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mardi 25 août 2026

112 vidéos du Pentagone passées au crible : une étude qui refroidit les interprétations spectaculaires

 112 vidéos du Pentagone passées au crible : une étude qui refroidit les interprétations spectaculaires 

Commentaire et analyse

Depuis mai 2026, le programme américain PURSUE — Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters a rendu publiques plusieurs séries de documents et de vidéos concernant des phénomènes aérospatiaux non identifiés. Le cinquième lot a notamment été publié le 7 août 2026.

Cette publication avait suscité beaucoup d'attention : plus d'une centaine de vidéos issues de capteurs militaires, certaines montrant des objets dont le comportement paraît à première vue étonnant. Mais voici que deux scientifiques, Jacob Haqq-Misra, de Blue Marble Space, et Ravi Kopparapu, du Goddard Space Flight Center de la NASA, viennent de soumettre à l'analyse 112 de ces vidéos.

Et leur conclusion est à la fois importante et beaucoup plus prudente que ne pourraient le laisser penser les images.

C'est probablement le principal enseignement de cette étude, une vidéo ne donne pas automatiquement la vitesse. Lorsqu'on voit une petite tache traverser très rapidement l'écran, notre cerveau fait immédiatement l'association : déplacement rapide à l'écran = objet extrêmement rapide. Or cette équation est fausse si l'on ne connaît pas la distance de l'objet. Une caméra mesure principalement des angles, pas directement des distances. Un objet très proche de la caméra peut ainsi traverser le champ de vision à une vitesse apparente considérable alors qu'il se déplace physiquement assez lentement. Inversement, un objet très éloigné peut paraître relativement immobile.

Les chercheurs insistent donc sur une difficulté fondamentale : sans données de distance, de focale, de champ de vision et de géométrie complète du capteur, il est souvent impossible de transformer correctement un mouvement apparent en vitesse réelle.

Un exemple particulièrement révélateur : DOW-UAP-PR113

Les chercheurs se sont notamment penchés sur une vidéo portant la référence DOW-UAP-PR113. Il s'agit d'une séquence infrarouge attribuée à une observation réalisée dans l'ouest des États-Unis en 1996. On y voit un objet sombre — voire éventuellement deux objets très proches — traverser rapidement le champ de la caméra. L'analyse image par image donne un déplacement d'environ 142 pixels par image, soit environ 2,2 largeurs de champ par seconde. Mais l'objet n'est visible que pendant environ un dixième de seconde et première vue, le mouvement est spectaculaire. Pourtant, les chercheurs expliquent que les informations disponibles ne permettent pas de déterminer avec certitude la vitesse réelle de l'objet.

Et c'est ici que l'étude devient particulièrement intéressante pour l'ufologie.

Les auteurs ne concluent pas que les objets sont banals, mais ils ne concluent pas non plus qu'ils sont extraordinaires. C'est une nuance essentielle.

Ravi Kopparapu recommande justement d'éviter les deux extrêmes :

  • ·         Ne pas conclure à une technologie extraordinaire,
  • ·         Mais également
  • ·         Ne pas rejeter automatiquement le phénomène comme banal.

Pourquoi ? Parce que les données sont tout simplement insuffisantes. Un objet peut sembler effectuer une manœuvre impossible uniquement parce que nous ne connaissons pas sa distance. Et un objet qui semble très éloigné peut, dans certaines configurations, être beaucoup plus proche de la caméra qu'on ne le pense.

L'article donne une illustration très simple de ce problème. Un objet sombre qui traverse très rapidement une caméra infrarouge pourrait être interprété comme un engin extrêmement rapide. Mais il pourrait également s'agir d'un oiseau beaucoup plus proche de la caméra et cette possibilité n'est pas une explication automatique du cas car elle montre simplement qu'il faut connaître la géométrie de l'observation avant de calculer une vitesse. C'est un point que le public oublie très souvent lorsqu'il regarde les vidéos d'OVNI.

Pour les deux chercheurs, la faiblesse fondamentale des vidéos PURSUE est donc moins l'image elle-même que tout ce qui manque autour de l'image. Les informations les plus utiles sont souvent :

  • ·         Distance de l'objet ;
  • ·         Paramètres du capteur ;
  • ·         Champ de vision ;
  • ·         Focale ;
  • ·         Altitude ;
  • ·         Position et mouvement de la plateforme ;
  • ·         Données radar ;
  • ·         Télémétrie ;
  • ·         Informations infrarouges complètes ;
  • ·         Métadonnées ;
  • ·         Synchronisation avec les autres capteurs.

Une vidéo isolée ne représente qu'une petite partie du dossier. Et, selon Haqq-Misra, une grande partie des paramètres réellement utiles demeure masquée ou absente des données publiques.

Une critique importante du discours sur la « divulgation »

La publication de 112 vidéos militaires donne l'impression que les chercheurs disposent maintenant d'une masse considérable de données. Mais il existe une différence fondamentale entre :

  • « Rendre publiques 112 vidéos »
  • Et
  • « Rendre publiques 112 observations scientifiquement exploitables ».

Ce n'est pas la même chose. Une vidéo spectaculaire peut être extrêmement pauvre scientifiquement si les données permettant de l'interpréter ont été supprimées et c'est une leçon que l'on retrouve d'ailleurs dans l'histoire de l'ufologie : la quantité de documents n'est pas nécessairement synonyme de qualité documentaire.

Par ailleurs, il faut être très clair, l'étude ne démontre pas que :

  • « Les 112 vidéos montrent des objets ordinaires ».
  • Elle ne démontre pas non plus :
  • « Aucun OVNI extraordinaire n'existe ».

Et elle ne démontre certainement pas : « les vidéos sont truquées ».

Si nous l’examinons bien, cette étude à des conclusion beaucoup plus prudente : Les vidéos dans leur forme actuellement disponible ne permettent généralement pas de déterminer de façon fiable si les objets présentent des vitesses ou des accélérations réellement anormales.

C'est très différent.

Les chercheurs indiquent donc que les données actuelles ne permettent ni de démontrer ni nécessairement d'exclure une cinématique véritablement anormale.

Et c'est peut-être une bonne nouvelle pour la recherche sur les OVNI évidemment cela peut sembler paradoxal. Mais je pense que cette étude constitue plutôt un progrès pour l'ufologie scientifique. Pendant des décennies, une partie du débat a opposé :

  • « Regardez ces vidéos, c'est extraordinaire ! »
  • À
  • « Ce n'est qu'un artefact ou un objet banal ! »

Les chercheurs introduisent une troisième position : « Nous ne disposons pas encore des données nécessaires pour savoir. »

Scientifiquement, cette réponse est beaucoup plus solide.

La solution proposée est de multiplier les capteurs. Haqq-Misra et Kopparapu proposent une approche beaucoup plus ambitieuse. L'observatoire idéal devrait associer plusieurs types de capteurs :

Visible + infrarouge + radar + radio + audio, avec plusieurs sites d'observation.

L'objectif est de pouvoir observer le même phénomène simultanément sous plusieurs angles et avec plusieurs technologies. C'est précisément le type d'approche défendu par le Galileo Project, cité par Haqq-Misra comme exemple de dispositif expérimental allant dans cette direction.  Avec plusieurs capteurs synchronisés, on pourrait enfin déterminer :

  • -       La distance ;
  • -       La vitesse réelle ;
  • -       L’accélération ;
  • -       La trajectoire en trois dimensions ;
  • -       La taille ;
  • -       La température apparente ;
  • -       Éventuellement la signature radar ;
  • -       Et la nature du phénomène.

