspondants au Zimbabwe et en Namibie. Cela montre que Puxley occupait une place identifiable dans l'organisation éditoriale et investigative d'AFRINEWS.
Il faut cependant faire une distinction importante. Cynthia Hind est clairement la figure centrale du dispositif : elle dirige UFO AFRINEWS, coordonne un réseau international et publie les enquêtes. Pam Puxley apparaît plutôt comme une enquêtrice régionale basée en Afrique du Sud, chargée de recueillir, documenter et transmettre des cas sud-africains.
Il y a toutefois un élément biographique potentiellement très important. Une archive de presse sud-africaine de 2000 mentionne une Pam Puxley à Cape Town, qui s'occupait d'un refuge pour chiens maltraités et intervenait dans un article consacré aux combats de chiens. Il pourrait s'agir de la même personne, notamment parce que le nom est relativement rare et que la localisation correspond à Cape Town. Mais je ne considérerais absolument pas cette identification comme démontrée sans document intermédiaire permettant de relier les deux activités.
Les dossiers Puxley que nous pouvons déjà retenir
:
Date | Lieu | Rôle de Puxley | Source |
22 août 1990 | Hangklip, Afrique du Sud | Enquêtrice | AFRINEWS n°4 |
1991 | Cape Town | Correspondante Afrique du Sud | AFRINEWS n°4 |
1992 | Cape Town / autres | Correspondante | AFRINEWS n°5 |
1969, récit recueilli ultérieurement | Cape Town | Entretien avec témoin | AFRINEWS n° 12 |
30 mai 1995 | Cedarberg | Enquêtrice / rapporteur | AFRINEWS n° 13 |
1998 | Port Nolloth / Springbok | Recueil du témoignage | AFRINEWS n° 18 |
Mars 1999 | Lanseria / Knysna / Cape Town | Intervieweuse | AFRINEWS n° 20 |
2000 | Afrique australe | Investigator | AFRINEWS n° 22 |
Les archives confirment donc une activité régulière sur au moins une décennie, et non une simple apparition ponctuelle.
5. MARIE VAN STADEN — Une enquêtrice sud-africaine méconnue de l'ufologie des années 1990 - AFRIQUE DU SUD
La première chose importante est que Marie van Staden est bien identifiée comme « Investigator » de UFO AFRINEWS, la revue fondée et dirigée par Cynthia Hind. Elle apparaît dans la liste des enquêteurs sud-africains avec Pam Puxley et Prier Wintle. Dans le n° 15 de UFO AFRINEWS, publié en janvier 1997, elle est explicitement indiquée comme : Marie van Staden — Investigator — South Africa et elle est associée à Bethulie, dans l'État libre sud-africain. Ce point est essentiel : il ne s'agit donc pas simplement d'une personne ayant envoyé un témoignage à une revue ; elle faisait partie du réseau d'enquêteurs utilisé par AFRINEWS.
Bethulie semble avoir été sa base d'enquête car les archives d'AFRINEWS associent régulièrement son nom à Bethulie, petite ville de la province du Free State. Le n° 13, de février 1996, parle ainsi explicitement de cas : « investigated by Marie van Staden in Bethulie, South Africa »
C'est notamment le cas des dossiers antérieurs qu'elle avait constitués et qui sont repris dans cette édition. Cette implantation est intéressante : elle montre que le réseau de Cynthia Hind ne reposait pas uniquement sur les grandes métropoles comme Johannesburg ou Cape Town. Marie van Staden constituait un relais régional dans l'intérieur de l'Afrique du Sud.
Son activité d'enquêtrice est beaucoup plus importante qu'il n'y paraît Le document le plus révélateur est UFO AFRINEWS n° 12, juillet 1995. La revue consacre une rubrique entière aux : « THE MARIE VAN STADEN REPORTS » avec les cas n° 97 à 106. Cela signifie qu'elle avait constitué une véritable série de dossiers.
Voici la liste :
N° | Intitulé du dossier | Lieu |
97 | A Child Recalls | Ladybrand |
98 | UFO on Safari | Afrique de l'Est |
99a | Visited by Air Force Officers | Pretoria |
99b | Pulsating Blue Lights | Margate |
100 | Soundless Craft | Barkly East |
101 | A Strange Craft | Zimbabwe |
102 | A Perfect Sphere | Northern Transvaal |
103 | Truck in Disguise | Orange Free State |
104 | A Long Oblong Shape | Rustenburg |
105 | Gone Missing? | Witbank |
106 | Whose Face Wore the Smile? | Johannesburg |
Onze dossiers si l'on compte 99 a et 99 b séparément, couvrant des témoignages allant des années 1940 jusqu'aux années 1990.
Le dossier n°97 : un témoignage datant de 1945-1947
Le cas n°97, A Child Recalls, est particulièrement intéressant. Marie van Staden rapporte le témoignage d'Elmo C., à Ladybrand. Le témoin, alors âgé d'environ huit ou neuf ans, aurait observé avec un camarade un objet métallique gris argenté, silencieux, qui descendait lentement à environ trente mètres. La forme était comparée à l'avant d'un hélicoptère, mais sans rotor ni queue. L'enfant aurait même tenté de lui lancer des pierres.
