Le point particulièrement intéressant est que le sénateur Mike Rounds, pourtant l'un des principaux promoteurs historiques de l'UAPDA avec Chuck Schumer, semble avoir appris cette évolution par Ask a Pol UAP. Dans l'échange publié le 8 août, Rounds répond d'abord : « No, I hadn't heard that », avant d'ajouter, à propos de la possibilité que la disposition survive au processus sénatorial : « I hope so. »
Ce que cela signifie réellement
Le texte actuellement en cause est celui porté à la Chambre par le représentant républicain Eric Burlison, qui a réussi à faire adopter son amendement UAP dans le NDAA FY2027. Cette étape est particulièrement significative parce que l'obstacle principal rencontré par l'UAPDA au cours des années précédentes se situait précisément à la Chambre. En juin, Burlison expliquait encore qu'il travaillait à faire intégrer le texte au NDAA ; en juillet, il déclarait craindre que le Sénat tente ensuite de le supprimer. L'amendement va beaucoup plus loin qu'une simple demande de transparence politique. Il vise notamment à renforcer la collecte des dossiers UAP, leur transfert vers les Archives nationales et à créer un UAP Records Review Board, doté de pouvoirs importants pour examiner les documents et témoignages.
Rounds est l'un des architectes historiques de l'UAPDA. En 2023, il avait Co sponsorisé avec Chuck Schumer la première grande version de la loi sur la divulgation des dossiers UAP. Le Congressional Record confirme le rôle conjoint de Schumer et Rounds dans cette initiative.
En 2025 encore, Rounds et Schumer avaient déposé ensemble une nouvelle version de l'UAPDA.
Et pourtant, en août 2026, Rounds déclare ne pas savoir que Burlison avait réussi à faire entrer cette législation dans le NDAA de la Chambre.
Cela peut paraître surprenant, mais il faut éviter d'en tirer immédiatement une conclusion de type « Rounds ne contrôle plus son propre projet ». Il faut plutôt y voir le signe d'un processus parlementaire devenu extrêmement complexe, dans lequel plusieurs versions et amendements circulent parallèlement entre la Chambre et le Sénat.
La Chambre des représentants a approuvé par 216 voix contre 212 sa version de la National Defense Authorization Act pour l'exercice fiscal 2027, connue sous l'acronyme NDAA. Dans le gigantesque projet a été incorporée une version renforcée de la Unidentified Anomalous Phenomena Disclosure Act, destinée à localiser, préserver, examiner et éventuellement publier les documents du Gouvernement liés aux soi-disant phénomènes anomaux non identifiés. |
Le vrai danger est maintenant au Sénat
C'est ici que l'information devient véritablement importante. L'adoption par la Chambre n'est pas l'adoption de la loi. Le NDAA doit encore franchir le processus sénatorial et surtout faire l'objet d'un accord entre les deux chambres. C'est précisément ce que redoute Eric Burlison. Il déclarait récemment :
« I am » — lorsqu'on lui demandait s'il craignait que le Sénat retire l'UAPDA — et ajoutait que le public devait se battre pour la conserver.
Rounds lui-même adopte une attitude prudente : il dit espérer que la disposition sera conservée, tout en soulignant la nécessité de trouver une formulation compatible avec les impératifs de sécurité nationale.
Il existe néanmoins une différence importante par rapport aux tentatives précédentes. L'UAPDA n'est plus simplement une proposition sénatoriale de Schumer et Rounds que la Chambre pourrait refuser. Elle bénéficie désormais d'un portage bipartisan à la Chambre, notamment grâce à Burlison, et elle a franchi une étape procédurale majeure en étant incorporée au texte NDAA adopté par cette chambre.
C'est un changement de rapport de force.
En 2025, la tentative UAPDA avait déjà rencontré de fortes résistances et la législation avait été considérablement réduite. L'histoire montre donc que l'inclusion dans le NDAA n'est absolument pas une garantie de survie jusqu'au texte final.
Et surtout : il ne faut pas parler encore de « Disclosure Act adopté »
Je serais très prudent avec certains titres qui circulent actuellement sur les réseaux sociaux : « Le Congrès vient d'adopter l'UAP Disclosure Act » serait faux.
« L'UAPDA est devenue une loi » serait également faux.
La formulation exacte serait : « La Chambre des représentants a intégré l'UAP Disclosure Act de Burlison au NDAA 2027 ; le texte doit maintenant survivre au processus sénatorial et aux négociations entre les deux chambres. » C’'est une nuance essentielle.
Mon appréciation
À mon avis, c'est l'une des évolutions législatives UAP les plus intéressantes de 2026 si elle est adoptée. Elle ne constitue pas encore une « divulgation » au sens spectaculaire du terme. Mais elle touche à quelque chose de beaucoup plus concret : qui possède les archives, qui peut les examiner, qui peut obliger les administrations et éventuellement les contractants à fournir des informations, et qui décide finalement de ce qui peut rester secret.
C'est précisément ce qui rend l'UAPDA beaucoup plus importante que les annonces politiques générales sur les OVNI. Et le fait que Mike Rounds découvre lui-même par un journaliste que son projet est désormais présent dans le NDAA de la Chambre ajoute une dimension assez extraordinaire à l'histoire.
En résumé :
Chambre : victoire importante.
Sénat : bataille décisive.
Conférence Chambre-Sénat : danger majeur d'amputation du texte.
Présidence : étape finale, si le texte arrive jusque-là.
Autrement dit, l'UAPDA vient de franchir une porte qu'elle n'avait pas réussi à franchir auparavant, mais elle est encore très loin de la ligne d'arrivée.
Groupe rédactionnel GEOS France GL
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