Affichage des articles dont le libellé est soucoupe volanteuap. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est soucoupe volanteuap. Afficher tous les articles

mercredi 14 octobre 2026

JAY STRATTON : SEIZE ANNÉES D'ENQUÊTES SUR LES OVNI POUR LE GOUVERNEMENT AMÉRICAIN

JAY STRATTON : SEIZE ANNÉES D'ENQUÊTES SUR LES OVNI POUR LE GOUVERNEMENT AMÉRICAIN

Sous-marins nucléaires utilisés comme appâts, triangles noirs et secrets militaires : révélations d'un ancien responsable du renseignement 

Rédaction GEOS France - MR

Article d'analyse et de critique — Octobre 2026

 

Un ancien haut responsable du renseignement américain affirme que les États-Unis ont consacré des années à enquêter sur des phénomènes aérospatiaux non identifiés, parfois observés à proximité d'installations militaires sensibles. Dans un entretien accordé à Bret Baier sur Fox News, Jay Stratton revient sur des observations de triangles noirs, sur les risques pour la sécurité nationale et sur une opération particulièrement étonnante : l'utilisation d'un sous-marin nucléaire pour tenter d'attirer un PAN et recueillir des données à son sujet.

 Mais que révèlent réellement ces déclarations ? Quel crédit peut-on accorder au témoignage d'un ancien responsable du renseignement ? Et surtout, où se situe la frontière entre une information militaire sérieuse, un témoignage de seconde main et une affirmation qui reste à démontrer ?

Photo Jay Stratton

L'affaire mérite un examen approfondi.

Une interview qui relance le débat sur les OVNI américains

Le 13 octobre 2026, l'émission Special Report, présentée par Bret Baier sur Fox News, diffuse un entretien avec Jay Stratton, ancien haut responsable du renseignement de défense américain et premier directeur de l'Unidentified Aerial Phenomena Task Force (UAPTF).

Dans cette interview d'environ onze minutes, Stratton revient sur ses longues années d'enquête consacrées aux phénomènes aérospatiaux non identifiés, communément désignés par le sigle PAN en français et UAP en anglais.

L'émission aborde plusieurs sujets particulièrement sensibles comme l'observation d'un objet triangulaire au-dessus d'une installation nucléaire américaine, puis il enchaine sur les capacités de vol attribuées à certains PAN ; les risques potentiels pour la sécurité des forces armées ; les tentatives militaires de collecte de données sur ces phénomènes et enfin sur l'utilisation alléguée d'un sous-marin nucléaire pour attirer un objet non identifié ;

 La séquence est consultable sur le site de Fox News.

Source: Fox News — Ex-Intelligence official details government investigations into UAPs.

 Ce témoignage intervient également à l'occasion de la publication des mémoires de Stratton, Out of the Shadows: Revealing the Truth About Non-Human Intelligent Life.

 Il faut immédiatement souligner un point essentiel : les fonctions antérieures de Stratton rendent son témoignage digne d'intérêt, mais elles ne suffisent pas à démontrer que toutes ses affirmations sont exactes.

Pour comprendre la portée de ses déclarations, il faut distinguer ce qu'il a personnellement observé, ce qu'il a étudié dans le cadre de ses fonctions et ce qu'il affirme avoir appris auprès d'autres personnes. Aux USA nous sommes depuis quelques années, devant des personnages au passé intéressant, sérieux, mais aussi face à des déclarations sur le dossier Ovni qui ne sont jamais prouvées.

 Pour ce qui concerne Jay Stratton il a effectué une longue carrière dans le renseignement militaire américain. Son parcours l'a conduit à travailler sur les menaces aériennes et spatiales, ainsi que sur les capacités technologiques susceptibles de représenter un danger pour les États-Unis. Il a notamment exercé des responsabilités au sein de la Defense Intelligence Agency (DIA) et de l'Office of Naval Intelligence (ONI). Il a ensuite dirigé l'UAP Task Force, créée en 2020 pour améliorer la collecte, l'analyse et la compréhension des phénomènes aériens non identifiés.

 Le 4 août 2020, le secrétaire adjoint à la Défense David Norquist approuve la création de cette structure. Le ministère de la Défense annonce officiellement sa mise en place le 14 août de la même année. Sa mission est clairement définie : détecter, analyser et cataloguer les phénomènes susceptibles de menacer la sécurité nationale américaine.