Marie rapportait fidèlement tous les témoignages dont elle avait connaissance.
La prudence de l'enquête est intéressante car dans le cas de Merweville, AFRINEWS ne conclut pas immédiatement à un engin extraterrestre. La revue indique que des vérifications étaient recherchées concernant notamment :
· Les conditions météorologiques ;
· Les ballons ;
· Les phénomènes pouvant expliquer l'apparence du « nuage ».
C'est un aspect qu'il est intéressant de souligner : l'image d'une ufologie sud-africaine qui applique une méthodologie la plus proche possible de la science.
Au moins dans certains dossiers de van Staden, il existe une volonté de conserver les données et de rechercher des explications alternatives.
En 2003, le site sud-africain SAUFOR a publié une page consacrée à : « Personal sighting report from Marie van Staden, 1975, Johannesburg area, South Africa » Il s'agit cette fois de son propre témoignage, recueilli et traduit de l'afrikaans par CRiSTo Louw. Marie et son mari Kallie van Staden auraient observé le phénomène vers la fin de 1975, probablement en octobre ou novembre. Ils circulaient entre Boksburg et Kempton Park, dans l'East Rand, à proximité de l'aéroport Jan Smuts — aujourd'hui O.R. Tambo. Elle remarque d'abord une lumière rouge. Puis les deux témoins constatent qu'il y en a en fait deux. Les lumières sont décrites comme : rouges ; ovales ; énormes ; pratiquement immobiles ; silencieuses et proches l'une de l'autre. Le couple s'arrête et les observe pendant environ 50 minutes depuis le sol, puis depuis le toit d'un immeuble. Marie affirme avoir continué à les voir jusqu'à environ minuit.
Cela permet de formuler une hypothèse raisonnable sur son engagement dans l'ufologie, mais je veux distinguer l'hypothèse du fait établi. Nous savons :
· 1975 → Marie van Staden est elle-même témoin d'un phénomène qu'elle ne parvient pas à identifier.
Nous savons ensuite :
· Années 1990 → elle enquête sur les observations d'autres personnes.
Puis :
· 1995-2000 → elle est officiellement répertoriée comme Investigator dans le réseau AFRINEWS.
Il est donc possible que son propre témoignage de 1975 ait contribué à son intérêt pour le phénomène. Mais je n'ai trouvé aucun document dans lequel elle dit explicitement : « C'est à la suite de mon observation de 1975 que j'ai commencé mes recherches ». Il ne faut donc pas transformer cette possibilité en fait biographique.
Marie van Staden n'est pas une enquêtrice qui apparaît uniquement en 1995. Son nom demeure dans les listes d'enquêteurs d'AFRINEWS :
n°13 — février 1996 n°15 — janvier 1997 n°16 — juillet 1997 | n°17 — 1998 n°18 — juillet 1998 n°19 — janvier 1999 | n°20 — juillet 1999 n°22 — juillet 2000 |
Dans le n°22, elle est encore explicitement mentionnée comme Investigator.
On peut donc documenter une activité au sein du réseau AFRINEWS sur au moins environ une décennie, même si ses premières activités restent à déterminer.
Elle apparaît également dans l'histoire du réseau ufologique sud-africain Une source indépendante est particulièrement intéressante : l'ancien site de SAUFOR — South Africa's UFO Resource. Dans les années 2000, SAUFOR avait créé une rubrique spécifiquement consacrée à : « Marie van Staden » dans son « Sorted Vault ».
La même archive rassemble des rubriques consacrées à Elizabeth Klarer, Night Stalker, aux groupes ufologiques sud-africains et à différents dossiers nationaux.
Cela montre que son nom avait suffisamment d'importance dans la mémoire ufologique sud-africaine pour être conservé comme une personnalité ou une source spécifique, et pas seulement comme un ancien correspondant d'AFRINEWS.
6. GUNTER HOFER — L'homme technique de Cynthia Hind - ZIMBABWE
Il est listé dès les premiers numéros comme correspondant Harare : UFO AFRINEWS ... Harare Gunter Hofer 747 256 - Harare Gunter Hofer (04) 747 256 Il reste dans tous les numéros jusqu'au dernier N°22 de juillet 2000.
Sa relation avec Cynthia Hind : Gunter Hofer était un proche collaborateur de Cynthia Hind, enquêtrice rhodésienne (zimbabwéenne) spécialisée dans l’étude du phénomène OVNI, et a travaillé avec elle jusqu'à son décès en 2000. Il a conservé une partie des dossiers d'enquête du magazine UFO Afrinews de Hind, désormais archivés aux Archives pour l'Inexpliqué (AFU), où nous avons également numérisé les rapports. Quelques cartons se trouvent encore dans une maison au Zimbabwe et seront donnés à l'AFU au retour de Gunter sur place.