C'est une différence fondamentale entre observer une anomalie et la mesurer.

À mon avis, cette étude marque quelque chose d'important dans l'évolution de la recherche sur les PAN.

Pendant longtemps, la question était :

  • « Qu'est-ce que cet OVNI ? »

La science moderne pose d'abord une autre question :

  • « Quelles données avons-nous réellement pour déterminer ce qu'il est ? »

Cette inversion est capitale car elle oblige à séparer trois catégories :

1. L'objet est identifié

Avion, ballon, oiseau, satellite, phénomène atmosphérique, artefact du capteur, etc.

2. L'objet demeure non identifié

Les données disponibles ne permettent pas de conclure.

3. L'objet présente une anomalie démontrée

Cette troisième catégorie est beaucoup plus exigeante.

Il faut démontrer que l'anomalie résiste aux explications liées à la géométrie, aux capteurs, à la météorologie, aux erreurs de mesure, à la perception et aux objets conventionnels.  Les vidéos PURSUE ne permettent actuellement pas de franchir systématiquement cette troisième étape.

Et c'est là que je serais légèrement critique envers le titre de l'article

Le titre de The Debrief :« Scientists Just Analyzed More Than 100 UAP Videos... » est accrocheur mais le véritable résultat scientifique est beaucoup moins spectaculaire car les chercheurs n'ont pas découvert 112 OVNI extraordinaires. Ils ont surtout découvert — ou plutôt démontré quantitativement — à quel point il est difficile de tirer des informations physiques fiables de ces vidéos lorsque les données des capteurs sont incomplètes. C'est presque une étude sur les limites de la preuve vidéo dans l'ufologie. Et c'est précisément ce qui la rend intéressante.

Le programme américain PURSUE a accompli quelque chose d'important en mettant à disposition une quantité inhabituelle d'archives et de vidéos gouvernementales. Le site officiel recense désormais cinq lots de publications, dont le cinquième a été publié le 7 août 2026. Mais l'étude de Haqq-Misra et Kopparapu révèle probablement la prochaine bataille de la transparence : après les images, les données.

Les chercheurs ne demandent plus seulement :

  • « Montrez-nous les vidéos. »
Ils demandent :
  • « Donnez-nous les données qui permettent de mesurer ce que nous voyons. »

C'est une évolution considérable.

Commentaire

C'est l'une des publications scientifiques les plus intéressantes liées aux dossiers PURSUE depuis le début des divulgations de 2026 non pas parce qu'elle apporte une preuve d'une technologie inconnue. Elle ne le fait pas. Mais parce qu'elle montre très clairement où se situe aujourd'hui le véritable problème de la recherche sur les PAN.

Le débat ne devrait plus être :

  • « Croyez-vous aux OVNI ? »

Mais :

  • « Avons-nous suffisamment de données instrumentales pour démontrer une anomalie ? »

Et dans le cas des 112 vidéos étudiées, la réponse est actuellement : pas encore. Cela ne clôt donc absolument pas la question des PAN. Au contraire, cela indique comment il faudra les étudier à l'avenir.

La phrase finale attribuée à Kopparapu résume assez bien cette philosophie : la réalité demande du temps ; l'erreur, elle, n'en demande pas. La conclusion des auteurs est que l'accès aux données originales et une investigation rigoureuse sont indispensables pour progresser.

En conclusions je dirai que : « L'analyse scientifique des 112 vidéos PURSUE ne constitue ni une réfutation du phénomène OVNI ni une confirmation de performances extraordinaires. Elle met en évidence une difficulté fondamentale : une image peut montrer une anomalie apparente sans permettre d'en mesurer la réalité physique. La prochaine étape de la recherche ne sera donc pas nécessairement de publier davantage de vidéos, mais de publier davantage de données. »

Lire les articles complets :

Dans Debrief : Lire l'article complet de Micah Hanks dans The Debrief : https://thedebrief.org/scientists-just-analyzed-more-than-100-uap-videos-released-by-the-pentagons-pursue-program-this-is-what-they-learned/

Consulter PURSUE : Consulter les archives officielles PURSUE du Department of War : https://www.war.gov/UFO/




samedi 15 août 2026

DES BOULES DE LUMIERE SUIVENT L'USS KEARSARGE EN EXERCICE MILITAIRE

USS KEARSARGE : les mystérieuses « boules de lumière » qui auraient suivi un navire de guerre américain en 2021

L'USS Kearsarge (LHD-3

À l’automne 2021, alors que la question des phénomènes aériens non identifiés — UAP, pour Unidentified Anomalous Phenomena — commençait à prendre une place nouvelle dans les débats américains sur la sécurité nationale, un événement singulier aurait impliqué l’USS Kearsarge, un bâtiment d’assaut amphibie de la marine américaine.

Une observation d’UAP méconnue, mais particulièrement intéressante

L’affaire est demeurée relativement discrète jusqu’au printemps 2022, lorsqu’elle fut révélée par le chercheur et documentariste américain Dave Beaty. Elle présente une particularité qui la distingue de nombreux témoignages ufologiques : les témoins supposés n’étaient pas de simples observateurs civils, mais des militaires américains engagés dans une mission d’entraînement et disposant d’un système spécifiquement conçu pour détecter et neutraliser les drones.

Deux objets lumineux, décrits comme étant approximativement « de la taille d’une voiture », auraient accompagné le navire à faible altitude, pendant plusieurs nuits. Les Marines chargés de la défense antiaérienne auraient tenté de les détecter avec leurs moyens électro-optiques et infrarouges, puis de les neutraliser à l’aide du système anti-drones LMADIS. Selon le récit transmis à Beaty, ces tentatives auraient échoué.

L’affaire est d’autant plus intrigante qu’un document obtenu ultérieurement au titre du Freedom of Information Act (FOIA) a confirmé qu’une présentation consacrée à l’incident existait bien au sein du Marine Corps — même si cette présentation a été très lourdement censurée.

Il faut toutefois immédiatement établir une distinction essentielle : nous ne disposons pas, à ce jour, d’un dossier public complet permettant de reconstituer scientifiquement l’événement. Une partie substantielle des informations provient d'un témoignage de seconde main rapporté par Dave Beaty. Le document FOIA apporte une confirmation documentaire de l’existence d’un dossier, mais pas une validation publique de l’interprétation « extraterrestre » ou même de toutes les caractéristiques rapportées.

C’est précisément ce qui rend cette affaire intéressante.

L’USS Kearsarge (LHD-3) est un bâtiment d’assaut amphibie de la classe Wasp. Long d’environ 257 mètres et conçu pour mettre en œuvre des hélicoptères, des avions à décollage court ou vertical et des moyens amphibies, il constitue l’un des éléments majeurs de la capacité de projection des Marines américains. La Marine décrit le Kearsarge comme un bâtiment destiné notamment aux opérations amphibies et aux opérations interarmées. Son vaste pont d’envol constitue également une plateforme particulièrement adaptée à l’emploi de moyens de surveillance et de défense aérienne.

À l’automne 2021, le bâtiment participait à une période d’entraînement dans l’Atlantique, au large de la côte Est des États-Unis. Dave Beaty situe précisément la période concernée entre le 18 et le 26 octobre 2021, dans le cadre des entraînements du PHIBRON et des unités d’intégration du Marine Corps. Il indique également que le Kearsarge était associé aux préparatifs opérationnels de la 22nd Marine Expeditionary Unit.