 Contrairement à un témoin occasionnel, Stratton a travaillé dans un environnement où les observations peuvent être confrontées à plusieurs catégories de données comme les comptes rendus des pilotes militaires ou les observations des personnels chargés de la sécurité des installations. Il a accès aussi à des données radar et infrarouges ou encore aux renseignements sur les capacités aériennes des puissances étrangères.

 Il connaissait donc les problèmes que peut poser l'identification d'un objet observé dans un espace aérien sensible. Cette expérience constitue un élément important pour évaluer ses déclarations. Cependant, il convient de ne pas confondre trois niveaux de compétence :

 Premier niveau : être capable d'évaluer la qualité d'une observation militaire.

Deuxième niveau : constater qu'un objet demeure non identifié après une enquête.

Troisième niveau : déterminer que cet objet est d'origine extraterrestre ou relève d'une intelligence non humaine.

 Le passage du deuxième au troisième niveau nécessite des preuves supplémentaires. L'expérience professionnelle, aussi importante soit-elle, ne dispense pas de cette exigence. L'un des épisodes les plus marquants racontés par Stratton remonte à l'automne 2005. À cette époque, il travaille à la Defense Intelligence Agency, où il s'occupe notamment des menaces aériennes et spatiales émergentes. Selon son récit, un collègue lui présente une vidéo enregistrée par des personnels de sécurité qui observaient un objet au-dessus d'une zone particulièrement sensible du territoire américain, à proximité d'un silo de missiles nucléaires. L'objet lui aurait paru triangulaire, sombre et silencieux, avec des lumières orange, blanches et jaunes disposés à ses extrémités. Stratton affirme que son comportement en vol l'a profondément intrigué. L'objet semblait accélérer à une vitesse qu'il ne parvenait pas à expliquer. Il explique que cette séquence a constitué le point de départ de ses recherches approfondies sur les PAN.

 Cette histoire est notamment rapportée dans son entretien publié par le magazine People le 13 octobre 2026.

 Si les circonstances décrites sont exactes, plusieurs questions se posent. L'objet a-t-il réellement pénétré dans un espace aérien militaire protégé ? Si oui, l'incident méritait évidemment une enquête, indépendamment de toute hypothèse extraterrestre. La vidéo montrait-elle un déplacement réellement anormal ? Pour le déterminer, il faudrait connaître la fréquence d'images, la distance de l'objet, la focale de la caméra, les conditions d'observation et les mouvements éventuels de l'appareil d'enregistrement. Un objet qui semble accélérer brutalement sur une vidéo peut, dans certaines circonstances, produire cette impression en raison de la perspective, du déplacement de la caméra ou de l'absence de repères permettant d'évaluer sa distance. Cela ne signifie pas que la vidéo de Stratton relève nécessairement de l'une de ces explications. Cela signifie simplement qu'une analyse technique est indispensable avant de conclure à des performances extraordinaires.

 Dans les éléments publics consultés pour cet article, la séquence décrite par Stratton n'est pas accompagnée d'un dossier technique complet permettant de vérifier indépendamment ses caractéristiques. Nous ne disposons donc pas, sur cette seule base, d'une démonstration publique établissant la vitesse de l'objet, sa trajectoire réelle ou son origine. Le témoignage reste intéressant, mais la description d'une vidéo ne remplace pas l'examen de la vidéo elle-même. Notre appréciation : l'affaire de 2005 constitue un point de départ important dans le parcours professionnel de Stratton. Elle ne peut toutefois être considérée comme une preuve d'origine non humaine sans accès aux données nécessaires à sa vérification.

 Seize années d'enquête : qu'a réellement recherché le gouvernement américain ?

Le chiffre de seize années est central dans la présentation médiatique de Stratton. Il faut cependant éviter une confusion : il ne signifie pas nécessairement que l'UAP Task Force a existé pendant seize ans. Cette structure n'a été officiellement créée qu'en 2020. La période évoquée par Stratton correspond à son parcours personnel dans différentes fonctions du renseignement, au cours duquel il affirme avoir étudié des phénomènes non identifiés bien avant la création de la task force. Cette distinction est importante pour comprendre l'histoire des enquêtes américaines. Les forces armées américaines ont plusieurs raisons de s'intéresser aux objets non identifiés.