AFU = Archives pour l'Inexpliqué, Suède. C'est lui qui a sauvé le fonds Hind.
Ce n'est pas un écrivain, c'est un technicien de terrain. Son profil : Gunter Hofer, passionné d'électronique et connaissance de Hind, l'a accompagnée et a ratissé le jardin avec un compteur Geiger, un détecteur de métaux et un magnétomètre, sans rien trouver d'inhabituel. C'est le seul du réseau qui possédait ce matériel en 1994 au Zimbabwe. Son rôle dans le cas le plus célèbre d'Afrique - École d'Ariel, Ruwa, 16 septembre 1994 (62 enfants) : Gunter Hofer faisait partie d'une équipe d'ufologues enquêtant sur l'observation d'OVNI à l'école d'Ariel, au Zimbabwe, dirigée par Cynthia Hind. Il a apporté une aide technique précieuse, notamment pour la fabrication de matériel difficile à se procurer, la prise de photos et la réalisation de dessins.
Gunter Hofer, enquêteur ufologique zimbabwéen, a collaboré étroitement avec Cynthia Hind et a mené ses propres entretiens. Il s'est attaché à recouper les témoignages et à analyser les lieux à la recherche de preuves matérielles. Cynthia Hind, enquêtrice de terrain du MUFON et rédactrice en chef d'UFO Afrinews, a été la première ufologue sur le dossier… Gunter Hofer, quant à lui, avait apporté un compteur Geiger, un détecteur de métaux et un magnétomètre pour rechercher des traces physiques.
Le photographe Gunter Hofer, parmi les premiers sur les lieux à documenter l'incident, a partagé ses photos montrant des empreintes en forme de coin, supposément laissées par l'OVNI dans le champ. Ses photos montrent : une indentation ovale dans les hautes herbes et deux formes ovales… Toutes deux étaient en spirale et présentaient une rotation dans le sens horaire. Rédacteur / Auteur / Conférencier
Il n'a pas écrit de livre personnel, mais : Rédacteur technique de UFO Afrinews : il fournissait les dessins, les plans d'atterrissage, les photos. Le site d'archives qu'il a créé : Gunter's archive website for Cynthia Hinds booklets: https://ufoafrinews.com/resources.html
Conférencier / Témoin filmé :
YouTube : "1994 Ariel School Investigator - Gunter Hofer" - interview enregistrée le 14 juillet 2021 où il raconte l'enquête Ariel Il apparaît dans tous les documentaires sur Ariel (BBC, 2022 photos des traces)
Conservateur d'archives : c'est grâce à lui que les 22 numéros d'UFO Afrinews et les dossiers d'enquête Hind existent encore à l'AFU.
Autres activités
Électronique (radio-amateur), photographie. Il vit entre Harare et à l'étranger, d'où les cartons restés dans une maison à Harare en attente de transfert à l'AFU.
7. VICTOR FORWARD — ZIMBABWE - Le correspondant du Matabeleland
Il est listé dès le début comme enquêteur Zimbabwe Sud, Bulawayo, et il reste jusqu'à la fin du réseau - ZIMBABWE ... Bulawayo Victor Forward (09) 73 417 UFO AFRINEWS - Son numéro évolue de 73147 (1996) à (09) 73 417 (1999-2000) - même ligne, passage à l'indicatif Bulawayo.
Son rôle dans le réseau Hind : Il faisait partie du réseau de correspondants
Organisation géographique de UFO Afrinews :
· Harare : Gunter Hofer (04) 747 256 - technique + photos
· Bulawayo : Victor Forward (09) 73 417 - 2ème ville du Zimbabwe, Matabeleland
· Gweru : Trevor Thornton
· Mutare : Vera Lockie
· Rusape : Elias Mutwira
Forward couvrait tout le sud-ouest du Zimbabwe (Bulawayo, frontière Botswana, parc Hwange). Quand un cas tombait à Bulawayo, Hind ne prenait pas l'avion depuis Harare, elle appelait Forward.
Probablement radio-amateur ou membre du réseau d'astronomes amateurs de Bulawayo (comme beaucoup d'enquêteurs UFO de l'époque) Contrairement à Hofer qui avait le matériel (Geiger, détecteur), Forward était le "premier contact" - il faisait le tri entre canular et cas sérieux avant que Hind ne se déplace.
Le seul endroit où il y a encore ses dossiers, c'est le fonds Hind conservé à l'AFU en Suède : Dossiers d'enquête de Cynthia Hind… Il a conservé des parties de ces dossiers… qui sont désormais conservées par l'AFU. Tout n’est pas encore numérisé, il y a donc encore des cartons non exploités aux archives de ‘AFU, des informations non accessibles sur le net.
8. ELIAS MUTWIRA — ZIMBABWE - Le correspondant de l'Est
Même profil que Victor Forward, mais encore plus à l'est du pays. Voilà tout ce qui est archivé : Il est listé dans tous les numéros comme enquêteur Zimbabwe Est, Rusape :
Rusape Elias Mutwira (025) 83 3731 - UFO AFRINEWS ... Rusape Elias Mutwira Gweru Trevor Thornton 4968 Mutare Vera Lockie 214120
:
Il figure notamment parmi les correspondants du Zimbabwe dans l’organisation de la revue de Cynthia Hind.
