MADAGASCAR
MADAGASCAR : OVNI, CROYANCES, RELIGIONS ET POLITIQUE DANS UNE ÎLE ENTRE DEUX MONDES
De la grande observation de Tananarive en 1954 au CREDO de Louis Rakotoarijaona
Madagascar occupe une position singulière dans l'histoire africaine du phénomène OVNI. Géographiquement africaine, culturellement originale, tournée à la fois vers l'Afrique, l'océan Indien, le monde arabe, l'Europe et l'Asie, la Grande Île possède également une tradition spirituelle extrêmement riche dans laquelle les relations entre les vivants, les morts, les ancêtres, les forces invisibles et le monde naturel occupent une place importante.
Dans ce contexte, l'apparition de récits de « soucoupes volantes » au milieu du XXe siècle ne constitue pas simplement l'importation d'un vocabulaire venu des États-Unis ou de l'Europe. Le phénomène va progressivement être interprété à travers plusieurs grilles de lecture : météore, phénomène atmosphérique, engin militaire, soucoupe volante, objet extraterrestre, manifestation spirituelle ou événement inexplicable.
Mais Madagascar possède surtout un élément exceptionnel : une observation spectaculaire à Tananarive en août 1954, puis, plusieurs décennies plus tard, la création d'une association malgache consacrée aux OVNI, le CREDO – Centre de Recherche et d'Étude des Objets volants non identifiés, fondé en 1988 par le policier Louis Rakotoarijaona selon le chercheur italien Edoardo Russo. Cette association aurait même publié son propre bulletin en français, Mad-Ovni.
Le dossier malgache permet donc d'étudier non seulement les observations, mais aussi la manière dont une société africaine s'approprie progressivement le phénomène OVNI.
1. Madagascar : un terrain culturel particulier
Il faut d'abord éviter une erreur fréquente : considérer les croyances traditionnelles malgaches comme une simple forme « d'animisme ». La réalité est beaucoup plus complexe. La culture traditionnelle malgache accorde une place centrale aux ancêtres, les razana. La frontière entre le monde des vivants et celui des morts n'est pas conçue de la même manière que dans les sociétés occidentales modernes.
Les ancêtres peuvent continuer à intervenir symboliquement ou spirituellement dans la vie des descendants. Cette conception explique notamment l'importance de pratiques comme le famadihana, au cours duquel les morts sont périodiquement réinhumés selon des rites particuliers.
Les données disponibles sur la religion malgache sont d'ailleurs très difficiles à résumer par des pourcentages simples. Les sources internationales donnent des résultats très différents selon les définitions utilisées. Une caractéristique importante est précisément le syncrétisme : une personne peut se considérer chrétienne tout en conservant certaines pratiques ou croyances traditionnelles. Le Département d'État américain souligne lui-même que de nombreux Malgaches combinent traditions indigènes, christianisme et, dans certaines régions, islam. C'est un élément fondamental pour comprendre la question OVNI.
Dans de nombreuses sociétés occidentales contemporaines, un phénomène lumineux inhabituel est spontanément classé dans l'une des catégories suivantes : avion – satellite – météore – drone – phénomène atmosphérique – OVNI.
À Madagascar, historiquement, d'autres catégories interprétatives peuvent entrer en jeu. Les croyances traditionnelles reconnaissent l'existence de forces et d'êtres invisibles, de relations avec les ancêtres et d'intermédiaires spécialisés dans la connaissance du monde surnaturel.
Les ombiasy, notamment, occupent traditionnellement une place particulière comme devins, guérisseurs ou spécialistes des connaissances ésotériques. Les pratiques de divination, d'astrologie et de connaissance des jours favorables ont également une longue histoire à Madagascar.
Le contexte religieux et culturel malgache fournit plusieurs cadres d'interprétation susceptibles d'influencer la manière dont un phénomène lumineux ou aérien inhabituel est décrit et mémorisé.