         La première est la sécurité aérienne. Un objet inconnu qui croise la trajectoire d'un         avion militaire ou civil représente un danger potentiel, quelle que soit son origine.

La deuxième est la protection des installations sensibles. Une présence aérienne non autorisée à proximité d'une base, d'un site nucléaire ou d'une installation de missiles peut signaler une activité de surveillance.

La troisième est la possibilité d'une technologie étrangère. Si un appareil présente des caractéristiques inhabituelles, les services de renseignement doivent notamment déterminer s'il pourrait s'agir d'un système de reconnaissance, d'un drone ou d'une technologie expérimentale.

Enfin, certains cas peuvent demeurer inexpliqués en raison de données insuffisantes.

 Un phénomène non identifié n'est pas automatiquement une technologie inconnue. Une technologie inconnue n'est pas nécessairement d'origine étrangère. Et une technologie qui ne peut être attribuée à un pays donné n'est pas, par définition, extraterrestre. Le travail de Stratton présente néanmoins un intérêt historique. Il contribue à documenter le passage d'une approche principalement centrée sur les signalements individuels à une démarche davantage orientée vers la collecte de données militaires, leur comparaison et l'évaluation des risques. La création de l'UAPTF en 2020 illustre cette évolution institutionnelle. Elle montre que le gouvernement américain considérait le phénomène suffisamment important pour justifier une structure dédiée. Mais cette décision ne constitue pas, à elle seule, une reconnaissance de l'existence d'engins extraterrestres.

 Le sous-marin nucléaire utilisé comme appât : l'affirmation la plus spectaculaire

 

 C'est probablement l'aspect le plus étonnant de l'interview. Selon Stratton, certaines opérations auraient consisté à essayer d'attirer un PAN vers une zone déterminée afin de recueillir davantage de données. Dans son livre, il décrit une opération impliquant un sous-marin nucléaire américain déployé au large de la côte est des États-Unis. Il explique également qu'un avion de patrouille maritime P-3, équipé de différents instruments de détection, participait à cette tentative de surveillance. Le sous-marin devait servir d'appât : l'objectif était de provoquer ou de favoriser une interaction avec le phénomène, puis de le suivre et, si possible, de recueillir des informations permettant de le caractériser. L'existence de cette opération est rapportée dans le compte rendu de l'entretien publié par The Sentinel Center.

D'un point de vue militaire, on a utilisé un sous-marin car il peut constituer une plateforme intéressante pour mener des opérations de surveillance. Il dispose de capteurs et de systèmes de communication spécialisés, tandis qu'un avion de patrouille maritime peut compléter les observations depuis les airs. La combinaison de plusieurs moyens de détection peut permettre de recueillir des informations complémentaires. Toutefois, l'explication de Stratton soulève une question fondamentale : qu'est-ce qui permettait de penser qu'un PAN serait attiré par un sous-marin ? Plusieurs hypothèses sont envisageables notamment le fait que les enquêteurs disposaient d'observations antérieures dans la zone ; qu’ils cherchaient à vérifier une corrélation entre certains événements et une activité militaire ou qu’ils testaient une méthode de collecte de données dans un contexte où le comportement du phénomène demeurait incertain.  Mais, en l'absence d'un compte rendu opérationnel complet, il serait imprudent de présenter ces possibilités comme des faits établis.

Même si le déploiement du sous-marin était confirmé par des documents indépendants, il faudrait encore distinguer plusieurs résultats possibles.

Résultat éventuel

Ce qu'il permettrait de conclure

Le sous-marin a été déployé pour recueillir des données

Une opération de renseignement a été organisée.

Un phénomène a été détecté pendant l'opération

Une observation mérite une analyse.

Plusieurs capteurs ont enregistré le même phénomène

La réalité de l'événement peut être mieux établie.

Les données révèlent des caractéristiques inhabituelles

Une anomalie technique peut être envisagée.

Les données démontrent une origine non humaine

Une conclusion extraordinaire pourrait être examinée, sous réserve de la qualité et de l'indépendance des preuves.