Carte du réseau Zimbabwe :
· Harare (capitale, centre) : Gunter Hofer (04) 747 256
· Bulawayo (sud-ouest, Matabeleland) : Victor Forward (09) 73 417
· Rusape (est, Manicaland) : Elias Mutwira (025) 83 3731 - ta question
· Gweru (centre) : Trevor Thornton (054) 4968
· Mutare (extrême est, frontière Mozambique) : Vera Lockie (020) 214120
Rusape, c'est une petite ville agricole sur la route Harare-Mutare, à 170 km de Harare. C'est la zone de l'Est, frontalière avec le Mozambique. C'est stratégique parce que c'est la région où il y a eu le plus de cas en brousse, dont la région de Ruwa (Ariel School est à 30 km de Harare, mais sur l'axe Rusape). Mutwira couvrait tout le Manicaland rural - les cas de fermiers, d'instituteurs, de villages où Hind ne pouvait pas aller depuis Harare.
Correspondant bénévole, il connaissait le terrain Shona, parlait la langue, et prenait les témoignages dans les villages autour de Rusape Il transmettait à Hind à Harare (PO Box MP49 Mount Pleasant) Il n'apparaît dans aucune base ufologique internationale en dehors des listes UFO Afrinews. Pas de trace MUFON à son nom, pas d'interview YouTube comme Hofer.
Pour ton livre
8-1 TINUS DE BEER
Tinus de Beer apparaît dans les archives de UFO Afrinews parmi les enquêteurs sud-africains. Il est notamment présent dans les numéros des années 1990, avec des coordonnées associées à l'Afrique du Sud. Sa présence démontre que le réseau continuait à se développer après les premières années de la revue.
8-2 DAVE VAN RHYN
Dave van Rhyn apparaît dans les premiers numéros de UFO Afrinews parmi les correspondants sud-africains. Il appartient ainsi à la première génération de collaborateurs du réseau de Cynthia Hind. Son apparition dans les archives est particulièrement intéressante pour les recherches futures, car les informations biographiques disponibles sont encore limitées.
8-3 CHRIS ROUSE
Chris Rouse est également mentionné comme correspondant dans les premiers numéros de la revue. Il apparaît notamment dans le quatrième numéro aux côtés de plusieurs autres enquêteurs sud-africains et zimbabwéens. Son cas illustre parfaitement la structure du réseau : plusieurs enquêteurs locaux alimentaient une publication centrale qui assurait ensuite la circulation internationale de l'information.
8-4 VERA LOCKIE – ZIMBABWE
Vera Lockie apparaît dans les listes d'enquêteurs du Zimbabwe dans les numéros des années 1990. Elle est associée à la région de Mutare. Sa présence est particulièrement intéressante dans l'étude du réseau territorial de Cynthia Hind.
9. TREVOR THORNTON — ZIMBABWE
Trevor Thornton apparaît systématiquement dans tous les N° de la revue, à la rubrique INVESTIGATORS, pour le Zimbabwe :
ZIMBABWE - Gweru | Trevor Thornton | (054) 4968 / 7471
On le retrouve à l'identique dans plusieurs numéros conservés et numérisés par l'AFU - Archives for the Unexplained, Suède :
· N°12 - July 1995 :
ZIMBABWE Bulawayo Victor Forward 73147 Elias Mutwira Gweru Trevor Thornton 7471 Harare Gunter Hofer 734 116 Mutare Vera Lockie 214 120
N°15, N°19 January 1999, N°20 July 1999 : même listing, avec la variante de téléphone (054) 4968
UFO AFRINEWS était édité par Cynthia Hind, rédactrice et représentante MUFON pour l'Afrique, assistée de Maria Sullivan et Michael Hind.
Son rôle dans le réseau
Comme pour les autres membres zimbabwéens que vous mentionnez, Thornton était l'enquêteur référent pour Gweru, 3ème ville du pays, centre du Zimbabwe. Le rôle était bénévole : recevoir les signalements locaux par téléphone, faire une première enquête de terrain, transmettre le rapport et les éventuels échantillons à Cynthia Hind à Harare (P.O. Box MP49, Mount Pleasant).
C'est un réseau pré-internet. Les numéros de téléphone à 4 chiffres sont des fixes locaux de l'époque.
Aucune trace publique n'existe en tant qu'auteur, écrivain ou conférencier.
Aucun article signé "Trevor Thornton" dans les sommaires disponibles de UFO AFRINEWS (N°12 à N°21)
Aucun livre, aucune conférence référencée sous ce nom pour le Zimbabwe
Aucune fiche biographique, profession, ou parcours universitaire
C'est exactement comme pour Forward, Mutwira, Lockie : ce sont des correspondants de terrain, pas des chercheurs publiant. Cynthia Hind centralisait et rédigeait. La plupart de ses dossiers d'enquête ont été reversés à l'AFU après son décès en 2000.
