Extrait de : LES OVNIS SUR LE CONTINENT AFRICAIN un livre gratuit a télécharger sur internet
LES ARMÉES AFRICAINES FACE AU PHÉNOMÈNE OVNI
Entre sécurité aérienne, renseignement, archives militaires et phénomènes inexpliqués

Lorsqu'un phénomène aérien inhabituel est observé par un militaire, la question qui se pose en premier lieu n'est généralement pas : « Est-ce un engin extraterrestre ? » Elle est beaucoup plus pragmatique : qu'est-ce qui a pénétré ou traversé l'espace aérien, représente-t-il une menace et peut-on l'identifier ?
Cette distinction est essentielle pour comprendre l'histoire des observations d'OVNI en Afrique. Le continent possède une histoire militaire particulièrement complexe, marquée par la période coloniale, les guerres d'indépendance, la Guerre froide, les conflits régionaux et, plus récemment, la multiplication des drones et des systèmes de surveillance électro-optiques.
Cette situation conduit à une conclusion importante : une étude sérieuse du phénomène OVNI en Afrique ne peut pas se limiter aux archives africaines contemporaines.
L'armée face à un objet inconnu : une logique différente de celle des ufologues En effet un chercheur civil peut s'intéresser à la forme d'un objet, à sa luminosité, à sa trajectoire ou à son comportement apparent. Une force aérienne raisonne autrement. Elle cherche notamment à déterminer :
- - L’identité de l'aéronef ;
- - Son altitude ;
- - Sa vitesse ;
- - Sa direction ;
- - Sa trajectoire ;
- - Son origine ;
- - La présence éventuelle d'un transpondeur ;
- - Sa signature radar ;
- - Sa signature infrarouge ;
- - Sa capacité de manœuvre ;
- - Son éventuelle intention hostile ;
- - La possibilité d'une intrusion dans l'espace aérien.
Ainsi, un OVNI militaire est avant tout un problème d'identification et de sécurité aérienne. Ce n'est qu'après élimination des explications conventionnelles que la catégorie « non identifié » prend véritablement son sens. Il faut donc distinguer deux notions souvent confondues :
ü Non identifié ne signifie pas inexplicable.
ü Et encore moins extraterrestre.
La Guerre froide constitue probablement l'une des périodes les plus importantes pour comprendre les rapports militaires aux phénomènes aériens inhabituels en Afrique. Le continent était alors un espace stratégique majeur. Les États-Unis, l'Union soviétique, le Royaume-Uni, la France et d'autres puissances surveillaient les mouvements militaires, les essais de missiles, les activités aériennes et les installations stratégiques. Les armées africaines nouvellement indépendantes se trouvaient souvent équipées de matériels provenant de puissances étrangères. Dans ces conditions, une observation inhabituelle pouvait être liée à un avion militaire étranger ; un avion de reconnaissance ; un missile ou tout autre appareil ou phénomène qui peut se trouver dans notre environnement..
L'histoire des OVNI africains doit donc être replacée dans cette histoire technologique et géopolitique de la Guerre froide.
Un phénomène observé en Afrique peut parfois être mieux documenté dans les archives d'un autre pays que dans celles du pays où l'observation s'est produite. Un exemple particulièrement instructif est celui de Project Blue Book, le programme de l'US Air Force consacré aux observations d'OVNI entre 1947 et 1969. Les archives américaines sont aujourd'hui accessibles aux chercheurs par l'intermédiaire des National Archives. Elles comprennent les dossiers administratifs et les dossiers individuels d'observations. Ces fonds montrent également l'intérêt de rechercher les observations africaines dans les archives militaires étrangères. Certaines observations effectuées sur le continent ont ainsi pu être enregistrées par des organismes militaires ou diplomatiques étrangers alors qu'elles ne figurent pas nécessairement dans les archives nationales africaines. Le cas de Kenema, en Sierra Leone, en 1963, est particulièrement révélateur de cette problématique : l'observation figure dans les archives américaines et a finalement été associée au lancement d'Atlas-Centaur-2. Le cas constitue un excellent exemple de la nécessité de confronter une observation africaine avec les données aéronautiques et spatiales internationales.