2. Le christianisme n'a pas supprimé les anciennes représentations et même le christianisme s'est profondément implanté à Madagascar, particulièrement dans les Hautes Terres. Catholicisme et protestantisme occupent une place importante, notamment à Antananarivo. Les différentes Églises protestantes, catholique, luthérienne et anglicane disposent d'une implantation ancienne et importante. Mais christianisation ne signifie pas nécessairement disparition complète des représentations traditionnelles. Les données disponibles montrent justement que le syncrétisme religieux demeure une caractéristique de la société malgache. Le recensement de 1993 indiquait ainsi 52 % d'adhésion aux croyances indigènes contre 41 % au christianisme et 7 % à l'islam, tandis que les estimations plus récentes donnent une image très différente, avec une très forte majorité déclarée chrétienne. Ces écarts illustrent surtout la difficulté à mesurer une pratique religieuse qui peut être cumulative plutôt qu'exclusive.
C'est précisément ce qui rend Madagascar particulièrement intéressant pour une étude sociologique des OVNI.
Un individu peut donc être :
Chrétien + attaché aux ancêtres + pratiquant certaines traditions + intéressé par les phénomènes mystérieux.
Ces catégories ne sont pas forcément contradictoires.
Lorsque les premières grandes histoires de « soucoupes volantes » apparaissent dans la presse malgache des années 1950, Madagascar est encore un territoire français.Ce contexte politique est extrêmement important. L'information circule alors principalement par :
- · La presse française ;
- · La presse locale francophone ;
- · Les administrations coloniales ;
- · Les militaires ;
- · L’aviation ;
- · Les Européens présents sur l'île ;
- · Les réseaux religieux et missionnaires.
Le vocabulaire de la « soucoupe volante » est lui-même importé du contexte international né après 1947. Mais les observations ne concernent pas uniquement les Européens. C'est précisément ce qui rend l'affaire de Tananarive de 1954 particulièrement intéressante.
16 août 1954 : Tananarive face à un phénomène extraordinaire - Le cas le plus célèbre de l'histoire ufologique malgache se déroule à Tananarive, aujourd'hui Antananarivo, le 16 août 1954.
Le témoignage le plus célèbre est celui d'Edmond Campagnac, alors responsable technique d'Air France à Tananarive. Selon son récit, vers la fin de l'après-midi, une grande lumière verte apparaît dans le ciel. Elle semble initialement tomber vers le sol. Puis elle disparaît derrière une colline. Quelques instants plus tard, elle réapparaît. Campagnac décrira ensuite une forme ressemblant à un grand ballon de rugby métallique, précédé d'une sorte de lentille lumineuse verte et accompagné de petites lumières ou « flammèches ». L'objet aurait traversé le ciel de la ville en effectuant plusieurs changements de direction. L'observation aurait duré environ deux minutes. Des témoins auraient également rapporté des perturbations électriques et une réaction inhabituelle des animaux. C'est cette combinaison qui a donné au cas son statut exceptionnel dans la littérature ufologique.
Avec le temps, le nombre de témoins attribué à l'affaire a considérablement augmenté. Certaines publications parlent de plusieurs centaines, d'autres de plusieurs milliers, voire de dizaines de milliers de personnes. Certaines sources ufologiques avancent même jusqu'à 20 000 personnes. Il faut ici faire preuve d'une grande prudence. Le chiffre de 20 000 n'est pas établi par un recensement indépendant des témoins. Il provient essentiellement des récits ultérieurs autour de l'affaire. L'observation elle-même, en revanche, possède un élément particulièrement intéressant : plusieurs témoignages sont effectivement apparus ou ont été recueillis ultérieurement. L'un des plus importants reste celui d'Edmond Campagnac, qui fut repris dans la littérature du GEPA puis dans différents travaux ufologiques.
Un autre élément célèbre de l'affaire concerne le père Coze, directeur de l'observatoire astronomique de Tananarive. Selon Campagnac, Coze aurait lui-même vu le phénomène et aurait entrepris une enquête.
Il aurait notamment cherché à reconstruire la trajectoire. Le problème est que le rapport original attribué au père Coze n'a jamais été retrouvé. C'est une faiblesse documentaire importante.
Le cas de Tananarive est souvent présenté comme la preuve d'un mystérieux engin volant. Mais une autre possibilité doit impérativement être étudiée : le bolide ou météore exceptionnel. Des analyses critiques ont montré que plusieurs caractéristiques du récit initial pourraient être compatibles avec un phénomène céleste très lumineux, tandis que certaines particularités du récit — changements de direction, déplacement horizontal, retour après disparition derrière une colline — sont plus difficiles à expliquer par un simple météore. Le dossier est donc beaucoup plus intéressant lorsqu'on expose les deux lectures. La littérature critique souligne également que certaines versions tardives du récit ont amplifié certains détails.