Attention à l'homonyme
Il existe un autre Trevor Thornton ufologue au Royaume-Uni, actif dans les années 70-80 à Leicester dans les groupes UAPROL, HAPI et NUFON (Northern UFO Network) :
« Nous tenons à remercier les groupes locaux UAPROL, HAPI et leurs associés, mais tout particulièrement Trevor Thornton qui y a consacré énormément de travail. »
Rien n'indique que ce soit la même personne que celle de Gweru. L'homonymie est fréquente dans l'ufologie britannique.
10. ROLAND ROEIS — NAMIBIE
En ufologie, ROLAND ROEIS - NAMIBIE est le seul enquêteur pour la Namibie dans le réseau UFO AFRINEWS de Cynthia Hind, et il y est depuis le début. Il est listé dans tous les numéros comme :
NAMIBIA Roland Roeis
Cynthia Hind elle-même le présente ainsi : Roland Roeis est un enquêteur et un journaliste fiable pour UFO AFRINEWS depuis sa création. C'est pour cela que la Namibie occupe une place particulière : un pays immense couvert par un seul correspondant, contrairement au Zimbabwe qui en avait 5. Il n'est pas juste un nom dans la liste, il a produit :
Reports from our Namibian Investigator
UFO - OPINION POLL... Compiled by Roland Roeis of Namibia, with the assistance of the Editors
COMMENTS FROM ROLAND ROEIS OF NAMIBIA dans le N°16 July 1997
Dans ce N°16 il développe une analyse très différente des autres enquêteurs : figurine en stéatite à 3 yeux achetée à Windhoek, têtes allongées, dieux venus de l'extérieur, liens avec Sirius, Atlantide, Mars.
L’éditrice ajoute : Le travail de Roland Roeis est d'excellente qualité et nous sommes ravis de présenter ses commentaires, même s'ils peuvent refléter une position plus controversée que celle que votre/vos rédacteur(s) en chef adopteraient
CV et autres activités - hors OVNI
· C'est un ingénieur de l'eau, pas un ufologue [gl1] professionnel :
· Formation: Diploma in Chemical Engineering (Belgium). He
· Fonction publique : Ministry of Agriculture, Water & Rural Development / Department of Water Affairs, Windhoek.
Il apparaît comme délégué namibien à la réunion consultative BCLME 2004 sur le courant de Benguela et comme appui technique pour les projets de collecte de brouillard et de suivi des zones humides arides en Namibie.
Entreprise : fondateur de Wheely Bin Express, société de services 100% namibienne. Il n'a pas écrit de livre sur le dossier OVNI ni de carrière de conférencier international à son nom. Son rôle était celui de chercheur de terrain bénévole : recueillir les observations namibiennes et les transmettre à Harare au P.O. Box MP49 pour publication dans UFO AFRINEWS.
11. NATHAN MIDDELDORF - ZIMBABWE
NATHAN MIDDELDORF - Bulawayo, Zimbabwe est l'un des enquêteurs de la deuxième période de UFO AFRINEWS, celle de la fin des années 90 - début 2000. Il apparaît dans tous les numéros de la revue, toujours à Bulawayo, associé à Victor Forward, avec le même indicatif téléphonique :
· Dans le N° 19 - January 1999:
ZIMBABWE Harare Gunter Hofer (04) 747 256 Bulawayo Victor Forward (09) 73 417 Nathan Middeldorf
· Dans le N°20 - July 1999:
Buiawayo Victor Forward Nathan Middeldorf (09)73 417
· Dans le N°22 - July 2000, dernier numéro du vivant de Cynthia Hind :
Bulawayo Victor Forward (09) 73417 Nathan Middeldorf
Le fait qu'il partage le numéro (09) 73 417 avec Victor Forward indique qu'ils opéraient depuis la même base de Bulawayo, la deuxième ville du Zimbabwe, qui était le pôle pour tout le Matabeleland. Il entre dans le réseau à partir de 1998-1999. Avant, la liste pour Bulawayo ne mentionnait que Victor Forward seul.
Comme pour Trevor Thornton, Elias Mutwira ou Vera Lockie : Aucune publication signée à son nom dans UFO AFRINEWS, Aucun livre, aucun article de fond, aucune conférence référencée comme auteur, En fait l'ufologie africaine de Cynthia Hind ne fonctionnait pas comme une activité individuelle. L'organisation était calquée sur MUFON dont Hind était la représentante pour l'Afrique :
Collaborateurs de la revue - selon ce qui est imprimé :
· EDITOR : Cynthia Hind
· ASST. EDITOR: Maria Sullivan / LAYOUT: Michael Hind / H. Livingstone Mareya
INVESTIGATORS : par pays et par ville –
· NAMIBIA: Roland Roeis,
· SOUTH AFRICA: Cape Town Pam Puxley, Pretoria Tinus de Beer,
· ZIMBABWE: Harare Gunter Hofer, Bulawayo Victor Forward + Nathan Middeldorf, Rusape Elias Mutwira, Gweru Trevor Thornton, Mutare Vera Lockie
· RESEARCHERS: USA New York Albert Benajam
Chaque enquêteur était un correspondant bénévole : réception d'un témoignage local, première visite de terrain, prise de photos, prélèvements de sol, puis envoi à Harare, P.O. Box MP49 Mount Pleasant, où Hind centralisait, rédigeait et publiait.