Cette méthode est essentielle : un phénomène peut paraître mystérieux dans un journal local et devenir parfaitement compréhensible lorsque l'on consulte les archives de lancement de fusées ou de satellites.
Les archives du ministère sud-africain de la Défense constituent une source particulièrement intéressante pour l'étude des observations aériennes inhabituelles. Le Defence Archives, devenu Documentation Centre, possède des fonds issus des différentes structures du ministère de la Défense. L'institution constitue ainsi un point de départ important pour rechercher des rapports militaires, aéronautiques et administratifs susceptibles d'éclairer certaines observations.
L'ancienne Rhodésie offre un exemple remarquable de la difficulté de séparer histoire militaire, témoignage civil et enquête ufologique. Pendant la période rhodésienne, le pays disposait d'une importante infrastructure aérienne et militaire. Des observations d'objets inhabituels ont été rapportées dans différents contextes. Après l'indépendance du Zimbabwe en 1980, cette histoire ne disparaît pas.et l'un des épisodes la plus célèbre demeure celui de l'école d'Ariel à Ruwa, le 16 septembre 1994 ou des dizaines d'enfants déclarèrent avoir vu un ou plusieurs objets ainsi que des personnages associés à ceux-ci. Mais son intérêt pour l'étude militaire doit être présenté avec prudence : il s'agit avant tout d'un dossier testimonial, et non d'un dossier militaire officiellement établi. Aucune documentation militaire publique ne permet actuellement d'établir qu'un appareil extraordinaire aurait été confirmé par les forces armées. Cette distinction permet d'éviter une erreur fréquente dans la littérature ufologique : transformer une observation civile très médiatisée en « affaire militaire » simplement parce que le pays possédait alors des installations aériennes ou militaires.
Les forces aériennes et les radars
La présence d'un radar change considérablement la valeur d'une observation. Un témoignage visuel isolé peut être influencé par plusieurs facteurs :
- - La distance ;
- - La perspective ;
- - Les conditions atmosphériques ;
- - L’obscurité ;
- - L’absence de référence ;
- - L’identification erronée d'un avion ou d'un satellite.
Un signal radar apporte une information supplémentaire, toutefois le radar n'est pas infaillible. Il peut enregistrer : des oiseaux, des phénomènes atmosphériques ou des objets conventionnels, ainsi que divers autres « parasites ». L'idéal est donc la corrélation multi-capteurs : observation visuelle + radar + infrarouge + données météorologiques + trajectoire aérienne + données satellitaires. C'est cette combinaison qui permet de transformer progressivement une observation en véritable dossier scientifique.
Une nouvelle difficulté est apparue au XXIe siècle : la prolifération des drones. Pour les forces armées africaines, comme pour toutes les forces aériennes du monde, un objet de petite taille volant lentement ou à basse altitude peut désormais être, entre autres : un drone civil, un drone militaire ou un appareil de surveillance. La frontière entre « OVNI » et « appareil technologique inconnu » devient donc de plus en plus complexe. Dans certains cas, le véritable problème militaire n'est pas de savoir si l'objet vient d'ailleurs dans l'espace, mais de savoir s'il vient d'un acteur étranger. Cette évolution transforme profondément la signification du terme UAP.
Les archives américaines récentes permettent de mesurer concrètement cette évolution. Le programme AARO publie désormais certaines observations provenant de plateformes militaires opérant en Afrique. Trois dossiers africains récents sont particulièrement intéressants.
- Afrique, 2022 : un cas encore non résolu au large de ce continent.
- En 2022, l'US Africa Command a transmis à AARO une vidéo de 31 secondes enregistrée par un capteur infrarouge installé sur une plateforme militaire américaine.
- Afrique 2024
AARO indique dans le 1er cas que les données disponibles ne permettent pas de déterminer avec certitude la nature de la signature observée ni d'en évaluer correctement les performances. Le dossier demeure donc non résolu dans les données publiques.