 Ces étapes ne sont pas équivalentes.

 L'utilisation d'un sous-marin nucléaire comme plateforme d'observation serait déjà un fait remarquable dans l'histoire du renseignement sur les PAN. Elle ne démontrerait cependant pas que l'objet recherché était extraterrestre. L'entretien public ne fournit pas, à lui seul, l'ensemble des données permettant de reconstituer cette opération : date précise, coordonnées, enregistrements des capteurs, résultats de l'interception et rapport final. Il reste donc difficile de déterminer ce que les instruments ont effectivement détecté et si l'opération a produit des résultats exploitables.

 Les triangles noirs occupent une place importante dans l'ufologie contemporaine. Depuis plusieurs décennies, des témoins décrivent des objets de forme triangulaire ou delta, souvent dotés de lumières disposées à leurs extrémités. Certains rapportent un déplacement lent, un silence apparent ou une accélération brutale. D'autres situent leurs observations à proximité d'installations militaires. Le récit de Stratton s'inscrit dans cette tradition, mais son statut professionnel impose de distinguer ce qu'il a personnellement constaté de ce qu'il rapporte à partir de témoignages ou de documents. Trois grandes familles d'explications

             1. Des appareils conventionnels ou expérimentaux

Des aéronefs militaires, des drones ou des appareils expérimentaux peuvent présenter des formes inhabituelles. Les programmes classifiés compliquent parfois leur identification immédiate.

 2. Des erreurs d'interprétation

La nuit, les distances sont difficiles à évaluer. Des lumières isolées, des avions observés de face ou des objets dont la silhouette est mal définie peuvent produire des impressions trompeuses.

 3. Des phénomènes qui restent inexpliqués

Certains dossiers peuvent demeurer sans conclusion faute de données suffisamment précises.

Cette troisième catégorie ne doit être ni ignorée ni transformée automatiquement en preuve extraterrestre.

 Lorsque des témoins évoquent des accélérations impossibles, des changements de direction instantanés ou des déplacements sans signature thermique identifiable, il faut demander quelles mesures étayent ces descriptions. Une impression visuelle, même sincère, ne fournit pas nécessairement une mesure de vitesse ou d'accélération. Pour établir des performances extraordinaires, il faudrait notamment disposer de données instrumentales correctement calibrées et pouvoir écarter les erreurs de mesure ainsi que les explications conventionnelles. À ce jour, les déclarations publiques de Stratton présentées dans l'interview ne suffisent pas à établir ces caractéristiques pour le triangle observé en 2005.

L'entretien de Bret Baier comporte une déclaration particulièrement catégorique. À la question de savoir si nous sommes seuls, Stratton répond en substance que l'humanité n'est pas la seule forme de vie intelligente dans l'Univers et que les intentions des intelligences non humaines présentes ici sont inconnues. Il ne s'agit plus simplement d'affirmer que certains objets restent inexpliqués. La déclaration implique que des formes d'intelligence non humaine seraient présentes dans notre environnement. Or, dans une démarche scientifique, il faut distinguer trois propositions :

  •  La vie existe probablement ailleurs dans l'Univers.
  • Une intelligence non humaine pourrait exister ailleurs.
  • Une intelligence non humaine visite actuellement la Terre.

 Les deux premières propositions sont des questions scientifiques légitimes. La troisième exige des preuves spécifiques. L'immensité de l'Univers rend la recherche de vie extraterrestre particulièrement intéressante. Cependant, aucune conclusion concernant la présence d'une intelligence extraterrestre sur Terre ne peut être déduite de cette seule considération.

 D'après les comptes rendus de son interview et les présentations de ses mémoires, Stratton affirme avoir été confronté à des informations et à des témoignages qui l'ont convaincu de l'existence d'une intelligence non humaine. Il rapporte également avoir recueilli des informations auprès de personnes qui auraient eu connaissance de programmes secrets. Mais il faut distinguer une conviction personnelle, même exprimée par un ancien responsable du renseignement, d'une démonstration vérifiable. La question décisive est donc la suivante : quelles preuves matérielles et indépendantes permettent de vérifier ses affirmations ? À défaut de disposer de ces preuves, son opinion doit être rapportée comme telle.