L'affaire de Tananarive n'est pas isolée. Un article paru dans la revue malgache Fandrosoam-Baovao du 21 janvier 1955 mentionne trois observations de « soucoupes volantes ». La première aurait eu lieu à Fort-Dauphin, aujourd'hui Tôlanaro, en septembre 1954, vers quatre heures du matin. Une deuxième observation est attribuée à Tananarive. Une troisième se serait produite près de Majunga, aujourd'hui Mahajanga. Pour cette dernière, le témoin cité est particulièrement intéressant : M. Quesnot, chef du district de Mitsinjo. L'objet est décrit comme :
- · Rond ;
- · Très lumineux ;
- · Bleu-vert ;
- · De taille apparente comparable à la Lune ;
- · Venant du nord-est ;
- · Se déplaçant à très grande vitesse ;
- · Suffisamment lumineux pour éclairer les régions survolées.
La durée aurait été extrêmement courte. Une nouvelle fois, un bolide constitue une hypothèse naturelle évidente. Mais historiquement, l'article est précieux : il démontre que le vocabulaire des « soucoupes volantes » avait pénétré la presse malgache dès 1954-1955.
3 - La politique malgache : un contexte particulièrement intéressant - Création d’un groupe ufologique.
L'histoire politique de Madagascar ajoute une autre dimension à l'étude. En 1975, Didier Ratsiraka instaure la Deuxième République, fondée sur une orientation socialiste. Le pays s'engage alors dans une politique de socialisme révolutionnaire et de non-alignement. La Constitution de 1975 proclame toutefois la liberté de conscience et de religion ainsi que la neutralité de l'État vis-à-vis des croyances. Cette précision est importante. Il ne faut donc pas présenter le Madagascar de Ratsiraka comme un État ayant simplement « interdit la religion ». La réalité est beaucoup plus nuancée. Le régime était politiquement très contrôlé, mais la liberté religieuse était formellement garantie.
Dans les années 1980, le système politique demeurait cependant fortement encadré : en 1988, le président Ratsiraka disposait de pouvoirs importants et l'AREMA dominait largement la vie politique. Et c'est précisément en 1988 qu'apparaît le CREDO. Cette coïncidence chronologique mérite d'être soulignée.
Selon deux sources secondaires indépendantes, le CREDO – Centre de Recherche et d'Étude des Objets volants non identifiés aurait été créé à Madagascar en 1988 par Louis Rakotoarijaona, policier malgache. Selon ces sources, Rakotoarijaona aurait lui-même observé un OVNI en 1959. Le CREDO aurait ensuite publié au moins deux numéros d'un bulletin en français intitulé : Mad-Ovni Cette information est particulièrement importante pour l'histoire de l'ufologie africaine.
Les sources soulignent en effet que la plupart des groupes ufologiques africains identifiés dans la littérature internationale ont longtemps été créés ou animés par des Européens ou des Africains blancs. Le CREDO constitue donc une exception particulièrement intéressante : une structure ufologique créée par un Malgache et destinée à travailler depuis Madagascar.
L'histoire de l'ufologie africaine est souvent écrite depuis l'Europe ou l'Amérique. On y trouve : des enquêteurs européens ; des correspondants africains ; des rapports militaires coloniaux ; des observations de pilotes et des articles de revues françaises ou britanniques.
Mais beaucoup plus rarement trouve-t-on une organisation africaine structurée qui cherche à étudier elle-même le phénomène.
Le bulletin Mad-Ovni est probablement l'un des documents les plus intéressants encore à retrouver pour écrire l'histoire de l'ufologie malgache. Pour l'instant, les sources secondaires permettent d'affirmer l'existence du bulletin et d'au moins deux numéros, mais je n'ai pas retrouvé dans les recherches actuelles les scans originaux des exemplaires. Il faudrait donc rechercher dans le pays ou on peu peut être avoir la chance de les retrouver.