Il s'agit d'un cas particulièrement intéressant pour l'histoire militaire des PAN en Afrique car, cette fois, nous ne sommes pas seulement devant un témoignage rapporté plusieurs années après les faits : il existe une captation réalisée par un système militaire, toutefois cela ne signifie pas que l'objet soit extraordinaire. Cela signifie simplement que les informations disponibles ne permettent pas encore de l'identifier avec suffisamment de certitude.
Un second dossier, enregistré en 2023, comporte près de cinq minutes de vidéo infrarouge et AARO considère que les données sont également insuffisantes pour déterminer si la signature correspond à un objet physique, à une émission ou réflexion thermique, à une différence de température dans l'environnement ou éventuellement à une anomalie du système de détection. Ce dossier rappelle une règle fondamentale : un capteur peut produire une image réelle d'un phénomène dont la nature physique reste indéterminée. L'incertitude porte donc parfois autant sur le phénomène que sur la mesure elle-même.
Le troisième cas est particulièrement instructif. En 2024, une plateforme militaire américaine a enregistré pendant 1 minute et 18 secondes une série de signatures infrarouges. Après analyse, AARO a estimé avec une probabilité supérieure ou égale à 95 % qu'il s'agissait d'oiseaux migrateurs. L'organisme s'est appuyé notamment sur leur morphologie et leur comportement de vol ainsi que sur leur correspondance avec des trajectoires migratoires connues. Une autre structure du renseignement américain a également accepté cette conclusion. Ce cas est presque plus important méthodologiquement que le cas non résolu.
Il montre que la technologie militaire peut produire des observations extraordinairement étranges qui trouvent finalement une explication parfaitement naturelle.
Ces exemples permettent de dégager plusieurs enseignements.
1. Les militaires observent réellement des phénomènes non immédiatement identifiés Ce point ne fait guère de doute. Des plateformes militaires peuvent enregistrer des signatures inhabituelles.
2. « Non identifié » est une catégorie provisoire L'exemple des oiseaux africains le démontre parfaitement. Une observation peut rester inconnue pendant un certain temps avant qu'une explication satisfaisante soit trouvée.
3. Les capteurs modernes ne suppriment pas l'incertitude Une caméra infrarouge ne donne pas automatiquement une identité, elle fournit une mesure qui doit être interprétée.
4. L'origine extraterrestre n'est pas une conclusion militaire - Les organismes militaires chargés de ces dossiers cherchent d'abord à caractériser la menace, l'objet et la qualité des données. Le rapport historique d'AARO publié en 2024 indiquait d'ailleurs qu'il n'avait trouvé aucune preuve vérifiable permettant d'attribuer les observations étudiées à une activité extraterrestre.
Pourquoi les armées africaines parlent-elles si peu des OVNI ?
Cette question revient régulièrement dans la littérature ufologique, mais le silence institutionnel peut avoir de nombreuses explications. Un état-major peut ne pas publier :
Ses procédures de détection ;
- - Les caractéristiques de ses radars ;
- - Les capacités de ses avions ;
- - Les zones surveillées ;
- - Les itinéraires opérationnels ;
- - Les systèmes infrarouges utilisés ;
- - Les interceptions réalisées ;
- - Les informations concernant des aéronefs étrangers.
Dans ce contexte, le secret militaire n'est pas automatiquement un secret concernant les OVNI. Un dossier peut rester confidentiel simplement parce qu'il révèle les capacités de surveillance de l'armée. Il faut donc éviter l'équation :
« Aucune information publique = dissimulation d'un OVNI ».
Cette conclusion n'est pas démontrable sans document.
Pour l'étude du phénomène OVNI en Afrique, les institutions militaires doivent donc être considérées comme des sources historiques potentielles, et non comme des autorités chargées de confirmer ou d'infirmer l'hypothèse extraterrestre. Le chercheur doit rechercher plusieurs types de documents :
Rapports d'observation : Ils peuvent contenir la date, l'heure, la localisation, la description et les conditions météorologiques.
Rapports radar : Ils permettent de rechercher une éventuelle trace instrumentale.