Nathan Middeldorf représente cette seconde génération qui a permis au bulletin de tenir de 1988 jusqu'à la mort de Hind en 2000. Après le N°22, le réseau se disperse - c'est pour ça que sa trace s'arrête là.
L'étude de ces correspondants permet de comprendre que l'ufologie africaine ne fut pas uniquement une activité individuelle. Elle fonctionnait selon un modèle proche de celui des organisations ufologiques internationales :
Correspondants locaux → enquête → centralisation → publication → échange international.
11-1 TEAM LEACH – ZIMBABWE - ROYAUME UNIS
Tim Leach - Royaume-Uni / Zimbabwe (1952-2011) n'est pas un ufologue de formation, c'est le journaliste dont les images de 1994 sont la base documentaire de toute la vague zimbabwéenne. Il a sa place ici car en collaboration avec Cinthya Hind, il a médiatisé l’affaire de l’école Ariel. C’était aussi un ami de Cinthya. Il a travaillé au Zimbabwe durant de nombreuses années.
· Naissance / décès : né à Westminster le 12 March 1952 and died at the Royal London Hospital on 23 August, 2011 à 59 ans.
· Formation : Il a fréquenté la Highgate School à Londres et étudié les sciences politiques à l'Université de Rhodésie avant de se lancer dans le journalisme.
· Carrière journalisme : Après l'Indépendance du Zimbabwe, il devient une figure connue du circuit journaliste, représentant ITN et la BBC et un certain nombre d'autres médias respectés.
· Fonction institutionnelle : Au milieu des années 1980, il crée l'Association des correspondants étrangers qui contribue à améliorer les relations entre la presse et le gouvernement. Il en sera le président - on le retrouve décrit comme ancien chef de l'Association des correspondants étrangers au Zimbabwe.
· Autre activité : Tim était un musicien et auteur-compositeur extrêmement talentueux - très connu à Harare aussi comme musicien.
Rôle dans le phénomène OVNI 1994
C'est lui qui fait le lien entre le terrain et le réseau ufologique. Le 16 septembre 1994 à 10h15, 62 élèves de l'Ariel School à Ruwa voient un objet et des êtres. Le pass week-end. Deux jours plus tard, Tim Leach, chef du bureau de la BBC pour le Zimbabwe, a reçu un appel électrisant. C'était un journaliste respecté, un reporter chevronné qui couvrait les zones de guerre. Pourtant, lors de cet appel, il semblait secoué. Tim a dit à Cynthia que 62 élèves de l'école aérienne de Rua avaient aperçu un OVNI.
19 septembre 1994 - Premier reporter sur place : Parmi les premiers arrivés le 19 septembre figurait Tim Leach, journaliste de la BBC basé au Zimbabwe. Le correspondant de la BBC au Zimbabwe, Tim Leach, s'est rendu à l'école le 19 septembre pour filmer des interviews d'élèves et de membres du personnel. Il filme les témoignages à chaud, les dessins que le directeur Colin Mackie a fait faire aux enfants le jour même. Le lendemain 20 septembre, il revient avec Cynthia Hind, Gunter Hofer et Michael Hind pour montrer les 42 pages de dessins.
C'est son reportage qui alerte ensuite Harvard : il faxe le Dr John Mack, spécialiste des abductions, qui viendra en novembre 1994.
Sa phrase restée célèbre après les interviews :
Après avoir enquêté sur cet incident, Leach a déclaré : « Je pouvais gérer les zones de guerre, mais je ne pouvais pas gérer ça. » Pour un reporter de guerre habitué aux zones de conflit, la cohérence des enfants, leur état de choc, l'a marqué.
Certains récits affirment que : Après avoir filmé un reportage et envoyé la cassette à Londres pour diffusion sur la BBC, celle-ci a disparu. - raison pour laquelle son reportage BBC n'a jamais été diffusé tel quel, ne laissant que ses rushs utilisés dans les documentaires ultérieurs comme Ariel Phenomenon.
En tant que chercheur / écrivain ufologue ?
Tim Leach n'a jamais eu de CV d'ufologue : pas de livre OVNI, pas d'articles dans UFO AFRINEWS, pas de conférences ufologiques. Il était membre du réseau par amitié avec Cynthia Hind.
Son apport est journalistique : il est le seul à avoir recueilli des témoignages filmés à chaud, avant l'arrivée des enquêteurs, avant l'influence médiatique. Sans ses films, l'affaire Ariel School ne serait qu'un rapport écrit.