 Les mémoires de Stratton vont au-delà de l'histoire des enquêtes militaires. Selon les comptes rendus publiés à l'occasion de leur sortie, il rapporte des informations qui lui auraient été communiquées sur des engins récupérés après des accidents et sur la présence alléguée de corps non humains. Il évoque notamment l'affaire de Roswell, au Nouveau-Mexique, en 1947. Il affirme avoir appris, par l'intermédiaire d'une source, qu'un engin se serait écrasé et que des corps non humains auraient été récupérés. Ces déclarations sont particulièrement importantes, mais elles appellent une réserve méthodologique majeure.

 Stratton ne présente pas publiquement, dans l'interview citée, un ensemble de preuves matérielles permettant de vérifier indépendamment la récupération d'un appareil extraterrestre à Roswell.

 Il faut donc distinguer :

  • ·         Ce que Stratton dit avoir appris ;
  • ·         L’identité et les connaissances réelles de ses sources ;
  • ·         Les documents qui pourraient corroborer leurs récits 
    • Les preuves matérielles susceptibles d'être soumises à une analyse indépendante.

 Une information reçue d'une source interne peut être exacte. Elle peut aussi résulter d'une erreur, d'une interprétation erronée, d'une rumeur institutionnelle ou d'une confusion entre plusieurs programmes. Le fait qu'une information provienne du milieu du renseignement ne la rend pas automatiquement véridique. Une contradiction avec les conclusions officielles américaines En mars 2024, l'All-domain Anomaly Resolution Office (AARO), organisme du ministère américain de la Défense chargé de l'étude des PAN, a publié un rapport historique consacré aux enquêtes gouvernementales menées depuis 1945. Sa conclusion était que les investigations examinées n'avaient pas permis d'établir de preuve vérifiable d'une technologie extraterrestre récupérée par le gouvernement américain ou par des entreprises privées. Le rapport rejetait également l'existence de preuves empiriques confirmant les programmes allégués de rétro-ingénierie de technologies extraterrestres.

 Il existe donc une opposition manifeste entre les affirmations rapportées par Stratton et les conclusions officielles de l'AARO. Cela ne signifie pas qu'une enquête historique soit définitivement close. Mais, pour faire évoluer le dossier, il faudrait produire des éléments nouveaux, précis et vérifiables qui permettraient de confronter les deux positions. Une affirmation extraordinaire ne peut pas être considérée comme démontrée simplement parce qu'elle émane d'un responsable ayant occupé un poste important.

 L'affaire Stratton illustre une contradiction apparente dans la politique américaine concernant les PAN. D'un côté, le Pentagone reconnaît que des objets non identifiés ont été signalés par des militaires et qu'il est nécessaire de les étudier. De l'autre, les rapports officiels publiés jusqu'en 2024 ne reconnaissent pas l'existence de preuves vérifiables établissant une origine extraterrestre.

 Cette distinction est fondamentale.

             A - Ce que le gouvernement a officiellement reconnu

            Le ministère de la Défense a reconnu l'existence de signalements de phénomènes aériens non             identifiés. Il a également souligné l'importance de les examiner lorsqu'ils concernent des espaces             aériens sensibles ou des opérations militaires.        La création de l'UAPTF en 2020 constitue une             étape institutionnelle importante dans cette démarche.

             B - Ce que le rapport de 2024 n'a pas confirmé

            Le rapport historique de l'AARO n'a pas confirmé les affirmations selon lesquelles le gouvernement             américain disposerait d'engins extraterrestres récupérés ou de programmes secrets de rétro-            ingénierie de ces engins.

             Cette conclusion doit être rapportée avec précision : elle concerne les documents et les éléments             examinés par l'organisme, et non une démonstration universelle de l'impossibilité de toute vie             extraterrestre.

 Comment interpréter ce désaccord ?

Plusieurs explications sont possibles.

-       Stratton pourrait avoir connaissance d'informations qui ne figurent pas dans les éléments publics examinés par l'AARO.

-       Il pourrait également interpréter certains renseignements ou témoignages différemment des analystes de cet organisme.

-       Enfin, les deux parties pourraient ne pas s'appuyer sur les mêmes catégories d'informations.