Ce contexte est important.

Nous ne sommes pas devant un navire marchand naviguant de nuit avec quelques membres d’équipage sur le pont. Il s’agit d’un bâtiment militaire majeur, engagé dans des exercices où la surveillance de l’espace aérien et la lutte contre les drones font précisément partie des scénarios envisagés. La possibilité de détecter des objets inconnus faisait donc partie, indirectement, des préoccupations opérationnelles du moment.

Photo : Reconstitution imaginaire de la scène

2. Le système LMADIS : un élément essentiel de l’affaire

L’un des aspects les plus intéressants du dossier est la présence à bord du Kearsarge d’un système de défense anti-drones : le Light Marine Air Defense Integrated System, ou LMADIS. Le LMADIS n'est pas un simple dispositif d'observation. Il a été conçu pour détecter, identifier, suivre et combattre des systèmes aériens sans équipage — les fameux UAS ou drones. Le système associe notamment des moyens radar, des capteurs électro-optiques et un système de guerre électronique permettant d'agir contre une menace. Des descriptions techniques du système mentionnent notamment le radar RADA RPS-42 et un système de guerre électronique de Sierra Nevada. Le Marine Corps avait déjà expérimenté l'utilisation du LMADIS à bord de l'USS Kearsarge. En janvier 2019, lors du passage du navire dans le canal de Suez, les Marines avaient installé le système sur le pont précisément pour assurer une capacité de défense contre les drones. Cette précision est capitale pour comprendre l'incident de 2021. Les Marines présents sur le pont du Kearsarge n'étaient donc pas simplement équipés de jumelles. Ils disposaient d'un véritable système de contre-UAS.

Selon le récit recueilli par Dave Beaty auprès d'un ancien officier du Marine Corps identifié sous le pseudonyme « Mark », les Marines opérant le LMADIS auraient aperçu deux objets lumineux.

La scène se serait déroulée de nuit.

Les objets auraient été situés à environ :

  • 0,5 mile nautique ou terrestre derrière le navire, soit approximativement 800 mètres ;
  • 200 pieds d'altitude, soit environ 60 mètres ;
  • Et auraient été approximativement de la taille d'une automobile.

Ces indications doivent cependant être considérées avec prudence, car elles ne proviennent pas d'un rapport opérationnel intégralement accessible au public, mais d'une chaîne de témoignage rapportée par Beaty. Selon cette source, les objets semblaient suivre le navire. Ils ne se seraient donc pas contentés d'apparaître brièvement dans le ciel. Ils auraient maintenu une relation spatiale avec le bâtiment. C'est cette caractéristique qui constitue l'un des éléments les plus remarquables du récit.

Les deux lumières auraient effectué ce que les militaires décrivent comme des « shackle turns ». Cette expression désigne une manœuvre de va-et-vient permettant notamment de maintenir une position relative par rapport à une unité en mouvement. Dans le récit transmis à Dave Beaty, les deux objets auraient ainsi évolué de part et d'autre de l'axe du navire, en se croisant. Autrement dit, le comportement décrit n'était pas celui de deux lumières fixes observées très loin dans le ciel.

Il s'agissait d'objets apparemment capables de conserver une position relative par rapport à un navire en mouvement tout en effectuant des déplacements latéraux. Le récit de Beaty précise que l'un des objets se déplaçait vers la droite tandis que l'autre se déplaçait vers la gauche, avant que leurs trajectoires ne se croisent. Si cette description était confirmée par les données originales, elle serait évidemment beaucoup plus intéressante qu'une simple observation lumineuse. Mais il faut être extrêmement prudent : nous ne possédons pas les données de trajectographie permettant de calculer la vitesse, l'accélération ou la distance réelle des objets. Sans ces données, il est impossible d'affirmer qu'ils réalisaient des performances extraordinaires.

Système intégré de défense aérienne des Marines légers [LMADIS]

Le système de défense aérienne terrestre (GBAD) combine des technologies telles que le radar en bande S RADA RPS-42, le système de guerre électronique Sierra Nevada Modi, les capteurs visuels Lockheed Martin et le drone anti-drone Raytheon Coyote, permettant ainsi aux Marines de détecter, suivre et détruire les drones hostiles. Ce futur système d'armes GBAD vise à moderniser les bataillons de défense aérienne à basse altitude (LAAD Bn) en leur conférant des capacités et une puissance de feu accrues pour faire face aux menaces actuelles et futures.

 

Les Marines auraient alors utilisé les moyens de détection du LMADIS. C'est ici que l'affaire prend une dimension particulièrement intéressante. Les opérateurs auraient essayé d'acquérir les objets avec le système d'imagerie thermique/FLIR. Selon le récit, ils n'auraient pas réussi à obtenir une piste exploitable avec ce moyen. Cette information mérite d'être considérée avec prudence. Une absence de détection infrarouge ne signifie absolument pas qu'un objet n'existe pas.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer une mauvaise détection :

  • Température de l'objet ;
  • Température de l'arrière-plan ;
  • Distance ;
  • Humidité atmosphérique ;
  • Angle d'observation ;
  • Résolution du capteur ;
  • Réglage du système ;
  • Conditions météorologiques ;
  • Taille apparente de la cible ;
  • Nature de la source lumineuse.

Mais si les objets étaient réellement proches — environ 800 mètres selon le témoignage — et de taille comparable à une automobile, leur absence apparente dans un système de surveillance militaire constituerait une question technique intéressante.

Un autre élément demeure incertain : le radar aurait-il détecté les objets ? Le récit de Beaty indique que l'on ne sait pas clairement si l'équipage a réussi à obtenir une piste radar. Cette incertitude constitue probablement l'une des principales faiblesses du dossier public. Dans une affaire contemporaine de PAN, la question fondamentale n'est pas seulement :

« Quelqu'un a-t-il vu quelque chose ? »

Elle devient :

« Combien de capteurs indépendants ont enregistré la même chose ? »

Une observation simultanément confirmée par :

  1. Un témoin humain ;
  2. Une caméra électro-optique ;
  3. Une caméra infrarouge ;
  4. Un radar ;
  5. Des données de navigation ;
  6. Un autre navire ;
  7. Un aéronef ;

aurait une valeur scientifique et militaire considérablement supérieure. Dans le cas du Kearsarge, nous savons que des images auraient été enregistrées, mais nous ne disposons pas publiquement de l'ensemble des données permettant d'effectuer cette corrélation.

3. La caméra vidéo devient alors le principal témoin

Ne parvenant apparemment pas à obtenir une piste exploitable avec le FLIR, les opérateurs auraient utilisé la caméra vidéo. Et, selon le récit transmis à Beaty, les deux objets seraient apparus dans l'image. Des enregistrements auraient alors été réalisés. C'est un élément fondamental car l'affaire ne repose donc pas uniquement sur une observation visuelle racontée plusieurs mois plus tard. Il aurait existé des supports photographiques ou vidéo.

Mais il y a immédiatement un problème :

Ces images n'ont pas été rendues publiques dans leur intégralité.

Le dossier obtenu grâce au FOIA contient effectivement des documents relatifs à l'événement, mais les informations disponibles ont été très largement occultées.

Photo 1 - Il est probable que la Marine ait également envoyé les équipes SNOOPIE dans les airs pour recueillir des preuves photographiques et vidéo, comme le démontre ce document contenu dans le dossier, mais à ce niveau il n’y a rien de rendu public !