Rapports de pilotes : Ils sont particulièrement importants lorsqu'un équipage professionnel observe un phénomène.
Rapports d'interception : Ils peuvent fournir des informations sur la trajectoire et les capacités apparentes de l'objet.
Rapports de renseignement : Ils peuvent être consacrés à des aéronefs étrangers, des essais militaires ou des incursions aériennes.
Rapports météorologiques Ils permettent d'éliminer certaines explications naturelles.
Archives photographiques et cinématographiques : Elles deviennent particulièrement importantes à partir de la seconde moitié du XXe siècle.
L'étude des OVNI africains ne devrait donc plus commencer par la question : « Quels sont les cas extraterrestres ? » Elle devrait commencer par : « Quels phénomènes aériens ont été signalés, par qui, dans quelles circonstances et quelles données permettent aujourd'hui de les identifier ? » Cette méthode permet de constituer une véritable histoire documentaire du phénomène.
L'un des grands chantiers de la recherche ufologique africaine est donc encore largement ouvert. Il ne consiste pas uniquement à rechercher des « preuves d'extraterrestres » mais il consiste à reconstruire l'histoire des réactions militaires aux phénomènes aériens inhabituels. Cette histoire pourrait révéler plusieurs choses :
- - Les changements de vocabulaire utilisés par les armées ;
- - L’évolution des systèmes de surveillance ;
- - Les conséquences de la Guerre froide ;
- - Les interactions avec les forces étrangères ;
- - L’apparition des satellites et des missiles ;
- - Le développement des radars ;
- - L’apparition des drones ;
- - La transformation des procédures de renseignement ;
- - Et, finalement, la manière dont les États africains ont géré l'incertitude aérienne.
Conclusion
L'étude des armées africaines face au phénomène OVNI conduit à une conclusion beaucoup plus nuancée que celle souvent proposée par la littérature sensationnaliste. Oui, des militaires ont observé ou enregistré des phénomènes aériens inhabituels en Afrique. Oui, certaines observations restent aujourd'hui insuffisamment expliquées. Mais il existe une différence fondamentale entre ces deux propositions et l'affirmation selon laquelle les armées africaines auraient rencontré des engins extraterrestres. Les archives disponibles ne permettent pas, à ce jour, d'établir une telle conclusion. En revanche, elles permettent de poser une question beaucoup plus intéressante historiquement :
Comment les forces armées africaines ont-elles observé, enregistré, interprété et éventuellement traité les phénomènes aériens qu'elles ne parvenaient pas immédiatement à identifier ?
C'est probablement dans cette direction que se trouve l'un des domaines les plus prometteurs de la recherche sur les PAN en Afrique.
Les dossiers de l'US Africa Command récemment rendus publics par AARO montrent d'ailleurs que cette histoire n'est pas terminée. Les observations militaires africaines continuent d'être enregistrées par des capteurs modernes : certaines sont expliquées, d'autres restent provisoirement non résolues. Le véritable enjeu pour le chercheur africain n'est donc pas de transformer chaque « non identifié » en objet extraterrestre, mais de retrouver le document original, vérifier le contexte opérationnel, confronter les données et conserver l'incertitude lorsqu'aucune conclusion solide n'est possible. C'est cette discipline documentaire qui permettra peut-être, demain, d'écrire une véritable histoire militaire africaine des phénomènes aérospatiaux non identifiés.
LES OVNIS SUR LE CONTINENT AFRICAIN
UN OUVRAGE DE GERARD LEBAT
UN LIVRE DE QUELQUE 1200 PAGES, PLUS DE 1000 OBSERVATIONS CLASSEES PAR PAYS ET POUR CERTAINE ANALYSEES, UNE ETUDE DETAILLEE DES LEGENDES, DES RELIGIONS LOCALES, DES TRADITIONS, DU VAUDOU, DE L’INVISIBLE, DES ESPRITS etc… PAR RAPPORT AUX OBJETS VOLANTS NON IDENTIFIES, ADAPTE A DE NOMBREUX PAYS OU REGIONS D’AFRIQUE-
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