La récupération d'un seul exemplaire de Mad-Ovni pourrait apporter énormément d'informations : nom des enquêteurs, adresse du CREDO, nombre de membres, observations étudiées, méthodologie, correspondants étrangers, position sur l'hypothèse extraterrestre, relations avec les autorités, etc. Le patrimoine documentaire ufologique est fragile : de nombreuses associations ont vu leurs archives disparaître après la disparition de leurs fondateurs. Les archives spécialisées françaises du SCEAU expliquent précisément ce problème.
Le fait que Louis Rakotoarijaona ait été policier est également intéressant. Dans les années 1950-1980, les policiers, militaires, douaniers, contrôleurs aériens et personnels administratifs constituaient souvent des témoins privilégiés des phénomènes aériens. Mais il y a une seconde dimension. Un policier possède également une culture professionnelle fondée sur : l'identification des témoins ; la collecte des déclarations ; la recherche d'indices Etc….
Si Rakotoarijaona a réellement appliqué ce type de méthode au CREDO, ce serait un aspect très intéressant de l'ufologie malgache. Mais, là encore, il faudrait retrouver les documents du CREDO avant de lui attribuer une méthodologie précise.
Le récit secondaire indique que Louis Rakotoarijaona aurait observé un OVNI en 1959. Cette observation est particulièrement importante puisqu'elle pourrait expliquer sa vocation ufologique. Mais le contenu précis de cette observation reste à documenter. Nous ne disposons pas encore, dans les sources retrouvées, d'un document permettant de connaître les détails de ce qu’il a vu.
Des infos complémentaires :
On retrouve dans les archives : RAKOTOARIJAONA, Désiré
Date : 1975 - 1990
Contenu : Fonction : président du Comité militaire pour le développement
Pays : Madagascar
Cote : 19930450/41 aux Archives Nationale - Pierrefitte.
J’ai également retrouvé sa date de naissance et d’autres infos : "Louis" Rakotoarijaona le 3eme demi-frère
Né le 30 janvier 1920 (vendredi) - Ambohitrankizy 105 Ambohidratrimo Madagascar
Décédé le 20 mai 2014 (mardi) - Ambohitsaratelo Ampitatafika 102 Tananarive Madagascar chez Arthur et Viviane izy no maty. Décédé d’encombrements bronchiques, J'étais en France à ce moment-là, seuls sept de mes frères et sœurs étaient présents. Mes petits-enfants, Christel et Christian de France, y ont également été inhumés, Louis avait 94 ans.
On a donc un nom personne qui de plus est dans la police et à Madagascar. Le prénom diffère, mais il est fort probable qu’il y ait un lien fort, un frère, un membre de sa famille… . Le CREDO aurait été créé par une personne sérieuse et bien intégré dans l’administration. C’est une piste à approfondir pour retrouver des archives sur le CREDO à Madagascar.
4 - Madagascar et la notion de « monde invisible »
C'est ici que le dossier devient particulièrement intéressant sur le plan anthropologique. Dans la pensée traditionnelle malgache, le monde visible n'est pas nécessairement considéré comme l'unique niveau de réalité. Les ancêtres jouent un rôle important. Les forces spirituelles peuvent être associées à certains lieux. Les ombiasy disposent traditionnellement de fonctions de divination et de guérison. L'astrologie traditionnelle joue également un rôle dans le choix des moments favorables.
Le concept malgache de hasina, associé à une force ou puissance sacrée, fait également partie des notions importantes de l'univers culturel traditionnel.
Cela ne signifie absolument pas que les Malgaches considèrent les extraterrestres comme des ancêtres.
Ce serait une extrapolation sans fondement. Mais cela signifie que l'idée d'une réalité invisible ou inaccessible aux sens ordinaires ne constitue pas nécessairement une rupture radicale avec certaines conceptions traditionnelles. Et c'est justement cette différence culturelle qui mérite d'être étudiée.
Le christianisme malgache apporte une autre grille de lecture. Un phénomène céleste peut être interprété selon plusieurs registres : scientifique : météore, satellite, avion ; - ufologique : engin extraterrestre ;
Religieux : signe, manifestation spirituelle, événement providentiel ; - traditionnel : intervention d'une puissance invisible, ancêtres ou autre entité ou - populaire : « chose étrange dans le ciel ». Ces catégories peuvent parfois se mélanger. Ce phénomène n'est d'ailleurs pas propre à Madagascar. On le retrouve dans de nombreuses régions d'Afrique.