L'histoire documentaire de cette affaire est presque aussi intéressante que l'observation elle-même. Dave Beaty avait initialement effectué une demande FOIA concernant l'incident. La réponse du bureau FOIA du Marine Corps indiquait qu'aucun document correspondant n'avait été trouvé. Puis un autre chercheur, Kyle Warfel, obtint une réponse différente.

Sa demande FOIA produisit une présentation PowerPoint imprimée, consacrée à l'événement. Le document comportait 16 pages, mais une grande partie du contenu était masquée. Cette divergence est importante.

Pourquoi une demande pouvait-elle recevoir une réponse « aucun document » tandis qu'une autre aboutissait à la production d'une présentation consacrée au même événement ?

Dave Beaty a rapporté avoir interrogé le bureau concerné et expliqué que son propre dossier FOIA avait été considéré comme négatif alors qu'une autre demande avait obtenu une présentation. La réponse semblait liée, au moins en partie, au vocabulaire utilisé dans la demande. Cette situation ne permet évidemment pas de conclure à une dissimulation intentionnelle. Mais elle montre que la traçabilité documentaire de l'incident est loin d'être satisfaisante.

4. Un document officiel existe donc bien

C'est ici que l'on doit faire une distinction fondamentale. Il serait excessif d'affirmer :

« La Marine américaine a officiellement reconnu avoir rencontré deux OVNI extraterrestres. »

Ce n'est pas ce que démontrent les documents disponibles. En revanche, il est parfaitement légitime d'affirmer :

« Un document du Marine Corps relatif à un incident UAP impliquant l'USS Kearsarge a été obtenu par FOIA. »

Le Black Vault a archivé cette présentation et indique que Kyle Warfel l'a obtenue dans le cadre de sa demande FOIA. Le document était fortement censuré. Cette nuance est essentielle pour toute étude sérieuse. Le document confirme l'existence administrative d'un dossier. Il ne confirme pas automatiquement toutes les caractéristiques rapportées oralement.

Le dossier Kearsarge possède plusieurs caractéristiques qui correspondent aux préoccupations contemporaines du phénomène UAP.

Première caractéristique : proximité
Les objets auraient été relativement proches du bâtiment.
Deuxième caractéristique : durée
Ils auraient été observés pendant plusieurs nuits.
Troisième caractéristique : comportement
Ils auraient semblé accompagner le navire.
 Quatrième caractéristique : détection militaire
Les Marines disposaient d'un système spécifiquement destiné à détecter les drones
Cinquième caractéristique : tentative de neutralisation
Les opérateurs auraient essayé d'utiliser les moyens anti-UAS disponibles.
Sixième caractéristique : enregistrement
Des images auraient été réalisées.
Septième caractéristique : documentation
Une présentation consacrée à l'événement a été récupérée par FOIA. Pris séparément, aucun de ces éléments ne prouve l'existence d'un engin d'origine inconnue. Pris ensemble, ils justifient cependant une enquête documentaire et technique beaucoup plus approfondie.

5. L'hypothèse des drones conventionnels

Il serait absurde de commencer l'analyse par l'hypothèse extraterrestre. La première hypothèse à tester est celle d'un drone conventionnel. Et elle est particulièrement sérieuse. En 2021, les drones constituaient déjà une menace importante pour les forces armées américaines.

Un petit drone peut être utilisé pour :

  • Observer un navire ;
  • Recueillir des renseignements ;
  • Tester les réactions de l'équipage ;
  • Cartographier les installations ;
  • Identifier les systèmes radar ;
  • Provoquer une réaction de défense ;
  • Mener une opération de renseignement électronique.

Le comportement décrit — faible altitude, vitesse relativement modérée, maintien à proximité d'un bâtiment — est parfaitement compatible avec l'hypothèse d'un drone. Mais une question surgit immédiatement :

de qui ?

Selon le récit transmis à Beaty, le navire aurait demandé si une opération de drones était en cours et la réponse aurait été négative. Les Marines auraient donc compris que ces appareils n'appartenaient pas aux forces américaines engagées dans l'exercice. Cette information, si elle est confirmée par les communications opérationnelles, transformerait l'affaire en problème de sécurité maritime beaucoup plus qu'en simple affaire ufologique.

Dave Beaty avait lui-même évoqué l'hypothèse de drones militaires chinois opérant éventuellement à proximité de navires commerciaux. Cette hypothèse reste spéculative.

Il faut néanmoins comprendre pourquoi elle est intéressante. Un navire militaire américain constitue une cible particulièrement précieuse pour le renseignement. Un drone capable de suivre discrètement un bâtiment pendant plusieurs heures pourrait collecter :

  • Les signatures électromagnétiques ;
  • Les émissions radar ;
  • Les fréquences radio ;
  • Les procédures de communication ;
  • Les mouvements d'aéronefs ;
  • Les routines de surveillance ;
  • Les réactions des systèmes de défense.

Dans cette perspective, un objet non identifié à proximité d'un navire militaire américain n'est pas nécessairement un « OVNI » au sens traditionnel. Il peut être un problème de contre-espionnage et c'est précisément pourquoi les autorités américaines ont progressivement commencé à considérer les UAP comme une question de sécurité nationale.

6. Une deuxième hypothèse : un essai américain non communiqué

Une autre possibilité mérite d'être examinée. Les objets pouvaient-ils appartenir à une autre composante des forces américaines ? Le fait qu'un équipage demande « est-ce que ce sont nos drones ? » et obtienne apparemment une réponse négative ne permet pas d'exclure :

  • Un autre exercice ;
  • Une autre unité ;
  • Un programme de test ;
  • Un système expérimental ;
  • Une activité classifiée ;
  • Une opération relevant d'une autre chaîne de commandement.

Dans l'environnement militaire américain, toutes les unités présentes dans une zone d'exercice ne partagent pas nécessairement l'intégralité de leurs informations opérationnelles. Cette possibilité est particulièrement importante dans un dossier UAP. Une technologie militaire secrète peut apparaître comme un objet « inconnu » pour les militaires eux-mêmes, sans être extraterrestre.

7.  Une troisième possibilité : un phénomène atmosphérique ou optique

Il faut également conserver une hypothèse naturelle. Une lumière nocturne observée au-dessus de l'océan peut être trompeuse. Les phénomènes atmosphériques, les effets de perspective, la réfraction, les réflexions sur les couches atmosphériques et les phénomènes lumineux peuvent produire des observations inhabituelles. Cependant, certaines caractéristiques rapportées rendent cette hypothèse plus difficile à appliquer directement :

  • Deux objets ;
  • Apparence stable ;
  • Proximité apparente du navire ;
  • Déplacement relatif ;
  • Répétition pendant plusieurs nuits ;
  • Observation par du personnel militaire ;
  • Apparition sur caméra.

Mais là encore, sans les données originales, il est impossible de trancher

C'est ici que l'affaire rencontre sa principale limite scientifique : l’absence de données cinématiques - Pour démontrer qu'un objet possède des performances extraordinaires, il faut connaître :

Sa distance + son altitude + sa vitesse + son accélération + sa trajectoire.

Or nous ne possédons publiquement aucune série complète de ces données. Dire qu'un objet était « à 200 pieds » n'est pas suffisant. Il faudrait savoir comment cette altitude a été déterminée. Était-elle estimée visuellement ? calculée par un système électro-optique ? déterminée par radar ? fournie par une triangulation ? ou encore déduite par rapport à la taille apparente ?