 Sans accès aux documents concernés, il est impossible de trancher entre ces possibilités. La démarche rigoureuse consiste donc à maintenir la distinction entre les affirmations de Stratton et les conclusions officielles publiées.

 C'est l'une des interrogations les plus légitimes soulevées par cette affaire / pourquoi ces informations ne sont pas rendues publiques !

 Si les observations étudiées présentent réellement des caractéristiques extraordinaires, pourquoi ne pas publier les données permettant de les vérifier ?

 La réponse peut être complexe.

-       Les documents militaires peuvent contenir des informations relatives aux performances des radars, aux capacités des capteurs infrarouges, aux emplacements des installations sensibles ou aux méthodes de surveillance.

-       La publication intégrale de ces informations pourrait révéler des capacités de renseignement que les autorités souhaitent protéger.

 Cette réserve est légitime dans certains contextes. Mais elle ne résout pas le problème scientifique. Il existe plusieurs degrés de divulgation possibles : la publication d'une vidéo expurgée, la communication des métadonnées pertinentes, la présentation d'un rapport technique déclassifié ou l'examen des données par des experts indépendants disposant d'une habilitation appropriée. Ces solutions permettraient éventuellement de vérifier certains résultats sans divulguer l'intégralité des capacités militaires.

 Il faut toutefois éviter un raisonnement fréquent dans l'ufologie : considérer l'absence de documents publics comme la preuve que des informations extraterrestres sont volontairement dissimulées. Le secret peut avoir de nombreuses causes, notamment la protection de technologies conventionnelles, de procédures militaires ou de sources de renseignement. Il peut également empêcher la vérification indépendante d'une affirmation.

Mais l'impossibilité de vérifier une information ne constitue pas, en elle-même, une confirmation de son contenu.

 Pour un travail ufologique sérieux, il est utile d'évaluer séparément les principales affirmations de Stratton. Le tableau suivant ne constitue pas une notation de la sincérité de l'intéressé. Il évalue le degré de confirmation publique disponible pour chaque catégorie d'affirmations.

 

Affirmation

État des informations publiques

Appréciation critique

Stratton a occupé des fonctions importantes dans le renseignement

Parcours professionnel documenté

Élément biographique solide

L'UAPTF a été créée en 2020

Confirmé par le ministère de la Défense

Fait établi

Stratton a enquêté sur des PAN pendant plusieurs années

Déclaration de l'intéressé et parcours professionnel

Crédible dans son principe, mais le détail des enquêtes reste à documenter

Un triangle noir a été observé en 2005 près d'un silo de missiles

Récit de Stratton

Dossier technique public insuffisant pour une vérification indépendante

Un sous-marin nucléaire a servi d'appât

Affirmation de Stratton dans son récit

Opération et résultats à documenter par des éléments indépendants

Des engins extraterrestres ont été récupérés

Affirmations rapportées par Stratton au sujet d'informations reçues

Non démontré par les éléments matériels publics présentés

Des corps non humains ont été récupérés à Roswell

Information que Stratton dit avoir reçue d'une source

Non vérifié indépendamment

Une intelligence non humaine est actuellement présente sur Terre

Conclusion personnelle de Stratton

Affirmation extraordinaire non établie par les éléments publics cités

 Cette distinction est essentielle : un témoignage peut être important sans que toutes les conclusions qui en sont tirées soient démontrées.

  L'intérêt de cette affaire dépasse les États-Unis. Pour les chercheurs qui étudient les PAN en Afrique, en Europe ou dans l'océan Indien, le dossier Stratton rappelle plusieurs principes essentiels.

             Premièrement, la fonction d'un témoin doit être documentée. Le parcours professionnel, les responsabilités réellement exercées et l'accès effectif aux informations sont des éléments importants pour évaluer un témoignage.

             Deuxièmement, il faut distinguer l'observation initiale de son interprétation. Un militaire peut décrire avec précision un phénomène qu'il n'a pas pu identifier sans être en mesure d'en déterminer l'origine.

                       Troisièmement, les archives sont essentielles. Une enquête gagne en valeur lorsqu'elle peut s'appuyer sur des documents datés, des rapports originaux, des photographies authentifiées et des données instrumentales.

 Enfin, les conclusions doivent rester proportionnées aux preuves.