Mais Madagascar est particulièrement intéressant parce que la coexistence du christianisme avec des traditions ancestrales demeure très visible.
Madagascar possède une particularité supplémentaire. C'est une immense île située à distance des grands centres continentaux. Pendant une grande partie du XXe siècle, cette situation géographique pouvait donner à certaines observations un caractère encore plus mystérieux. Un phénomène aérien observé au-dessus d'Antananarivo ou de la côte malgache pouvait difficilement être immédiatement identifié par comparaison avec les réseaux de trafic aérien modernes.
Aujourd'hui, les choses sont différentes. Les observateurs disposent de :
- · Smartphones ;
- · Applications astronomiques ;
- · Sites de suivi satellitaire ;
- · Bases aéronautiques ;
- · Réseaux sociaux ;
- · Bases de données OVNI internationales.
Le phénomène OVNI malgache entre ainsi progressivement dans l'ère numérique.
5 - Madagascar, la France et l'armée
Le contexte militaire français est incontournable. Avant l'indépendance de 1960, Madagascar était intégré au système militaire et administratif français. Après l'indépendance, la présence militaire française évolue progressivement. Le phénomène OVNI pouvait donc être abordé par plusieurs réseaux :
- · Aviation ;
- · Météorologie ;
- · Armée ;
- · Police ;
- · Gendarmerie ;
- · Autorités coloniales puis nationales.
Cela explique pourquoi certaines observations malgaches ont pu être rapportées par des professionnels de l'aviation ou de la sécurité. Le cas de Tananarive est particulièrement emblématique avec Campagnac, Air France et le père Coze.
La question politique : pourquoi l'OVNI ne devient-il pas un sujet d'État ? Contrairement aux États-Unis, à la France ou à la Grande-Bretagne, Madagascar n'a jamais développé, à notre connaissance, une structure gouvernementale comparable au Blue Book, au GEIPAN français ou au bureau OVNI du ministère britannique de la Défense. Cela s'explique assez facilement. Les priorités des gouvernements malgaches ont été très différentes : indépendance ; construction de l'État ; développement économique ; crises politiques ou encore la pauvreté ;
Sous Ratsiraka, la politique d'État était fortement centrée sur le développement et la construction d'un État socialiste. Il serait donc étonnant que l'étude institutionnelle des OVNI ait occupé une place importante. Cela ne signifie pas nécessairement absence d'observations. Cela signifie surtout absence d'institutionnalisation du phénomène.
La crise politique de 1991 marque une rupture importante. Les Églises chrétiennes jouent alors un rôle politique considérable dans la transition qui conduit à la fin du système de la Deuxième République. Une étude historique consacrée à la révolution malgache de 1991 souligne explicitement le rôle des Églises chrétiennes dans la crise et dans la Convention du 31 octobre 1991. C'est une donnée essentielle pour comprendre la société malgache des années 1990. Le paysage intellectuel et associatif devient progressivement plus ouvert. C'est également la période où les réseaux internationaux d'ufologie deviennent plus accessibles.
Conclusion — Madagascar, entre les ancêtres et les étoiles
L'histoire des OVNI à Madagascar ne peut être réduite à une succession de lumières étranges dans le ciel. Elle raconte quelque chose de beaucoup plus profond. Elle raconte la rencontre entre une société ancienne et une représentation moderne du ciel.
Dans la tradition malgache, les morts ne disparaissent pas simplement dans un néant inaccessible : les ancêtres demeurent une composante importante de l'univers social et spirituel. Dans le même temps, Madagascar s'est christianisé, modernisé, urbanisé et ouvert aux sciences occidentales. Si dans le folklore Malgache des histoires peuvent montrer des êtres imaginaires, des génies et autres, toutefois, la littérature ufologique ne s’est pas accaparée ces histoires pour en faire la démonstration de la présence autrefois des extraterrestres. L’historique concernant le phénomène ovni du fait de la distance et d’un développement chaotique n’a ’pas eu beaucoup d’écho en France. Certe on y retrouve quelques observations, mais contrairement à ce qu’on aurait pu penser, avec l’influence de la culture Française, ce nombre est beaucoup moins important qu’en Europe
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