La différence est fondamentale.

Un autre point mérite d'être souligné : Dave Beaty ne rapportait pas, à l'époque, de performances extraordinaires de type Tic Tac. Il précisait que le récit qui lui avait été transmis ne faisait pas état d'accélérations impossibles, de vitesses hypersoniques ou de changements de direction défiant la physique. Il décrivait surtout des lumières étranges, apparemment capables de suivre le navire et de réaliser des manœuvres latérales. Cela place l'affaire dans une catégorie différente de celle du Nimitz de 2004. Il ne faut donc pas transformer artificiellement le Kearsarge en « nouveau Tic Tac ». La comparaison est intéressante, mais elle doit rester limitée.

L'affaire présente néanmoins une ressemblance frappante avec les événements survenus autour de bâtiments américains en 2019. En Californie du Sud, plusieurs navires de la Navy avaient été confrontés à des objets décrits comme des drones ou des phénomènes inconnus. Dave Beaty rappelle d'ailleurs dans son enquête qu'il avait obtenu, grâce au FOIA, des informations concernant les équipes SNOOPIE de la Navy — des équipes spécialisées dans l'observation et la documentation photographique des événements inhabituels. Cette continuité est importante car elle suggère que la Marine américaine avait déjà développé une certaine culture opérationnelle de collecte d'images lorsqu'un objet aérien inhabituel apparaissait à proximité d'un bâtiment.

Si les informations rapportées par Beaty sont exactes, la Navy aurait pu mobiliser des équipes spécialisées pour photographier ou filmer les objets. Ce point n'est toutefois pas confirmé publiquement pour l'incident du Kearsarge. Beaty écrit qu'il était probable que de telles équipes aient été mobilisées, en se fondant sur leur existence lors d'incidents antérieurs. Il faut donc écrire : « possibilité », et non :« fait établi ».

Cette distinction est indispensable.

8 - L’affaire devient encore plus énigmatique avec les documents censurés

Le document FOIA est probablement l'élément le plus paradoxal de toute l'histoire. D'un côté, l'administration américaine accepte de produire une présentation relative à l'incident. De l'autre, une grande partie de son contenu est masquée. Le Black Vault précise que la présentation obtenue comptait 16 pages et qu'elle était lourdement expurgée. Cette situation produit un paradoxe classique des affaires UAP américaines :

La déclassification partielle confirme parfois davantage l'existence d'un événement qu'elle ne permet de comprendre sa nature.

Le public apprend qu'un événement a été documenté mais il ne peut pas nécessairement savoir : qui a observé quoi, quand exactement, avec quels capteurs etc…

Dans une affaire comme celle-ci, les photographies pourraient permettre de répondre à une multitude de questions. Quelle était réellement la forme des objets ? étaient-ils ponctuels ? sphériques ? possédaient-ils plusieurs sources lumineuses ? etc…De nombreuses informations issues de photos pourraient transformer une histoire intrigante en véritable dossier technique. Mais le public n'a pas accès à la totalité de ces données.

Le Navire était-il en fait vraiment « suivi » ? C'est probablement le point sur lequel il faut exercer le plus de prudence. Un objet situé derrière un navire peut sembler le suivre alors qu'il est immobile. Le navire avance, l'objet reste à une position apparente similaire et l'observateur peut conclure que l'objet « accompagne » le bâtiment. Pour démontrer un véritable suivi, il faudrait disposer de plusieurs positions successives de l'objet par rapport au navire. Si les données démontraient que l'objet maintenait constamment une distance et une altitude relatives malgré les changements de cap et de vitesse du Kearsarge, alors le dossier serait beaucoup plus solide. Mais nous ne disposons pas publiquement de cette trajectographie.

Il est un fait c’est que cinq ans après les événements, l'affaire conserve une valeur particulière car elle s’inscrit dans une transformation profonde de la politique américaine concernant les UAP. Pendant des décennies, les OVNI furent essentiellement traités comme une question marginale. Depuis les révélations concernant les programmes du Pentagone, les témoignages de pilotes de la Navy, les auditions parlementaires et la création de structures officielles consacrées aux UAP, le vocabulaire a changé. Le problème est désormais abordé sous l'angle :

Détection — identification — sécurité — renseignement — défense.

L'affaire Kearsarge correspond parfaitement à cette évolution car ce qui aurait autrefois été qualifié simplement de « UFO sighting » devient aujourd'hui un problème de contre-UAS et de connaissance de la situation aérienne.

9 - Le parallèle avec le Nimitz : attention aux analogies faciles

L'affaire Kearsarge peut rappeler certains aspects du célèbre épisode du Nimitz de 2004 :

  • Navire de guerre ;
  • Personnel militaire ;
  • Observation aérienne ;
  • Technologies de détection ;
  • Objets non immédiatement identifiés ;
  • Données potentiellement classifiées.

Mais les similitudes s'arrêtent là. Dans le cas du Nimitz, les témoignages des pilotes, les données radar et les vidéos sont au cœur du dossier public par contre dans le cas du Kearsarge, la documentation accessible est beaucoup plus limitée. En fait le dossier repose encore largement sur un récit indirect et sur un document FOIA fortement censuré.

Il serait donc méthodologiquement incorrect de présenter le Kearsarge comme une preuve équivalente au Nimitz.

10. Conclusion : un véritable PAN, mais pas encore un « engin extraterrestre »

L'incident de l'USS Kearsarge mérite incontestablement d'être conservé dans la chronologie des affaires UAP américaines contemporaines. Le récit disponible fait état de deux objets lumineux observés à proximité d'un bâtiment militaire américain, à basse altitude, pendant plusieurs nuits. Les objets auraient été filmés et auraient résisté aux tentatives de détection ou de neutralisation rapportées par les opérateurs du LMADIS. Surtout, l'existence d'une documentation interne relative à l'événement a été confirmée par la découverte, via le FOIA, d'une présentation PowerPoint de 16 pages fortement censurée. Cela donne à l'affaire une dimension documentaire que ne possèdent pas de nombreux récits ufologiques. Mais il serait tout aussi erroné de transformer cette documentation en preuve d'une origine non humaine.

Nous avons la trace d'un événement. Nous avons un récit militaire indirect. Nous avons l'existence d'un dossier documentaire. Nous savons que des images auraient été réalisées. Mais nous ne possédons pas encore les données nécessaires pour déterminer avec certitude ce qui a été observé.

Et c'est précisément là que réside tout l'intérêt du dossier.

L'affaire Kearsarge ne démontre pas que des engins extraterrestres ont suivi un navire américain. Elle démontre quelque chose de plus modeste — mais peut-être plus important :

En 2021, un bâtiment de guerre américain, doté de moyens modernes de surveillance et de contre-drones, a été confronté à un phénomène aérien que les informations publiques disponibles ne permettent toujours pas d'identifier de manière satisfaisante.

Dans une époque où les UAP sont progressivement devenus une question de défense et de renseignement, cette seule constatation mérite une enquête approfondie.