 Ces principes s'appliquent aussi bien à un témoignage militaire américain qu'à une observation rapportée dans la presse coloniale africaine, à une enquête du GEIPAN à La Réunion ou à un signalement recueilli par un organisme ufologique privé. L'origine géographique ou sociale d'un témoignage ne doit pas déterminer à elle seule le crédit qu'on lui accorde.

 Les déclarations de Jay Stratton constituent un nouvel épisode important dans l'évolution du débat américain sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés. Son expérience du renseignement, son rôle dans l'UAP Task Force et les informations qu'il rapporte méritent d'être examinés sérieusement. L'histoire du triangle noir observé en 2005, les recherches menées sur les PAN et l'utilisation alléguée d'un sous-marin nucléaire comme appât soulèvent des questions intéressantes sur les méthodes de surveillance et les priorités du renseignement militaire. Cependant, il faut distinguer ces éléments des affirmations les plus extraordinaires de Stratton concernant les engins récupérés, les corps non humains et la présence d'une intelligence non humaine sur Terre. Ces dernières ne sont pas établies par les seuls témoignages rapportés dans l'interview.

Le désaccord avec les conclusions de l'AARO rend d'autant plus nécessaire la publication de documents permettant une confrontation indépendante des informations.

Le dossier ne doit donc être ni écarté par principe ni accepté sans examen. Le véritable enjeu est désormais celui de la vérification : quelles données originales, quels documents et quelles preuves matérielles permettront de confirmer, de nuancer ou de réfuter les déclarations de cet ancien responsable du renseignement ?

 C'est sur ce terrain que se jouera la valeur historique du témoignage de Jay Stratton.

 


 Sources et documents à consulter

 1. L'entretien télévisé

 https://www.foxnews.com/video/6406725522112

Cette séquence permet de retrouver les déclarations de Stratton sur ses enquêtes, les triangles noirs et l'utilisation alléguée d'un sous-marin nucléaire.

 2. Le récit de Stratton et ses mémoires

People — Présentation des révélations de Jay Stratton, 13 octobre 2026 - https://people.com/confessions-of-the-governments-top-alien-hunter-12171214

Ce compte rendu présente les grandes lignes de son parcours, les événements qu'il dit avoir étudiés et les affirmations rapportées dans son livre Out of the Shadows.

 3. La création officielle de l'UAP Task Force

Département américain de la Défense — Establishment of Unidentified Aerial Phenomena Task Force, 14 août 2020  -  https://www.war.gov/News/Releases/Release/Article/2314065/establishment-of-unidentified-aerial-phenomena-task-force/

Document institutionnel précisant la mission initiale de la task force.

 4. Le rapport historique de l'AARO


Département américain de la Défense — DOD Report Discounts Sightings of Extraterrestrial Technology, 8 mars 2024 - https://www.war.gov/News/News-Stories/Article/Article/3701297/dod-report-discounts-sightings-of-extraterrestrial-technology/

Source essentielle pour comparer les déclarations de Stratton aux conclusions officielles américaines.

 5. Le rapport conservé par le gouvernement américain

GovInfo — Report on the Historical Record of U.S. Government Involvement with UAP - https://www.govinfo.gov/app/details/GOVPUB-PREX28-PURL-gpo223327

Référence documentaire permettant de retrouver le rapport historique relatif aux enquêtes gouvernementales sur les PAN.

 6. Les précisions antérieures de Stratton sur une photographie alléguée

The Black Vault — FOIA-Released Emails Mention Alleged Triangular UAP Photo, 26 février 2025 - https://www.theblackvault.com/documentarchive/foia-released-emails-mention-alleged-triangular-uap-photo-former-uap-task-force-director-speaks-out/

Cette enquête documentaire est intéressante pour comprendre les difficultés d'interprétation des échanges internes du Pentagone. Stratton y précise notamment qu'aucune photographie montrant un triangle sortant de l'eau n'avait été transmise à l'UAP Task Force par un pilote de F/A-18, contrairement à ce que certains commentaires avaient laissé entendre.

 Équipe Rédactionnelle du GEOS France - HI



------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

https://ovnietuapinfo.com/wp-content/uploads/2026/10/LES-OVNIs-SUR-LE-CONTINENT-AFRICAIN-V-2026.pdf