11 - 2 RICHARD NICKERSON – USA – CONTRIUTION MONDIALE A LA CONNAISSANCE DE L’UFOLOGIE AFRICAINE – 15 ANNEES DE TRAVAIL !
Randall Nickerson (États-Unis) n'est pas un ufologue classique du réseau Hind/MUFON, c'est le chaînon qui a numérisé et préservé ce réseau.
Parcours film : Randall Nickerson travaille dans l'industrie cinématographique depuis 1987. Il a débuté comme acteur de théâtre et de cinéma, avant de se tourner vers la direction de la photographie, puis vers la réalisation en 2001. Nickerson a fondé sa société de production, « String Theory Films, LLC », en 2001 et l'a officiellement constituée en société début 2016.
Société: String Theory Films, LLC – film, video, photo. Basée entre Manhattan et le Massachusetts.
Autres activités – important pour comprendre sa démarche :
Randall Nickerson est pianiste de concert de formation, pilote et photographe professionnel spécialisé dans la publicité et la nature. Ses œuvres ont été exposées dans des galeries très réputées à Manhattan et dans le Massachusetts.
Ses photos ont également illustré plusieurs livres, dont le best-seller du New York Times : « OVNIs : Généraux, pilotes et fonctionnaires du gouvernement témoignent ». On le décrit aussi comme : photographe accompli, réalisateur, pianiste et pilote (parmi beaucoup d'autres intérêts) avec parmi ses centres d'intérêt : voler, jouer du piano, électronique et plongée sous-marine, le séjour de Nickerson au Zimbabwe, en Afrique du Sud, en Zambie, au Botswana, en Namibie et en Égypte l'a finalement conduit à ses débuts en tant que réalisateur.
C'est ce profil de pilote-photographe qui explique sa capacité à faire de longs voyages en Afrique australe.
Travaux : Phénomène Ariel
Film : 2022 | Réalisé par Randall Nickerson | Zimbabwe, États-Unis | 141 minutes - sorti le 20 mai 2022.
C'est son premier long-métrage documentaire comme réalisateur / producteur.
Genèse : Après la mort du Dr John E. Mack en 2004 - le psychiatre de Harvard Prix Pulitzer qui avait interviewé les enfants de Ruwa en novembre 1994 - c'est la famille Mack qui crée le John E. Mack Institute, qui a engagé le cinéaste Randall Nickerson pour produire un film basé sur l'implication de Mack.
Formulation reprise partout :
Après la mort prématurée du Dr John E. Mack — psychiatre à Harvard et lauréat du prix Pulitzer —, ses proches ont confié à Randall Nickerson, pianiste, pilote et cinéaste d’une petite ville, l’histoire d’une vie. Ce dernier s’est alors lancé dans une odyssée pour réaliser le documentaire définitif sur l’événement de l’école Ariel.
Randall Nickerson est le producteur, chercheur, directeur de la photographie, co-scénariste, réalisateur et co-monteur du documentaire « Phénomène Ariel ». Il décrit ici les quinze années de travail consacrées à la documentation de l’observation d’OVNI survenue à l’école d’Ariel.
Concrétisation :
Lorsqu’il a eu connaissance de la rencontre à l’école d’Ariel, il a été frappé par la sincérité et la vérité dont ont fait preuve les enfants et s’est senti obligé de consacrer le temps nécessaire à la réalisation du documentaire de référence sur cet incident. Nickerson a passé des années à voyager à l’école au Zimbabwe et à travers le monde pour interviewer les élèves.
Il a retrouvé et interviewé adultes les témoins de 1994 dispersés dans le monde, numérisé les archives de Cynthia Hind (UFO Afrinews), de Tim Leach (BBC) et les heures d'entretiens de John Mack qui n'avaient jamais été publiés.
Son rôle en ufologie
Nickerson n'est ni enquêteur de terrain en 1994, ni écrivain d'articles à l'ancienne. C'est un documentariste-chercheur : il a fait le travail d'archiviste que le réseau africain n'avait jamais pu faire - conserver, scanner, recouper et donner une forme cinéma à une affaire qui n'existait que dans des bulletins ronéotypés et des VHS.
C'est pour ça qu'aujourd'hui Ariel Phenomenon (2022) est considéré comme la source primaire la plus complète sur la vague de septembre 1994.
A regarder sur Yahoo ou autres supports.
11 – 3 Pr TIM MURITHI – AFRIQUE DU SUD
Pr TIM MURITHI - Afrique du Sud est le seul universitaire africain à avoir fait le pont entre l'académie et l'ufologie internationale structurée. C'est le profil le plus atypique de cette liste.
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CV académique - hors OVNI
C'est d'abord une figure majeure de la recherche sur la paix : Fonction principale : Le professeur Tim Murithi est directeur du Programme d'interventions pour la consolidation de la paix à l'Institut pour la justice et la réconciliation du Cap, et professeur extraordinaire d'études africaines au Centre d'études africaines et de genre de l'Université de l'État libre.