Sources principales

 

samedi 8 août 2026

PURSUE : PUBLICATION DU 5 EME LOT DE DOCUMENTS SUR LES UAP OU OVNI

  

Communiqué de presse immédiat

Le département de la Guerre publie la cinquième série de dossiers sur les phénomènes anormaux non identifiés sur WAR.GOV/UFO

7 août 2026

Déclaration attribuable à Sean Parnell, adjoint au secrétaire à la Guerre pour les affaires publiques et porte-parole principal du Pentagone :

Aujourd'hui, le Département de la Guerre publie le cinquième lot de documents déclassifiés et historiques relatifs aux phénomènes anormaux non identifiés (PAN), dans le cadre du Système présidentiel de déclassification et de signalement des rencontres avec des PAN (PURSUE).

Cette collection reste accessible sur WAR.GOV/UFO et le Département publiera d'autres documents au fur et à mesure.

Le Département de la Guerre et ses partenaires travaillent activement à la prochaine publication des fichiers UAP. La cinquième publication de ces fichiers est désormais disponible sur WAR.GOV/UFO .

 

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Sources utiles

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LE DEPARTEMEN DE LA GUERRE AMERICAIN PUBLIE LE CINQUIEME LOT DE DOCUMENTS DECLASSIFIES SUR LES OVNI – UAP

LES COMMENTAIRES DU GEOS France

Groupe pour l’Études des Objets Spatiaux non Identifiés de France

Le cinquième lot de PURSUE a été mis en ligne le 7 août 2026 par le Department of War sur son portail UAP. Il s’agit d’un lot particulièrement intéressant, mais il faut éviter de le présenter comme une « preuve de la présence extraterrestre ». Sa véritable importance est ailleurs : l’État américain rend désormais publiques des pièces opérationnelles et historiques qu’il qualifie lui-même de cas non résolus.

Le cinquième lot PURSUE : une divulgation importante, mais encore très incomplète

Le Release 05, daté du 7 août 2026, comprend 41 éléments — documents, vidéos et autres médias. Le portail officiel indique 130 Mo de documents et 513 Mo de vidéos. Les quatre précédents lots avaient été publiés les 8 mai, 22 mai, 12 juin et 10 juillet 2026.

Le gouvernement explique que PURSUE doit fonctionner selon une logique de publication continue : les dossiers sont recherchés dans différentes administrations, examinés, déclassifiés puis mis en ligne au fur et à mesure. Surtout, le portail précise que les dossiers présentés dans cette collection sont des cas « unresolved », c'est-à-dire des phénomènes pour lesquels le gouvernement ne peut pas déterminer définitivement la nature de ce qui a été observé.

C'est probablement le point le plus important de cette nouvelle publication.

1. Le cas le plus spectaculaire : les « cold orbs » du golfe d'Oman

Parmi les documents les plus intéressants figure un dossier concernant un exercice de tir réel effectué par un AC-130J des forces spéciales américaines dans le golfe d'Oman, le 8 septembre 2021. Le rapport associé décrit environ 25 observations de phénomènes présentés comme des « cold orbs » — des objets sphériques présentant une faible signature thermique — observés à différentes altitudes et semblant effectuer des manœuvres inhabituelles. La presse rapporte que le document indique des vitesses allant de 250 à 1 300 mph et évoque des changements de comportement au moment où l'avion utilisait son canon.  C'est sans doute le dossier techniquement le plus intéressant du lot. Mais il faut immédiatement introduire une nuance fondamentale : La vidéo n'est pas une donnée brute de capteur !

Une partie importante de la séquence publiée est en réalité une captation secondaire de l'écran infrarouge réalisée avec un téléphone portable, et non le fichier numérique original du capteur de l'AC-130J. Cette limitation est capitale pour toute analyse scientifique : compression, fréquence d'image, mouvements de caméra, contraste thermique et artefacts d'affichage peuvent modifier considérablement l'apparence du phénomène. Autrement dit : le rapport est beaucoup plus intéressant que la vidéo elle-même.

Il serait donc prématuré d'affirmer que nous disposons ici d'une démonstration d'une technologie inconnue.En revanche, le dossier pose une vraie question : Pourquoi une unité militaire américaine a-t-elle officiellement conservé et transmis un rapport décrivant une vingtaine de contacts dont certains semblent avoir réagi au comportement de l'aéronef ?

C'est précisément le genre de question que les futures données brutes devront permettre de trancher.

2. Le mystérieux triangle de Bagram

Un autre élément intéressant : un rapport du FBI concernant une observation effectuée au-dessus de Bagram, en Afghanistan, en 2002. Le témoin, un ancien pilote militaire, raconte avoir vu les étoiles être momentanément masquées par quelque chose de très vaste. Il décrit un objet de forme triangulaire, silencieux, se déplaçant à vitesse relativement constante. Le témoin estime sa taille à environ 500 pieds, soit environ 152 mètres. Le FBI a réalisé une reconstitution graphique de l'objet à partir de son témoignage.   Mais ici encore, il faut faire attention à la présentation médiatique. Ce n'est pas une photographie du triangle. C'est un dessin produit à partir du témoignage.

Cette distinction devrait être systématiquement mentionnée dans les articles consacrés à PURSUE. Le document constitue néanmoins une pièce historique intéressante : il montre que des témoignages concernant des objets de grande dimension et de forme inhabituelle ont été enregistrés par les services fédéraux américains et qu'ils sont aujourd'hui réintroduits dans le corpus documentaire officiel.

3. Des observations beaucoup plus récentes et des lumières observées sur les vols transatlantiques

Le cinquième lot contient également des dossiers concernant des observations contemporaines. L'un des éléments concerne notamment un agent gouvernemental américain qui aurait observé dans l'ouest des États-Unis deux objets apparaissant comme des zones « black hot » sur une image infrarouge. Les deux objets auraient évolué ensemble pendant plusieurs minutes.  C'est intéressant pour une raison particulière : le phénomène n'est pas uniquement présenté comme un vieux témoignage historique. Nous sommes dans le domaine des observations contemporaines par des personnels gouvernementaux équipés de moyens électro-optiques/infrarouges.

Cela permet de rapprocher PURSUE des préoccupations actuelles d'AARO.

Le lot comprend également des éléments relatifs à des observations effectuées lors de vols entre les États-Unis et l'Europe à partir de 2023. Un pilote aurait notamment décrit des lumières blanches observées à haute altitude lors de vols entre la région de Boston et l'Irlande. Ce type de dossier est particulièrement intéressant pour une autre raison : les phénomènes UAP ne sont plus seulement étudiés dans le contexte militaire américain. Ils apparaissent également dans un environnement civil international : aviation commerciale, pilotes, contrôle aérien, routes transatlantiques. Cela ouvre potentiellement la porte à une comparaison avec les données européennes — notamment celles du GEIPAN en France.

4. Une caractéristique étonnante du Release 05 : beaucoup de dessins et un gouvernement qui ne dit plus « cela n’existe pas »

C'est également là que ma critique commence. Une proportion importante des images mises en avant dans le cinquième lot ne sont pas des photographies originales des phénomènes. Il s'agit de reconstitutions artistiques réalisées à partir de descriptions de témoins.  C'est problématique lorsqu'elles sont reprises dans les médias avec des titres du genre :

« Le Pentagone publie des images d'OVNI triangulaires »

Non. Le Pentagone publie parfois une représentation graphique d'un témoignage concernant un objet triangulaire. Ce n'est pas du tout la même chose.

C'est probablement la transformation la plus importante de 2026. Le vocabulaire officiel américain a changé. Le Department of War écrit explicitement que les documents publiés concernent des cas non résolus, et explique qu'un cas peut rester non résolu notamment parce que les données disponibles sont insuffisantes. Cette formulation est très différente de :

« Il n'y a rien à voir. »

Elle reconnaît institutionnellement une catégorie de phénomènes pour lesquels l'administration ne dispose pas d'explication définitive. C'est une évolution considérable. Mais elle ne signifie pas :

« Le gouvernement reconnaît les extraterrestres. »

Il faut maintenir cette distinction.

En poursuivant nos réflexions sur ce nouveau lot de documents et ce qu’on nous dit, on constate que c'est ici que le programme devient véritablement intéressant. Le gouvernement américain affirme vouloir effectuer une opération historique portant sur des dizaines de millions de documents, parfois conservés uniquement sur papier et provenant de nombreuses administrations.  Or, nous n'en sommes qu'au cinquième lot. Cela signifie que ce que nous voyons actuellement est probablement une petite fraction du corpus potentiel.

Et c'est là que se trouve la principale faiblesse de PURSUE.

On ne sait pas encore ce qui manque.

Le public ne dispose pas d'un inventaire exhaustif permettant de savoir quels fonds ont été examinés et comment, puis quels organismes ont fourni leurs archives. On ne sait pas non plus combien de dossiers ont été écartés, combien restent classifiés et pour quelles raisons, quelles catégories documentaires ont été exclues et enfin on ne nous dit pas quels documents sont encore en cours d'examen.

Cette question est fondamentale.

Une véritable transparence ne consiste pas seulement à publier 41 nouveaux fichiers. Elle consiste également à permettre au public de savoir combien de fichiers existent et combien ne sont toujours pas accessibles.

5. PURSUE face à AARO : une contradiction intéressante - Une autre faiblesse : la contextualisation scientifique

Le portail PURSUE précise que les cas non résolus sont publiés dans cette collection, tandis que le Department of War indique qu'AARO continue séparément à effectuer son travail réglementaire sur les cas résolus.  Cela crée une situation assez particulière.

AARO est une structure d'analyse et de résolution.

PURSUE devient progressivement une structure de publication documentaire.

C'est une différence fondamentale. PURSUE ne démontre pas nécessairement quoi que ce soit. Mais il peut fournir aux chercheurs la matière première permettant de vérifier le travail effectué par les organismes officiels. Et cela pourrait, à terme, être beaucoup plus important qu'une simple « révélation ».

Une vue d’ensemble de ce qui a été déjà publié nous permet de constater que le principal reproche que l'on peut adresser au programme PURSUE c’est que les documents sont rendus accessibles, mais le gouvernement ne fournit pas toujours suffisamment de données permettant de les analyser scientifiquement. Prenons l'exemple du golfe d'Oman.

Pour déterminer réellement la nature des « Orbs », il faudrait idéalement disposer :

1.    Du fichier original du capteur ;

2.    Des métadonnées ;

3.    De la fréquence d'acquisition ;

4.    De la distance exacte au phénomène ;

5.    De l'azimut ;

6.    De l'élévation ;

7.    Des paramètres optiques ;

8.    Des données radar éventuellement associées ;

9.    Des données météorologiques ;

10.  De la télémétrie de l'AC-130 ;

11.  Des données de navigation ;

12.  De la position et trajectoire du navire ou de la cible ;

13.  Des enregistrements radio ;

14.  Des données temporelles synchronisées.

Sans cette chaîne de données, on possède un événement intéressant, mais pas encore une preuve scientifique robuste.

Toutefois il serait injuste de minimiser cette publication. Pour la première fois, le gouvernement américain met progressivement à disposition du public un corpus qui mélange : archives historiques + documents du renseignement + témoignages FBI + rapports militaires + vidéos infrarouges + observations contemporaines. Et surtout, il accepte publiquement une catégorie :

« Nous ne savons pas ce que c'était. »

C'est un changement culturel et administratif majeur. Pendant des décennies, l'une des principales critiques adressées aux administrations américaines concernait précisément l'impossibilité pour les chercheurs indépendants d'accéder aux documents. PURSUE commence à modifier cette situation.

Si on continue l’analyse de cette initiative, Je serais beaucoup plus critique à l'égard de l'utilisation du terme « Disclosure ». Il faut distinguer trois niveaux :

Niveau 1 — Déclassification - Un document auparavant inaccessible devient public. PURSUE accomplit clairement cela.

Niveau 2 — Reconnaissance du phénomène - Le gouvernement reconnaît que certaines observations restent inexpliquées. PURSUE le fait également.

Niveau 3 — Détermination de l'origine :  Le gouvernement établit que certains phénomènes sont d'origine extraterrestre ou non humaine. Nous n'en sommes absolument pas là. Et c'est précisément là ou certains commentateurs vont trop vite.

6. Une évaluation qualitative possible

Critère

Évaluation

Importance historique

★★★★★

Transparence documentaire

★★★★☆

Intérêt militaire

★★★★☆

Qualité des données brutes

★★☆☆☆

Intérêt scientifique immédiat

★★★☆☆

Preuve d'une technologie inconnue

★☆☆☆☆

Preuve extraterrestre

☆☆☆☆☆

Intérêt pour la recherche future

★★★★★

La conclusion est donc paradoxale : PURSUE est beaucoup plus important comme programme d'ouverture des archives que comme « preuve OVNI ».

Et c'est justement ce qui le rend intéressant. Le cinquième lot ne démontre pas que les États-Unis possèdent des engins extraterrestres. Il démontre quelque chose de plus sobre mais néanmoins considérable :

Le gouvernement américain accepte désormais de publier officiellement des dossiers dans lesquels ses propres services reconnaissent ne pas être capables d'expliquer certains phénomènes aériens.

C'est un changement majeur par rapport à la culture du secret qui a longtemps entouré le sujet.

À mon sens, le véritable test de PURSUE sera le sixième lot, puis les suivants. Il faudra surveiller au moins trois choses :

1. Les données brutes. - Les fichiers originaux des capteurs seront-ils publiés ?

2. Les dossiers contemporains. - Le gouvernement va-t-il publier davantage de rapports militaires récents et de données multi-capteurs ?

3. Les documents sur les programmes secrets eux-mêmes. - PURSUE finira-t-il par atteindre les archives concernant les programmes de récupération, d'analyse technologique ou les éventuels programmes spéciaux évoqués depuis plusieurs années ?

C'est sur ce troisième point que se jouera réellement la crédibilité de la promesse de « transparence historique ».

Consulter directement les 5 lots de PURSUE

En résumé : le cinquième lot est une vraie avancée documentaire, mais pas encore la « grande révélation ». Il faut maintenant passer du volume de documents à la qualité des données. C'est là que les chercheurs indépendants, les scientifiques et les analystes pourront réellement mettre PURSUE à l'épreuve.

Équipe rédactionnelle du GEOS France - GL

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COMMENTAIRES RELEVES SUR LE NET

Source : https://decur.org/documents/pursue-release-5-2026

La cinquième tranche de documents déclassifiés sur les phénomènes aériens non identifiés (PAN) publiés dans le cadre de l'initiative PURSUE sur war.gov/UFO a été mise en ligne le 7 août 2026. Cette tranche comprend 17 documents (ainsi que 8 rendus numériques du FBI, présentés sous forme de fichiers multimédias) provenant de cinq agences et se distingue par plusieurs premières : les premiers documents diplomatiques relatifs aux PAN du Département d'État (un incident survenu à Bahia, au Brésil, en 1963), le premier document relatif aux PAN du Bureau exécutif du Président (une enquête du Conseil national de l'aéronautique et de l'espace sur le même événement brésilien) et l'analyse image par image, par le Centre d'interprétation photographique de la Marine américaine, du film de 1952 sur Tremonton, dans l'Utah.