Autres affiliations : Professeur extraordinaire à l'Institut de sécurité pour la gouvernance et le leadership en Afrique (Faculté des sciences militaires, Université de Stellenbosch) et directeur du Programme d'interventions pour la consolidation de la paix à l'Institut pour la justice et la réconciliation. Il est également professeur invité au Département des relations internationales de la London School of Economics et chercheur associé honoraire à l'Université du Cap.
Parcours : Chercheur universitaire avec trente ans d'expérience dans le domaine de la résolution des conflits et de la consolidation de la paix en Afrique.
Publications : Le professeur Murithi est l'auteur et l'éditeur de treize ouvrages universitaires sur la paix et la justice transitionnelle en Afrique. C'est un expert international consulté par l'UA, l'ONU, pas un ufologue de terrain à la Cynthia Hind.
Rôle dans le domaine OVNI / UAP
Il arrive dans l'ufologie après la déclassification des vidéos UAP 2017 : Fonction ufologique : Le professeur Tim Murithi est le représentant sud-africain auprès de la Coalition internationale pour la recherche extraterrestre (ICER), et membre du conseil consultatif de la Society for UAP Studies
C’est le seul représentant africain officiel de l'ICER, la coalition internationale créée en 2021 qui regroupe 30 pays.
Travaux d'écriture : Suite à la diffusion des vidéos UAP en 2017, il a signé plusieurs articles de presse en Afrique du Sud sur le phénomène OVNI/UAP, notamment dans le Mail & Guardian, le Daily Maverick et The Observer Anomalist — tous disponibles en ligne.
Dans ces tribunes, il développe l'idée que : l'Afrique a toujours été au cœur du phénomène des rencontres OVNI, en s'appuyant sur les cas de l'École Ariel de 1994, les vagues de 1950-1960 au Zimbabwe et les traditions orales africaines.
Conférencier : Le professeur Murithi a présenté des communications sur le phénomène lors du symposium Limina organisé par la Society for UAP Studies en février 2023 et de l'Annual Anomalous Aerospace Phenomena Conference (AAPC) organisée par la Scientific Coalition for UAP Studies en juillet 2023.
Médias :
Tim a également été interviewé sur le phénomène des PAN/OVNI à la télévision par la South African Broadcasting Corporation (SABC), à la radio par Cape Talk 567 et dans un podcast de l'ICER, disponibles sur YouTube.
Recherche actuelle : Il est membre actif du groupe de rencontre sur les OVNI du Cap et mène actuellement des recherches sur l'ufologie panafricaine.
Pourquoi il occupe une place particulière
Contrairement à Roland Roeis, Nathan Middeldorf ou Tim Leach qui étaient des collecteurs de terrain, Murithi fait le travail inverse : il apporte une légitimité académique africaine au débat UAP global, dominé par les États-Unis.
Il ne recueille pas de dessins d'enfants, il analyse le phénomène comme fait social et géopolitique : pourquoi l'Afrique, pourtant riche en cas historiques, est absente des auditions du Congrès américain, et comment l'ICER tente de corriger ce biais Nord-Sud.
Dans ses interviews, il explore le lien entre l'Afrique et le phénomène OVNI, en abordant des sujets comme les connaissances scientifiques de la tribu Dogon au Mali, les mythes égyptiens liés aux extraterrestres et l'incident célèbre de l'école Ariel au Zimbabwe.
Vous pouvez consulter plusieurs de ses entretiens :
Podcast "Strange and Mysterious World" (S03E19) : Une discussion approfondie sur ses recherches, les défis de l'ufologie en Afrique et ses espoirs pour une divulgation globale. https://www.podbean.com/login?url=https%3A%2F%2Fstrangeandmysteriousworld.podbean.com%2Fe%2Fufos-over-africa-professor-tim-murithi-s-ground-breaking-research-into-uaps-alien-encounters-s03e19%2F&error=Channel%20locked
Podcast "Dreamland" de Whitley Strieber : Un entretien intitulé "Ancient and Modern UFOs in Africa" où il discute de l'histoire des OVNI en Afrique et de la nécessité d'un mouvement de vérité et réconciliation sur ce sujet. https://facebook.spreaker.com/episode/ancient-and-modern-ufos-in-africa-with-professor-tim-murithi--68481297
11-4 MR CREDO MUTWA - UNE AUTRE CONCEPTION DU PHENOMENE OVNI – CA DEVIENT MOINS SERIEUX !
SUITE PAGE 02 OU CLIQUER SUR LE LIEN CI DESSOUS
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Ce travail est fait bénévolement, le livre n’est pas édité sous forme de livre papier actuellement. L’objectif est d’en faire un ouvrage GRATUIT. Il est présenté brut, au format PDF, mais la base en étant les pages Word, brutes et sans relecture ni mise en page stricte.
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LA POLITIQUE ET LES OVNIs EN GRANDE-BRETAGNE
https://ovnietuapinfo.com/wp-content/uploads/2026/08/la-politique-et-les-ovni-en-grande-bretagne.pdf



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