Le Département de la Guerre (DOW) contribue avec l'analyse des renseignements du Département de la Guerre de 1947 sur les fusées fantômes scandinaves et le dossier d'environ 245 pages du Commandement du matériel aérien / Projet Sign, recensant près de 180 incidents d'objets volants, ainsi qu'un rapport de renseignements de l'AFSOC de 2021 sur une rencontre non résolue entre un avion de combat AC-130 et un PAN au-dessus du golfe d'Oman. La CIA ajoute un fichier OVNI de 1964-65 provenant d'un radar et d'un pilote de Porto Rico qui identifie l'objet comme étant un YF-12A du programme OXCART. Le FBI contribue avec huit entretiens récents avec des témoins (FD-302, 2002-2026), décrivant pour la plupart de grands engins triangulaires silencieux, dont six sont accompagnés de rendus numériques du Bureau.

Le cinquième volume de PURSUE enrichit considérablement le corpus documentaire, couvrant simultanément deux périodes distinctes. Sur le plan historique, il met en lumière l'analyse du film NPIC Tremonton examinée par la commission Robertson de 1953, l'examen des renseignements sur les fusées fantômes de 1947 et le dossier du projet Sign du Commandement du matériel aérien – des documents fondamentaux de la Guerre froide que DECUR ne détenait auparavant que sous forme de résumé. Sur le plan contemporain, il ajoute une observation de capteurs des forces spéciales datant de 2021 et un ensemble d'observations d'engins triangulaires documentées par le FBI en 2026, accompagnées de reconstitutions réalisées par l'agence.

Il s'agit du premier volume de PURSUE à inclure des documents du Département d'État et du Bureau exécutif du Président, et du premier ensemble de documents inter-agences (Département d'État, Centre national de coordination de la Maison-Blanche et surveillance radio du FBI) ​​convergeant vers un seul incident à l'étranger.

Extrait de l’article de CBS News sur la publication de la cinquième partie de documents sur Pursue.

https://www.cbsnews.com/news/ufo-files-pentagon-5th-release-documents-videos/

Les 41 nouveaux fichiers , publiés sur le site web du Pentagone consacré aux OVNI, comprennent un ensemble de documents, d'images et de vidéos. Ces documents proviennent du Pentagone, du FBI, de la CIA, du Département d'État et du Bureau exécutif du président ; le plus ancien date de 1950 et le plus récent de cette année. 

L'essentiel des documents publiés vendredi comprend des vidéos granuleuses, caractéristiques des précédentes révélations, montrant des objets volants capturés par des capteurs et des caméras militaires.

Six des vidéos montrent différentes versions du même incident : une rencontre au-dessus du golfe d'Oman entre des forces d'opérations spéciales à bord d'un avion de combat AC-130J en septembre 2021. Les clips sont des vidéos de téléphone portable d'écrans sur l'avion de combat, montrant des objets détectés par ses capteurs infrarouges et autres. 

Un rapport de renseignement accompagnant les images apporte un éclairage supplémentaire. Ce rapport indique que les forces à bord de l'hélicoptère de combat ont « observé environ 25 cas de PAN lors d'un exercice de tir réel dans le golfe d'Oman ».

« Les phénomènes aériens non identifiés (PAN) ont été observés sous forme de sphères froides volant à basse altitude entre 400 et 2 100 km/h, selon différentes formations, et effectuant des manœuvres agressives. Les PAN semblaient également réagir aux tirs du canon principal de l’appareil », indique le rapport. 

L'incident n'a pas pu être résolu par le Bureau de résolution des anomalies tous domaines, l'organe d'enquête sur les PAN du Pentagone.

Une vidéo transmise par le Commandement central américain montre des images prises par un avion militaire au-dessus d'une zone habitée du Moyen-Orient en 2025. On y voit ce qui semble être un objet traversant l'écran à grande vitesse. L'incident reste non élucidé.

Une autre vidéo montre des images filmées cette année par un « agent spécial du gouvernement américain » dans l'ouest des États-Unis. Le Pentagone a déclaré que la vidéo « présente deux zones contrastées, très lumineuses et se déplaçant lentement, visibles en imagerie infrarouge ».

Un rapport partiellement expurgé concernant cette intervention indique que l'agent a reçu un signalement concernant la détection d'une fréquence radio et a rapidement pointé un capteur infrarouge portatif dans sa direction. 

« Il a aperçu un objet noir dans le ciel. Il ne se déplaçait pas rapidement. Il a pris des photos à l'aide de son appareil optique. Pendant son observation, il a aperçu un deuxième objet à droite du premier et a pris d'autres photos et vidéos. Les deux objets se déplaçaient ensemble à la même vitesse », indique le rapport du FBI. « Ils étaient tous deux d'un noir intense. Il les a perdus de vue lorsqu'ils ont disparu de son champ de vision. La durée totale de l'observation a été d'environ 5 à 10 minutes. »

Les documents publiés vendredi comprennent huit formulaires 302, utilisés par le FBI pour consigner les détails des entretiens avec les témoins. Ces huit formulaires comportent des passages expurgés afin de protéger les informations confidentielles, et la plupart sont accompagnés de dessins d'artistes du FBI représentant les objets décrits par les témoins. D'autres formulaires ont été publiés avec des enregistrements vidéo réalisés par les personnes interrogées, montrant ce qui semble être des orbes et d'autres sources lumineuses dans le ciel. 

Un rapport 302 particulièrement notable relate une interview d'un ancien pilote militaire en 2024. Ce dernier a déclaré à un agent que des pilotes militaires avaient commencé à observer d'étranges lumières dans le ciel entre minuit et 3 heures du matin l'année précédente. Il a précisé avoir aperçu ces lumières pour la première fois lors d'un vol entre le Massachusetts et l'Irlande en octobre 2023.

« [Nom masqué] se trouvait à une altitude de 11 280 mètres et pensait que les lumières étaient plus hautes que lui, probablement à 15 240 mètres ou plus. Les lumières étaient blanches, apparaissaient faiblement, puis devenaient plus brillantes avant de s’éteindre complètement », indique le rapport. « Le cycle complet des lumières durait de 10 secondes à une minute. »

Le pilote a déclaré avoir aperçu ces lumières une dizaine de fois après cette première expérience. 

Il a également raconté à l'agent quelque chose qu'il avait vu alors qu'il servait en Afghanistan en 2002.

« Vers 4 h 30, heure locale, [nom masqué] a remarqué que les étoiles disparaissaient au-dessus de Bagram. Un objet énorme, de forme triangulaire équilatérale, semblait passer au-dessus de sa tête, d'ouest en est. Il se déplaçait silencieusement, à une vitesse et une altitude constante, probablement 150 nœuds, sans aucune lumière visible », a écrit l'agent. 

Le pilote « a estimé sa taille à 150 mètres, mais il ne pouvait pas distinguer clairement la forme de l'objet ». Il a rapporté que le pilote qui l'accompagnait « a également observé le triangle et, lorsqu'il est passé au-dessus de lui, a demandé : "Tu as vu ça ?" » 

Le FBI a produit cette représentation artistique de l'objet :

Reconstitution par le FBI du témoignage du pilote militaire. - FBI